PMA. A la recherche d’une petite âme de Céline Gandner et de Pauline P.

DOCUMENTAIRE

Éditions Delcourt – Collection Encrages

Céline Gandner (scénariste) Pauline P (illustrateur et coloriste)

Ce récit autobiographique décrit le parcours complexe d’une quarantenaire hétérosexuelle qui se lance, en mode maman solo, dans un projet de PMA avec don de sperme. 
Un témoignage personnel et intimiste, plein d’autodérision, et très documenté sur le plan médical qui croise inévitablement notre contexte social et politique puisque le sujet est plus que jamais d’actualité.

 

Ma note : 3/5
Nouveauté 2022
192 pages
Disponible au format numérique et broché

 


MON AVIS

Si j’ai choisi cette lecture c’était avant tout, par ce que le sujet de la PMA je le connais parfaitement, puisque (comme j’aime le dire) je suis restée 8 ans dans les couloirs de l’hôpital. Ce qui m’intéressait était de découvrir le chemin psychologique que peut ressentir une femme dans l’attente d’un don d’ovocytes, mais ce n’est pas le cas de l’auteure puisqu’à son âge de ce côté là tout roule. Si c’est cet aspect qui m’intéressait, c’est que nous envisageons un parcours de ce type en Espagne.

 

Ce roman graphique s’adresse surtout pour les femmes solos qui ont un désir de maternité quelque soit leur âge. Même si en France s’est enfin légalisée, la PMA reste assez stricte et le don d’ovocytes et bien plus encadrée et difficile d’accès que le don de spermes. Bien avant la légalisation, la Belgique et l’Espagne sont des eldorados. Céline Gandner se tourne vers la Belgique. Elle décrit tout au long de ce roman graphique son parcours, son obsession, ses espoirs et ses désillusions avec un certain humour tranchant qui permet, sommes toute, de relativiser. Des pages plus scientifiques sont axées sur les termes que l’on rencontre et tentent de vulgariser tout cela. Ce parcours a un certain coût qu’il ne vaut pas prendre à la légère.

 

Avoir un enfant via la PMA est tout un parcours du combattant. Une aventure avec un grand A où les injections, les multiples rendez-vous réussis sont une épreuve que l’on savoure. J’ai beaucoup apprécié la mise en garde concernant l’aspect psychologique où avoir à tout prix a de graves conséquences.

 

Ce roman graphique est assez complet en soi et aborde tous les points que l’on peut retrouver tout au long de ce parcours. Je vous le recommande si vous êtes une femme solo qui a vécu cette épreuve ou que vous avez ce projet. Cette bande dessinée n’a pas répondu à mes attentes car elles étaient trop éloignées des préoccupations de Céline Gandner.

 

En bref :
– Ce roman s’adresse aux femmes solos qui désirent un enfant
– Une vulgarisation scientifique des termes médicaux
– Des illustrations simples et efficaces
– Une approche globale et personnelle du parcours de la PMA
 
Même si ce roman graphique ne s’adressait pas particulièrement à moi, je me suis beaucoup reconnue dans les doutes et les différentes expériences.

 

Est ce que c’est un sujet qui t’intéresse ?

FILLES UNIQUES, tome 2 : Céleste – une bande dessinée de Beka et Camille Méhu.

ROMAN GRAPHIQUE

Éditions Dargaud


Céleste se sent comme une tache qu’on souhaite effacer. Nulle, insignifiante, indigne de toute amitié. Chaque jour, elle se replie un peu plus sur elle-même et tente de se faire oublier. D’ailleurs, elle en est intimement persuadée, si elle ne faisait plus partie du Club des mal-barrées, les autres filles ne remarqueraient même pas son absence.
C’est qu’elle a l’habitude de se fondre dans le décor pour éviter qu’on la rejette, qu’on la fuie et, par-dessus tout, qu’on se moque d’elle.
 
Depuis quelques temps, Céleste reçoit des sms qui la dévorent. Des centaines de sms insidieux venant de trois numéros différents. Céleste est harcelée. Elle ne voit plus d’autre solution que de se résoudre à en parler à ses amies. Contrairement à ce qu’elle pensait, la réaction est immédiate dans le Club des mal-barrées. Quel que soit le moyen, Apolline, Chélonia, Sierra et Paloma sont bien décidées à démasquer les harceleurs. Mais le mal qui ronge Céleste est bien plus important qu’il n’y parait et les membres du Club ne sont pas au bout de leurs surprises.

Ma note 5/5
Nouveauté 2022
55 pages
Disponible au format numérique et cartonné


MON AVIS

Le club des mal-barrées est de retour pour une nouvelle aventure tout aussi douloureuse que la première. Ces cinq cachent derrière leurs apparences décontractées une colère bouillonnante. Derrière ses longs cheveux blonds, ses lunettes et cette tenue passe-partout, Céleste souffre, en silence. Seules ses nouvelles amies la tirent vers la lumière et pourtant elle se sent inutile.

 

Beka explore une nouvelle fois les affres de l’adolescence. Une héroïne mutique prise dans les mailles de l’harcèlement moral, physique et psychique. Prise dans cette spirale sans fin et angoissante, Céleste disparaît avec ce secret qu’elle n’a jamais avoué. L’aide est difficile à demander et pourtant le filles vont tout faire pour la sortir de ce gouffre béant de solitude, de tristesse et d’angoisse. Par ailleurs l’histoire continue d’explorer l’environnement proche de Paloma (tome 1) tout en découvrant de nouvelles informations et de donner quelques indices sur les autres filles. Le club des mal-barrées est plus fort que jamais grâce à une amitié solide et prêt à affronter les démons de chacune.

 

Les illustrations sont toujours aussi réalistes et chargées d’émotions. Si le premier tome est aux couleurs du feu celui-ci s’oriente davantage vers les ténèbres, le noir, le sombre.

 

En bref :
* un second tome chargé d’émotions
* une héroïne prise dans l’étau de la folie humaine
* un club de filles soudées
* une histoire d’un étonnant réalisme
* les illustrations de Camille Méhu sont saisissantes
 
Une saga à découvrir sans tarder !

THIERRY AU PAYS DES SINGES, un roman graphique de Miroslav Weissmuler.

ROMAN GRAPHIQUE

Éditions Vedrana


Suite à un drame dont il n’est pas impossible qu’il soit le seul responsable, le jeune Thierry se voit contraint de quitter précipitamment son foyer. Sa fuite le conduira jusqu’à une fastueuse pension forestière, dirigée par l’aristocrate Beau Sire et abritant une compagnie de singuliers personnages.

Jusqu’où Thierry l’ingénu sera-t-il prêt à aller pour entrer dans les bonnes grâces de son hôte ? L’amitié que lui offre celui-ci est-elle vraiment sans feinte ? Et qui est donc ce mystérieux Ambassadeur, à la venue duquel tout le monde se prépare fébrilement ? Qui lira ce livre le saura.

 

Ma note : 4/5
2020
60 pages
Disponible au format broché.

 


MON AVIS

Voici un roman graphique très singulier qui a le mérite de rebondir sur de nombreuses réflexions.

 

Le jeune Thierry a passé toute sa jeune vie dans l’arrière-boutique d’une boulangerie. Garçon à tout faire et défait semble-t-il de toutes libertés, c’est lors d’une entrevue particulière et secrète qu’il aspire à une autre vie. Une explosion plus tard, le voici libre de choisir sa vie. Ses pas le portent vers le pays des singes au cœur d’un hôtel atypique tenu par Beau Sire. Ses occupants ne sont, entre autre, que des singes et des guenons qui s’entraînent tous les jours durant à une sorte de spectacle-cérémonie. Thierry apprécie l’endroit dont il découvre les secrets, de biens étranges secrets. Lorsque l’Ambassadeur fait l’honneur d’être là, c’est un tout autre monde qui se dévoile.

 

Fable satirique entre autre, ce roman graphique à la particularité de remuer les sens et les tripes. Je ne sais pas si le but est de faire réagir vivement le lecteur où de titiller sa sensibilité, mais il est clair qu’il est impossible de rester de marbre. Je vais « à tatillon » dans mes suppositions mais l’auteur aborde plusieurs thèmes anarchiquement : la liberté, l’appropriation d’un être, l’esclavage domestique, la condition féminine, l’homophobie, la découverte de soi et peut être bien d’autres. Le ton est tout à la fois léger et sérieux. Une plume au style implacable usant d’un langage soutenu. Les illustrations à l’encre de chine sont délicates, parfois cyniques et toujours dans ce ton unique. Leur présence parfait un roman entier, singulier et estomaquant.

 

 

DU POMMIER IL NE TOMBE PAS DES POIRES, un roman graphique de Collectif.

ROMAN GRAPHIQUE

Éditions Vedrana


Ce livre est un recueil d’expressions serbes, illustrées par Bryan Beast, Albert Foolmoon, Dav Guedin, Pole Ka, Nadine Grenier, Emilie Ringlet, Laura Schneider, Jean-Jacques Tachdjian, Miroslav Weissmuller.
 
Ma note : 4/5
2020
33 pages
Disponible au format broché

 

 


MON AVIS

Quelle idée originale de regrouper dans un cours recueil les expressions serbes. Dix sept d’entre elles sont illustrées par neuf auteurs et auteures.

 

Toutes de noire vêtues les illustrations à leurs manières et de façon très atypique mettent en exergue une expression. Les techniques du dessin restent simple (crayon et/ou encre) malgré la complexité de certaines. Ne sachant pas dessiner, c’est toujours un moment merveilleux de découvrir, de chercher le détail qui fait la différence et enfin d’interpréter.

 

Le nec plus ultra sont les petites explications au début du recueil qui nous permettent de ne pas rester sur notre faim et/ou notre incompréhension.

 

Un recueil d’expressions serbes très amusant et enrichissant aux chouettes illustrations.

 

« La grenouille a entendu qu’on mettait le fer au cheval, et elle a levé la patte. »

 

Il ne sait pas s’asseoir sur la chaise, elle a des clous. »

 

OLIVIER, LE RÉPARATEUR DE CŒURS, un roman graphique de Vedrana Donic’ et de Pole Ka.

ROMAN GRAPHIQUE

Vedrana Éditions

Vedrana Donic’ (texte) et Pole Ka (illustrations)


Ce livre raconte l’histoire d’Olivier, le réparateur de cœurs. C’était le seul réparateur de cœurs de sa ville car c’était le seul à avoir un cœur en bois depuis sa naissance. Ses parents ne savaient pas pourquoi car ils avaient des cœurs en verre qui se brisaient à chaque déception. Cela ne voulait pas dire qu’Olivier ne pleurait jamais,
seulement qu’il n’était pas touché de la même façon. Cela lui permettait donc d’aider les cœurs plus fragiles : Il les réparait, les regonflait avec sa pompe, leur soufflait des mots doux, leur prêtait son oreille, les réfugiait sous son bras et les bordait.

 

Ma note : 5/5
2012
32 pages
Disponible au format broché

 

MON AVIS

Aujourd’hui je viens vous parler de ce joli conte pour enfant et pour adulte (aussi). Un roman graphique d’une trentaine de pages où la différence de ce petit garçon Olivier qui a un cœur en bois, va en grandissant devenir le plus grand réparateur de cœurs. Une différence qu’il met à profit. Il écoute, il palpe et surtout il détient un secret important.

 

Un conte tout simplement magnifique que vous pouvez lire à vos enfants. Vedrana Donic’ parle d’émotions et de différence avec humilité. Les illustrations de Pole Ka sont tout simplement magnifiques. Elles mettent en exergue avec douceur et volupté une histoire sensible et belle.

 

Un roman graphique qui dans son ensemble m’a capturée, emportée par une histoire et des dessins d’une jolie sensibilité.

 

EXTINCTIONS, LE CRÉPUSCULE DES ESPÈCES, une bande dessinée de Jean Baptiste de Panafieu et de Alexandre Franc.

ROMAN GRAPHIQUE

ÉDITIONS DARGAUD & ÉDITIONS DELACHAUX ET NIESTLÉ

SCÉNARIO : De Panafieu

ILLUSTRATIONS : Franc


Sur une île de l’océan Arctique, les journalistes Emma et Luis vont pendant deux mois suivre une équipe scientifique qui étudie le risque mortel que fait peser le réchauffement climatique sur la faune et la flore.
Comment des espèces entières sont-elles amenées à disparaître ? Que dit la science de la sixième extinction de masse que nous vivons aujourd’hui ? Quelles étaient les cinq premières ? Comment se sont-elles produites et dans quel contexte ? Et après nous, le déluge ?…
 
Ma note : 4,5/5 mention « à découvrir »
128 pages
Disponible numérique et cartonné
Nouveauté 2021
Le biologiste Jean-Baptiste de Panafieu et le dessinateur Alexandre Franc nous offrent une description détaillée de ces phénomènes aussi fascinants qu’inquiétants. Avec humour et précision, ils expliquent la disparition des espèces actuelles et les conséquences de cette sixième extinction.

MON AVIS

En démarrant la lecture de ce roman graphique j’étais loin de me douter qu’il allait me faire flipper et me mettre mal à l’aise à ce point là. Si vous pensez que cela est péjoratif, vous vous trompez. Je pense que l’auteur a réussi son pari de nous ouvrir les yeux sur l’avenir de notre planète.

 

Grâce à deux journalistes quelque peu maladroits et une équipe scientifique, nous suivons leurs pérégrinations sur cette île de l’océan Arctique. Pas à pas, nous découvrons les traces du passé. Les différentes extinctions au nombre de cinq et les différentes évolutions des espèces vivantes. Bien évidemment le sujet dérive sur notre époque et les signes précurseurs de la sixième extinction qui nous ne leurrons pas à débuter depuis plusieurs décennies (l’anthropocène). Le plus ennuyeux est le fait que l’homme est à l’origine de cette sixième extinction. Et je vous assure que j’ai sacrément eu les boules. La surexploitation des terres , la surconsommation, la surpêche, l’augmentation de la température contribuent malheureusement à cela. L’auteur glisse tout de même de l’optimisme en suggérant que malgré la fin de la vie telle que nous la connaissons, elle saura s’adapter et évoluer. Les Hommes ne seront plus nous et les espèces vivantes aussi.

 

J’ai adoré ce roman graphique qui vulgarise la science. La science qui explique notre monde avec une telle simplicité est vraiment à mettre dans les mains de tous. J’ai beaucoup aimé les illustrations qui se veulent naturelles et singulières. Parfois des photographies ou des documents se glissent dans les planches. Le scénario accessible se veut parfois coquasse et l’ambiance conviviale. 

 

Une lecture qui ouvre les yeux et jette un grand froid. Je me suis sentie démunie face à cette situation et étrangement apeurée face à cet avenir délicat. Tout cela est si inévitable ! Une lecture qui interroge le lecteur et soulèvera bon nombres de débats. En parler entre nous c’est déjà un premier pas et peut être que collectivement une solution s’imposera. Mais dans notre monde individualiste et capitaliste (de mon point de vue pas celui de l’auteur) il me semble ardu de mettre en œuvre une solution de préservation. Si le protocole de Kyoto est de bonne augure, le temps joue en notre défaveur. Nos enfants et nos petits enfants seront les témoins d’une nouvelle ère qui malheureusement ne s’annonce pas sous des meilleurs auspices.

 

A découvrir de toute urgence !

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA

FILLES UNIQUES, tome 1 : Paloma, un roman graphique de Beka et Camille Méhu.

ROMAN GRAPHIQUE

ÉDITIONS DARGAUD

Beaka (scénario)

Camille Méhu (dessins, couleurs)


Apolline, Céleste, Chélonia et Sierra sont scolarisées dans le même établissement. Ces jeunes filles ont un point commun : elles sont isolées, mises à l’écart par les autres, parfois harcelées. Un jour, Chélonia décide de les réunir pour leur faire une proposition. Elle aimerait fonder avec elles le « club des mal-barrées ». Sa raison d’être : leur permettre de briser leur solitude et de devenir plus fortes, en somme, pour enfin « exister pleinement ».
Ma note : 5/5 mention « incontournable 2021 »
56 pages
Disponible en cartonné et en numérique
Nouveauté 2021
Leur premier objectif consiste à convaincre Paloma de les rejoindre. Adolescente rebelle et solitaire, celle-ci a épuisé plusieurs familles d’accueil. Elle vit désormais chez Liselotte, une femme habituée à héberger des jeunes en difficulté. Les quatre nouvelles amies pourront-elles l’aider à surmonter son passé ?
Dans ce premier tome d’une série en cinq volets, servi par le trait subtil et les couleurs sensibles de Camille Méhu, les BeKa abordent avec justesse les thèmes de l’adolescence difficile et des dysfonctionnements familiaux.

MON AVIS

Ce premier tome a été un sacré coup de cœur ! En commençant je n’aurai jamais cru ressentir autant d’émotions et d’empathie pour ces quatre filles uniques et mises au banc de la société. Ce premier tome est consacré à Paloma. Depuis son plus jeune âge, elle écume les familles d’accueil, trimballant derrière elle un foutu passé où sa voix n’a pas été entendue. 

 

Sous l’impulsion de Chélonia, une geek pleine de surprises, celle ci décide de créer ce groupe de filles. Elle les a longuement observées et en est arrivée à la conclusion qu’elle étaient toutes rejetées par ce système de normalisation. Mais Paloma n’est pas d’accord. Elle préfère être solitaire et affronter la vie telle qu’elle se présente. Faire confiance aux autres n’est pas sa tasse de thé, elle a bien été trop déçue par le passé. Rebelle dans l’âme, elle mène la vie dure à Liselotte, une vieille dame qui a le cœur sur la main et l’âme généreuse. Pas à pas, cette dernière va apprivoiser la jeune fille et Chélonia, Apolline et Céleste vont tout tenter pour que cette dernière intègre leur super groupe.

 

J’ai été sensible à l’histoire de Paloma, cette petite fille qui a été blessée très jeune par la vie. Elle a beaucoup de mal à s’attacher et à donner sa confiance aux adultes qui l’entourent. Un cœur blessé et une âme en flamme, Paloma préfère l’effervescence d’un groupe à la solitude. Une jeune de fille de caractère et aux idées bien arrêtées qui pourtant va se laisser tenter par se regain d’intérêt. Le scénario des Beka est sensationnel et profond. Ils traitent avec cette honnêteté ôtée de filtres les difficultés à l’intégration et à la différence, mais ils souhaitent également mettre en évidence qu’après un mauvais départ dans la vie, les chances sont, là, présentes et qu’il faut savoir en saisir la main tendue. Une scénario sensible et terriblement touchant mis en lumière par les illustrations sublimes de Camille Méhu qui retranscrit à merveille les émotions des personnages.

 

Une joli coup de cœur pour ce roman graphique, hâte de découvrir les aventures des autres filles uniques !

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA

THE BLACK HOLES & NUIT COULEUR LARME, bandes dessinées de Borja Gonzalez.

ROMANS GRAPHIQUES

Éditions Dargaud

Scénario, dessin, couleurs : Borja Gonzalez


The black holes :
De nos jours, Gloria, Laura et Cristina, trois adolescentes, forment un groupe de punk appelé « The Black Holes ». Attitude, présence, instinct et musicalité, rien ne leur manque !
Mais à peine ont-elles commencé à répéter qu’une étrange présence surgit dans leur présent : une réminiscence aussi puissante que mystérieuse de quelque chose qui s’est passé il y a 160 ans et qui poursuit l’une d’entre elle. Et ce qu’elles ne savent peut-être pas, c’est que le temps est une autoroute à double sens…
Ma note : 3/5
Disponible en numérique et broché
Nuit couleur larme :
Dans une ville théâtre d’une vague de disparitions soudaines et inexpliquées, Teresa est libraire spécialisée en fantastique, occultisme, horreur. Une de ses clientes régulières est Matilde, jeune fille timide habillée comme une otaku. Une nuit, dans la forêt, Teresa lance une incantation trouvée dans un livre et fait apparaître Laura, une démone dont le pouvoir est de réaliser le voeu de qui l’a appelée. Mais Teresa ne sait pas quoi demander ! Or, Laura ne peut repartir sans réaliser sa mission. Commence alors une cohabitation des plus étranges, souvent drôle, toujours décalée…

MON AVIS

Une fois n’est pas coutume, j’ai à nouveau entamé une série par le tome 2. A la fin de ce dernier, je n’étais pas très convaincu et j’avais ce sentiment d’avoir loupé quelque chose. C’est au détour d’un post Instagram que j’ai trouvé la solution. Alléluia !

 

Ni une ni deux, me voici à lire The Black Holes. Ce premier tome met en image un groupe de trois filles qui ne se ressemblent absolument pas. Elles ont décidé de créer un groupe de musique, punk. Il est bien difficile pour elles de se mettre d’accord. En parallèle de cela, l’une d’entre elles va vivre des situations extraordinaires qui se recoupent avec des événements survenus il y a 160 ans. Passé et présent se croisent et se décroisent et un mystérieux et gentil squelette semble en être le point commun.

 

Le second tome se déroule à la suite de mystérieuses disparitions dont Cristina, une des filles du groupe de musique. Teresa, libraire, aime la magie occulte et tout ce qui s’en approche. Un soir, elle décide de tenter une incantation qui après quelques couacs réussie. La voici affublée d’un génie, Laura, qui est là pour réaliser un vœu qu’elle s’empressera d’exaucer. Mais Teresa ne sait pas quoi dire et choisir. Laura s’installe chez Teresa et fait la connaissance d’une habituée de la libraire, Mathilde, une ado curieuse.

 

Voici deux bandes dessinées qui sortent totalement des codes. Vous seriez surpris de découvrir des personnages au visages uniques, blancs. Je ne vous cache pas que au début j’ai cru à une mauvaise blague, cherchant l’erreur là où elle n’était pas. L’évidence est telle qu’effectivement Borja Gonzalez a décidé d’occulter les traits des visages. Est ce que cela entraîne une incompréhension des émotions ? Aucunement et c’est en cela qu’excelle les bandes dessinées. Les émotions sont transmises par un jeu de couleur, la posture des personnages et les bulles. Tout le contexte émotionnel est bien et bel présent mais d’une manière inattendue. Ce qui m’a laissé sur ma faim c’est le scénario. Alors oui je n’ai pas tout compris et j’ai encore cette impression d’être passée carrément à coté. C’est très frustrant et embêtant ! Néanmoins l’auteur a le sens de la poésie et vous captive en un claquement de doigts et donc à la sortie du troisième tome, je ne manquerai pas de le découvrir et, peut être et enfin, mettre le doigt sur ce qui me manque aujourd’hui.

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA

L’ENFANCE C’EST … un roman graphique écrit par 120 auteurs et illustré par Jack Koch.


Illustrateur très actif sur les réseaux sociaux, Jack Koch a invité 120 auteurs, connus et moins connus, français et étrangers, issus de tous les genres littéraires, à offrir leur définition de l’enfance, qu’il a illustrée. La magie opère à nouveau : ce sont autant de souvenirs et d’émotions qui sont dites, avec justesse, finesse et beaucoup de tendresse.

Qu’il est bon d’ouvrir ce roman graphique où la douceur, la réalité, l’imaginaire se côtoient autour de cette évidence L’ENFANCE C’EST …

 

120 auteurs réunis au cœur d’un livre où la tendresse, la bienveillance et l’amour s’affrontent, s’unissent tout au long de quelques lignes.
Quelques mots pour ces quelques lignes tels des tableaux souvent parfaits parfois douloureux. 120 auteurs qui racontent leurs enfances, leurs espoirs, leurs rêves, leurs blessures, ce moment crucial où ils rendent compte que l’enfance est passé tel un éclair.

 

Jack Koch et son excellent coup de crayons subliment ces mots. Un petit garçon, une petite fille, une jeune femme, un jeune homme, des parents, des grands-parents, des vélos, des cerfs-volant, des nuages, des fleurs, de l’eau, du vent, de l’herbe des arbres … pleins de rêves.

 

Un sentiment de plénitude au fil des pages s’installe, instillant ces coups de bonheur et de tendresse.

 

A mon tour de me prêter au jeu.

 

L’enfance c’est ce sentiment de ne pas trouver sa place dans ce monde trop vaste pour mes petites mains et mes petits pieds. C’est voir la vie en grand et s’imaginer astronaute et astrophysicienne. C’est pleurer et ravaler ses craintes dans un endroit secret. C’est rire et pleurer, un peu trop. C’est grandir trop vite et se rendre à l’évidence que l’enfance c’est tout un monde.

 

L’avez-vous lu ?

 

Je vous le conseille vivement !

 

Une chronique de #Esméralda.

BARTLEBY, LE SCRIBE un roman graphique de José-Luis Munuera.


New York City, quartier de Wall Street.
Un jeune homme est engagé dans une étude de notaire. Il s’appelle Bartleby. Son rôle consiste à copier des actes juridiques.
Les premiers temps, Bartleby se montre irréprochable. Consciencieux, efficace, infatigable, il abat un travail colossal, le jour comme la nuit, sans jamais se plaindre. Son énergie est contagieuse. Elle pousse ses collègues, pourtant volontiers frondeurs, à donner le meilleur d’eux-mêmes.
Un jour, la belle machine se dérègle. Lorsque le patron de l’étude lui confie un travail, Bartleby refuse de s’exécuter. Poliment, mais fermement. I would prefer not, lui répond-il. Soit, en français : je préfèrerais ne pas.
Désormais, Bartleby cessera d’obéir aux ordres, en se murant dans ces quelques mots qu’il prononce comme un mantra. Je préfèrerais ne pas. Non seulement il cesse de travailler, mais il refuse de quitter les lieux…
José Luis Munuera s’empare de la nouvelle d’Herman Melville dans une adaptation magistrale et porte un regard original sur ce texte, réflexion stimulante sur l’obéissance et la résistance passive.

L’adaptation par José-Luis Munuera de l’incroyable nouvelle de Herman Melville est une parfaite réussite. Aujourd’hui et exceptionnellement, je viens vous parler de deux lectures que je n’aie pues dissocier. Les grands classiques et moi sommes fâchés, mais je mets du mien pour en découvrir de temps en temps et l’occasion s’est présentée avec ce nouveau roman graphique. Grâce à lui, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai lu la nouvelle de Melville.
José-Luis Munuera reprend avec talent l’univers de Melville y transfigurant ici et là son point de vue de scénariste et de l’illustrateur. L’immersion dans le New York du XIe siècle où toutes classes sociales et culturelle se côtoient, où l’exode (et immigration) rural bat son plein, la ville représente l’eldorado, est accompagnée de petits clins d’œil à Thorreau, parfaite introduction.

 

Bartleby, copiste vient d’être engagé dans l’étude du narrateur. Respectueux, soigneux, efficace, il mène à bien les travaux qui lui sont donnés. Et puis un jour il déclare, « je préférerais ne pas ». Abasourdi, son employeur reste stoïque face à ces quelques mots, mais ne lui en veut guère. Quelques jours après, la même phrase retentit. De fil en aiguille, cette confrontation quasi silencieuse pousse le narrateur à fuir ces lieux tout en laissant sur place ce jeune homme. Mais sa prise de position le porte vers un destin tout aussi douloureux.

 

J’ai complétement été déstabilisée par ce roman graphique. On suit les élucubrations du narrateur qui se confie à ce personnage vêtu de noir qui me semble représente sa conscience. Toute une argumentation est ainsi déballée sur le comportement atypique et anodin de Bertlaby. Insidieusement les mêmes interrogations font écho aux lecteurs et l’auteur les invite à la réflexion. A mon tour à rester stoïque, cherchant une explication rationnelle et compréhensible. Il est évident que le contexte historique, sociétal et économique de la nouvelle a une importance capitale. Le libre-arbitre, l’opposition au système insufflent au personnage passif et pacifique une dimension irréelle tout aussi choquante que bouleversante. « Je préférerais ne pas » impose une réflexion et ne représente pas nécessairement le refus catégorique. Peut-il alors avoir un débat quand cette allocution est sans cesse répéter ? Le refus doit-il être compris comme étant le signe d’une désobéissance prérequis et délétère d’une société en perte de repère ?

 

Vous l’aurez compris la lecture du roman graphique de Menuera et de la nouvelle de Melville m’ont donné de nouveaux cheveux blancs. Une histoire qui m’a captivée certes mais dont j’ai cette amère impression de ne pas avoir toutes les clefs en main. José-Luis Menuera met en valeur une nouvelle qui me semble toujours d’actualité. Des illustrations magnifiques où l’urgence de la situation répond en écho à un personnage silencieux mais charismatique. Un scénario adapté mais qui suit les grandes lignes de l’œuvre de Melville. Je ne peux que vous conseiller ces deux lectures, œuvres magistrales,  elles se complètent à merveille et sont indissociables.

 

Une très grande découverte pour moi, je suis sortie de mes sentiers battus et en sort conquise !

 

Une chronique de #Esméralda