LE LIVRE BLEU DE NEBO, un roman ado de Manon Steffan Ros.

LITTÉRATURE JEUNESSE

Éditions Actes Sud Junior

Traduit de l’anglais par Lise Garond

Journal intime bouleversant où se mêlent les voix d’une mère  et de son fils ayant fait l’expérience d’une étrange fin du monde.
Après une catastrophe nucléaire, Dylan et sa mère Rowenna se sont retrouvés parmi les rares survivants, réfugiés dans leur petit hameau du Nord-Ouest du pays de Galles, près de la ville de Nebo. 

Dylan était petit quand les lumières soudain se sont éteintes et que les oiseaux ont disparu, maintenant il a quatorze ans. Sans électricité, les commerces pillés, il a fallu se débrouiller, réapprendre à vivre à l’ancienne. Quand il regarde le fruit de son travail dans le jardin de leur maison, les serres qu’il a construites, Dylan se sent comme un homme. Il voudrait que rien ne change. C’est dans cette simplicité et cette rudesse qu’il s’est construit. C’est son monde. Il s’y sent bien. Pourtant, une multitude de questions subsistent pour lui sur ce temps d’avant – avant La Fin – dont sa mère qui n’en est pas nostalgique lui dit si peu. Alors il tente confusément de trouver des réponses dans les livres gallois – écrits dans cette langue que sa mère refuse aussi de lui parler – et même dans la Bible.
De son côté, et si elle ne se confie pas à son fils à l’oral, Rowenna couche sur le papier ses craintes, ses souvenirs et secrets du passé, dans un carnet à couverture bleue trouvé dans une maison abandonnée de Nebo. Dylan aussi se raconte dans ce Livre bleu. Chacun sait que l’autre ne le lira pas, telle est leur promesse.

 

Ma note : 4,5/5 
Nouveauté 2022
176 pages
Disponible au format broché et numérique

MON AVIS

Ce roman ado a quelque ce chose de vraiment perturbant surtout si l’on considère les derniers événements mondiaux. Je ne peux pas nier que l’ensemble du roman se déroule après de nombreux événements angoissants. L’atmosphère n’a rien de joyeux, bien au contraire. L’auteure parle avec honnêteté de fin du monde, de nucléaire et de génocide en masse.

 

Même si ce roman est adressé à un public jeune, je préfère faire cette mise en garde. Ce roman n’est pas à mettre dans toutes les mains.

 

Vous l’avez donc compris, Dylan et sa famille évoluent dans un monde où rien n’est plus pareil où le monde s’est arrêté de tourner. Au nord, Pays de Galle, près de cette petite ville, Nebo, subsiste cette famille qui a su survivre dans un univers carrément hostile. Débrouillardise, courage, force, ingéniosité tout autant de qualités que Dylan a su développer dès la catastrophe. Il n’avait que six ans et toute son innocence. Comment grandit un enfant dans cet environnement ? A mon sens il n’y a pas de bonnes réponses. 

 

Ce livre bleu trouvé va finalement servir d’exutoire pour la maman et le jeune garçon. On y découvre leur quotidien, leur doute, leur peur, leur espoir, leur question sur l’ancien monde et sur le nouveau. 

 

Un roman choral qui m’a poussé dans mes retranchements. Un récit sombre et douloureux où pourtant la moindre parcelle de vie peut devenir un bonheur simple et pur. Une rencontre hasardeuse, une promenade, une simple plante qui pousse, une lecture… L’espoir est partout, dans les étoiles, le vent et le silence. Un roman puissant et terriblement humain. Une épreuve difficile où chaque mot, chaque rire, chaque larme ont une signification et une saveur particulières que nous avons, peut-être, oubliés.

 

Un roman postapocalyptique d’une beauté dérangeante porté par des personnages d’une humanité touchante.