LE GRAND MORT, intégrale 1. Une bande dessinée de Loisel, Djian, Mallié et Lapierre.

FANTASTIQUE

Éditions Glénat – Collection Vents d’Ouest

Régis Loisel & Jean-Blaise Djian (Scénariste)
Vincent Mallié (dessinateur)
François Lapierre (coloriste)

La série culte enfin en intégrale !
L’histoire de deux mondes parallèles dépendants l’un de l’autre, mais censés ne jamais se rencontrer : le nôtre et celui habité par le « Petit Peuple ». Ce dernier est organisé en clans, et son équilibre est fondé sur un partage équitable de la connaissance.
Cette fragile harmonie reposant sur un rite ancestral est bouleversé quand un un événement improbable vient perturber l’ordre des choses. Le chaos qui en résulte dirige l’humanité à sa perte ! Une seule personne est capable de passer d’un monde à l’autre pour tenter d’agir…Retrouvez dans cette intégrale, regroupant les quatre premiers tomes, tout l’univers de cette série qui mêle avec virtuosité, le fantastique et le récit post-apocalyptique. Ce magnifique ouvrage, augmenté de contenus additionnels de choix (croquis, recherches, illustrations), sera l’occasion de redécouvrir cette ambitieuse fable écologique imaginée par Loisel et Djian, et mise en image par la plume puissante et inspirée de Vincent Mallié.

Ma note : 5/5
Nouveauté 2020
256 pages
Disponible au format broché.


MON AVIS

Cette première intégrale regroupe les tomes 4/8 d’une saga redoutable et totalement dans l’air du temps.

 

Deux mondes parallèles cohabitent dans la parfaite ignorance à part quelques initiés. L’équilibre des deux n’est possible que si une certaine harmonie et précepte sont respectés. Mais un imprévu va bouleverser la quiétude des deux mondes les plongeant dans le chaos le plus total.

 

Losiel et Djian signe un scénario totalement hypnotisant et dingue. Les plus terribles fléaux vont toucher la Terre : virus, maladies, sécheresse, phénomène météorologique extrême, séisme. Le monde se délite. Cette première partie ne montre que la partie visible de l’iceberg. Les pièces du puzzle s’assemblent lentement mais sûrement laissant la trame à une ébauche dont on n’a pas encore toutes les cartes en notre possession. Le premier contact avec les personnages est rude. L’un exubérant et nerveux et l’autre passif. Le duo n’est pas forcément une évidence mais l’alchimie naîtra bien plus tard. Une intrigue générale passionnante nous plongeant au cœur de l’action et de la réflexion. Les scénaristes pointent du doigt les travers de notre société tout en l’intégrant dans cet univers fantastique. Les illustrations sont sublimes, de grandes cases parfois sombres et souvent lumineuses. J’ai été envoûtée par cette bande dessinée suggérée par ma bibliothécaire. On y retrouve des rebondissements, une intrigue qui laisse prévoir des surprises, des personnages attachants et un univers époustouflant. Le cahier graphique est juste sublime. J’adore découvrir ces grandes planches où l’on peut davantage apprécier le travail des créateurs.

 

LE GRAND MORT est une merveilleuse découverte, une de celle qui t’envoûte.

 

 

 

KARIBA, une bande dessinée de Daniel et James Clarke.


Un voyage magique sur les rives du Zambèze.
Habitant sur les rives du fleuve Zambèze, Siku est une jeune fille comme les autres, à ceci près qu’elle semble dotée d’étranges pouvoirs qui la lie aux animaux de la région. Elle est sans nouvelle de son père, depuis que celui-ci est parti travailler au grand barrage de Kariba, un chantier colossal qui recrute de la main-d’œuvre dans toute la région. Pour le retrouver, Siku décide de remonter les flots périlleux du Zambèze avec l’aide d’Amedeo, le fils de l’ingénieur en chef de Kariba.
Leur voyage aux sources de ce fleuve légendaire la confrontera à des pirates, des capitalistes, des affabulateurs ou de sombres magiciens. Mais il va également mener Siku au plus près du secret enfoui de ses origines…
Découvert sur Kickstarter, Kariba a été pensé par le collectif « Blue Forest » pour sensibiliser les jeunes populations sur la construction du barrage éponyme et les conséquences du productivisme sur l’environnement et les cultures locales. Une grande aventure teintée de magie, inspirée de la mythologie sud-africaine, pour un cri du cœur en faveur de l’harmonie avec la nature.

Au cœur de l’Afrique australe, sur les rives du Zambèze, Kariba s’élève, ici majestueux. Une puissance attirante et effrayante. L’une ouvre sur le monde du progrès, de la  technologie et du modernisme capitaliste. L’autre abrite cette férocité latente de la perte du territoire, de la destruction des valeurs anciennes, du bannissement de la terre. Une histoire à deux vitesses où une jeune fille prénommée Siku va devenir le symbole du renouveau au travers d’une vieille légende.
Une bande dessinée portée par une jeune héroïne qui emprunte le chemin de sa destinée sans rien connaître d’elle même, de son passé. Une quête initiatique qui lui permettra de se retrouver et de faire corps et accepter ses pouvoirs qu’elle contient depuis de nombreuses années. Rejoint par Amedeo, petit garçon aventurier au cœur pur, ils vont parcourir les rives du Zambèze dans un premier temps pour retrouver le papa de cette dernière porté disparu et puis ensuite pour partir à la quête de son identité.

 


Cette bande dessinée se déroule sur deux plans. Le premier, le réel qui met en évidence le barrage avec ces conséquences désastreuses sur l’environnement et sur les populations voisines du fleuve ; et les bénéfices. Le second est tout autre puisqu’il met en scène une légende mythologique sud-africaine. L’effet est très surprenant et fonctionne à merveille rendant le scénario implacable. Les illustrations sont à la fois douces et parfois douloureuses. Les couleurs sont magnifiques.

 

KARIBA m’a séduite dès les premières pages me portant au cœur d’un univers que je ne connaissais pas. Les auteurs traitent des sujets essentiels avec une belle bienveillance et d’une honnêteté sans faille. Loin des discours politiques, cette bande dessinée éveille les consciences.

 

Une merveille à découvrir.

 

Une chronique de #Esméralda