THE GOOD GIRLS, un document de Sonia Faleiro

DOCUMENT

Éditions Marchialy – Grand reportage

Traduit de l’anglais (Inde) par Nathalie Peronny

Une enquête à suspense magistrale dans l’Inde contemporaine.
Un soir de mai 2014, dans un petit village du nord de l’Inde, deux adolescentes, amies et cousines, sortent faire un tour dans les champs à proximité de leur maison. Elles ne reviendront jamais. Leurs corps sont retrouvés pendus à l’aube dans le verger derrière chez elles. Que s’est-il réellement passé durant ces quelques heures ?
 
La vérité semble moins importante pour leur famille et les habitants de ce village que la rumeur qui enfle déjà. Il faut sauver l’honneur, à tout prix.
À partir de ce fait divers glaçant, Sonia Faleiro raconte les mécanismes d’une société ultra-hiérarchisée où la femme n’est jamais maîtresse de son destin, sauf peut-être dans la mort. Grâce à une enquête minutieuse, elle parvient à rétablir la vérité occultée et à écouter ce que ces deux jeunes femmes ont à nous dire.

Ma note : 4/5
Nouveauté 2022
400 pages
Disponible au format numérique et broché


MON AVIS

L’Inde est un pays passionnant. Une culture riche mais un peuple divisé.

 

Sonia Faleiro nous plonge au cœur d’un fait divers qui en 2014 a défrayé les chroniques indiennes. Après un rapide dressage des portraits des deux jeunes filles, Sonia Faleiro dépeint la société indienne. Une plongée vertigineuse où la femme n’a aucune place et où les castes limitent une certaine liberté. Les castes sont un vaste sujet mais ce sont elles (enfin les plus hautes) qui dirigent les différentes régions et les castes les plus pauvres sont au service des autres. Certains métiers ne sont pas accessibles pour les castes les plus faibles. Une hiérarchisation verticale qui floue à mon sens une certaine liberté des hommes et ne parlons même pas des femmes. Les mariages sont arrangés au sein d’une même caste et les femmes n’ont pas leurs mots à dire, de l’autorité parentale elles passent sous l’autorité matrimoniale.

 

Tout au long de son récit, Sonia Falerio fait état de la condition des femmes indiennes. Ce fait divers est le parfait témoignage d’une certaine réalité. L’Inde ne se résume pas à Holi, la fête des couleurs, ou à Bollywood. L’Inde est une terre où les filles ne peuvent pas aller à l’école si la famille n’a pas d’argent, où les mariages sont arrangés et ceux dès leurs plus jeunes âges (12 ans âge minimum légal et parfois les bébés), où les installations sanitaires dans le milieu rural sont inexistantes, où les viols sont rarement punis, où les infanticides sont nombreux et où les mœurs sont très strictes. L’Inde est l’un des pays le plus dangereux pour les femmes au monde.

 

Sonia Faleiro expose son point de vue de journaliste sur son pays natal qu’elle a quitté, appuyé par de nombreux témoignages et faits divers inhumains. Ce récit se lit comme un thriller et j’aurai presque cru que ce n’était pas la réalité. De nombreuses années de recherche ont été nécessaire pour conduire ce livre à éclore et clore cette tragédie à menant à bien son enquête.

 

Un hommage vibrant à ces femmes qui tentent de se délivrer de ces chaînes ancestrales et qui lancent un appel à l’aide déchirant et bouleversant.

 

En bref :
– Un récit émouvant et cruel sur la position dramatique des femmes en Inde
– Un fait divers témoignant des nombreuses tragédies
– Un cri puissant face à l’injustice
– Un portrait saisissant d’une Inde régie par les castes et les hommes
– Un document essentiel et choquant
 
Connaissais-tu l’Inde sous cet aspect ?
Un document que je t’invite vivement à découvrir.

J’AI VENDU MON ÂME EN BITCOINS de Jake Adelstein.

[ ESSAI – Nouveauté 2019]

En collaboration avec Nathalie Stucky

Traduit de l’anglais par Cyril Gay.

Éditions MARCHIALY

250 pages

Ma note : 5/5 mention « incontournable 2019 »

Lien Kindle

 
Le résumé :
En 2014, Jake Adelstein découvre les monnaies virtuelles en même temps que l’effondrement de Mt. Gox, la plus grande plateforme d’échange de bitcoins au monde, basée à Tokyo. Celle-ci annonce la disparition de 850 000 bitcoins, l’équivalent de 500 millions de dollars. Contre toute attente, c’est son créateur et dirigeant qui est le principal suspect de la police japonaise : Mark Karpelès, un jeune Français qui n’a pas encore 30 ans. Mark devient alors le centre de la plus grande affaire criminelle de l’ère numérique. Tout le monde veut sa peau : la police japonaise, le FBI et les milliers de particuliers qui ont perdu leurs économies. Au cours de son enquête, Jake Adelstein rencontre les pionniers du Bitcoin : idéalistes, geeks, libertariens, profiteurs ou spéculateurs, et tente de répondre à ces deux questions : qui a fait le coup ? Et où sont passés les bitcoins ?
 

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Bitcoins … connaissez vous ce terme ? Vous l’avez certainement entendu ici où là, il y a quelques années alors que le plus gros scandale planétaire éclatait sur l’île du Soleil Levant. Cet or numérique méconnu du grand public a pourtant fait vibrer la toile pendant des semaines. Journalistes affamés, paparazzis, rumeurs en tout genre ont affolé les plumes. Jake Adelstein et Nathalie Stucky sont partis à la quête de la vérité en retournant dans le passé. Comprendre un monde inaccessible et ses enjeux est une mission à haut risque, car complots et manipulations fleurissent là où on ne les attend pas.

 

Les essais sont un genre qui m’effraient souvent. J’ai toujours peur de ne rien comprendre ou de ne pas accrocher. De piètres excuses me diriez-vous mais j’ai toujours cette appréhension à me lancer. Les thèmes abordés ici par Jake Adelstein m’ont de suite mise à l’aise et en confiance : les bitcoins (sujet que je connais même si je n’ai jamais osé contribué à ce système), le Japon (île qui me subjugue) et une enquête rondement menée. Et je n’ai plus qu’à dire : à l’abordage !

 

Jake Adelstein (en collaboration avec Nathalie Stucky) nous livre une enquête au cœur du plus gros scandale qui a défrayé la chronique. Journaliste américain et grand connaisseur de la société nippone, il ne pouvait que mordre à l’hameçon et partir à la conquête du bitcoin. Avec aisance, curiosité et envie, il retrace depuis les débuts, la naissance du bitcoin, de ses dérives et de sa chute. Tout en laissant au centre de cette investigation un français, Mark Karpeles, petit génie et geek, créateur de la plateforme Mt.Gox et malheureusement protagoniste volontaire ou non, de ce cataclysme.

 

Jake Adelstein fait part de son raisonnement tout en étayant ses objections et suppositions. Un document très bien détaillé et accessible. J’ai navigué entre la France, le Japon et les États-Unis et également plongé dans le deep web. J’ai beaucoup appris et là est l’essentiel sans toutefois émettre un positionnement ferme sur mon avis quant à cette affaire.

 

J’AI VENDU MON ÂME EN BITCOINS se lit comme un thriller et c’est en ce point que c’est sensationnel. Une plume fluide et captivante qui expose les faits, les argumente et les développe tout en ne nuisant à personne. Des hypothèses ici et là germent tout en laissant le libre arbitre au lecteur et sans que cela soit imposé.

 

Une super lecture sur un sujet hors norme. J’ai été juste conquise ! Un incontournable 2019 à découvrir sans aucun doute.

 

Personnellement, à partir du moment où Nathalie et moi avions commencé à travailler sur le mile des bitcoins, j’avais toujours eu le sentiment que nous étions une version inversée de Dana Scully et Fox Mulder, elle la scientifique, lui le rêveur éthéré.
Dans notre cas, c’est Nathalie qui croyait que la vérité était ailleurs, que les bitcoins représentaient une monnaie forte et viable et que Mark était innocent. Moi, j’étais septique, je trouvais que les bitcoins étaient une idée tordue et que la vérité était criante. Mark avait paumé ou fauché les bitcoins. Aucun autre coupable à l’horizon, le seul à qui on pouvait s’en prendre était Mark. (page204)
#Esméralda

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… le site des éditions MARCHIALY.

Jake Adelstein se livre sur son livre à la Librairie Mollat.

Et si je ne vous ai pas convaincu Augustin Trapenard, le fera mieux que moi !

L’HOMME QUI AIMAIT TROP LES LIVRES de Allison Hoover Bartlett.


[ ESSAI – Nouveautés 2018]
Editions Marchialy
Traduction : Cyril Gay
Titre original : The Man Who Loved Books Too Much, 2010
331 pages
Ma note : 3/5 mention « à découvrir »
Lien Kindle




Le résume :


Jusqu’où iriez-vous pour mettre la main sur le livre de vos rêves ? Mieux encore, jusqu’où iriez-vous pour avoir une pleine bibliothèque remplie de vos livres préférés ?
John Gilkey a dérobé pour plus de 100 000 dollars de livres anciens. Son but : réunir une collection de livres rares à son image. Dès lors, comment attraper un voleur qui ne subtilise des livres que pour compléter sa bibliothèque personnelle ?
C’était sans compter sur la ténacité de Ken Sanders, libraire de livres ancien irascible, qui se surnomme lui-même biblioflic. S’ensuit une traque de plusieurs années entre un voleur obsessionnel et un libraire obstiné prêt à bondir au moindre faux-pas.
Le récit d’une traque qui nous plonge dans l’univers trop peu connu du livres anciens.
Allison Hoover Bartlett est une journaliste américaine. Elle découvre le monde secret du livre ancien le jour où un ami lui confie un exemplaire d’un herbier du XVIIème siècle. Intriguée, elle choisit de se frayer un chemin dans ce milieu mystérieux et très masculin.
Elle écrit entre autres pour le New York Times, le Washington Post, le San Francisco Chronicle Magazine. L’article à l’origine de ce livre a été repris dans l’anthologie The Best American Crime Reporting 2007.


Mon avis :


La quatrième de couverture a tout pour titiller la curiosité des lecteurs. L’attention est attirée directement sur cette enquête qui se présente comme un polar. Et bien que nenni ! C’est une véritable histoire, tirée donc de faits réels. Cet essai a eu le mérite de me surprendre. La journaliste Allison Hoover Bartlett a eu l’audace de narrer un récit qui plonge le lecteur entre la frontière de la fiction et de la non-fiction.


Pas évidemment de démêler tout ça, d’ailleurs je me suis posée la question jusqu’au point final et c’est après des recherches internet que je me suis exclamée « oh nooooooonnnnn ».


Du coup donner mon avis est compliqué. Je n’est pas assez d’expérience avec ce genre littéraire (mon second « essai » de l’année) pour pouvoir le juger. Je n’apprécie pas trop ce terme mais c’est le plus adéquat (quand on parle de roman tous les jours ?). Me voilà donc dans la mouise. Je vais commencer par une question que je te pose :
Te considères-tu comme un collectionneur (de livre par exemple) ? Cette passion est-elle frénétique ? As tu un intérêt quelconque a empilé les livres ?


Bon cela fait trois questions (je m’excuse). Lorsqu’Allison Hoover Bartlett a dans les mains la première édition original d’un herbier, elle découvre alors un monde qu’il lui est totalement inconnu. Etant journaliste, voici un sujet qui l’intéressa. Commença une enquête hors norme dans un milieu mystique : les livres de collection. Ces derniers revêtent un pouvoir non substantiel dans un milieu qui se livre la guerre à celui qui détiendra la première édition avec bonus. Les libraires dont Ken Sanders (super flic-libraire) fait parti, dénicheurs et fournisseurs de collectionneurs en mal de reconnaissance, forment une communauté un peu à part et sont la cible de voleurs. Son enquête la porte à rencontrer un voleur bien singulier : John Gilkey (qui existe véritablement). Elle rencontre un personnage atypique que l’on peut considérer comme illuminé. Allison Hoover Bartlelt décrit alors un homme tourmenté sans tomber dans la caricature morbide du délinquant. Elle décrit ses aspirations et ses convictions qui ont le mérité d’effrayer et d’interroger. Elle amène certaines réponses quant à la motivation de Gilkey de voler ces livres de grandes valeurs.


Cet essai est mené avec ingéniosité et intelligence. La journaliste donne la forme de polar à son récit. Ainsi donc le lecteur est vite interpelé et adhère.


Le travail d’investigation a du être titanesque et mérite amplement que le lecteur se plonge dans la lecture.


L’HOMME QUI AIMAIT TROP LES LIVRES est un essai atypique sur un sujet plus qu’intéressant.
#Esméralda


Je remercie les éditions Marchialy et Nadia pour leur confiance et patience. Lecture proposée au sein du groupe le PICABO RIVER BOOCK CLUB.

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Vers le site des Editions Marhcialy pour tout savoir.