PIGALLE, 1950 une bande dessinée de Arroyo et de Christin.

POLICIER

Éditions DUPUIS – Collection Aire Libre


Antoine, dit « Toinou », décide de plaquer son Aubrac rural pour le Paris rutilant des années 1950. À 18 ans, il découvre avec stupéfaction les charmes de Pigalle, en particulier ceux des danseuses du cabaret « La Lune Bleue », dans lequel il va travailler. Pris sous l’aile du patron, « le Beau Beb », il va ainsi faire la rencontre de personnages hauts en couleur tels que « Pare-brise », le comptable, « Poing-barre », le videur, ou encore Mireille, la vendeuse de cigarettes…
Mais à trop fréquenter le monde de la nuit, le naïf jeune homme va vite se retrouver plongé dans de sombres histoires de grand banditisme, dont la violence va profondément changer son existence… Toinou brûlera-t-il son innocence à la lumière enivrante de sa nouvelle vie ?
Un grand album « Aire Libre » signé Christin et Arroyo, entre polar et évocation nostalgique du Paris éternel.

Ma note : 4/5
Nouveauté 2022
152 pages
Disponible au format numérique et broché


MON AVIS

L’après-guerre, les campagnes qui se dépeuplent attirées par les villes où la fortune sourit aux plus malins. Les conditions rudes de l’Aubrac l’ont poussé vers Paris où il rejoint son oncle qui pourra l’héberger et lui donner un travail. Il découvre un Paris vivant et fourmillant, une ville cosmopolite, Pigalle et ses spectacles. Peu à peu il s’impose à « la lune Bleue », cabaret renommé. Il y devient l’homme à tout faire. Mais très vite il découvre l’envers du décor. Le banditisme, les manipulations, les complots, l’argent. A cause de son air campagnard, il tombe rapidement dans des mains peu scrupuleuses, lui coûtant son grand amour.

 

Un scénario tout aussi passionnant que déroutant. La vie d’un simple jeune homme qui finalement n’a rien demandé se retrouve au pire moment au mauvais endroit. Portrait de la douce folie d’un monde libéré. Entre manigance et charme, Pigalle, quartier exubérant où tout le gratin se retrouve et manigance. J’ai beaucoup apprécié le scénario et surtout les illustrations qui dans leurs grandes simplicités touchent et bouleversent. Les émotions fleurissent ici et là tout au long des planches. Tel un diaporama, l’histoire se vit avec une belle intensité. Les illustrations dichromes confèrent ce style vintage atypique.

 

Une histoire émouvante portée par un personnage captivant et des illustrations magnifiques. Quel travail !

L’AFFAIRE DR JEKYLL ET MR HYDE, un roman de Ali Mesbahi.

POLAR

Éditions Original Kobo

Masse critique #Babelio

Je m’appelle Raphaël Token, je suis journaliste d’investigation, spécialisé dans les enquêtes criminelles. J’ai une prédilection pour les affaires de meurtre. Le journal vient de m’envoyer à Tanger couvrir une affaire sensible. Mais je me suis pris les pieds dans le tapis : je viens de tuer deux gars.
 
Je ne vous l’ai pas dit, mais je souffre d’une maladie. Ils disent que je suis bipolaire, moi je pense que je suis envoûté. Des troubles de la personnalité qui me déconnectent de moi-même et me font perdre le contrôle. C’est mon côté Hyde. Et, croyez-moi, je déteste ce côté obscur. Malheureusement, je crois que Tanger est trop petit pour mon double « je ». Alors, je colore la ville blanche d’un sang rouge. Je ne sais pas comment m’en tirer cette fois. Comment me protéger de ce monstre ? Et comment me protéger de cette ville aux énergies folles ? Tanger est une créature redoutable.

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2022 (réédition)
148 pages
Disponible au format numérique, audio et broché

 


MON AVIS

Voici une lecture redoutable, terriblement redoutable et dépaysante. Découvrir Tanger au côté d’un criminel, c’est assez insolite pour le souligner.

Raphaël se rend à Tanger dans le but d’écrire un papier pour son journal. Spécialisé dans les enquêtes criminelles, il est tout à fait disposer à tirer le portrait du célèbre Barbier. Raphaël est un homme bien sous tous rapports, on lui donnerait le bon dieu sans confession. Pourtant Raphaël bouillonne d’une colère innée et destructrice. Sa bipolarité l’affecte énormément. Ni les médecins ni les médicaments n’ont su canaliser cette folie. Lui est persuadé d’être envoûter.

 

Tanger est la ville de tous les possibles. Ville lumineuse et mystérieuse empreinte d’une culture forte avec de nombreux aspects, Mr Hyde se réveille avec perte et fracas.

 

Du sang, des corps, des amitiés houleuses, une amourette, une quête, Raphaël va vivre tout cela en quelques semaines. Mais la liberté a un coût qu’il devra payer.

 

Ali Mesbahi signe un roman noir totalement hypnotisant. C’est un roman très court qui ne laisse pas de place à la tergiversation. Nous rentrons rapidement dans le vif du sujet. Les rebondissements s’enchaînent entrecoupés de descriptions qui nous plongent avec une certaine aisance dans la ville. Ce roman n’est pas à mon sens un manifeste de cette maladie. La différence est faite de violence et de résiliation. Pourtant l’espoir de ce quelque chose de meilleur émerge au cœur de cette course poursuite. C’est une lecture qui se vit.

 

En bref :
– Une jolie immersion dans le cœur de Tanger
– Un roman noir avec de nombreux rebondissements
– Un personnage borderline
– Une quête effrénée

 

Une jolie découverte dans son ensemble mais si je regrette toutefois quelques redondances et le manque de développement sur certains personnages. Certaines zones d’ombres persistent et c’est bien dommage.

 

Connaissez-vous Tanger ?

JUSTAN LOCKHOLMES, tome 2 : La morsure du serpent, un polar de C.D. Darlington.

POLAR

Éditions Beta Publisher – Tome 2


L’affaire de la Logia a beau être close, elle n’a pas pour autant épargné le fameux Justan Lockholmes.
Un mois plus tard, alors que de terribles cauchemars le hantent, il va devoir reprendre du service aux côtés d’un tout jeune officier de police, et cela, qu’il le veuille ou non !
Un orphelin noyé, une énigme prométhéenne et une pintade bien peu digeste.
Voilà que Justan plonge dans une histoire passablement compliquée !
 
Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
372 pages
Disponible au format numérique et broché


MON AVIS

Je suis très heureuse de retrouver Justan Lockholmes (JL) pour une nouvelle aventure. JL est un jeune homme d’une certaine trempe qu’il a acquis au fil de ses différentes enquêtes. Bel homme, pédant, vaniteux et quelque peu orgueilleux, JL attire autant qu’il rebute. La jalousie en son encontre est souvent légion tout comme l’admiration. Depuis sa dernière enquête, l’affaire de la Logia, JL est victime d’une certaine angoisse pesante qui se manifeste la nuit au cours de violents cauchemars le rendant morose et mal en point. Son majordome a entrepris de l’inscrire à une certaine thérapie innovatrice. JL est loin d’être convaincu. C’est lors d’un dîner mondain que son abattement va disparaître. Rien de mieux qu’un mort sur une table pour se remettre en route. De nouveau associé à Yvan Beaufort qui a pris du grade, cette nouvelle enquête les plonge dans un monde sans cœur et violent.

 

Après un démarrage relativement timide et lent, merci ma mémoire de poisson rouge, j’ai pu rentrer dans l’histoire un fois que j’ai retrouvé mes repères contextuels. Ce second tome se lit avec délice. L’humour grinçant est toujours présent, un peu moins toutefois que dans le premier tome. JL deviendrait-il mature ? L’ambiance est cosy saupoudré d’un léger voile d’inattendu. Les éléments s’enchaînent agréablement bien. L’intrigue s’étoffe rapidement menant vers un final audacieux et dingue. C.D. Darlington maîtrise à la perfection son polar et nous plonge dans une intrigue qui tient parfaitement la route. Concernant le fil rouge commun à tous les tomes, je dois dire qu’il est très mince. Les indices sont rare me poussant à croire que les surprises doivent être nombreuses par la suite. Un cosy mystery totalement addictif et où j’ai pris plaisir à découvrir. C.D. Darlington sait mettre l’eau à la bouche !

 

En bref :
– Une nouvelle enquête haletante
– Un Justan Lockholmes en proie à ses démons mais toujours aussi efficace
– Des personnages secondaires qui n’ont délivré tous leurs atouts
– Une intrigue maîtrisé à la perfection avec de nombreux rebondissements
– Un fil rouge qui s’étoffe
– Un cosy mystery intense à l’humour saisissant
– Une ambiance explosive digne des polars d’Agatha Christie
 
Est-ce que ce genre de lecture pourrait te plaire ?

EGO : Libère-moi, un polar de Maxime Girardeau.

POLAR

Éditions Fayard – Collection Romans Policiers


Dans les décombres d’un violent carambolage en plein Paris, la police découvre des morceaux de corps affreusement mutilés. Contrairement à ses collègues, la capitaine Laurence Milhau, chargée de leur identification, doute que ces morts soient liées à un règlement de comptes.
Soupçons que confirme l’appel de son ancien patron. Après des mois de silence, le commissaire Franck Somerset refait surface pour lui demander un service  : identifier officieusement un jeune inconnu mêlé à la disparition suspecte du fondateur d’une startup nommée EGO.
Pourquoi tant de mystère ? Pourrait-il s’agir des cadavres retrouvés dans l’accident ?
Pour la capitaine Milhau et le commissaire Somerset, c’est une étrange affaire qui s’annonce, faite de manipulation et de mensonges, de propagande et de vérités alternatives, qui les mettront sur la piste d’une invention tout aussi extraordinaire que dangereuse si elle venait à tomber entre de mauvaises mains…

Ma note : 5/5
Nouveauté 2022
432 pages
Disponible au format broché et numérique
 

MON AVIS

Arrêtez tout !!! Voici un thriller qui m’a fait vivre un moment incroyable de lecture. Il y a bien longtemps que je n’avais pas ressenti ce frisson s’installer tout au long du chapitre et qui explose au final.

 

Pourtant c’était mal parti. Une première partie qui contextualise où l’auteur pose ces pions méthodiquement sans que cela nous interpelle pas plus que ça. Fin de la première partie, premier clash. Okay, je rembobine, je suis perdue mais où veut donc me porter Maxime Girardeau ? Et là les choses sérieuses peuvent commencer.

 

Maxime Girardeau est un magicien, un peu sadique, je dois l’avouer. Mais cela fait son charme. Il nous offre un thriller magistral où les apparences ne sont pas ce qu’elles sont. Construit sur le modèle du roman choral, les différents points de vue s’enchaînent et nous portent vers un final commun. Les intrigues s’étoffent mais sans vraiment rien laisser paraître. Est-ce que je me suis sentie perdu ? Mais complétement ! Et c’est là que le génie frappe de toutes ses forces.
 
Maxime Girardeau est un auteur audacieux qui n’a pas froid aux yeux. Il fonce dans le tas et peu importe les conséquences qu’il maîtrise à la perfection.

 

Un thriller haletant porté par des personnages charismatiques et pourtant brisés. Une fois la machine en marche, peu importe, la vérité triomphera.

 

Maxime Girardeau nous plonge dans les affres de la manipulation mentale et de l’intelligence artificielle. Un thème totalement d’actualité, et au vue des nombreuses situations que la société a traversées et traversera, que l’auteur aborde tout en vulgarisant l’aspect scientifique. 

 

Les rebondissements s’enchaînent, pas le temps de boire un café, et hop c’est reparti. Ce thriller dégage une incroyable énergie qui t’aspire sans t’en rendre compte. Un petit cataclysme à lui tout seul. 

 

En bref :
– T’as intérêt à le lire, de toute façon tu ne pourras pas y échapper !
– Un scénario de dingue et surtout audacieux
– Un thème d’actualité au cœur d’un intrigue policière de tonnerre
– Des personnages charismatiques
– Une structure du récit très intéressante et qui donne une dimension tout à fait appréciable
– Une immersion réussie
 
Un excellent coup de cœur ! Un combo parfait entre enquête, passion, amitié et folie ! Je ne m’en suis toujours pas remise. En tout cas vous ne serez jamais prêt à ce que vous réserve EGO !

 

Allez-y les yeux fermés !

 

Et moi je viens de découvrir un nouveau auteur que je ne suis pas prête de lâcher ! D’ailleurs il faut absolument que je lise PERSONA !

 

Ressens-tu mon enthousiasme ? Non !? Attends bouge pas je t’envoie EGO, il va t’expliquer :p 

SIGNATURES, un polar de Tom Clearlake.

POLAR

Éditions Moonlight


Margot Bellanger, psychocriminologue, se voit confier le dossier du meurtre sordide d’une femme, en région parisienne. Quelques jours plus tard, une autre victime est retrouvée morte dans la forêt de Sénart. Comme la première, son corps a été l’objet d’une mise en scène macabre.

Pour Margot et son équipe, le lien entre ces deux dossiers est évident. Il s’agit bien d’un même tueur. Et ce dernier semblerait s’attacher à faire de chacun de ses assassinats une œuvre d’art.
Les choses se compliquent quand le tueur entre en contact avec un journaliste pour l’envoyer sur le lieu de sa troisième composition.

Ma note : 3/5
Nouveauté 2022
412 pages
Disponible au format broché et numérique


MON AVIS

J’ai enfin sauté le pas. J’ai lu tant d’avis enthousiaste sur « sans retour » que je ne voulais pas passer à côté de ce nouveau roman.

 

Nous faisons ici la connaissance de Margot, psychocriminologue, autre terme pour désigner un profiler. Margot est une jeune femme au caractère déterminé. Têtue, elle ne manque jamais d’aller au bout et d’explorer ses pressentiments. Elle vit seule avec son oncle, un joyeux luron, gaffeur et qui n’en manque pas une. Margot a dû surmonter de nombreux traumatismes qui ont façonné l’adulte qu’elle est devenue. 

 

Une nouvelle enquête lui est confiée. Une jeune femme découverte mutilée dans un souterrain. Une autre dans les bois et voici une enquête hors norme. La mise en scène évoque l’art, c’est pour cela qu’elle se retrouve en sous-marin dans la plus prestigieuse école d’art de Paris. De fil en aiguille, les éléments se précisent, mais le tueur en série court toujours. Il aura fallu attendre qu’il contacte un journaliste pour que l’équipe mette les bouchées doubles. Mais le tueur guette sa nouvelle proie et il est prêt à tout pour l’attraper et l’apprivoiser.

 

Tom Clearlake nous propose un polar haletant et scabreux. Il faut dire que la citation de « l’enfant du cimetière’ du Sire Cédric, au début mais déjà dans l’ambiance. Si vous aimez le sang et compagnie alors vous allez être servi. Tom Clearlake ne lésine pas à la tâche et met un point d’honneur à décrire toutes sortes de mutilations et éviscérations. L’ambiance est « quelque peu » glauque, vous en conviendrez. Un polar original quant au scénario mais rien d’innovant sur la construction et intrigue. Le tueur en série est vraiment un psychopathe, un vilain psychopathe. En même temps quand tu découvres son enfance tu comprends pourquoi. Le physique va avec le costume. 

 

Ce polar noir ne s’apparente pas qu’à une course contre la montre. Tom Clearlake sort de son chapeau un élément assez intéressant et qu’il exploite avec suspense. 

 

SIGNATURES est un polar noir qui se lit avec frénésie. Une fois entrée dans la lecture, il est bien difficile de s’en défaire. Malgré tout je suis loin du coup de cœur. L’auteur explore, à mon goût, trop d’éléments qui finalement ont tendance à se répéter. La vie de Margot, celle du criminel et de l’autre personnage. L’auteur a voulu donné à son roman l’aspect d’un « true crime » est malheureusement je trouve que cela ne fonctionne pas spécialement. Il y a quelques incohérences notamment dans le profil du tueur en série sur ses actions finales et dans les certains rebondissements qui ne tiennent pas vraiment la route.

 

En bref :
* Une intrigue dérangeante
* Une histoire trépidante
* Des héros aux traits de caractère et psychologique bien détaillés
* Quelques redondances et incohérences
* Un style simple et qui nous plonge facilement dans l’horreur
 
Cette première rencontre n’a pas été à la hauteur de mes espérances. Malgré un bon moment de lecture je n’ai pas ressenti ses frissons et cette tension que j’aime retrouver dans les polars et thrillers. Certes je ne suis pas du genre à baisser les bras dès la première fois et je lirais donc le fameux « sans retour » que beaucoup ont plébiscité.

 

Connaissez-vous Tom Clearlake ?

DE L’OR ET DES LARMES, un thriller de Isabelle Villain.

THRILLER

Éditions Taurnada – Collection le tourbillon des mots


Jean-Luc Provost, le très médiatique entraîneur de gymnastique français, meurt dans un accident de voiture. La thèse du suicide, à seulement six mois des prochains jeux Olympiques de 2024, est très vite écartée. L’affaire, considérée comme sensible et politique, est confiée au groupe de Lost.
Pourquoi vouloir assassiner un homme qui s’apprêtait à devenir un héros national ? Rebecca et son équipe se retrouvent immergées dans un monde où athlètes et familles vivent à la limite de la rupture avec pour unique objectif l’or olympique. Ils sont prêts à tous les sacrifices pour l’obtenir. Jusqu’au jour où le sacrifice demandé devient insurmontable…

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2022
256 pages
Disponible au format numérique et poche

 


MON AVIS

Je suis très heureuse de retrouver Rebecca Lost dans cette nouvelle enquête policière.

 

Mon avis sera très succinct au risque de spoiler l’intrigue et ça serait vraiment dommage. Immergé dans le milieu sportif, le groupe de Lost va être confronté à un monde secret, sélect et mutin. Pourtant la résolution de cette enquête est attendue avec impatience. Pas après pas, entrevues après entrevues, un motif se révèle et c’est la douche froide. Les gymnastes osent braver l’omerta.

 

Isabelle Villain s’empare d’un sujet très sensible et surtout très tabou, même si à l’heure actuelle, les instances concernées tendent à renouer une certaine confiance. Le monde des sportifs professionnels et de haut niveau est un monde à part. La convoitise, la jalousie mais aussi l’entraide, le soutien sont parties prenantes d’un quotidien ordonné au millimètre prêt et où les initiatives personnelles sont rarement entendues. Le coach est ce genre de Dieu auquel le sportif s’en remet quoiqu’il en coûte. Un cercle fermé et sélectif où dès leur plus jeune âge, les adolescents sont coupés de la famille. Isabelle Villain explore ce monde et ses dérives avec une certaine empathie et honnêteté. Une immersion difficile où  la vérité est cruelle. L’auteure nous offre un thriller psychologique bouleversant et surtout prenant où l’envie de justice est juste plus forte cessant ainsi toute souffrance. Coupable, victime, tout se mélange dans une réalité malléable et sombre.

 

En bref :
* Un thriller psychologique immersif
* Des personnages aux abois
* Une intrigue trépidante et douloureuse
* Un monde sportif et exclusif faisant écho à une réalité silencieuse
 
Une nouvelle fois la plume d’Isabelle Villain accapare le lecteur et le pousse toujours dans ses retranchements. Un thriller prenant et exigeant pour une vérité écrasante et bouleversante.

 

Une nouvelle recommandation pour les adeptes du genre, à découvrir sans hésitation !

LE PENSIONNAT DES INNOCENTES, un polar de Angela Marsons.

POLAR

Éditions POCKET

Prix Nouvelle Voix du Polar 2021

Traduit de l’anglais par Valérie Bourgeois


Avant de mourir, Teresa Wyatt a juste eu le temps de croiser le regard de son agresseur et de le reconnaître. Mais aussi de comprendre qu’il était trop tard… Pour elle, mais aussi pour ses amis, les cinq du pacte de Crestwood, liés par un secret. Un sombre secret que l’inspectrice Kim Stone va devoir déterrer pour rendre justice aux innocentes oubliées.
Bienvenue au Pays noir, dans une région engloutie par la désindustrialisation, le chômage et le charbon, là où tout n’est que poussière…
 
Ma note : 5/5 mention « surprenant »
464 pages
Disponible en numérique, broché et poche


MON AVIS

Voici mon coup de cœur de cette sélection du prix nouvelle voix du polar 2021. Angela Marsons signe un premier polar tonitruant.

 

Son héroïne, Kim Stone est un sacré bout de femme. Caractérielle, fonceuse, tête brûlée, casse-cou, insupportable, sa personnalité détonne dans le commissariat. Stone a de nombreuses blessures liées à son enfance qu’elle tente à tout prix à ne pas rouvrir car l’enfer s’abattrait sur sa vie. Névrosée par le travail, obsessionnelle dans la perfection, Stone paraît bancal sous cette carapace renforcée. Sa vie se résume à son boulot. Pas de famille qui mériterait son attention, seul ses coéquipiers font figure d’amis. Alors quand le meurtre de Teresa Wyatt l’entraîne dans les couloirs sombres et secrets du foyer pour jeunes filles de Crestwood, c’est un peu de sa vie qu’elle entrevoit. Une nouvelle enquête qui la pousse dans le ténébreux passé de Crestwood où les morts, ces filles ensevelies, ont de nombreuses choses à raconter. La vérité a un prix et elle est prête à tout pour la faire éclatée, tant pis pour les fâcheuses conséquences, elle devra composer avec.

 

Ce premier polar (et tome) est une véritable réussite à mes yeux. Je retrouve l’atmosphère que j’aime tant dans les polars. Une intrigue bien ficelée qui m’a mené par le bout du nez jusqu’à la dernière page. De nombreux personnages qui ont tous une place cruciale dans le scénario et pour une fois je ne me suis pas sentie perdu. Une héroïne qui en jette et malgré son sale caractère je me suis attachée. Un polar qui contre toute attente déborde de bons sentiments au milieu des cadavres qui s’agglutinent. Et c’est en cela qu’il est déroutant. Je ne me suis ennuyée à aucun moment. J’ai vite été prise au cœur de cette enquête où le passé est la clef de tout. Sous le ciel gris et charbonneux du Pays Noir où seule la désolation, la dépravation et la pauvreté règnent, Stone se démènera corps et âme pour rétablir la vérité.

 

Un polar qui m’a tout simplement captivé dès le départ et qui finit sur un final tonitruant et inattendu. LE PENSIONNAT DES INNOCENTES est sans aucun doute ma plus belle découverte de cette sélection 2021 et mon coup de cœur !

 

Une chronique de #Esméralda

POUR SEUL REFUGE, un polar de Vincent Ortis.

POLAR

Éditions Pocket

Prix Nouvelle voix du polar


De la neige à perte de vue, une ourse affamée, pas une habitation à des kilomètres à la ronde. Seuls, perdus dans les immensités sauvages du Montana, à plus de deux mille mètres d’altitude, deux hommes se font face : un jeune Indien, accusé de viol avec tortures, et le juge qui l’a condamné. Chacun possède la moitié des informations qui pourraient les sauver. Ensemble, ils s’entretueront. Séparés, ils mourront
 
Ma note : 4,5/5 mention « frisson garanti »
368 pages
Disponible en numérique, poche et broché
1ere édition : septembre 2019

 


MON AVIS

Nichée au cœur du Montana, territoire hostile, cette cabane n’a rien d’accueillante surtout lorsqu’on est victime d’un enlèvement. La neige recouvre cette terre inhospitalière, dehors c’est la mort assurée. Pourtant il va tout tenter pour faire faux bond à son ravisseur, un homme aux allures de bûcheron. L’enferment n’aura duré que quelques jours au cours desquels il va en apprendre suffisamment pour comprendre de quoi il en retourne. Une histoire de vengeance personnelle ? La folie ? Le désespoir ? Tout autant de raisons pour le juge qui justifie en partie sa présence en ces lieux. Alors quand son ravisseur lui propose une drôle de porte de sortie, il saisit sa chance quitte à trouver la mort à l’extérieur.

 

Il a du apprendre par cœur des plans. Ce n’est pas un trésor qu’il trouvera au bout, mais la liberté. Contrairement à ce qu’il aurait pu penser, il ne sera pas seul. Un jeune homme enfermé depuis des semaines dans une grotte insalubre. Sale, répugnant, repoussant, nauséabond,il a vécu l’enfer. Est ce un juste retour de la vie ? Lui qui a fait tant de mal et à qui on en a fait autant. Victime du même ravisseur, il a du apprendre à son tour, les lieux exacts où sont enfouis du matériel de survie.

 

Ce duo improbable va se devoir de trouver une certaine entente pour atteindre leur but, la liberté. Un chemin chaotique où la vie sauvage a tout ses droits.

 

Vincent Ortis signe un premier polar totalement époustouflant. Un roman où les différents points de vue trouvent leur place à tour de rôle et avec lequel le scénario trépidant s’imbrique avec une belle efficacité. Une atmosphère glaçante et anxiogène s’installe au fil des chapitres. Les personnages dégagent une aura malfaisante. Il est vraiment très difficile de s’attacher à eux. J’omettrai un bémol pour le personnage de Carter, lieutenant de police. Pugnace et tenace, Carter va démêler tout cet imbroglio invraisemblable. Ce polar me donne l’image d’un purgatoire. Cette sorte de quête atypique a tout du chemin de croix où soit la vie soit la mort les attendent au bout.

 

Un polar efficace à 200% et un auteur à découvrir sans faute !

 

Une chronique de #Esméralda

JUSTAN LOCKHOLMES, tome 1 : Le mystère de la Logia, un polar de C.D. Darlington


Détective de renom, Justan Lockholmes est une pointure. Aucun coupable ne lui échappe et sa vérité triomphe toujours !
Pourtant, lorsqu’une certaine Elisabeth Smith,
une jeune femme à la vie des plus banales, met tragiquement fin à ses jours, rien ne va plus.
Un cas insoluble, des éléments sans le moindre sens, un assistant à la vivacité toute relative et
une touche de latin.
Voilà que la vie du jeune Justan bascule
et que tout se complique !

L’histoire débute sur le résumé banal et affligeant de la vie de Elisabeth Smith qui l’est tout autant. Un vie sans grand intérêt où la jeune femme se laisse porter par les divers courants qui jalonnent sa triste vie. En voyage de noces et suite à l’autorisation de son mari, elle part se promener le long de la plage après une halte à la vue d’un numéro de cirque. Et puis là, Plouf !!! plus rien ! Seul un chapeau et quelques étoffes sont le signe de son existence qui tant à s’être achever d’une brutale façon.
C’est ainsi que Justan Lockholmes apparaît, tel la lumière sortit des ténèbres venant éclairer par son savoir indiscutable une scène de meurtre? de suicide? d’enlèvement ? Tout le monde sait, Justan est LE détective à la mode. Son savoir, son sens de déductions, sa prestance, son charme mènent à bout toutes les enquêtes qu’il diligente. Il a appris auprès du meilleur et c’est un honneur pour lui de servir sa ville et ses habitants. La disparition de Elisabeth Smith est un sacré casse-tête. Malgré ses conclusions, il n’est pas convaincu de son résultat. Les années défilent et voici que ce nom réapparaît sur un mur ensanglanté du domicile d’un riche personnage où une prestigieuse parure (semi-parrure) a disparu. Quelque peu embarrassé  et bousculé par le chef de la police, Justan se doit absolument de résoudre rapidement cette enquête qui fleure bon les ennuis et les imprévus.

 

Voici un polar que je qualifierai d’atypique. Ce premier tome m’a permis de faire la connaissance de Jérémy alias Justan, cela sonne tellement « so british ». Un jeune homme prétentieux, égoïste, manipulateur, finaud, largement con sur les bords, pédant … Mais il devient intéressant de découvrir au fil des pages que tout cela sonne comme une mauvaise blague dans le but évident de camoufler qui il est. Un jeune garçon défavorisé, élevé par un clochard dingue. La panoplie parfaite et surfaite d’un gentleman qui flippe dans son slip à la moindre goutte de sang et dont l’élaboration de ces plans est foireuse, vraiment foireuse. Justan a de la gueule, il sait en jouer et cela fait tout son charme. Toutefois et heureusement qu’il est rejoint au cours de son enquête par deux femmes (vive la parité !) et le fils du chef de la police un brin loufoque et aux tournures de phrases qui font sourire (c’est trop mignon mais je suis sûre qu’il cache quelque chose le type !).  Trois personnages qui contrebalancent la personnalité de Justan et qui sauve les pots cassés. J’ai beaucoup aimé l’histoire, quelques rebondissement servent la trame et surtout quelques points restent non résolus (histoire à suivre !). J’ai déduit que cette histoire d’Elisabeth Smith sera le fil rouge des tomes à venir. (Enfin je l’espère ….). Juste un petit bémol qui m’a quelque peu dérangée. L’auteure saute du coq à l’âne dans un chapitre. Grrrrr ! Il faut suivre certes mais la visuelle que je suis (oui je suis chiante) aurait aimé un petit saut de ligne. Et hop ! comme ça, on sait qu’il y a une nouvelle idée qui va être développée. (Voilà la seconde casse-bonbons est close !). Pour en revenir j’ai été charmée par les personnages à la fois loufoque et attachants. Ce premier tome pose les bases d’une histoire qui se développera plus tard. Une intrigue à la sauce anglaise. Quelques références fleurissent ici et là, mais je n’ai pas porté grande attention, elles ne font pas l’histoire ! Une intrigue où les rebondissement enhardissent un scénario « Chapeau melon et botte de cuir », sauf que le James Bond n’est pas celui que l’on attend !

 

Un polar à l’humour franc et sans froufrou auquel j’ai été sensible et ça, ça me plaît !

 

Une chronique de #Esméralda.

VALLONS OBSCURS, un thriller de Isabelle Luminet et de Catherine Sackur.


Ils sont trois. Trois que menacent des forces occultes. Ils ne se connaissent pas. Noémie, jeune femme fragile venue à Nice pour vivre au soleil, est harcelée par un inconnu qui visite son appartement en son absence. Lescar, policier raté mais qui n’a pas perdu tous ses réflexes de flic, se mêle de ce qui ne le regarde pas et fait l’objet d’une enquête administrative.
Ginette, vieille dame indigne, est enfermée dans une maison de retraite où se multiplient les morts suspectes. Leurs voix se succèdent avec les mêmes questions obsédantes : comment lutter contre un ennemi invisible ? Comment trouver de l’aide quand on est seul ?
Ils sont trois à parcourir les sentiers obscurs. Quand leurs chemins se croiseront, ils uniront leurs forces pour faire exploser la terrible vérité.

Voici une troisième belle surprise pour ce prix des étoiles Librinova. Un thriller étonnant par sa qualité et surtout un scénario accaparant. Un roman choral qui vous porte au cœur d’une enquête séduisante.
Noémie, jeune pharmacienne originaire de Grenoble, délaisse la grisaille et le froid pour s’installer à Nice. Jeune femme introvertie, son quotidien se partage entre la pharmacie, le sport et un jeune homme qu’elle a rencontré. Noémie n’est pas une femme extravagante, au contraire elle a très vite peur au moindre pépin. Et il y a un de taille qui se présente à elle. D’abord des pas dans son appartement, puis une odeur, et des petites bricoles qui bougent. L’affolement la submerge et l’inquiétude la saisit. Une première plainte au commissariat n’aboutit à rien, lui laissant un goût amer. Ne souhaitant pas rester les bras ballants, elle prend quelques initiatives : des gâteaux, des petits mots, des livres. En retour, étonnamment la personne mystérieuse lui laisse des fleurs et d’autres petites attentions. Ainsi débute une drôle de relation dans laquelle Noémie aime se complaindre. Une idylle un peu saugrenue qui a le mérite d’effacer ses craintes et paradoxalement de s’épanouir. Puis un jour, silence radio. La personne mystérieuse a disparu, ni une ni deux, Noémie se précipite au commissariat pour signaler la disparition. Mais une nouvelle fois, elle n’est pas prise au sérieux.

 

Lescar, alias l’escargot, flic mis au placard après des années sur le terrain se trouve au mauvais endroit au mauvais moment. Ne pouvant laisser cette affaire aux oubliettes, il se charge en dehors de son temps de travail de mener l’enquête. Les vieux réflexes surgissent et ses découvertes le portent sur terrain glissant. Lescar n’est pas un homme foudroyant. Il est connu pour sa nonchalance et son pacifisme. Son entêtement le portera sur la piste d’une sale affaire, afin si ses supérieurs le laissent tranquille et que le psychologue le comprenne.

 

Ginette vient de perdre son mari qui était pourtant en bonne santé malgré son satané caractère qu’elle supporte depuis de nombreuses années. Ginette n’est pas folle loin de là, son plan, se faire passer pour une désaxée dans le but de mener à bien son enquête. Ginette est une chouette dame. Tout au long de ses pérégrinations, elle se souvient de sa jeunesse et sa joie de vivre. Ginette assume sa méchanceté, elle l’a toujours été. Elle a de la ressource, et très vite elle va découvrir la vérité au péril de sa vie.

 

Trois vies, trois destins, mêlés malgré eux à une affaire qui dépasse tout entendement. Le duo Luminet et Sackur est un vrai délice. Un thriller totalement envoûtant d’abord par sa forme et ensuite par son scénario. Le lien entre les rebondissements ne se fait pas de suite mais s’imbrique au fil des pages et aux éléments dévoilés par les trois narrateurs. Un scénario parfaitement maîtrisé du début à la fin. Les personnages sont atypiques et totalement attachants de la mamie exubérante en passant par la jeune femme timorée pour finir avec l’homme passif. Un joli trio qui font la paire. Les auteures explorent avec tact les âmes blessées mais aussi le côté obscur de l’homme avec l’avarice, l’égoïsme et la manipulation. Un thriller parfaitement abouti que j’ai lu avec envie.

 

Une chronique de #Esméralda