LES ERRANTES, un roman ado de Jo Witek.

LITTÉRATURE JEUNESSE

Éditions Actes Sud Junior


Sous les toits d’un immeuble parisien, des phénomènes étranges frappent simultanément trois filles que tout oppose. Suzanne est une gameuse qui vise la célébrité, chassée de chez elle ; Saskia, une artiste en devenir découragée par un galeriste méprisant ; Anne-Lise, une fille de bonne famille vivant intensément une spiritualité en décalage avec son époque.
Des apparitions fantomatiques perturbent le jeu vidéo de Suzanne, un esprit s’invite dans la chambre de Saskia et des voix envahissent le cerveau d’Anne-Lise… Sont-elles devenues folles ? Dans le huis clos de leur chambre et de leur enfer mental, elles n’auront en tout cas d’autre choix que de s’unir pour s’en sortir. Le lecteur découvre avec elles que ces mystères et fantômes viennent du passé, celui de femmes au destin brisé.

 

Ma note : 5/5
Nouveauté 2022
320 pages
Disponible en numérique et broché

 


MON AVIS

Jo Witek fait de nouveau des étincelles avec son nouveau roman et cette fois-ci dans le registre fantastique.

 

Trois jeunes filles au profil différent. L’une artiste, l’autre gameuse et la dernière spirituelle. Rien ne les lie, à part le fait de vivre au même étage de cet immeuble cossu. Saskia, la rêveuse, l’imaginative, la généreuse. Suzanne, la survoltée, l’intrépide, la courageuse. Anne-Lise, la timide, la mystique, l’introvertie. Jusqu’au jour où l’improbable les précipite dans l’horreur absolue. L’une est constamment suivie par un fantôme, l’autre un personnage étrange s’invite dans son jeu en plein direct et la dernière entend des voix.

 

Alors que la descente aux enfers s’opère pour toutes les trois, l’absolue certitude de s’unir deviendra leur unique arme face à ce danger hors du commun.

 

Honnêtement je ne m’attendais pas du tout à ce genre de roman. Je lis toujours les romans de Jo Witek avec la conviction que je passerai un excellent moment et ça n’a pas raté. L’auteure nous plonge dans un univers où la réalité n’existe plus, où tout devient une épreuve, où les émotions sont bourlinguées, flinguées. Une immersion réussie où tu vis l’histoire en apnée. Mais Jo Witek ne narre pas qu’une histoire d’esprits. Non, non ! Si tu connais l’auteure attends toi à vivre une expérience exceptionnelle. Jo Witek ne se contente jamais d’écrire une histoire sans y ajouter sa signature. Jo Witek nous raconte l’Histoire des Femmes avec passion, intelligence et sublimité. C’est percutant, merveilleux et essentiel.

 

Je n’en dirais pas davantage car je risquerai de vous spoiler. Mais sachez que c’est un nouveau coup de cœur ! Une incroyable lecture portée par la force des mots et des personnages exceptionnels. Une immersion dans le passé et le présent s’entrechoquant violemment face aux maux féminins.

 

A découvrir ABSOLUMENT !

LE CLAN DES CABOSSÉS, tome 1 : Petite peste, un roman enfant de Jo Witek.

ROMAN ENFANT

Éditions ACTES SUD JUNIOR

Illustration : Walter Glassof

Lecture dès 9 ans


Écartez-vous, Jessie et sa bande débarquent !
Avec son franc-parler et son culot pas possible, Jessie fait trembler le petit monde de Valras-Plage et mène à la baguette le Clan des Cabossés. Des gamins hors des clous comme elle, avec qui personne ne veut traîner : Manuel qui bégaie, Arthur qui est un peu moche, Alice trop belle et trop timide. Mais derrière cette petite peste, n’y aurait-il pas un cœur tendre ?
“Faire des bêtises, rigoler ou sauver le monde”, c’est la devise d’un clan pas comme les autres. On a tous en nous quelque chose de cabossé !
Ma note : 4,5/5
128 pages
Disponible en numérique et broché
Nouveauté 2021

MON AVIS

Ah les vacances, quand on est môme c’est juste merveilleux, parfois barbant le temps de se faire des copains et des copines, mais après c’est le paradis. J’y trouve mes plus beaux souvenirs de gamine : des sardines qui s’échappent par le siphon, des parties de pêches et de pétanques, les auto-tamponneuses, les booms , les garçons … et la casquette de ma mamie, éternel symbole de surveillance.

 

Jessie, Alice, Manuel et Arthur sont tous des cabossés. Jessie est une terreur qui aime régner sur la petit ville de Valras-Plage, Alice est très timide, Manuel bégaie et Arthur n’est pas très beau.

 

C’est à l’initiative de Jessie que le clan des cabossés voit le jour et pour lequel elle recrute ses acolytes. Sillonnant le bord de plage et les rues de Valras à bord de la Jessie’s rosalie, la bande prend leur revanche sur ce monde qui ne tolère pas la différence. Mais Jessie va un peu trop loin et les trois ami.e.s ne sont pas certains du bon sens de ces actions. Entre eux, ils doivent se serrer les coudes et l’amitié prévaut sur la normalité.

 

Voici un roman pour les jeunes lecteurs ( et les plus vieux aussi) débordant de malice et de pertinence. Il ouvre la discussion sur la différence, l’inclusion, l’amitié et ce qui est bien et mal. Quatre personnalités atypiques qui se sentent inlassablement rejetées. Entre eux, la franchise est de prime et ne blesse aucunement. Accepter sa différence est parfois difficile et le clan est un sacré baume pour ces enfants. Outre la bande on y ressent toute l’atmosphère liée à l’ambiance de la plage et des vacances. C’est un grand bol d’air iodé et je vous assure que cela fait un bien fou. En tant qu’adulte, je me suis remémorée tous ces vacances d’enfance. Quelle nostalgie !

 

Ce premier tome est idéal à mettre dans votre valise de vacances. Lecture que vous pouvez partager avec votre enfant ou neveu et nièce. Les chapitres courts et les illustrations sont appréciables et permettent d’enchaîner sur la compréhension du texte ce qui me semble nécessaire et juste.

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA


J’AI 14 ANS ET CE N’EST PAS UNE BONNE NOUVELLE, un roman ado de Jo Witek.

Je décide de crier ! De ne plus m’arrêter de crier. C’est la seule façon de les faire réagir. De briser leur monstrueuse loi du silence.


En rentrant du collège pour les vacances scolaires, Efi est convaincue qu’elle est une ado comme les autres et qu’à quatorze ans le monde lui appartient. Elle regagne son village, fière d’un carnet de notes exemplaire. Mais cela ne compte plus pour les siens. Elle est une fille nubile à présent, c’est-à-dire : bonne à marier. Plus de liberté, plus d’horizons, plus de livres ni de balades avec les copines. Son avenir est désormais entre les mains d’un père, puis celles du mari qu’on lui a choisi.
Elle est devenue une marchandise, un cadeau que s’offrent les familles. Arrachée à l’enfance, ses rêves piétinés, Efi entre dans l’enfer du mariage forcé. Son destin serait-il au XXI° siècle de vivre à jamais en servante emprisonnée ? Le portrait touchant d’une adolescente rebelle qui incarne la voix de millions de jeunes filles opprimés, et le combat contre l’archaïsme.

Voici une lecture toute aussi touchante que bouleversante.
L’histoire se déroule quelque part dans le monde. Pour ma part elle m’a transportée en Afrique Sub-saharienne. Mais elle aurait pu très bien avoir eu lieu en Asie ou ailleurs.
Efi est une jeune fille de 14 ans. Elle vit en ville chez sa tante et est scolarisée au collège. Elle adore aller à l’école et apprendre. La littérature la passionne et l’ingénierie est vers quoi elle se destine. Elle souhaite apporter dans les villages éloignés le confort moderne. L’accès à l’eau, à l’électricité et à tout ce qui fait défaut, permettrait aux jeunes filles de suivre une éducation à l’école et défaire les schémas archaïques qui régissent les communautés. 
Efi, perchée sur la moto de son oncle, en direction de son village pour les vacances a des idées et des rêves plein la tête. Retrouvée sa grande famille, ses meilleures amies et même son grand frère distant et jaloux est un grand moment de fête pour elle. Elle revient avec des bonnes notes et les appréciations de ses professeurs sont éloquentes. Dans son sac, des livres prêtés par son professeur de français qu’elle dévorera tard la nuit, à la l’aide de la lumière frontale, un cadeau. Efi est sur son nuage, loin de toutes les obligations du village et de sa famille.

 

Son arrivée est timide. Les cris et les grands gestes, les embrassades, les rires, les larmes ne sont pas au rendez-vous. Heureuse d’arriver à bon port, Efi prend rapidement ses marques. Ces petits frères et sœurs ont bien grandi et elle apprend qu’un nouveau bébé ne tardera pas à arriver. L’atmosphère apaisante de la nature, des grands arbres, de l’eau et de la maison la revigore. Alors qu’elle se promène, elle est ramenée manu militari chez elle. Elle est nubile à présent, elle n’a plus le droit de se promener seule et de s’habiller comme une fillette. Désarçonnée par ce mot, elle ne voit guère arriver le présage du mariage. Lorsque la réalité la frappe, son monde s’écroule d’un seul coup. Elle n’aurait jamais cru qu’à 14 ans, elle allait se marier.

 

Jo Witek signe une nouvelle un roman ado poignant. Le mariage forcé est un thème qui interpelle. Il n’a pas de frontière et ne se cantonne pas à des aprioris. Il est choquant et immoral. Efi apprend à ses dépens que sa vie ne lui appartient pas. Que ses envies, ses libertés, ses rêves ne sont qu’une triste illusion. De nubile, elle devient une femme objet prête à satisfaire les demandes de son mari. D’étapes en étapes, Jo Witek insuffle à son roman un caractère tragique. Elle dépeint avec honnêteté les émotions qui traversent le personnage. Les questions, les doutes et la peur fuient de son corps qui ne lui appartient plus. Mais à contrario, elle instille cette légère note de liberté, de lumière. C’est un roman captivant et douloureux. Prenant par sa forme et ses maux, cette histoire est subjuguante et surtout intergénérationnelle.

 

Un roman à découvrir de toute urgence !

 

Une chronique de #Esméralda

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PREMIER ARRÊT AVANT L’AVENIR de Jo Witek.

 
[ LITTÉRATURE JEUNESSE – Nouveauté 2019]
Dès 14 ans
Éditions ACTES SUD Junior – Collection Roman Ado
221 pages
Ma note : 5/5 mention « coup de cœur » et « incontournable 2019 »
Lien Kindle
 
Le résumé :
« Il dit oui. Oui à cette chance d’aller boire un café avec une fille comme elle, oui à la vie qui se déploie enfin, oui à sa nouvelle liberté de gérer son temps, son argent, ses envies comme il l’entend. Il dit oui et la suit, le sac sur l’épaule, remontant une à une les autres voitures, traversant les allées du train comme une star sur tapis rouge, fier de marcher derrière elle, fier d’être découvert avec une fille comme elle. « Un truc de mytho » , dirait Enzo. Pourtant, il ne ment pas, il ne rêve pas, c’est à lui que la chance sourit. » Pierre, brillant bachelier, quitte son lycée rural et un milieu modeste pour rejoindre Paris et une prépa d’excellence. La voie royale pour un pur outsider ! Mais, dans le train, il rencontre Olympe. La jeune fille porte des dreadlocks, voyage sans billet, lit les penseurs anarchistes et doit partir pour une mission humanitaire en voilier. Voilà Pierre bouleversé qui doute, hésite, vacille. Pour la première fois, il peut décider seul : va-t-il bifurquer ?

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Pierre a toujours suivi qu’un seul chemin, celui qui a été tracé par son institutrice, sa mère et autres acteurs. Un chemin longiligne sans grande difficulté qui le porte directement à obtenir deux titres du concours général des lycéens. Qu’on se le dise Pierre est un petit génie. Les mathématiques, c’est son dada. Il pense, il rêve, il imagine, chiffres en tout genre dans un ballet étrange que lui seul peut comprendre. Son avenir (tout tracé lui aussi), le porte à Paris et une classe préparatoire prestigieuse. Pierre n’a jamais rien connu : son village, son collège, son lycée, son école, les vignes, les champs et Loïc, son plus fidèle ami. Pierre a tout juste 18 ans ignore tout du monde extérieur. Nullement effrayé par ce voyage, Pierre, serein, est prêt à affronter l’exigence de cette prépa. Mais ce n’est sans compter sur l’extravagante jeune femme assise en face de lui, penchée sur un roman de Proudhon, cachée par des dreadlocks. Les quelques mots qui lui adressent font l’effet d’un électrochoc, titille sa curiosité, le pousse dans ses retranchements, et si ces yeux verts étaient porteur d’une autre vérité. Et si pour une fois il disait « oui » et si pour une fois il se jouer des statistiques ? Olympe, la belle sauvage, lui ouvre alors les portes de son monde, de celui qu’elle rêve, de celui qu’elle idéalise.

 

Mais quel roman ? J’en suis encore estomaquée. C’est un roman qui résonne en moi d’une manière si intense et libératrice. Ce Pierre, ce jeunot, est enfermé dans une coquille bien trop rigide qui ne laisse pas la place à l’inconnu et à l’improbable. Ce road-trip est à l’image d’une quête initiatique. J’ai vu la transformation de Pierre. Cette émancipation envers sa famille, de l’esprit, de l’amour, de lui est un spectacle émouvant. Pierre s’interroge, doute, apprend, s’ouvre à un monde qu’il n’a jamais côtoyé Il en tire des leçons et des bénéfices. Ce jeune homme peu sûr de lui, introverti et maladroit devient un homme qui s’assume et qui respire enfin sans entrave et libre de tout jugement. L’amour est le moteur essentiel à cette métamorphose. Une rencontre éphémère qui magnifie la libre pensée et la pensée unique.

 

C’est une lecture qui m’a beaucoup touchée notamment par les idées et les thèmes qui y sont développés. Je me suis sentie en adéquation avec ce personnage émouvant. La singularité de ce parcours rappelle que tout en chacun réside cette liberté de vouloir et pouvoir changer le monde, qu’un moule ne dois pas nous définir et qu’il y a une multitude de possibilités. Cette période charnière entre jeune adulte et adulte, où les espérances résonnent de mille feux et où les croyances fourmillent, où les esprits vifs réinventent une utopie en laquelle il y difficile de ne pas y croire.

 

Un livre émouvant, transportant vers un certain idéalisme. Nouveau incontournable pour cette année 2019.

 

Et vous, quel a été votre premier arrêt avant l’avenir ?

 

Sa belle organisation de prérentrée parisienne vient d’éclater en morceaux. C’est n’importe quoi. Une turbulence de dreadlocks agitées a perturbé son système scolaire. Ce qui était prévu n’a pas eu lieu. Le chaos s’est invité dans sa petite existence et lui fait un bien fou. Il flotte, il se sent léger, en apesanteur. Qui aurait pu imaginer que lui, Pierre Ribeira, aurait à ce point quitté sa trajectoire initiale ? D’un point de vue mathématique, il le sait, il avait fallu que trois variables non linéaires et incompréhensibles s’invitent pour que le chaos surgisse dans le système.
 
Une chronique de #Esméralda

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