ON ÉTAIT DES LOUPS, un roman de Sandrine Collette.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions JC Lattès

Ce soir-là, quand Liam rentre des forêts montagneuses où il est parti chasser, il devine aussitôt qu’il s’est passé quelque chose. Son petit garçon de cinq ans, Aru, ne l’attend pas devant la maison. Dans la cour, il découvre les empreintes d’un ours. À côté, sous le corps inerte de sa femme, il trouve son fils. Vivant. Au milieu de son existence qui s’effondre, Liam a une certitude. Ce monde sauvage n’est pas fait pour un enfant. Décidé à confier son fils à d’autres que lui, il prépare un long voyage au rythme du pas des chevaux.
Mais dans ces profondeurs, nul ne sait ce qui peut advenir. Encore moins un homme fou de rage et de douleur accompagné d’un enfant terrifié.
Dans la lignée de Et toujours les Forêts, Sandrine Collette plonge son lecteur au sein d’une nature aussi écrasante qu’indifférente à l’humain. Au fil de ces pages sublimes, elle interroge l’instinct paternel et le prix d’une possible renaissance.

 

Ma note : 5/5 « coup de cœur »
Nouveauté 2022
208 pages
Disponible au format numérique, audio et broché

MON AVIS

Troisième roman que je lis de Sandrine Collette et une nouvelle claque.

 

ON ÉTAIT DES LOUPS se vit pleinement. L’espace abyssal de la nature sauvage. Ces îlots uniques où hommes, femmes et enfants survivent. La puissance d’une vie hors du commun. La solitude à deux puis à trois. L’envie vorace d’avancer pas après pas quoiqu’il en coûte.

 

Liam a fui son enfance et a su créer la vie de ses rêves qu’il partage avec elle et lui, Aru, cinq ans. Taiseux, observateur, malin, cet enfant porte en lui une force surréaliste et innée. Un ours, la mort, et la conviction que l’enfant n’a pas sa place dans son monde. Un long retour aux sources, au son des sabots des chevaux. Une longue introspection silencieuse qui mène à la folie, à la déraison.

 

Sandrine Collette aime décortiquer les liens familiaux. Ces liens difficiles, intrinsèques qui bouffent la chair de l’âme, labourent le cœur et le corps. Elle nous plonge au cœur d’une histoire sordide où un père doit faire table rase sur son enfance pour être le père convenable. Un lâcher prise consciencieux pour arpenter le chemin d’une nouvelle vie.

 

Sandrine Collette aime nous bousculer, nous faire ressentir l’effroi et l’admiration. Nous pousser dans nos retranchements, nous montrer la violence de la race humaine. Quête rédemptrice, chemin initiatique, ON ÉTAIT DES LOUPS est un cri puissant à la vie. Un cri venant du fond des tripes brisant les schémas familiaux toxiques. Un cri réclamant l’absolution. Un cri libérateur. Un cri de loup chantant sous les étoiles.

 

LE SOLDAT DÉSACCORDÉ, un roman de Gilles Marchand.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Aux Forges de Vulcain

Paris, années 20, un ancien combattant est chargé de retrouver un soldat disparu en 1917. Arpentant les champs de bataille, interrogeant témoins et soldats, il va découvrir, au milieu de mille histoires plus incroyables les unes que les autres, la folle histoire d’amour que le jeune homme a vécue au milieu de l’Enfer. Alors que l’enquête progresse, la France se rapproche d’une nouvelle guerre et notre héros se jette à corps perdu dans cette mission désespérée, devenue sa seule source d’espoir dans un monde qui s’effondre.

 

Ma note : 5/5 « coup de cœur »
Nouveauté 2022
208 pages
Disponible au format numérique et broché

MON AVIS

Vous connaissez sans aucun doute Gilles Marchand et ses romans percutants. Je l’ai découvert l’année dernière avec son roman ado (à quatre mains), « Second souffle » que j’avais adoré.

 

C’est lors de la rencontre organisée par @vleel_ qui m’a persuadée de découvrir « Le soldat désaccordé ».

 

Après avoir refermé ce livre il est bien difficile de faire surface, de reprendre son souffle, de passer à autre chose. Gilles Marchand a ce don particulier d’accaparer son lecteur. Magicien et musicien des mots, Gilles Marchand nous embarque au cœur d’une histoire d’amour en plein Première Guerre Mondiale.

 

Un ancien combattant à la recherche d’un autre, retrace quatre années de la vie de cet autre tout en prospectant. Battant la campagne au grès des histoires qui se racontent et des souvenirs émouvants, il tente tant bien que mal de dresser une certaine ébauche de la vérité. Il y rencontre les cadavres, les esquintés, les malheureux noyés dans l’alcool ou plongés dans le noir, les mots épanchent les maux, érige les souvenirs oubliés et inavouables. Une intimité troublante et violente. La crasse, le bruit, les rêves perdus, les balles trouvées, les prières, les fantômes, les espoirs volatilisés, les têtes sans têtes, les corps sans âmes, les mains vides, maculés de sang, de boue, de rien et de tout, du souffle de multitudes de vies. La culpabilité du survivant, le sens du devoir, empreintes indélébiles d’un héros tenace.

 

Gilles Marchand nous offre un roman exceptionnel et romanesque, d’une richesse historique exemplaire, désinvolte et honnête jusqu’au bout des mots.