DEMI-VIE, tome 2 : Révolte, un roman de Magali Laurent.

DYSTOPIE

Éditions De Mortagne

Tome 2/4

Leur existence n’est qu’un mirage. Et la réalité s’avère aussi cruelle que la vie de l’autre côté de la frontière. Prisonnière de Perfecto, une entité dangereuse, Ysia prend rapidement connaissance du destin effroyable qui lui est réservé. Résolue à se libérer, elle déterrera des vérités qui dépasseront ses craintes les plus vives. Sacha et Driss, quant à eux, s’organisent pour lui venir en aide.
Mais l’intelligence artificielle qui contrôle le Jardin ne compte pas leur faciliter la tâche. À l’extérieur du champ de force, un jeune homme combatif tente de subsister, seul, dans un monde hostile peuplé de Prédateurs. Poursuivi par ses remords, il se questionne. Devrait-il abandonner ? Ou se battre pour survivre malgré la peur, les doutes et le désespoir ? Et si leurs destins à tous étaient liés ? Doivent-ils renoncer ? Ou essayer de sauver ce qui peut encore l’être ? La grande révolte du passé a bouleversé l’équilibre de la planète. Celle du présent impliquera de lourds sacrifices.

 

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
378 pages
Disponible au format numérique et broché

 

 


MON AVIS

C’est avec un immense plaisir que je retrouve ce second tome pour de nouvelles aventures d’Ysia et de ses ami.es.

 

Ce second tome est placé sous le signe des révélations. Ysia découvre les coulisses du Perfecto et cela dépasse tout entendement. Malgré ce grand bouleversement qui remet en cause largement les préceptes inculqués, Ysia trouve la force surhumaine de surpasser sa peur. Son courage exemplaire, sa ténacité et son entêtement la pousseront à prendre des décisions irrévocables pour le bien de la population du Jardin.

 

D’un autre côté, Sacha et Driss continuent à délivrer la population de cette machination infernale. Ils prennent de nombreux risques et mettent tout en œuvre pour qu’enfin le Jardin retrouve la paix, ou du moins de ce qu’il s’en approche le plus. Ils font la rencontre d’un groupuscule qui sera un atout précieux dans leur démarche.

 

Et puis d’un autre côté, l’on découvre le monde extérieur périlleux, désolant et sauvage. Au travers des yeux de Mars, un jeune adolescent seul et attristé par la perte de ses proches, on entrevoit l’horreur qui jalonne des paysages hostiles.

 

Ce second tome est sous le signe de l’action. L’annonce de nouveaux éléments parfont l’atmosphère davantage angoissante. L’action est au cœur des rebondissements et ils sont nombreux. Le personnage d’Ysia gagne en maturité et fait preuve d’un courage exceptionnel. Les pièces commencent à se mettre en place et offre un chouette moment de lecture. Il est très difficile d’en parler sans rien vous spolier. Ce que je retiens de ce second tome ce sont les nombreuses surprises, une écriture toujours rythmée et des rebondissements étonnants. Honnêtement, je ne sais toujours pas où l’autrice veut nous amener, mais, elle nous y amène avec perte et fracas, j’en suis sure et c’est génial.

 

Un second tome très différent du premier avec des personnages attachants et persévérants dans un monde qui tend à s’émietter de toute part ! Une dystopie aussi dérangeante que foudroyante. Un monde sans pitié où l’espoir repose dans les mains d’adolescent.es.
 

J’AI 14 ANS ET CE N’EST PAS UNE BONNE NOUVELLE, un roman ado de Jo Witek.

Je décide de crier ! De ne plus m’arrêter de crier. C’est la seule façon de les faire réagir. De briser leur monstrueuse loi du silence.


En rentrant du collège pour les vacances scolaires, Efi est convaincue qu’elle est une ado comme les autres et qu’à quatorze ans le monde lui appartient. Elle regagne son village, fière d’un carnet de notes exemplaire. Mais cela ne compte plus pour les siens. Elle est une fille nubile à présent, c’est-à-dire : bonne à marier. Plus de liberté, plus d’horizons, plus de livres ni de balades avec les copines. Son avenir est désormais entre les mains d’un père, puis celles du mari qu’on lui a choisi.
Elle est devenue une marchandise, un cadeau que s’offrent les familles. Arrachée à l’enfance, ses rêves piétinés, Efi entre dans l’enfer du mariage forcé. Son destin serait-il au XXI° siècle de vivre à jamais en servante emprisonnée ? Le portrait touchant d’une adolescente rebelle qui incarne la voix de millions de jeunes filles opprimés, et le combat contre l’archaïsme.

Voici une lecture toute aussi touchante que bouleversante.
L’histoire se déroule quelque part dans le monde. Pour ma part elle m’a transportée en Afrique Sub-saharienne. Mais elle aurait pu très bien avoir eu lieu en Asie ou ailleurs.
Efi est une jeune fille de 14 ans. Elle vit en ville chez sa tante et est scolarisée au collège. Elle adore aller à l’école et apprendre. La littérature la passionne et l’ingénierie est vers quoi elle se destine. Elle souhaite apporter dans les villages éloignés le confort moderne. L’accès à l’eau, à l’électricité et à tout ce qui fait défaut, permettrait aux jeunes filles de suivre une éducation à l’école et défaire les schémas archaïques qui régissent les communautés. 
Efi, perchée sur la moto de son oncle, en direction de son village pour les vacances a des idées et des rêves plein la tête. Retrouvée sa grande famille, ses meilleures amies et même son grand frère distant et jaloux est un grand moment de fête pour elle. Elle revient avec des bonnes notes et les appréciations de ses professeurs sont éloquentes. Dans son sac, des livres prêtés par son professeur de français qu’elle dévorera tard la nuit, à la l’aide de la lumière frontale, un cadeau. Efi est sur son nuage, loin de toutes les obligations du village et de sa famille.

 

Son arrivée est timide. Les cris et les grands gestes, les embrassades, les rires, les larmes ne sont pas au rendez-vous. Heureuse d’arriver à bon port, Efi prend rapidement ses marques. Ces petits frères et sœurs ont bien grandi et elle apprend qu’un nouveau bébé ne tardera pas à arriver. L’atmosphère apaisante de la nature, des grands arbres, de l’eau et de la maison la revigore. Alors qu’elle se promène, elle est ramenée manu militari chez elle. Elle est nubile à présent, elle n’a plus le droit de se promener seule et de s’habiller comme une fillette. Désarçonnée par ce mot, elle ne voit guère arriver le présage du mariage. Lorsque la réalité la frappe, son monde s’écroule d’un seul coup. Elle n’aurait jamais cru qu’à 14 ans, elle allait se marier.

 

Jo Witek signe une nouvelle un roman ado poignant. Le mariage forcé est un thème qui interpelle. Il n’a pas de frontière et ne se cantonne pas à des aprioris. Il est choquant et immoral. Efi apprend à ses dépens que sa vie ne lui appartient pas. Que ses envies, ses libertés, ses rêves ne sont qu’une triste illusion. De nubile, elle devient une femme objet prête à satisfaire les demandes de son mari. D’étapes en étapes, Jo Witek insuffle à son roman un caractère tragique. Elle dépeint avec honnêteté les émotions qui traversent le personnage. Les questions, les doutes et la peur fuient de son corps qui ne lui appartient plus. Mais à contrario, elle instille cette légère note de liberté, de lumière. C’est un roman captivant et douloureux. Prenant par sa forme et ses maux, cette histoire est subjuguante et surtout intergénérationnelle.

 

Un roman à découvrir de toute urgence !

 

Une chronique de #Esméralda

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… Mon avis sur un autre roman de Jo Witek, clique sur la photo pour le découvrir.

IL EST ENCORE TEMPS ! de Jean-Philippe Blondel.


Pourquoi rester assise à étudier dans une classe alors que dehors le monde court à sa perte ? À quoi bon parler d’écologie et de développement durable si l’on ne fait rien ? Cette prise de conscience du péril climatique plonge Lou dans une grande anxiété, un désespoir qui lui ôte le goût de vivre.
Heureusement un déclic va se produire : la lycéenne découvre l’activisme de la militante suédoise Greta Thunberg. On peut agir ! Avec deux camarades, Lou se lance un défi : alerter les esprits autour d’elle, mobiliser les jeunes comme les plus vieux, et organiser dans sa ville une grande manifestation pour le climat. Un récit engagé, mordant, rempli d’optimisme et de foi dans la jeunesse. Le portrait touchant d’une pasionaria du quotidien.

Un roman, sans aucun doute dans l’ère du temps. Révélateur de la conscience collective face à un enjeu majeur. La préservation de la planète, de la vie dans toute sa diversité, Jean-Philippe Blondel pose cartes sur table à vous de vous en saisir pleinement. Loin du discours moralisateur, J-P Blondel au travers de son héroïne déclare avec ardeur l’urgence.
Lou est une lycéenne lambda. Loin d’être populaire et looseuse, elle vivote tant bien que mal parmi la foule de jeunes adultes. Son mal a débuté lors de sa dernière année au collège. Là, foudroyant, paralysant, angoissant.  La fenêtre ouverte sur une réalité omnisciente et pressante, l’avenir. Malaise catatonique d’un mal-être puissant et destructeur. Un parcours du combattant pour se raccrocher à une évidence feinte et illusoire. Que deviendra notre génération ? Les mots bloqués, les mots-épées qui épinglent un avenir apocalyptique. Pourtant Lou ne s’avoue pas vaincue, cherche, se questionne, s’intéresse. C’est lors d’une rencontre hasardeuse que l’éclaircie s’opère. Une vidéo de Greta Thunberg, jeune femme activiste, fondatrice d’un mouvement auquel la jeunesse s’accroche. Une révélation pour Lou, un apaisement, elle n’est pas seule. Point de départ d’une aventure hasardeuse et pourfendeuse de nouvelles amitiés. Un projet à la hauteur de son espérance de voir enfin le peuple scandé la triste réalité et de réunir.

 

Le nouveau roman de Jean-Philippe Blondel est sans contexte une bombe ! J’invite tout le monde à le découvrir et à se questionner sur nous, sur nos gestes au quotidien, sur l’avenir des générations suivantes. Au travers de son héroïne attachante, cette quête de la vérité, la découverte de soi au travers du prisme indéformable de la société, il pointe du doigt les aberrations d’une société qui va droit au casse-pipe. Cette jeunesse envieuse d’un monde meilleur se détache des valeurs transmissent par les générations de parents issus de l’ère consommatrice de l’après-guerre. Sans être alarmiste mais avec une honnêteté piquante, IL EST ENCORE TEMPS ! est un roman sensationnel à mettre dans toutes les mains.

 

-Je mate une vidéo sur la gamine, là.
La phrase reste en suspens quelques secondes entre nous et pendant ce court laps de temps, j’imagine le pire – une vidéo d’une gamine victime de harcèlement, d’une gamine battue par ses parents, d’une gamine ridiculisée par ses vieux qui lui font croire qu’ils vont lui offrir un cadeau alors que non, d’une gamine qui se défenestre, d’une gamine atteinte d’une maladie incurable qui nous fixe avec ses grands yeux creux et murmure : « Pourquoi ? » YouTube et les réseaux sociaux nus ont habitués à tout ça. Devant les images, nous nous effarons, nous crions, nous pleurnichons, nous sourions, nous lançons de grands éclats de rire, bref, nous réagissons, mais superficiellement, parce que deux minutes après, nous passons à autre chose. Notre existence est de venue un grand zapping de milliers d’instants que nous dirigeons vers la corbeille de la mémoire en un clic de souris.

 

Une chronique de #Esméralda

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