SUR MES ÉPAULES, TU BÂTIRAS TON MONDE, un roman de Julien Aime.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions L’Archipel – Collection Instants Suspendus


L’art délicat d’être père
Professeur de français passionné, Louis est le plus heureux des hommes depuis que sa femme Anna lui a annoncé qu’elle attendait leur premier enfant.
Tout à leur joie, ils partagent la bonne nouvelle avec leurs proches, se plongent dans les listes de prénoms, l’aménagement de la chambre du bébé…
Mais leur bonheur est de courte durée : quelques semaines plus tard, on diagnostique à Louis une leucémie foudroyante.
Engagé dans une course contre la maladie, Louis fait la promesse à Anna d’être un père présent quoi qu’il arrive. Mais comment accompagner son enfant sur le chemin de la vie s’il est physiquement absent ?
Entre rires et larmes, Julien Aime signe un émouvant roman sur l’amour paternel, la transmission et les choix de vie.

Ma note : 5/5
Nouveauté 2022
300 pages
Disponible au format numérique et broché


MON AVIS

Le résume annonce la couleur dès le départ. C’est mal à l’aise que j’ai ouvert ce roman mais surtout je me suis accrochée au titre qui est si enthousiaste si beau si encouragent si magnifique. 

 

Louis adorait sa vie et son métier, professeur de français. Il adorait transmettre son savoir, sa passion pour les beaux mots, l’imagination et les envolées littéraires. Ses élèves, il les aimait sans distinction et avec beaucoup de force. Une alchimie particulière les liait. 

 

Louis était un mari aimant. Sa femme était son tout et le petit être qui grandissait dans le ventre de cette dernière était une finalité de toute beauté.

 

Louis était un ami fidèle, dévoué. Ils pouvaient compter l’un sur l’autre. Les souvenirs ils en avaient à la pelle. Ils ont grandi ensemble, fait les quatre cent coups, monté un groupe de rock. Ils sont devenus des adultes bancals ensemble.

 

Louis était un frère et un fils aimé et chéri.

 

Cette vie s’est arrêtée, s’est essoufflée, lorsque le diagnostique est tombé, fatal. La mort aux trousses. Une vérité sans ambages, cruelle. La vie ne tient qu’à un fil, la chimiothérapie. C’est le courage visé aux tripes que Louis prend part à la bataille. Une bataille qui se doit pour le bébé, pour Anna, pour ses amis, pour sa famille. Une bataille dans l’ombre pour vivre dans la lumière. 

 

Julien Aime aborde le sujet de la maladie avec une honnêteté terrifiante mais ne tombe pas dans le pathologique. Il se dégage de ce roman ce sentiment indescriptible d’assister à une histoire hors norme. Une histoire profondément bouleversante et terriblement humaine. La maladie ne peut être un héritage valable, seule la vie et les souvenirs sont souverains. Louis s’engage dans une bataille où chaque parcelle de temps devient le sujet d’une vidéo où il délivre ses sentiments, son ressenti et ses conseils, laissant ainsi un trace immortelle de sa vie délitée. Ainsi il entre au cœur d’une rétrospection intense où il tente de définir sa place de père à venir, sa place d’homme et sa place de mari. Une belle leçon d’humilité et d’humanité où l’égoïsme est banni et où, seul, compte sa présence aussi éphémère qu’elle puisse être. Julien Aime délivre un message puissant d’amour, de tolérance et d’acceptation. Un modèle à suivre ? Non mais la preuve qu’en chacun de nous, il existe une unicité où l’espoir réside dans ces infimes particules de résilience et d’espoir. Julien Aime signe un roman d’une puissance rare.

 

En bref :
– Une lecture coup de cœur
– Un roman traitant de thèmes douloureux
– Un roman sur la résilience et l’héritage
– Un roman d’où immerge l’espoir
– Une jolie histoire de courage et d’abnégation

 

Même si le résumé ne laissait rien présager de bon, Julien Aime insuffle à son roman une aura d’une pureté éclatante. Je me suis accrochée à chaque page. J’ai vécu chaque drame, chaque espoir, chaque larme, chaque cri avec une intensité à couper le souffle. Un roman qui se répercute dans chaque atome, chaque cellule que nous sommes. Un roman qui prend aux tripes, un roman intransigeant, mais une roman d’une beauté unique.

 

Osez-le !

JARDIN SECRET À PALERME, un roman de Valérie Mangin.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions La Sirène aux yeux verts


Lorsque les filles de Sara arrivent à Palerme, elles ne reconnaissent plus leur mère. Sous le soleil de Sicile, quelque chose a manifestement changé. Petit à petit, Manon et Lisa vont comprendre que ce changement de lieu inopiné est loin d’être une fuite, et en découvrir les vraies raisons.
Sara est une femme meurtrie par une existence menée sous le joug du silence. Silence dissimulateur, silence réparateur, silence rédempteur qui doit un jour se briser pour faire place à la lumière : celle de la vérité, celle de la vie, celle de l’amour dans tout son éclat.
 
La révélation de Sara à ses filles, c’est d’abord la révélation d’elle-même, puis la célébration du lien mère-filles jusqu’ici terni par les non-dits et les affres d’un mariage raté.
Second roman de Valérie Mangin, « Jardin Secret à Palerme » est un chant-roman initiatique dont le personnage central est la Sicile, île solaire, île de beauté, de joie, d’amour et de liberté retrouvés.

Ma note : 3/5
2021
248 pages
Disponible au format broché


MON AVIS

Sara a vécu sa vie avec ce silence absolu, ce secret pesant et étouffant. 

 

Sara n’est pas partie sur un coup de tête. Sara est partie avec l’unique intention d’aller mieux et de vivre afin dans la paix et l’harmonie. 

 

Lorsque ces deux filles viennent la rejoindre sur la jolie île, elle est enfin prête à partager le terrible secret de son existence et ainsi donner l’occasion à ses filles de vivre pleinement.

 

Sophie Mangin explore les confins des secrets de famille et toutes les conséquences qu’ils engendrent. De sa plume poétique et au côté d’une héroïne en parfaite adéquation avec elle-même, Valérie Mangin nous invite à une certaine délivrance et apaisement.

 

Un roman tout en éclat et lumineux qui aborde un thème intergénérationnel : le poids des secrets. Ici la nature a une place importante et devient le témoin du changement. On peut entendre les oiseaux, sentir le frôlement du vent et les délicieuses odeurs de cette terre riche et accueillante. Elle décortique aussi les liens familiaux et leurs tensions souvent inexpliquées. Les non-dits et les silences ont cette incroyable facilité de modeler les souvenirs et les ressentiments.

 

En bref :
* Valérie Mangin explore un thème récurrent dans la littérature : le poids des secrets
* Une plume poétique qui nous invite au voyage des sensations et de la délivrance
* Un héroïne sur la route de l’acceptation et du partage
* Un décor délicieux
 
J’ai apprécié cette lecture malgré le style rigoureux. Je n’ai pas été transportée comme je l’aurais souhaité. Je n’ai pas été sensible à ces bribes de poèmes déminées ici et là. Je n’ai pas ressenti d’empathie, ne me permettant pas de vivre pleinement cette lecture.

 

Si vous connaissez ou souhaitez connaître Palerme, alors ce roman est fait pour vous. Valérie Mangin est généreuse sur les détails culturels.

 

JOUR BLEU, un roman de Aurélia Ringard.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Frisson Roche Belles-Lettre – Collection Ex Nihilo

Les 68 premières fois

Une femme a rendez-vous avec un homme en gare de Lyon. Du moins, c’est ce qu’elle croit. Cela fait trois mois qu’ils se sont rencontrés. Trois mois au cours desquels ils ne se sont pas vus. Elle a décidé de venir très en avance, de prendre ce temps de l’attente, assise au café. Le hall de la gare revêt l’allure d’une salle de spectacle, d’une pièce de théâtre où chaque personnage qu’elle croise la renvoie à ses propres souvenirs, aux moments clefs de la trajectoire qui l’a menée jusqu’ici et qui a façonné le décor de sa vie.
Dans ce premier roman, Aurélia Ringard décrit avec minutie une poignée d’heures de la vie d’une femme, dans un huis clos magistral, époustouflant de maîtrise et de mélancolie.

 

Ma note : 3/5
2021
164 pages
Disponible au format broché

 


MON AVIS

Elle, dans ce café attendant l’amour en devenir, attendant l’indicible et l’impalpable. Assisse, elle observe, elle se souvient. De son enfance, de son adolescence, de ses rêves, de ses peurs, de ces trains qu’elle a pris de nombreuses fois, de ses voyages, de ses aspirations, de son frère, de sa mère, de son père. Une douce parenthèse, une pause, au cœur de la vie trépidante, folle. Elle note, elle divague, elle digresse. Elle rit, elle pleure, elle sourit.

 

Et puis il y a Lui. L’artiste au doux sourire. La flamme dans les yeux, celle qui consume les assoiffés, les affamés, les créatifs. Elle y voit la vie ardente, passionnée, douce, protectrice.

 

Triste et mélancolique, la plume d’Aurélia Ringard explore la vie avec grand fracas. « Narratrice chaotique » elle entame une rétrospective. Vacillant entre passé et présent, l’auteure emprunte le chemin délicat de l’introspection. Une narration à double temps qui use du « je » et du « elle » conférant ainsi au récit une dimension difficilement appréhensible.

 

L’alchimie n’a tout simplement pas fonctionné, à mon grand désarroi. J’ai eu beaucoup de mal à plonger dans le récit. L’alternance de la narration y est pour grand-chose. Et puis c’est tellement triste. Alors qu’à l’heure actuelle j’ai besoin de lectures chaleureuses, exubérantes. 

 

En bref :
* une plume poétique et chargée en émotions
* une histoire chaotique à l’image du style narratif
Ma première rencontre avec les livres de la sélection 2022 des 68 première fois n’a pas été aussi idyllique que je l’espérais. 

 

Un roman qui pourra vous séduire, enfin je l’espère vivement.

 

Lecture 1/22 de la saison 2022

HIER REVIENDRA, un roman de Julie Broly.

FANTASTIQUE

Éditions L’Alchimiste


Parents comblés à qui tout sourit, le ciel d’Éric et Barbara s’assombrit le jour où un drame emporte leur univers et fait basculer leur vie. Lorsqu’arrive le temps de la reconstruction, ils sont alors confrontés au comportement étrange de l’un de leurs fils. Pour tenter de le comprendre, ils vont s’efforcer de regarder le monde à travers ses yeux d’enfant et se lancent dès lors dans des recherches qui ne cesseront de les surprendre autant que les bouleverser. Par amour pour leur petit garçon, ils abandonneront peu à peu leurs repères.
 
Mais jusqu’à quel point seront-ils prêts à changer leur perception de la réalité et jusqu’où iront-ils pour libérer leur fils de ses tourments ?
Hier reviendra est un voyage au-delà des convictions, l’histoire d’une différence et la quête d’une reconstruction intime.

 

 

Ma note : 3/5
Nouveauté 2022
280 pages
Disponible au format numérique et broché

 


MON AVIS

Croyez-vous à la réincarnation ?

 

Ici Julie Broly explore ce monde mystique. Ces souvenirs venus d’ailleurs, d’hier. Un petit garçon charmant, espiègle, change brutalement de comportement suite à un traumatisme conséquent qu’a subit toute la famille. Il se dégrade rapidement, mais Eric et Barbara confèrent cela à la situation difficile qu’ils traversent tous. Jusqu’au jour fatal où sa vie est mise en danger.

 

Grâce à un psychologue qui met en lumière la différence du petit bonhomme, les parents sont désarmés et n’y croient pas trop et c’est la persévérance du grand frère qui va changer la donne.

 

Julie Broly nous offre une histoire douloureuse mais qui dégage ce sentiment de plénitude une fois ce voyage engagé. Une sorte de quête initiatique qui réconcilie le passé et le présent, la douleur et l’acceptation, la perte et le deuil. Ce dernier est en quelque sorte le fil rouge de cette histoire pittoresque. Accepter la douleur du deuil et la façonner pour en tirer le meilleur.

 

C’est un roman courageux porté par une famille totalement désemparée, esseulée et en colère. Un roman lumineux qui nous ouvre les portes (un peu) de l’impossible et qui explore ce monde avec une jolie franchisse.

 

Une très belle histoire qui à mes yeux a toutefois manqué de fluidité et les différents rebondissements m’ont paru long. Cela n’a pas eu d’incidence sur l’intérêt que j’ai pu porter à cette lecture.

 

En bref :
* Une famille décharnée par les différentes situations qu’elle a pu traverser
* Un petit garçon pris dans les cauchemars d’un autre
* Un roman sombre mais empreint d’une douce espérance
* Une douloureuse quête sur l’acceptation du deuil et de la perte
 
Une jolie lecture qui ne m’a pas entière conquise mais que je vous invite à découvrir si les sujets développés vous intéressent.

SUNSET PARADISE, un roman de Sophie-Anne Delhomme.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Exils

Avec six photographies d’Olivia Fougeirol

Comment dire Los Angeles, cette ville tentaculaire ? Sophie-Anne Delhomme, auteure de Quitter Dakar (le Rouergue, 2010) entend parcourir tous les rêves, tous les mirages de la cité légendaire. Par de courts fragments comme autant de microfictions, son récit cerne petit à petit une société faite de mille désirs parallèles.
On y suit Olivia une photographe dans son travail d’archivage du réel, on y découvre surtout les nombreux homeless de la ville de passage dans un shelter (un abri) où des bénévoles leur coupent les cheveux et les maquillent. Au fil des pages se dessinent alors une communauté de destins, résumés par ce vers du poète Langston Hughes : « What happens to a dream deferred ? » Qu’arrive-t-il à un rêve qui dure et ne s’accomplit pas ? Sunset Paradise est le roman de ces rêves inaccomplis.

 

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2022
128 pages
Disponible au format broché

 

 


MON AVIS

Récit incisif, où réel et irréel se croisent dans un chaos paradisiaque teinté de rires, de larmes et de cris.

 

Rencontres éphémères, portraits saisissants, images rebelles, images douces initiatrices d’un rêve ou d’une illusion s’échappant dans les voluptés d’un monde sans homme, sans femme. Homeless un titre pompeux pour nommer l’indésirable se parant d’une multitude de couleurs chatoyantes, portant sur leur épaules et dans leurs yeux la misère, souillon d’un monde sans rêve, désabusé.

 

Instants clés, instants flash se mesurant au déclic de l’appareil photo. Instant de douceur et de douleur. Instant de tous les instants. Olivia révèle le monde, le met à nu, l’interroge et le pointe du doigt. De la compassion, de l’empathie colorent ses photos. Un shelter comme décor qui s’anime un jour par semaine et devient le théâtre de la vie décousue, sauvage, volée.

 

En bref :
* Un roman poignant
* Un portrait saisissant de la ville des Anges
* Un kaléidoscope brut de vies furtives où les apparences sont à la hauteur des désirs réels et volés.
 
Un roman empreint d’une douceur douloureuse. Chapitres et paragraphes courts, trépidants de l’instant fugace de ces vies trompées, trompeuses. Un récit émouvant et intrépide, décapant la vérité sans filtre sublimée par six photographies resplendissantes de sens.

 

A découvrir sans aucun doute dès le 10 février !

L’HOMME SANS FIL, un roman d’Alissa Wenz.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Denoël


« S’amarrer dans des villes inconnues, ne pas savoir où il va dormir, voilà ce qu’il aime. L’exaltation du nouveau. C’est exactement ce qu’il ressent quand il entre dans des réseaux informatiques. Oui, c’est la même chose, se dit-il, c’est un acte de foi. […] Les journaux l’appellent ainsi : le hacker sans abri. »
En 2010, le jeune soldat Bradley Manning est accusé d’avoir divulgué des documents
classés secret-défense, révélant d’importantes bavures de l’armée américaine. Il risque alors la prison à perpétuité.
Qui se souvient aujourd’hui d’Adrian Lamo, l’homme qui l’a dénoncé ? Hacker hors pair, Adrian Lamo est une légende dans son domaine. Mais le génie adulé, l’insolent vagabond, s’isole progressivement. Happé par les univers parallèles dont il se fait l’architecte, Adrian Lamo s’extrait peu à peu de la vie. Il perd dangereusement le fil du réel, entraînant dans sa chute ceux qui l’admiraient.
Avec une grande finesse, Alissa Wenz explore la part sombre de notre humanité et compose le portrait saisissant d’un antihéros 2.0.

 

 

Ma note : 5/5 mention « coup de cœur »
Nouveauté 2022
272 pages
Disponible au format numérique et broché

 

 


MON AVIS

Inspiré de faits réels, L’HOMME SANS FIL reste un récit romancé qui a le mérite de voguer entre l’irréalité et la réalité, subterfuge saisissant et impitoyable.

 

Vous avez tous entendu cette affaire en 2010, même si en France elle n’a pas eu un retentissement exemplaire, aux États-Unis c’est la goutte qui a fait déborder le vase. Bradley Manning a vendu ou fourni des documents sécurisés à Wikileaks. Adrian Lamo est celui qui l’a dénoncé.

 

Ce récit narre la vie de cet homme hors-norme. Un homme vagabondant d’est en ouest, nord, sud. Les lieux insalubres sont son toit. Son sac à dos, sa vie. Son ordinateur l’ouverture sur un monde numérique. Son talent, hacker les grandes entreprises, mettre en lumière les failles et gracieusement les réparer. Adrian Lamo est un génie d’une honnêteté désarmante. Il améliore ce monde, il pointe du doigt les défaillances. Adrian est un homme complexe, insaisissable. Sa vision du monde est sans contexte atypique. Il le construit à sa manière, jouant avec l’illégalité. Le seul unique et faux pas le mène en enfer.

 

Alissa Wenz a le talent extraordinaire de narrer des histoires qui le sont tout autant. Captivée dans ma bulle, je lis avec une certaine frénésie, inquiétude et envie cette histoire qui n’en est une que parce qu’elle à été écrite. Se souvenir que ce n’est pas réel, qu’à moitié. Se plonger dans un univers unique, impénétrable, anonyme. Se dire que cet homme, malgré tout, est un homme bon qui a joué avec son erreur et s’est perdu dans les limbes d’un monde qui ne voulait plus de lui. Imaginer l’enfer, l’appréhender, le vivre et le chérir car il est le seul endroit où la vie semble paisible. Perception d’un monde où la trahison ne ressemble plus qu’à une certaine déchéance. Tomber sans jamais pouvoir se relever, juste cette envie de devenir enfin une personne, une seule personne et ne plus avoir à porter cette fichu casquette.

 

Un fil décousu, sensible, ténu. Un fil sans un homme, perdu, oublié, isolé. Un fil relié à l’ignominie. Un fil qui se casse dans cette chambre crasseuse, déshumanisée.

 

Portrait saisissant d’un homme simple et dont le bonheur ne tenait qu’au son des touches de son ordinateur. Un homme aux mille questions, aux mille angoisses mais dont le cœur débordait de générosité.

 

Immense coup de coup de cœur pour le nouveau roman d’Alissa Wenz que je t’invite vivement à découvrir !

JUSTE AVANT D’ÉTEINDRE, un roman de Hélios Azoulay.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions du Rocher


« Si quelqu’un m’a vu ici, il racontera peut-être un homme en train de courir après une pauvre feuille de papier que le vent s’amuse à exiler. Je les ramasse toutes. Je les déchire minutieusement, et j’en garde un petit fragment. Un lambeau étroit comme une île, où je peux écrire quelques mots. Ce que je vois, ce que j’ai devant moi, ce que mes yeux attrapent, ce qu’il me reste entre les dents. Des petites phrases. J’écris debout.Il n’y a pas de détails, il n’y a que des preuves. J’en ai les poches pleines. »
Dans un roman à l’écriture fulgurante, Hélios Azoulay raconte le destin d’un musicien juif qui, dans l’impossibilité de composer, se réfugie dans l’écriture pour résister à l’horreur de la déportation. En mêlant la pudeur au burlesque, le délire au souvenir, l’effrayante réalité à une poésie qui refuse d’arrondir les angles, l’auteur tisse la vie d’un artiste trimballé par l’Histoire, mais qui ne renoncera jamais à rester un homme.

 

Ma note : 5/5 mention « incontournable 2021 »
Nouveauté 2021
140 pages
Disponible en numérique et broché

 


MON AVIS

Cette lecture est une expérience unique où le jugement n’a aucunement sa place, où seul, les mots et leurs pouvoirs vous transportent dans cette cruelle intimité.

 

JUSTE AVANT D’ÉTEINDRE est un roman court, très court, où les émotions explosent au son des mots .

 

JUSTE AVANT D’ÉTEINDRE est un roman qui se lit à voix haute, qui se crie dans le silence des pages blanches et noires, qui cavale au rythme des phrases syncopées, qui se vit, qui se sent. Il dégage de ce roman une certaine architecture des mots et des émotions. Une étrange osmose qui trouve sa beauté dans la douleur, l’innommable, l’incongru et ces petits papiers, liens magiques, sensoriels.

 

JUSTE AVANT D’ÉTEINDRE est un roman d’une splendeur éblouissante. Hélios Azoulay aborde la déportation, les camps de concentration et extermination, et ces femmes, ces hommes, ces enfants, ces vieillards à l’espoir famélique, étrangement féerique. 

 

La structure unique et atypique du texte rend l’ensemble explosif parfois burlesque et surtout douloureux.

 

Sortir de cette lecture indemne est mission impossible. Les mots vous collent, impriment vos rétines et laissent cette trace tatouée dans votre cœur et vos tripes. A jamais.

 

Une puissance solaire et exceptionnelle !

 

Une chronique de #Esméralda

TU, un roman de Ève Chambrot.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Envolume


Une rencontre, inespérée. Mais très vite Tu est sous emprise.
Une rencontre, une belle rencontre. Inespérée. Mais très vite, des fausses notes, des fêlures, trois fois rien, des mots qui font mal, inutilement… Questionnements, doutes, c’est pire de jour en jour, jusqu’à l’évidence criante : Tu est sous emprise.
Ma note : 3.5/5
Nouveauté 2021
112 pages
Disponible en broché et bientôt en numérique

 


MON AVIS

L’amour ?
Quel sens donne ton à l’amour ?
Indéfectible, charnel, amical, filiale, inavouable, majestueux, normal, toxique ?
L’amour est un vaste continent où l’on se trouve personnellement avec l’autre.
Qu’en est-il de l’amour toxique ?
Il est beau, merveilleux, unique, planant, immersif. Puis vient la douleur, insidieuse, malsaine, imprévisible, manipulatrice. Il emprisonne dans l’attente, dans le geste affectif, le mot sensible et compréhensible, le regard accusateur.
La machine est en marche.
Elle crie, elle hurle, elle patiente, elle pleure, elle s’évanouit dans l’immensité du silence.
Elle sait. Elle le sent dans ses tripes.
TU est incontestablement un roman à découvrir si le thème vous intéresse. La particularité de ce récit est surtout du point de vue de la narration. Essentiellement écrit à la deuxième personne du singulier, donnant au texte une dimension intéressante. Un certain éloignement par rapport à l’héroïne et qui bien au contraire nous attache littéralement à sa descente aux enfers.
Une lecture rythmée où la douleur s’insinue au fil des pages. Un roman qui ne laisse pas son lecteur insensible.
C’est un thème qui m’intéresse beaucoup dans la littérature, ma dernière lecture en date était A TROP AIMER de Alissa Wenz paru en 2020. Si je me permets une comparaison avec ces deux romans, c’est que TU ressemble à ce dernier et ne m’a rien offert de nouveau. Ève Chambrot va à l’essentiel et j’ai eu ce sentiment de satiété non assouvi.
Une idée lecture qui pourrait vous plaire.

 

Une chronique de #Esméralda

LA CITÉ DE LAITON, un roman fantasy de S.A Chakraborty.

ROMAN FANTASY

ÉDITIONS DE SAXUS Tome 1/3


Une épopée inoubliable et magique au cœur des légendes et des mythes du Moyen-Orient !
Dans les rues du Caire du XVIIIe siècle, Nahri est une jeune escroc aux talents inégalés : lecture de la main, exorcismes et un mystérieux don de guérison ; elle a fait des nobles ottomans sa cible principale dans le but de survivre. Un jour, pendant l’un de ses «  coups  », elle invoque accidentellement Dara, un mystérieux guerrier djinn, et elle va comprendre trop tard que même les stratagèmes les plus intelligents peuvent avoir des conséquences mortelles.
Forcés de fuir Le Caire, Dara et Nahri voyagent ensemble à travers des sables chauds et balayés par le vent, grouillants de créatures de feu et de rivières où dorment les mythiques Marids. Des ruines de métropoles humaines autrefois magnifiques aux montagnes où les oiseaux de proie ne sont pas ce qu’ils semblent, leur périple a pour destination Daevabad, la légendaire Cité de Laiton.
Ma note : 4,5/5 mention « à découvrir »
Traduction de l’anglais (États-Unis) Gaspard Houi
Disponible en numérique, broché et relié.
Nouveauté 2021

MON AVIS

Surtout n’ayez crainte de ce joli petit bébé de plus de 600 pages. Un embonpoint aussi léger qu’une plume. Il faut dire que S.A. Chakraborty maîtrise à la perfection son univers et qu’elle vous y plonge avec une aisance qui pourrait frôler l’émerveillement.

 

Bienvenue dans un univers aux couleurs du Moyen-Orient et des Mille et une nuit. Tapis volant, créatures mythiques, mythes et légendes, pourfendent une histoire qui va vous scotcher. Désert, oasis, mosquée,, minaret, souk, une ambiance où notre bon Aladin ferait pâle mine. Une création aux milles couleurs où le danger est omniprésent. Un monde imaginaire envoûtant et qui vous invite à vivre cette aventure avec frénésie.

 

Prenez une grande respiration et plongez avec moi !

 

Nahri est une jeune femme qui dès son enfance a du apprendre à survivre. Brillante escroc, guérisseuse farouche, exorciste, tous les boulots sont bon à prendre tant qu’elle y trouve son compte. Derrière cette vie de voleuse, se cache pourtant une jeune femme qui souhaite quitter le Caire pour se former à la médecine. Nahri est une tête brûlée qui aime le risque, et quand ce dernier se présente à elle pour la première fois y a de quoi flipper. Lors d’une cérémonie particulière, elle réalise bien trop tard que les avertissements donnés par son ami, l’apothicaire, sur le monde invisible, a sa part de vérité. La voici affublé d’un djinn, Dara, pas commode qui s’est donné pour mission de la sauver des méchants, les éfrits. Direction Daevabad, cité invisible aux yeux des humains, recelant de nombreuses surprises. Tout au long de ce périple, elle découvre un monde insoupçonné et dont elle serait la dernière survivante. Nahid, elle serait douée pour guérir. Cette communauté a été décimée depuis une vingtaine d’années par convoitise et jalousie.

 

Dara est une guerrier aguerri et puissant. Mystérieux, fougueux, taciturne, il masque avec perfection ses émotions. De lourds secrets se sont accumulés tout au long de longue vie. Mais Nahri l’intrigue et au fil de ce voyage surprenant, il va s’épancher, ouvrant un peu son cœur.

 

Parallèlement aux aventures de Nahri et de Dara, nous découvrons le jeune prince de La Cité de Laiton, Ali. Ali est un cérébral avec des idées bien arrêtées et bien différentes de celles de son père. Promis à devenir le grand vizir, il sera en charge de la sécurité et de l’armée de la cité. Au fil de ses points de vue, nous découvrons la vie interne de la cité : ses merveilles et ses horreurs, ses guerres intestines et la pauvreté. Sa famille est mise aussi en avant.

 

Et puis arrive ce moment fatidique où les deux mondes se rencontrent. Le choc des Titans ! Une entrée en scène magique et merveilleuse qui se terminera des mois plus tard en un chaos sans nom !

 

Nahri se trouve au milieu d’une histoire dont elle n’aurait jamais voulu en être le personnage principal. Étouffée par toutes ses considérations, impuissante face aux exigences, troublée par l’aura de Dara et envoûtée par l’intelligence d’Ali, Nahri perd rapidement pied. Quel choix devra t’elle faire ?

 

Ce premier tome pose les bases d’une histoire incroyable. Un page turner explosif qui vous entraîne au cœur d’une histoire incroyable et magique ! J’ai avalé les pages telle une boulimique en manque de sa dose ! Arrivant au surprenant final qui bien évident va te frustrer sérieusement ! Mais ça c’est le risque qu’on prend, lorsqu’on ouvre un roman ! Un monde aux mille et une couleurs, une intrigue passionnante, des personnages atypiques aux caractères bien trempés. Un décor dépaysant, envoûtant et splendide. Le contrat est rempli et je n’attend que la suite.

 

Si vous avez adoré REBELLE DE DÉSERT de Hamilton où qu’alors vous êtes juste des curieux.ses en mal de sensations fortes. Je n’ai qu’un mot FONCEZ !

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA

LES CŒURS INQUIETS, un roman de Lucie Paye.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Gallimard – Collection Blanche

#68premièresfois


Un jeune peintre voit apparaître sur ses toiles un visage étrangement familier. Ailleurs, une femme écrit une ultime lettre à son amour perdu. Ils ont en commun l’absence qui hante le quotidien, la compagnie tenace des fantômes du passé. Au fil d’un jeu de miroirs subtil, leurs quêtes vont se rejoindre.
Ce roman parle d’amour inconditionnel et d’exigence de vérité. De sa plume singulière, à la fois vive, limpide et poétique, Lucie Paye nous entraîne dès les premières pages vers une énigme poignante.
 
 
Ma note 4,5/5 mention « à découvrir »
152 pages
Disponible en numérique et broché
Édition 2020

MON AVIS

Voici une nouvelle lecture de la sélection des 68 premières fois qui m’a totalement transcendée.

 

Lui. Elle. Cavalcade solitaire où les émotions prédominent et accaparent.

 

Lui, peintre. Une première exposition qui éclabousse sa vie de prestige. De son île, il débarque à Paris, terre fertile de la création. Une nouvelle exposition est programmée, il a quelques mois pour clore cette nouvelle collection. Tableau blanc, esquisse inachevée, incomplète. Pourtant, il est là, ce visage, triomphant du blanc, de la solitude. Une insolente esquisse narguant son créateur. Qui es-tu ? Introspection virale, vitale, Lui, désespéramment, s’accroche à cette unique ancre. Des souvenirs, des flashs, sa vie se déroule sur ce tapis amer et azuréen. Et puis la frénésie survient. Explosion d’un passé, d’une fenêtre en face de chez lui, de cette femme où mystère et grâce s’unissent pour l’espoir, la folie, l’envie.

 

Elle, elle écrit depuis son lit de mort à cet enfant qu’elle n’a pas vu grandir. Un déchirement brutal, sauvage, sa vie en noir et blanc. Elle se souvient de ces moments délicats, de partage, de câlin, de mots interminables. Des souvenirs à la pelle qu’elle garde précieusement au fond de son cœur dans cet endroit où brille encore et pour toujours l’innocence envolée. Elle retranscrit sa douleur et son espoir. Elle rêve de l’homme qu’il est devenu, de la vie qui l’a eu. Mots après mots, phrases après phrases, se dessine ce portrait irrésistible d’une mère qui malgré cette perte fracassante a toujours su s’émerveiller.

 

Il n’est rien pour Elle. Elle n’est rien pour Lui. Ce trait d’union improbable, mystique. Une ligne qui s’étire dans l’espace-temps et qui s’étiole attendant le moment unique pour surprendre.

 

Lucie Paye décortique le sentiment de l’abandon avec cette grâce qui hypnotise. Pages après pages, l’envie se fait pressante, urgente. Une plume poétique, captivante qui a su me séduire dès le départ. L’exigence des sentiments absorbe l’esprit. L’amour percute et transcende. La tristesse n’est que joie. La joie n’est que péril. Un roman bouleversant et prenant au cœur de ce monde artistiquement flou qui n’attend que le mot ultime pour se dévoiler, s’épanouir et pardonner.

 

Un premier roman magnifique et une auteure à suivre absolument !

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMERALDA