Kim Jiyoung, née en 1982 de Cho Nam-Joo

Littérature coréenne – Livre sorti le 2 janvier 2020

Editions Nil

Service presse

Ma note : 4/5 mention « à lire! »

 

Avant de commencer, je tiens à remercier les éditions Nil qui, via la plateforme Netgalley, m’ont confié ce roman en service presse.

Résumé : Kim Jiyoung est une femme ordinaire, affublée d’un prénom commun – le plus donné en Corée du Sud en 1982, l’année de sa naissance. Elle vit à Séoul avec son mari, de trois ans son aîné, et leur petite fille. Elle a un travail qu’elle aime mais qu’il lui faut quitter pour élever son enfant. Et puis, un jour, elle commence à parler avec la voix d’autres femmes. Que peut-il bien lui être arrivé ?
En six parties, qui correspondent à autant de périodes de la vie de son personnage, d’une écriture précise et cinglante, Cho Nam-joo livre une photographie de la femme coréenne piégée dans une société traditionaliste contre laquelle elle ne parvient pas à lutter. Mais qu’on ne s’y trompe pas : Kim Jiyoung est bien plus que le miroir de la condition féminine en Corée – elle est le miroir de la condition féminine tout court.

 

L’avis de #Lilie : J’ai beaucoup entendu parler de ce roman au moment de sa sortie, que ce soit grâce au Hanbo(o)k Club, un groupe consacré à la lecture asiatique, ou grâce à ma libraire qui me l’a rapidement chaudement recommandé. Quand les éditions Nil l’ont proposé via la plateforme Netgalley, je n’ai pas hésité à me lancer dans l’aventure, tout en sachant que j’étais totalement novice dans la littérature asiatique.

Nous faisons ici connaissance avec Kim Jiyoung. Elle vit en Corée du Sud, est mariée et a une petite fille. Un jour, elle se met à parler avec la voix d’autres femmes. Devient-elle folle ? Telle est la question… L’autrice revient alors en arrière et retrace le parcours de la jeune femme en découpant sa vie en six périodes, correspondant à des tranches de vie marquantes mais aussi à des moments de changements dans la société coréenne. On va ainsi suivre son évolution et celle de la Corée du Sud, en parallèle.

Kim Jiyoung est la deuxième fille de sa famille. Elle vit avec ses parents, sa grand-mère, sa grande sœur et son petit frère. Très vite, elle va comprendre que les filles et les garçons ne sont pas traités de la même manière et que leurs places ne sont pas les mêmes au sein de la société. C’est une petite fille qui grandit assez tranquillement, en observant ce qui se passe autour d’elle mais sans jamais faire de vagues. Arrivée à l’adolescence, elle se rend compte à quel point les garçons se sentent supérieurs aux filles et à quel point elles sont considérées comme des objets. Adulte, elle réalise que la société est loin d’être égalitaire, contrairement à ce que les gouvernants voudraient faire croire. Mariée, elle se retrouve dans le dilemme de savoir si elle doit privilégier ses envies ou sa vie de famille, un véritable dilemme moral qui fait mal au cœur.

J’ai beaucoup appris en lisant ce livre. En effet, je ne pensais pas que les femmes étaient aussi peu considérées. Malgré les évolutions législatives, qui sont mentionnées tout au long de l’histoire, la Corée reste une société très patriarcale, avec une place prépondérante des hommes dans les postes à responsabilité et un véritable culte voué aux petits garçons. Même si elles ont de plus en plus de voix, les femmes sont encore victimes de violences, bien souvent morales, et ce roman donne l’occasion de penser à cela et se rendre compte que le chemin de l’égalité est encore bien long. Concernant la plume de l’autrice, elle est entraînante et se laisse lire très facilement. C’est une histoire forte qui délivre un message poignant et qui ne peut laisser le lecteur complètement insensible. 

Pour conclure, ce roman est une belle découverte et mérite le bandeau commercial de « phénomène ». Il est instructif et permet d’en savoir plus sur la condition de la femme en Corée du Sud. C’est une lecture qui m’a également donné envie de prolonger ma découverte de la littérature asiatique, un genre dont je suis peu coutumière.

 

Retrouvez ce roman sur le site des éditions Nil

 

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Vox de Christina Dalcher

Dystopie – Livre sorti le 7 mars 2019

Editions Nil

Lecture personnelle

Ma note : 4/5 mention « à lire »

 

Résumé : Jean McClellan est docteure en neurosciences. Elle a passé sa vie dans un laboratoire de recherches, loin des mouvements protestataires qui ont enflammé son pays. Mais, désormais, même si elle le voulait, impossible de s’exprimer : comme toutes les femmes, elle est condamnée à un silence forcé, limitée à un quota de 100 mots par jour. En effet, le nouveau gouvernement en place, constitué d’un groupe fondamentaliste, a décidé d’abattre la figure de la femme moderne. Pourtant, quand le frère du Président fait une attaque, Jean est appelée à la rescousse. La récompense ? La possibilité de s’affranchir – et sa fille avec elle – de son quota de mots. Mais ce qu’elle va découvrir alors qu’elle recouvre la parole pourrait bien la laisser définitivement sans voix…
Christina Dalcher nous offre avec Vox un roman dystopique glaçant qui rend hommage au pouvoir des mots et du langage.

 

L’avis de #Lilie : A sa sortie, ce livre a fait du bruit et il m’a tout de suite intriguée. Je n’ai pas pu me lancer à ce moment-là mais quand une amie a proposé de me le prêter, j’en ai profité pour me plonger dans cet univers futuriste et glaçant.

Nous nous retrouvons aux Etats-Unis, dans un futur pas si lointain. Les « Purs » sont arrivés au pouvoir et on assiste à un retour aux valeurs fondamentales d’un temps que l’on croyait désormais révolues. En effet, les hommes ont repris le pouvoir et occupent tous les postes de premier plan. Les femmes ont été reléguées à la maison. Elles doivent élever les enfants, tenir leur intérieur et surtout, elles ont un compte-mot qui leur interdit de prononcer plus de 100 mots par jour. Bref, elles ont été réduites au silence et toute opposition est violemment réprimée. Un jour, des hommes du gouvernement viennent trouver Jean car ils ont besoin de ses compétences pour soigner le frère du Président. Pour elle, c’est clair : elle ne mettra ses compétences au service du gouvernement que si on lui retire son compte-mots… et à sa fille aussi ! Mais est-elle prête à ce qu’elle va découvrir en retournant travailler ? Voudra-t-elle tout accepter pour mener sa mission à bien ?

Jean est une femme qui, dans le temps, s’est battue pour les droits des femmes. Depuis qu’elle a été réduite au silence, elle prend son mal en patience. En effet, elle ne veut pas faire de vagues mais n’en pense pas moins contre ce gouvernement et leurs pratiques. C’est une femme moderne qui a bien du mal à se laisser dicter sa conduite. Entière, elle n’est pas égoïste et essaie toujours de penser à sa famille, avant de prendre une décision. J’ai aimé ce personnage que l’on suit de son adolescence, grâce à de nombreux flashbacks, à maintenant. Le roman est essentiellement centré sur elle mais je n’ai pas trouvé cela gênant car c’est une protagoniste charismatique, à qui on s’attache. Volontaire, combative, réfléchie, c’est une héroïne moderne qui est prête à tout pour défendre les siens.

De temps en temps, j’aime bien lire des dystopies. Imaginer le monde tel qu’il pourrait être dans quelques années peut-être stressant ou, au contraire, l’occasion de se reprendre en main et ne pas laisser la situation nous échapper. Le monde décrit dans « Vox » peut paraître, à première vue, exagéré. Pourtant, quand on voit comment fonctionnent certains régimes totalitaires, on peut se dire qu’on n’est à l’abri de rien. L’autrice reprend les codes des dystopies, c’est-à dire qu’on a un pouvoir totalitaire, qui oppresse une partie de la population, qui la surveille en permanence et qui humilie ceux qui voudraient s’y opposer. L’histoire, en elle-même, est intéressante et donne à réfléchir. Il y a des personnages que l’on prend plaisir à détester et d’autres que l’on voit évoluer sous nos yeux. La plume de l’autrice est vive, prenante et émotionnellement forte. En effet, une fois lancée, il est difficile de poser le roman tant on a envie de savoir la suite. On perd un peu ce rythme après le deuxième tiers de l’histoire mais la fin est haletante et nous réserve des surprises jusqu’au dernier chapitre ! Ainsi, on n’a plus aucune envie d’abandonner avant de terminer !

Pour conclure, j’ai passé un très bon moment de lecture avec « Vox » de Christina Dalcher. Ce n’est pas la première fois qu’une dystopie évoque l’asservissement des femmes mais c’est celui-ci est particulièrement fort émotionnellement. Je le recommande donc à tous les amoureux du genre et à tous ceux qui cherchent une lecture prenante et qui donne l’occasion de réfléchir.

 

Retrouvez ce roman sur le site des Editions Nil
Retrouvez-le aussi en version poche, réédité aux Editions Pocket
 

Une nuit, rien qu’une seule de Simona Ahrnstedt

une nuit rien qu'une seule

 

Littérature sentimentale – Sortie le 13 avril 2017

Editions Nil

Service Presse

 

Je remercie les éditions Nil via le service NetGalley de m’avoir confié ce roman en service presse.

Résumé : L’éblouissante Natalia De la Grip est la fille de l’une des plus riches familles de Suède. Étoile montante de la finance, elle ne souhaite rien d’autre que l’admiration de son père, dirigeant d’Investum.
David Hammar, bad boy de la finance suédoise, a des vues sur cet empire industriel… et sur Natalia. Il espère qu’elle le mènera à son père et l’aidera à son insu à réussir une OPA hostile. Son désir de vengeance contre l’homme le plus puissant du pays remonte à son enfance.
Dès leur rencontre, l’attirance entre les deux jeunes gens est irrésistible. Le temps d’un été suffocant et moite, entre Stockholm et les  » Hamptons  » suédois, ils enchaînent les rendez-vous passionnés alors même que David prépare son coup d’éclat.

Mon avis : je dois vous avouer une chose, j’ai adoré ce roman !! Un nouveau coup de cœur découvert grâce à NetGalley France.

Ici, même si on est dans une romance, l’accent est mis sur les intrigues familiales. En effet, Natalia De la Grip est une « fille de riches ». Cependant, elle ne travaille pas dans l’entreprise familiale et ne semble pas très proche du reste de sa famille…. C’est une jeune femme qui souffre du manque de reconnaissance de ses parents et qui manque de confiance en elle. Malgré ses compétences professionnelles, elle ne peut s’épanouir car elle ne se sent pas reconnue.

De l’autre côté, nous avons David. C’est le beau gosse de la finance suédoise. Il est réputé impitoyable dans son travail et dans ses relations personnelles. Et son nouvel objectif est clair : détruire Investum, l’entreprise de la famille de Natalia. Pourtant, on comprend rapidement que cette volonté n’est pas seulement dictée par un objectif professionnel…. Afin d’arriver à ses fins, il propose un déjeuner à Natalia. Leur rencontre, même si elle ne lui amènera rien professionnellement parlant, va tout bouleverser pour lui. En effet, il va se rendre compte que quelque chose l’attire chez Natalia. Cette attirance et son projet d’anéantissement de la famille De la Grip sont-ils compatibles ?

Au début de ce roman, j’ai été un peu déstabilisée par le fait que l’action se déroule en Suède. Mais ce trouble n’a pas duré et je me suis vite laissée emporter par la plume de Simona Ahrnstedt. L’atmosphère inhérente au milieu de la finance peut déranger mais l’auteur fait néanmoins d’une grande pédagogie en nous expliquant tous les termes et en ne nous noyant pas avec tout du long. Elle mêle avec brio secrets de famille, romance et suspense. Les deux protagonistes nous tiennent en haleine tout au long du roman et leurs amis, Michel et Asa, ne sont pas en reste pour nous réserver quelques surprises.

Je recommande ce livre pour les beaux jours. Une fois passées les premières pages un peu techniques, ce roman est un régal.

Pour retrouver ce roman sur le site des éditions Nil, c’est par là!

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