LA NUIT DES ANGES, un thriller de Anna Tommasi.

THRILLER PSYCHOLOGIQUE

Éditions Préludes

#Babelio

Alice, jeune mère divorcée, décide après dix ans d’absence de revenir à Perros Guirec, la ville de son enfance. Elle espère en profiter pour retrouver sa famille,  des paysages familiers, et laisser derrière elle un passé douloureux. Mais dans ce coin de Bretagne chargé de souvenirs, l’angoisse s’installe rapidement : ses parents sont devenus des étrangers, son amour de jeunesse  est obsédé par l’enlèvement de sa sœur, qui a eu lieu vingt-cinq ans plus tôt, et les visages jadis connus  ne sont plus que des fantômes. Bientôt, c’est toute la ville qui est secouée d’un vent  de panique avec la disparition d’une fillette.
Le début  du cauchemar pour Alice, embarquée malgré elle dans une enquête à double vitesse, entre le passé et le présent…
Dans ce premier roman au rythme effréné, Anna Tommasi joue habilement avec le malaise, la perte de repères  et le poison des secrets enfouis. Un thriller maîtrisé  de bout en bout, impossible à lâcher !

 

Ma note : 5/5
Nouveauté 2022
320 pages
Disponible au format broché et numérique

 


MON AVIS

Voici un premier roman totalement sensationnel. Un premier roman prenant, angoissant et surtout porté par une héroïne tourmentée.

 

Alice n’a plus remis les pieds dans son village natal depuis de nombreuses années. Les souvenirs y étaient oppressants et destructeurs. Une fois prise par sa vie d’adulte et de mère, revenir ici ressemblait à une mission périlleuse. Fraîchement divorcée et accablée par son rôle de maman d’un enfant très particulier, elle ressent le besoin de revenir aux sources. Et c’est lors d’une occasion bien triste qu’elle décide de sauter le pas et de mettre de côté tous ses doutes.

 

Les embruns de l’océan et ses paysages apaisants enchantent Alice et son fils. Elle y retrouve son père, un brin soucieux, et sa mère fidèle à elle même, des amis et son amoureux, Teddy, de jeunesse. Une jeunesse bouleversée par la disparition tragique de sa meilleure amie. Les souvenirs rejaillissent tel un mauvais clown de sa boîte et la disparition d’une petite fille rallume le brasier de la folie et de la méfiance.

 

Entre passé et présent, Anna Tommasi instille une ambiance glaçante et inquiétante. Pas après pas, le lecteur se trouve plonger dans un récit surprenant. Les rebondissements s’enchaînent insufflant une atmosphère angoissante. Des indices s’égrènent lentement mais tiennent en haleine. Une certaine aura se dégage de ce thriller. J’ai vite été prise dans un étau glauque et malsain. D’un côté nous savons que nous avons à faire à un individu (non genré) qui représente la menace et de l’autre nous suivons avec frénésie les découvertes d’Alice et de Teddy. Le fils d’Alice a un rôle particulier dans le scénario et dans mon cœur. Un garçon atypique et à l’intelligence hors norme. Il instille une certaine pureté qui vient contrecarré la noirceur ambiante. Alice est une femme prise au dépourvu et surtout à un tournant crucial de sa vie. Elle a un besoin vital de reconnaissance et de gros câlins. Au niveau intrigue, je pense que je suis passée par tout un tas de suppositions qui ne se sont pas révélées justes. Et pour moi c’est le gros point positif d’un excellent thriller. Baladé le lecteur, distillé des indices qui nous font tourner en bourrique et surtout un final explosif, tout autant d’éléments que j’apprécie grandement. 

 

En bref :
* Une intrigue haletante
* Des personnages charismatiques et secrets
* Un thriller détonnant
* Un premier roman entièrement réussi
* Un final tonitruant
* Un fil rouge inquiétant et scotchant
 
Un immense coup de cœur pour le premier thriller psychologique d’Anna Tommasi qui nous mène par le bout du nez tout du long. C’est toujours délicat et bouleversant de mettre en scène la disparition d’enfants et Anna Tommasi a le talent de nous tordre les tripes.

 

Foncez !

LA FAUSSAIRE, un thriller de Patricia Delahaie.

THRILLER PSYCHOLOGIQUE

Éditions Belfond Noir

Masse Critique #Babelio


Elle était sa vie, son amour, sa Marylin. Il a exaucé tous ses vœux. Même le pire.
Avec ce premier roman enlevé et tragique inspiré d’une histoire vraie, Patricia Delahaie explore la  » banlieue  » du crime, ces zones d’ombre et de lumière qui conduisent un homme plutôt meilleur que les autres à revêtir, petit à petit, un costume d’assassin taillé à sa mesure.
 
La cinquantaine, père et mari aimant, Paul Ménard est un médecin dévoué, rassurant, autour de qui gravitent les habitants d’une bourgade beauceronne. Jusqu’à ce jour de printemps 1997 où son regard croise celui d’une femme éblouissante. Camille.
Peu après, la belle se rend au cabinet médical. Les visites se répètent, Paul succombe. Dîner aux chandelles, timbales de saumon. Camille sait vivre, Camille sait aimer.
Mais Camille est mariée. Un militaire toujours en mission. Un homme dur, indifférent, souvent violent. Paul veut la sauver. Il n’en dort plus, divorce, délaisse ses patients, enrage de sa lâcheté.
13 juillet 1998. La France est championne du monde. Et le docteur Paul Ménard prend une décision irréversible…

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2022
368 pages
Disponible au format numérique et broché

 


MON AVIS

Patricia Delahaie s’empare d’un fait divers qui a lieu en 1998 et qui avait défrayé la chronique. Rappelez-vous « les amants diaboliques d’Orgères ».

 

S’inspirant largement de ce dossier, l’auteure explore les méandres du conscient et de l’inconscient au cœur d’une intrigue palpitante et déroutante.

 

Un homme, médecin apprécié, époux sans reproche, père absent mais dont les rares instants partagés avec ses enfants sont de magnifiques souvenirs, Paul Ménard va tomber.

 

Une rencontre fugace mais marquante. Cette femme, Camille, à l’image de Marilyn Monroe va tout faire pour plaire à Paul. Des mots, des gestes, une lente lamentation qui exacerbent ce sentiment du sauveur et qui peu à peu le fait basculer dans cette sorte de frénésie malsaine où seule la mort est la clef.

 

Ce roman noir est loin d’être un roman d’action où les rebondissements s’échelonnent pour un rythme endiablé. Au contraire l’auteure prend le temps d’insuffler les bases de la manipulation, d’intensifier cette sensation d’oppression et de mettre en place le final convoité. L’aspect psychologique est très intense. Les petits détails façonnent toute cette machination machiavélique. Paul Ménard apparaît comme un homme sincère, sensible et terriblement épris. Un homme qui semble être la proie idéale. Camille, d’entrée, met mal à l’aise. En tant que spectateur, il est évident de mettre les doigts sur les failles. Les doutes s’installent rapidement et trouvent écho tout au long de la lecture. Un portrait alambiqué d’une femme saisissante, impétueuse mais surtout manipulatrice et affabulatrice.

 

Les chapitres s’organisent autour de témoignages, de procès-verbaux, d’auditions, du présent et du futur (le procès), conférant ainsi une vue complète de la situation.

 

Vous ne trouverez aucune intrigue hollywoodienne ni un scénario époustouflant. Un roman noir dans la pure tradition où les deux personnages sont au cœur du récit.

 

J’ai beaucoup apprécié la manière dont l’auteure s’est approprié le fait divers incluant certaine liberté tout à fait appréciable. La fiction étant le moteur du livre. La prise de conscience des actes, le « après » sont aussi explorés avec pertinence. Un roman qui se dévore.

 

En bref :
* un roman noir où l’aspect psychologique des personnages est le moteur de l’intrigue
* des personnages antonymes
* des portraits émouvants et captivants
* une fiction complète et accaparante
 
Un premier roman prometteur où les scissions psychologiques parfont une intrigue médiatique et de tous les possibles.

LES YEUX D’IRIS, un thriller de Magali Collet.

THRILLER PSYCHOLOGIQUE

Éditions Taurnada – Collection Le Tourbillon des mots


Un meurtre et un suicide. Trois hommes. Trois femmes. Des retrouvailles. Un pacte. Tout se paye, même l’amitié.

Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
244 pages
Disponible au format numérique et poche


MON AVIS

Trois hommes, trois femmes, liés par un événement tragique, la violence.

 

Morgane s’est exilée après une déception amoureuse en Irlande. Entre guide et leçons de français, elle s’est épanouie. C’est le cœur lourd mais l’âme en paix qu’elle rejoint la France après cet appel téléphonique qui lui a rappelé son engagement. De retour chez son frère Fred, tout semble aller pour le mieux. Mais cette tranquillité n’est qu’une façade qui masque à merveille la colère de son frère et l’amertume de Morgane. Quelques jours après son arrivée, les choses sérieuses débutent. Un repas et quatre convives atypiques : Julie la pimbêche, Bastien le vicelard, Audrey la timide et Mickaël le friqué. Entre eux les rires fusent, les discussions s’emballent, les yeux charment, les gestes aguichent et les mots se murmurent comme un rappel à l’ordre. Un manifeste où les états d’âmes n’auront pas de place, il est temps de passer à l’acte, la vengeance est un plat savoureux mais qui se mange froid. Tout est prêt, les souvenirs à fleur de peau, les yeux haineux et les corps armés. Qui vivra verra, le chaos absolu.

 

Je découvre la plume de Magali Collet . Une écriture rythmée et acerbe qui n’a pas son pareil pour décrire l’horreur sous toutes ses coutures. La violence latente, la violence physique, la violence psychologique, un mélange détonnant que s’empare Magali Collet avec non pas une certaine retenue mais avec une force démoniaque. Les événements sombres s’enchaînent dans un dédale sans fin. Ils éclatent, éclaboussent, arrachent le peu d’espoir. Un maelstrom de flash back, de mots, de scènes, de rires, de douleurs et d’espoir celui gravé dans les ténèbres, un pacte où l’ultime but sera la liberté. Les chaînes de l’intrigue se resserrent impitoyablement sur les personnages jusqu’à l’essoufflement qui surgira d’entre les balles. Magali Collet mène avec brio son thriller psychologique. Captivant, je me suis laissée entraîner tout au long de cette intrigue qui je ne vous cache pas, m’a totalement scotchée. Je regrette immensément ce final ouvert à toutes suggestions et conjectures. Magali Collet s’attaque à des sujets extrêmement sensibles où la violence est le maître mot, l’amitié fait figure d’ancre dans la réalité. Un thriller qui monte crescendo pour nous surprendre littéralement.

 

Une très belle découverte malgré une fin bancale.

 

Vous n’êtes pas prêt de voir ce qui se cache derrière les yeux d’Iris.

 

LES EAUX NOIRES, un thriller de Estelle Tharreau.

THRILLER PSYCHOLOGIQUE

Éditions Taurnada – Collection Le tourbillon des mots


Lorsque les eaux noires recrachent le corps de la fille de Joséfa, personne ne peut imaginer la descente aux enfers qui attend les habitants de la Baie des Naufragés. L’assassin restant introuvable, à l’abri des petits secrets et des grands vices, une mécanique de malheur va alors tout balayer sur son passage…
Les révélations d’un corbeau, la détresse d’une mère et le cynisme d’un flic alimenteront l’engrenage de la rumeur, de la suspicion et de la haine. Joséfa réussira-t-elle à survivre à la vérité ?

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
285 pages
Disponible au format numérique et poche

 


MON AVIS

Joséfa déjà veuve vient de perdre son unique fille. Recrachée par la mer, le corps, vêtu de dentelle, a souffert. Joséfa déjà désœuvrée par une vie difficile va se laisser couler dans les limbes, ensevelie dans le noir le plus sombre et se raccrocher à cette seule idée, question : qui est le meurtrier. Joséfa est ainsi dire « une morte-vivante ». Sa peine a pris possession de son corps et elle en fait son œuvre la plus belle. Elle devient la femme désespérée, folle que tout le monde redoute. Son rituel quotidien est un fil auquel elle est relié, un monde qui à tout moment peut céder. Les mois filent et les réponses ne viennent pas. Les nuits succèdent au jour de l’enfer. Quelques portent finissent par s’ouvrir : une mallette contenant une écharpe et un bijou et des voisins qui semblent en savoir davantage sur la vie de sa fille. Alors que surgit un corbeau, ses messages vont réveiller les démons. Joséfa en sera le vecteur. Les enfers enflent et se répandent aussi vite dans cette ville du bout du monde, prémices d’un mal bien plus sournois.

 

Estelle Tharreau signe un nouveau thriller psychologique qui a le mérite de défriser. Cette fois-ci l’aspect psychologique est davantage mis en avant. Chaque personnage est minutieusement et finement construit. L’atmosphère est dès le départ froide avec la description de cette ville sans charme coincée entre deux montagnes et une mer sombre. L’essentiel du thriller se déroule sur le bord de mer désuet voire frappé de malédictions. Un lieu austère, froid, abandonné, loin de tout, surplombé par cette mer agitée, noire. Une sorte de huis clos sensationnel.  Il n’y a pas véritablement d’actions, proprement dit, mais elle se révèle plutôt dans les mots insufflés, les messages du corbeau, les différents échanges. Ainsi le rythme est plutôt essoufflé permettant à l’intrigue de s’étoffer pas après pas dans une certaine langueur. Paradoxalement, c’est cette intrigue qui va captiver, entraver, le lecteur sans le lâcher jusqu’au point final. C’est dans ce sens qu’Estelle Tharreau nous offre un thriller bien différent de « la peine du bourreau » mais tout aussi immersif. Un thriller qui explore la condition humaine dans ses travers, qui joue avec la vérité et qui se pare de son plus bel atout pour vous séduire.

 

Un thriller détonnant et captivant, vous ne regarderez plus vos voisins du même œil. Allez donc savoir quels secrets cachent-ils.

SUR LES RAILS, un roman de Julien Hervieux.

POLAR

Éditions Filatures


Samuel “Sam” Ramiro est un directeur marketing déchu suite à un scandale créé de toutes pièces par son ancien employeur pour laisser son poste à son fils. Pour maintenir son train de vie et prendre sa revanche sur une société qui l’a publiquement humilié, Sam décide de devenir conseiller pour… l’économie souterraine. De la prise de contact avec un petit dealer jusqu’à la transformation de son réseau en véritable entreprise criminelle à succès, le livre est inspiré de faits réels…
 
Ma note : 4,5/5
222 pages
Nouveautés 2021
Disponible en numérique et broché.

 


MON AVIS

Ce roman est une véritable et sacrée surprise. Julien Hervieux explore l’économie souterraine d’une manière atypique. Le résultat est époustouflant et le roman ne manque pas de rythme et de rebondissements.

 

Sam a baigné toute sa vie dans le monde du marketing. Placer un produit, la publicité adéquate, les arguments, les mots, le packaging, il sait utiliser tous ces éléments dans le seul but d’enrichir l’entreprise sans état d’âme. Licenciement licencieux, Sam ne baisse pas pour autant les bras. Il connaît son métier sur le bout des doigts et même si la société lui a tourné le dos, il va s’en remettre au petit banditisme.

 

Sa cible, un jeune de la cité. Son profil a retenu son attention.
A sa sortie de prison, il se voit accoster par cet homme terriblement bien apprêté qui lui propose un business surprenant. Le rejetant un premier temps, il va toutefois reconsidérer son plan.

 

Mais le parcours pour atteindre des objectifs hors normes va être semé d’embûches. Contrôler le quartier, recruter des personnes de confiances, écouler la marchandise ne sont pas des choses faciles. Oui mais il a Sam comme associé, alors tout est possible.

 

Bienvenue dans les entrailles du marché souterrain. Sous fond de trafic de drogues, Julien Hervieux nous plonge dans un monde inconnu. Entre manipulations et règlements de compte, cet univers de violence et de concurrence est tout aussi attrayant et abject. Julien Hervieux décortique les mécanismes de ce monde parallèle. Le duo marche à la perfection. A juste mesure, l’un s’entête à avoir le pouvoir sur l’autre. Un tandem surprenant et une méthodologie à toute épreuve. Les frissons s’invitent tout au long du roman et les rebondissements ont cette tendance à accaparer le lecteur. Une plume efficace et qui a su créer une atmosphère particulière. Les personnages sont pour l’un mystérieux et machiavélique et pour l’autre fougueux, dangereux et imprévisible. Un scénario captivant qui m’a tenu en haleine tout au long des chapitres. L’univers des trafiquants est bien jugé, en tout cas, cela correspond  aux idées que j’ai pu me faire par rapport à des séries télé ou documentaires. Ce dernier est loin d’être glauque ou sanglant mais on ressent rapidement la tension qui augmente. Un certain humour noir s’invite dans les chapitres conférant à certaines situations un aspect burlesque et à d’autres un aspect sombre.

 

Julien Hervieux nous propose un polar totalement atypique, notamment par un scénario hors-norme et des personnages à la hauteur de leurs rôles. Une lecture qui m’a captivé du départ à la fin qui bien évidemment nous en claque une bien bonne.

 

A découvrir sans aucun doute !

 

TRANSACTION, un thriller de Christian Guillerme.

THRILLER

Éditions Taurnada

Collection le tourbillon des mots

Un site de petites annonces en ligne comme il en existe des dizaines. L’arnaque de trois amis, noyée parmi des milliers de bonnes affaires. Un individu dangereux qui sommeille au milieu des acheteurs potentiels. Quelle était la probabilité qu’ils se croisent ? Transaction… l’engrenage fatal est enclenché !
 
Ma note : 2,5/5
Nouveauté 2021
250 pages
Disponible en poche et numérique

 


MON AVIS

Aïe voici un avis qui va piquer ! Il m’arrive, parfois, de sortir de ma lecteur totalement mitigée et c’est ce qui s’est produit avec le dernier thriller de Christian Guillerme. La quatrième de couverture envoie du lourd mais c’est sans les paillettes dans les yeux que j’ai refermé le livre.

 

Décor, simple, basique, la citée-banlieue avec ses tours décrépies et toute la désolation que l’on peut y trouver. Trois potes qui se connaissent depuis les bancs du primaire : la meuf victime de violence conjugale, le blanc qui zone toute la journée à la recherche d’un emploi, et le troisième (en surpoids et de couleur) qui travaille dans la même entreprise que son père. Ce dernier s’est fait avoir en achetant un produit sur un site qui bien évident n’est absolument pas conforme à ses attends. Encouragé par ses deux autres potes, il met à vendre cet objet sur un site également dans le but de refourguer la mauvaise came à un autre pigeon. Et là, bingo ! Voilà que l’affaire se conclut. Oui mais le pigeon est un brin psychopathe !

 

L’idée est originale il n’y a pas de doute. Mais (oui il va en avoir plusieurs), malgré la plume totalement addictive de Christian Guillerme qui en met plein les yeux et qui accroche avec tout un tas de rebondissements, la magie n’a pas du tout opéré.

 

Dés le départ je me trouve projeter dans un début confus qui part dans tous les sens. L’entrée en matière est perturbante et j’ai quand même compris pourquoi après quelques chapitres. Christian Guillerme a choisi une manière atypique (quoique pas nouvelle) d’aborder son scénario. Pourquoi pas, je ne suis pas contre ce procédé du moment que cela fonctionne. Mais ce sentiment de confusion persiste et ça, ce n’est pas bon signe !

 

J’embraye, je passe la seconde et la c’est la Bérézina. Les personnages principaux sont d’une caricature affligeante. J’ai en face de moi un roman social qui va, tout de même dans une moindre mesure, détailler la vie dans la cité et tout le tralala. J’avoue que là, j’ai eu du mal, beaucoup de mal. Je conçois que cela permet de mieux discerner l’état d’esprit et leurs traits de caractères. Mais non, ça ne fonctionne pas !

 

Je suis dure aujourd’hui 😦

 

A la troisième vitesse, je suis face à un psychopathe, un vrai de vrai, qui enterre ses victimes dans son jardin. Sa montée en puissance fait flipper. Calculateur, manipulateur, sa vengeance est terrible et disproportionnée (oui mais c’est un psychopathe alors va donc … pour la terrible vengeance sanglante !).

 

J’essaie de ne pas être narquoise 😦

 

Mon tout, fait un ensemble très bancal à mes yeux. Un thriller/roman social, c’est pas du tout ma came. Et malgré toutes les fois où je me suis refaite l’histoire (oui ça m’arrive tout le temps), je n’ai trouvé aucun élément auquel me rattacher et me dire « ah ouais, ça c’est top! ». J’avais beaucoup aimé Urbex Sed Lex et je lirai son prochain sans aucun doute. Je n’aime pas m’arrêter sur un avis aussi mitigé que celui d’aujourd’hui. Je n’étais pas au rendez-vous avec Transaction. Je ne peux toutefois que vous invitez à vous faire votre propre avis (surtout que tous les autres avis sont flatteurs). Vous apprécierez, sans doute, le rythme, les rebondissements et l’atmosphère angoissante qui s’égraine au fil des pages jusqu’à son apothéose.

 

 

SEULE LA HAINE, un thriller de David Ruiz Martin.

THRILLER

Éditions Taurnada

Collection Le Tourbillon des mots


Persuadé que le psychanalyste Larry Barney est responsable du suicide de son frère, Elliot le prend en otage dans son cabinet. Sous la menace d’une arme, Larry n’a pas d’autre choix que de laisser l’adolescent de 15 ans lui relater ses derniers mois. Mais très vite, c’est l’escalade de l’horreur : Larry est jeté dans un monde qui le dépasse, aux frontières de l’abject et de l’inhumanité. Tandis que les détails scabreux se succèdent, une seule idée l’obsède : celle de s’en sortir, à tout prix… Un thriller psychologique qui va vous retourner la tête !!!
Ma note : 5/5 mention « incontournable 2021 et coup de cœur »
252 pages
Disponible en poche et en numérique
Nouveauté 2021

MON AVIS

Okay, cher lectrices, chers lecteurs, voici un huit clos totalement bluffant et hypnotisant. Laisser tomber tout ce que vous connaissez et laisser vous séduire par le suisse David Ruiz Martin !

 

Est-ce-qu’à 15 ans il est possible de saisir la profondeur du mal, de le manipuler aisément et de faire vivre un enfer sans pareil à un psychanalyste ? Elliot a 15 ans, certainement surdoué, et il a perdu il y a quelques mois son grand frère. Un grand choc, un bouleversement inattendu car rien n’a laissé paraître son malaise, son envie d’en finir avec la vie.

 

Elliot gamberge. Il veut à tout prix savoir les raisons qui ont poussé son frère à cet ultime geste. Il n’a laissé ni mots ni indices. Elliot va pousser le vice loin, très loin. Prendre en otage le psychanalyste de son frère, Larry Barney, dans le but précis d’en savoir davantage et surtout planter une belle graine de remords et autres dans l’esprit du psy.

 

Un flingue, des photos, des mots, beaucoup de mots qui touchent leur cible, laissent derrière eux cette trace indélébile de la douce folie. Un venin puissant, mélancolique, dramatique. Jouer avec les valeurs morales, tendre cette toile d’araignée jusqu’à ce moment fatal où la détente du pistolet claque !

 

Elliot est une âme désespérée et il voit en Larry son bourreau, celui qui a détruit sa vie.

 

David Ruiz Martin signe un thriller psychologique d’une beauté morbide. Celle qui vous fait frissonner, celle qui vous scotche, celle qui vous sidère et subjugue. Une plume un tantinet machiavélique (et c’est un doux euphémisme) qui vous embarque dans un huis clos terrifiant. Un huis clos qui m’a surpris dans la manière de sa construction. Si vous pensez pièce close, alors certes le roman débute ainsi mais il se termine tout autre. L’auteur met en exergue tout l’aspect psychologique. Tendancieux, féroce, faible, puissant, manipulé, sournois, vil, machiavélique … tout autant d’aspect qui rend le scénario d’une qualité irréprochable.  Une histoire de dingue porté par un personnage diabolique.

 

Un thriller détonnant qui m’a capturé dès les premières pages pour ne plus me lâcher ! Un thriller qui va vous foutre les chocottes !

 

A découvrir sans tarder !

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA

A PAS DE LOUP, un thriller psychologique de Isabelle Villain.


Lorsque Rosalie, Philippe et leur petit Martin, âgé de six mois, décident de s’installer à La Barberie, un éco-hameau niché en plein cœur des Alpes-de-Haute-Provence, c’est bien pour fuir un quotidien devenu trop pesant. Pour tenter une expérience audacieuse. Vivre autrement. En communion avec la terre et en harmonie avec les saisons.
Mais l’équilibre de cette nouvelle vie va un jour se fissurer. Un grain de sable va s’infiltrer, déstabiliser et enrayer cette belle mécanique.
Et ce très beau rêve va se transformer peu à peu en un véritable cauchemar.
Votre pire cauchemar…

Rosalie et Philippe ont décidé de quitter leur vie citadine et exigeante pour un hameau caché au creux des montagnes au bout d’un chemin difficilement accessible. Ces quelques maisons, ce système de vie, une nouvelle manière de vivre en adéquation avec le temps et leurs nouvelles valeurs. Loin de l’excitation de la ville, loin de la pollution, loin des tracas, retour aux choses simples et naturelles. Vivre au rythme de la nature des saisons en autosuffisance. Le bonheur afin accessible et cela n’a pas de prix.
Martin grandit avec vigueur. Un enfant joyeux et malicieux, espiègle. Il fréquente avec les autres enfants du hameau l’école du village voisin. Philippe quant à lui travaille quotidiennement à la ville voisine ramenant ainsi un revenu fixe à la communauté. Rosalie s’épanouit dans les différentes tâches qui lui incombent. Cuisine, jardinage, marché, elle suit même une formation sur les plantes et leurs vertus médicinales.  Elle prend part de plus en plus aux décisions qui régissent le hameau et le jour où le patriarche décède c’est elle qui reprend les rênes. Premier grain de sable et les suivants ne tarderont pas à venir ternir un tableau idyllique.

 

Un meurtre de sang froid : l’homme tabassé à mort prônait le dialogue au lieu des actions violentes. Le loup est un sujet délicat.

 

Une jeune femme échappe de justesse à la mort après avoir été violentée chez elle.

 

Une disparition inquiétante.

 

Une nouvelle mort qui aurait pu être évitée.

 

Une séquestration.

 

Une chapelle témoin de l’impensable.

 

A pas de loup, la machine est prête à s’emballer dans ce silence quasi religieux précédent la fin de tout.

 

Isabelle Villain signe un nouveau thriller irrésistible et exquis. Avec nonchalance et malice, elle nous balade tout au long de son histoire. Elle met un accent particulier sur les descriptions des lieux, des différents personnages qui cohabitent au sein du hameau, des rencontres, des enfants … J’ai ce véritable sentiment d’apaisement, que tout allait se passer au mieux dans ce village et que le bonheur était vraiment là et le souci c’est que je n’ai pas vu arriver le danger. Il était là, attendant son heure pour jaillir tel le monstre qu’il est devenu insidieusement. L’aspect psychologique est très présent mais on en tient la teneur qu’à la fin du livre. Je ne suis vraiment pas habituée à ce calme avant la tempête. Nous sommes loin des thriller où les rebondissements sont nombreux. Isabelle Villain a pris le parti de nous faire languir pour mieux nous surprendre au final. Il m’a manqué ce punch que j’aime dans les thrillers. Finalement le format assez court du thriller sert à la perfection le scénario. J’aurai eu davantage de mal avec un bouquin qui fait 500 pages. Isabelle Villain captive tout de même rapidement le lecteur. Il évident que l’on veut toujours en savoir davantage et on attend avec impatience ce moment crucial où tout bascule.

 

Un excellent thriller porté par une plume qui ne peut pas laisser insensible et qui sert à la perfection un scénario totalement dingue !

 

Une chronique de #Esméralda

… Lien Kindle

… le site des éditions Taurnada

… mes avis sur des précédents thrillers d’Isabelle Villain, clique sur les images pour les découvrir.

L’HOMME DE LA SITUATION, une bande dessinée de Lou Lubie.


Manu, 36 ans, instituteur investi et apprécié, a toujours assumé avec détermination son rôle d’homme fort et protecteur. C’est pourquoi, lorsque ce schéma est remis en question par sa compagne qui le quitte, puis par son employeur qui lui préfère une femme au nom de la parité, il commence à perdre pied. Mais comment exprimer sa détresse quand on a appris à ne jamais se plaindre ?
Frustré, Manu se raccroche à une fratrie de sept enfants déscolarisés, pour laquelle il va jouer le rôle de père tutélaire. Alors qu’il tente de les aider à surmonter leurs handicaps physiques, mentaux ou sociaux, il se laisse peu à peu happer par cette famille particulière. Ainsi s’amorce une longue descente au cœur de ses pires angoisses…
Une société qui évolue pour devenir de plus en plus inclusive, où les rôles traditionnels dévolus à chaque genre sont battus en brèche, quelle est la nouvelle place des hommes ?
Un thriller psychologique qui se referme comme un piège autour de son héros… et de son lecteur !

Au cœur de notre société patriarcale, l’homme a une place de choix qui lui laisse prétendre à avoir ce qu’il souhaite, à diriger et à croire que tout lui est dû. Manu a toujours été cet homme, sûr de lui. Un enseignant exceptionnel et apprécié par ses collègues et sa hiérarchie. Alors qu’un poste est à pourvoir au sein de l’établissement où il enseigne, il croit avec conviction et force qu’il lui sera attribué sans détour. Lorsque la décision lui est rendue, c’est le coup en trop qu’il le blesse. Désabusé et en colère, son monde s’écroule sans préavis et dans une violence inouïe.
Mis au repos forcé, il ne parvient plus à comprendre ce monde et sa compagne qui ne souhaite plus le voir. Les heures s’écoulent tel un sablier sans fin où les doutes, les questions se bousculent. Une attente qui le met à mal à l’aise et où les réponses tardent. Par une journée morose, il fait la connaissance d’une famille singulière qui occupe un vieil hôtel. Par devoir, il devient le percepteur de cette famille désœuvrée. Déscolarisés les enfants reprennent ainsi goût à l’apprentissage. Renouant ainsi avec sa profession et sa vocation, le goût de vivre semble renaître. Mais les angoisses sont toujours là, voraces, accaparantes. Sera-t-il prêt à les accepter pour enfin vivre ?

 

Lou Lubie signe une bande dessinée vraiment incroyable. J’étais loin de m’imaginer les thèmes qu’elle aborde avec cette force aussi inespérée et que foudroyante. Une prise de conscience et le portrait de cet homme qui finalement doit faire face à ses états d’âmes. Tel un thriller et grâce à une atmosphère angoissante, le héros doit gérer une situation complexe. Un scénario implacable et des illustrations précises qui ne manquent pas de détails notamment dans l’expression des visages. Une très belle découverte qui traite un sujet d’actualité et qui pour une fois met au cœur de l’action un homme qui s’effondre.

 

A découvrir !

Source Dupuis.com

L’OMBRE DE L’ASSASSIN, un thriller de Rachel Caine.


Tome 2/3
Gwen était parvenue à sauver ses enfants des griffes de son ex- mari, le tueur en série Melvin Royal. Mais celui-ci vient de s’évader de prison. Et elle prend peur. Alors que seule une poignée de personnes connaissent son nouveau numéro de portable, elle reçoit ce texto glaçant :  » Vous n’êtes plus en sécurité nulle part  » ! Fuir ou se terrer de nouveau ne servirait à rien.
L’heure a sonné d’inverser les rôles… De proie, Gwen veut devenir prédateur. Et, avec l’aide du frère de l’une des victimes de Melvin, éliminer ce dernier. Mais à mesure que leur traque avance, le doute envahit ceux qui croient en Gwen. Est-elle aussi étrangère aux crimes de son mari qu’elle le prétend ? Pour preuve cette photo compromettante qui circule sur les réseaux sociaux…
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Sébastien Danchin.

Alors que le premier tome posait les bases de l’histoire et où l’action faisait palpiter les dernières pages, ce second tome met de suite le lecteur dans l’ambiance. Pas une seconde de relâchement, de répit. Une course contre la montre où la vie des enfants de Gwen passe en priorité.
Gwen, ses enfants et son ami, Sam, ont fui quelques jours la ville témoin de la dernière folie de son ex-mari. La fuite était inévitable précédant ce moment flottant où les questions fleurissent autant que l’angoisse augmente. Gwen s’est totalement défaite de son ancienne vie, mais son ex-mari n’a en a pas fini avec eux. Les harcèlements dont Gwen et ses enfants subissaient, étaient du fait de Melvin Royal membre d’un groupe malveillant. Gwen, maman ours, en a marre de fuir. Seule solution aller au devant des ennuis et prendre le mal à sa source. Laissant ses enfants à des amis de confiance, elle part avec son compagnon d’infortune battre le fer tant qu’il est encore chaud. Une enquête complexe à résoudre, mais l’impossible n’est pas un mot qu’elle connaît. Poussée par une force venue  d’outre tombe et son instinct de survie, elle ose tout et les résultats sont probant. Une vielle connaissance de son compagnon va les aider mais de loin. Son poste au sein de l’administration ne lui permet pas de faire de faux pas. De découvertes en découvertes, le couple se met davantage en danger. Et les derniers événements divulgués sur les réseaux sociaux mettent en doute toute cette histoire au sujet de la supposée complicité de Gwen. Lasse, Gwen n’a pas dit ses derniers mots et tant qu’un souffle de vie fera battre son cœur, elle n’arrêtera jamais de le traquer jusqu’en enfer si il le faut !

 

Rachel Caine signe un second tome explosif. De nombreux rebondissements mais également les personnages à tour de rôle sont mis en exergue. J’en ai appris davantage sur l’état émotionnel des enfants qui se dévoilent largement. L’action ne laisse aucun temps mort à nos héros qui sortent largement de leurs plantes bandes. Ce thriller trouve sa force dans les péripéties et ces personnages non conformistes. L’appropriation de l’image est aussi au cœur de l’histoire. Effectivement, Rachel Caine prouve avec tact l’emprise néfaste que les réseaux sociaux et autres supports visuels peuvent avoir sur une population friande de scandales et au delà de ça, sur une fange de cette population adoratrice de choses non recommandables. Si le Dark Web est une zone de non droit, la réalité est bien autre aussi détestable, dévastatrice, horrible. Et Gwen va le découvrir à ses dépends.

 

Une plume incisive, franche et tonitruante pour un thriller psychologique qui fait froid dans le dos. Leurs aventures ne sont pas encore terminées et je m’attend au pire !

 

A découvrir absolument !

 

Je me mets en route, dans le sens de la circulation. Le bas-côté est étroit, je risque ma vie à chaque pas, mais la route longe un à-pic dont seuls s’échappent les faîtes des arbres. J’ai mal partout. Je ne suis plus en sécurité nulle part, le bien et la douceur se sont effacés à jamais. Quand bien même je tomberais, je n’aurais rien. Quand bien même Melvin me découperait en morceaux, je ne saignerais pas. Je ne suis pas là. Je ne suis plus là.

 

Une chronique de #Esméralda

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