LE SOLDAT DÉSACCORDÉ, un roman de Gilles Marchand.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Aux Forges de Vulcain

Paris, années 20, un ancien combattant est chargé de retrouver un soldat disparu en 1917. Arpentant les champs de bataille, interrogeant témoins et soldats, il va découvrir, au milieu de mille histoires plus incroyables les unes que les autres, la folle histoire d’amour que le jeune homme a vécue au milieu de l’Enfer. Alors que l’enquête progresse, la France se rapproche d’une nouvelle guerre et notre héros se jette à corps perdu dans cette mission désespérée, devenue sa seule source d’espoir dans un monde qui s’effondre.

 

Ma note : 5/5 « coup de cœur »
Nouveauté 2022
208 pages
Disponible au format numérique et broché

MON AVIS

Vous connaissez sans aucun doute Gilles Marchand et ses romans percutants. Je l’ai découvert l’année dernière avec son roman ado (à quatre mains), « Second souffle » que j’avais adoré.

 

C’est lors de la rencontre organisée par @vleel_ qui m’a persuadée de découvrir « Le soldat désaccordé ».

 

Après avoir refermé ce livre il est bien difficile de faire surface, de reprendre son souffle, de passer à autre chose. Gilles Marchand a ce don particulier d’accaparer son lecteur. Magicien et musicien des mots, Gilles Marchand nous embarque au cœur d’une histoire d’amour en plein Première Guerre Mondiale.

 

Un ancien combattant à la recherche d’un autre, retrace quatre années de la vie de cet autre tout en prospectant. Battant la campagne au grès des histoires qui se racontent et des souvenirs émouvants, il tente tant bien que mal de dresser une certaine ébauche de la vérité. Il y rencontre les cadavres, les esquintés, les malheureux noyés dans l’alcool ou plongés dans le noir, les mots épanchent les maux, érige les souvenirs oubliés et inavouables. Une intimité troublante et violente. La crasse, le bruit, les rêves perdus, les balles trouvées, les prières, les fantômes, les espoirs volatilisés, les têtes sans têtes, les corps sans âmes, les mains vides, maculés de sang, de boue, de rien et de tout, du souffle de multitudes de vies. La culpabilité du survivant, le sens du devoir, empreintes indélébiles d’un héros tenace.

 

Gilles Marchand nous offre un roman exceptionnel et romanesque, d’une richesse historique exemplaire, désinvolte et honnête jusqu’au bout des mots.  

Le chemin des âmes de Joseph Boyden

Littérature Nord-Américaine – Livre paru le 12/03/2008
Editions le Livre de Poche
Lecture personnelle

Ma note : 3,5/5 

 

Résumé : 1919. Nord de l’Ontario. Niska, une vieille Indienne, attend sur un quai de gare le retour d’Elijah, un soldat qui a survécu à la guerre. À sa grande surprise, l’homme qui descend du train est son neveu Xavier qu’elle croyait mort, ou plutôt son ombre, méconnaissable. Pendant trois jours, à bord du canoë qui les ramène chez eux, et tandis que sa tante essaie de le maintenir en vie, Xavier revit les heures sombres de son passé : l’engagement dans l’armée canadienne avec Elijah, son meilleur ami, et l’enfer des champs de bataille en France…


L’avis de #Lilie : Voilà un moment que j’entendais parler de l’auteur canadien Joseph Boyden. J’ai eu l’occasion de le rencontrer l’an passé, à l’occasion d’une conférence sur les minorités aux Etats-Unis et j’avais beaucoup aimé son univers. Je me suis donc lancée dans la découverte de sa plume en cette fin d’année grâce à ma cousine et à nos lectures communes. Celle-ci portait sur le thème « immersion dans la culture indienne ». Même si cette dernière n’est pas au cœur de l’intrigue, on en apprend un peu plus sur certaines pratiques et on découvre, surtout, la première guerre mondiale vue des tranchées.

Nous faisons ici connaissance avec Niska, une indienne âgée qui reçoit, un jour, une lettre lui indiquant que son neveu Xavier est mort au front mais que son ami Elijah est vivant. Elle se rend donc en ville pour aller le chercher mais là, surprise, c’est bel et bien son neveu, comme elle aime l’appeler, qui descend du train. Mais que s’est-il donc passé en France ? Pourquoi cette méprise ? Pourquoi Xavier semble-t-il encore si loin ? Qu’a-t-il vécu sur le front ?

Niska est une indienne qui vit en toute liberté, loin de la ville et des réserves qu’elle fuit. Elle n’a pas eu une enfance facile et s’est plus ou moins construite seule. Attachée à son indépendance et à sa liberté, elle pratique la magie et le respect des traditions est primordial pour elle. On apprend qu’elle a recueilli son neveu Xavier qui, comme elle, ne s’acclimatait pas à la civilisation « blanche » et semblait épris de nature et de liberté. A son côté, il va devenir un chasseur et affuter ses réflexes, ce qui sera un réel avantage une fois sur le front. Très solitaire, il a toujours vécu avec sa tante puis avec son ami Elijah. En rejoignant l’armée, il est un peu déboussolé, que ce soit à cause de la barrière de la langue ou de son mutisme naturel. Très discret, il va toujours essayer d’accomplir sa mission du mieux qu’il peut, dans l’intérêt du groupe. A l’inverse, Elijah va vite s’acclimater à l’armée et aux coutumes de ses compagnons d’arme. Tireur d’élite avec son ami, il va chercher la lumière et la reconnaissance des siens et de ses supérieurs. La guerre va avoir de graves conséquences sur lui et sur l’amitié qui le liait à Xavier…

Comme je le disais en introduction, ce voyage en canoë avec Niska et Xavier va nous permettre de découvrir des coutumes indiennes mais une grande part du récit concerne la vie dans les tranchées. L’auteur décrit avec précision ce qu’on appelle « l’enfer des tranchées », les angoisses des combats, les rudes conditions de vie et le quotidien des soldats. Même si c’est un sujet qui m’intéresse beaucoup et sur lequel j’avais déjà beaucoup lu, j’ai énormément appris, notamment sur la prise des tranchées ou les relations entre les armées alliées. Néanmoins, trop de détails tuent les détails et honnêtement, certains passages m’ont paru un peu long ou répétitifs. L’auteur a, je pense, été un peu trop perfectionniste et il m’a, par moment, perdu. En revanche, sa plume est très précise et elle nous plonge totalement dans les ambiances décrites. Le lecteur est ainsi en totale immersion dans les tranchées et on se surprend parfois à baisser la tête, de peur que quelque chose nous tombe dessus. C’est une découverte intéressante, qui me donne envie de poursuivre ma découverte des écrits de Joseph Boyden.

Pour conclure, « le chemin des âmes » est un roman exigeant mais captivant. L’auteur nous embarque dans une histoire poignante qui nous permet de découvrir le quotidien des tranchées et des soldats partis au front. Un roman puissant, marquant qui ne laissera aucun lecteur indifférent.

Retrouvez ce roman sur le site du livre de poche

Au revoir là-haut d’Albert Dupontel

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Au revoir là-haut – Sortie le 25 octobre 2017

Comédie dramatique

Résumé : Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l’un dessinateur de génie, l’autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l’entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire.

 

Mon avis : Ce film est l’adaptation du Prix Goncourt 2013, écrit par Pierre Lemaitre. J’avais lu ce roman l’an passé et je dois avouer que ce roman m’avait complètement conquise. Malgré sa longueur, 624 pages,  il ne m’avait pas fallu plus de 48 heures pour en venir à bout. J’étais donc impatiente de découvrir son adaptation, d’autant plus que Pierre Lemaitre a participé à l’écriture du scénario.

albert dupontelPour commencer, ce film est réalisé par Albert Dupontel. Acteur français qu’on ne présente plus, c’est un acteur exigeant et un réalisateur qui a son propre univers. Ici, il joue le rôle d’Albert Maillard, un soldat qui a survécu à l’horreur de la 1ère Guerre Mondiale et qui va se lancer dans une escroquerie aux monuments aux morts.

Le casting de ce film est un casting rêvé, avec de grands noms du cinéma français qui incarnent parfaitement leurs rôles :

  • laurent lafitteIl y a tout d’abord Laurent Lafitte, qui joue le rôle d’Henry d’Aulnay-Pradelle, lieutenant dans l’armée française et un opportuniste. Acteur français, pensionnaire de la Comédie Française, Laurent Lafitte a un répertoire de rôles éclectique, que ce soit en papa prêt à tout pour pourrir la vie de son ex-femme dans « papa ou maman », en gendarme collabo dans « Un secret » ou en jouant le rôle du bon copain dans « les petits mouchoirs ».
  • Mélanie ThierryMélanie Thierry est également à l’affiche de ce film. Elle y joue le rôle de la bonne des Péricourt. César du meilleur espoir féminin en 2010 pour son rôle dans « le dernier pour la route », elle a également joué dans « Largo Winch » ou « la princesse de Montpensier ».
  • Niels_ArestrupNiels Arestrup joue le rôle de Marcel Péricourt, le père d’Edouard et Madeleine. Acteur ayant obtenu trois fois le César du meilleur acteur pour un second rôle, je l’avais adoré dans le film « Diplomatie », où il jouait le rôle du général Dietrich Von Cholitz qui avait pour ordre de faire sauter la ville de Paris au moment de l’arrivée des alliés. Il a également joué dans de nombreux films dont « Quai d’Orsay », « Elle s’appelait Sarah » ou « De battre mon cœur s’est arrêté ».
  • Emilie Dequenne joue le rôle de Madeleine Péricourt. Actrice belge, on l’a notamment vue dans « la fille du RER », « Mobius » et plus récemment dans « les hommes du feu ».
  • Enfin Edouard Péricourt, soldat blessé à qui il manque la moitié du visage, est joué par Nahuel Pérez Biscayart, un jeune acteur argentin qui s’est fait connaitre en 2010 pour son rôle dans « au fond des bois ».

J’avais été conquise par le roman, je l’ai également été par le film. C’est une adaptation très fidèle au roman même si les lecteurs assidus décèleront quelques petits changements, qui ne dénaturent absolument pas l’histoire. Le livre et le film permettent de mettre en lumière de nombreuses choses que l’on a tendance à oublier, étant donné que la 1ère Guerre Mondiale s’est maintenant déroulée il y a 100 ans. Cependant, on voit, au début, la dureté de la vie dans les tranchées, la bêtise et la méchanceté de certains officiers qui n’ont que peu de considération pour les vies humaines, et aussi les dégâts provoqués par le champ de bataille, que ce soit au niveau physique ou au niveau moral. J’ai également appris beaucoup de choses sur l’après-guerre, notamment les escroqueries qui ont pu avoir lieu concernant l’enterrement des soldats morts au front ou le fait que les monuments aux morts soient apparus à ce moment-là (auparavant, on n’avait jamais ressenti le besoin de faire des monuments pour les soldats morts sur les champs de bataille. C’est pour cela que pour de nombreux historiens, la 1ère Guerre Mondiale est l’illustration de la naissance d’un sentiment national).

Si vous avez lu le livre, je ne peux que vous conseiller d’aller voir ce film qui est une belle réussite car il mêle drames et poésie. En revanche, si vous avez le roman dans votre PAL, patientez encore un peu avant de regarder son adaptation car vous n’aurez plus de surprises à la lecture.

 

liens-utiles

Retrouvez la bande-annonce du film ici