LE ROI LOUVE, Tome 1 : La rébellion de Petigré, une bande dessinée de Adrian, de Alibert et de Lapière.

FANTASY

Éditions Dupuis

Alibert et Lapière (scénaristes) – Adrian (illustrateur)

Dans un monde où les Humaines, devenues ovipares, donnent aux Loups, à chaque lune, deux de leurs oeufs afin de garantir la paix, l’équilibre semble prêt à se rompre… Car Petigré, qui comme tous les loups change de sexe à chaque pleine lune, avant d’opter pour l’un d’eux, veut rester une fille. Problème : son père, le roi, veut un garçon pour lui succéder !
Petigré décide donc de s’enfuir avec Rum, son amoureux humain, bientôt rejointe par d’autres étranges créatures : un Sanzame, sorte de zombie, et un Tometeu, lutin aux étonnants pouvoirs. L’aventure, la vraie, leur ouvre les bras… tout comme de gros ennuis. Car pendant ce temps, les soldats Loups les pourchassent, tout comme les sbires de Kourgane, qui souhaitent tuer Petigré pour mettre la main sur le trône… Mais Petigré et sa troupe, eux, sont pour l’instant trop absorbés par une surprenante chasse au trésor pour s’en inquiéter !

Ma note : 4/5
Nouveauté 2022
56 pages
Disponible au format numérique et broché


MON AVIS

Les scénaristes nous plongent dans un univers complexe. Les femmes humaines pondent des œufs, les hors la loi sont plongés dans une sorte de marais où le brouillard transforme les bannis en zombies errant éternellement, les loups changent selon un cycle lunaire de genre et seul un œuf humain leur permet, à leur majorité, de figer cette transformation.

Alors lorsque Petigré s’enfuit avec son amoureux humain, c’est la révolution au sein du peuple des Loups et les manigances sont nombreuses à surgir de l’ombre. Le peuple des Humains a tout intérêt de jouer finement la partie. 

J’ai beaucoup apprécié l’univers. Ce premier tome ne permet pas de comprendre l’essentiel de l’intrigue mais pose directement les bases d’une histoire où l’aventure est au cœur. Petigré est le personnage central. Sa force réside dans son caractère rebelle et son intelligence à déjouer certains pièges. Son amoureux n’a rien d’un guerrier aguerri même si il prouve sa loyauté et son amour de maintes manières. Le Sanzame, zombie, ne fait que de la figuration mais il semblerait qu’il pourrait y avoir des surprises de côté là. Deux mondes se côtoient, celui des Loups archaïques alors que celui des Humains est axé sur la technologie. Les tensions entre eux sont nombreuses et la fuite est l’élément déclencheur d’une très belle pagaille à venir.

Cette bande dessinée est un pur moment de lecture. J’ai été fascinée par l’univers et les illustrations apportent cette touche de mystère qui règne tout du long. Les personnages sont finement travaillés. Le scénario ne lâche que quelques brides d’informations.

En bref :
– Un héroic fantasy plein de promesses
– Un univers riche
– Des enjeux cruciaux
– Un peu d’amour et d’amitiés
– Des complots
– Résultat : un scénario intriguant
 
Est ce que cette bande dessinée pourrait te plaire ?

LES LARMES DU DRAGON, une bande dessinée de Carbone, Barrau et Forns.

FANTASTIQUE

LA SENTINELLE DU PETIT PEUPLE – TOME 2

Éditions Dupuis


Élina, qui se prépare à fabriquer un nouveau pot de pommade de fée, découvre avec effroi qu’il lui manque un ingrédient crucial : des larmes de dragon… Et sans cette pommade, impossible pour elle de continuer à voir ses amis du Petit Peuple, dont elle est devenue la gardienne ! Après une discussion avec sa prédécesseure, sa grand-mère Adélaïde, une seule solution se dessine : partir à la chasse au dragon, dans la célèbre forêt bretonne de Brocéliande…
Inscrite dans une colonie de vacances explorant ce haut-lieu de la magie, du fantastique et des contes celtiques, Élina, accompagnée du lutin Llyam et de la fée Nelvyna, va se faire de nouveaux amis et apprendre de fascinantes légendes grâce aux monos de la colo ! Mais sans jamais perdre de vue sa mission : trouver ce terrible dragon dont elle a tant besoin…
Après un premier tome posant les jalons de leur univers, Carbone, Barrau et Forns livrent un nouveau récit complet où la grande aventure tutoie une fois de plus la présentation ludique de fascinants contes et légendes, dont Barrau est une spécialiste reconnue.

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2022
56 pages
Disponible au format numérique et cartonné

 

 


MON AVIS

Je suis contente de retrouver Élina dans une nouvelle aventure aux côtés de ses nouveaux compagnons de routes tout aussi trépidant que tordant.

 

Élina a l’intention de refaire la pommade de fée (la bonne cette fois-ci). Aidé de son petit lutin favori, elle se rend compte qui manque un ingrédient essentiel, les larmes de dragon. Affolée, elle part rejoindre sa grand-mère dans ce mouroir où elle n’a véritablement pas sa place et écoute avec attention ses recommandations. Des dragons ça ne court pas les rues de la ville et le dernier qui a été aperçu est au cœur de la forêt de Brocéliande. Un heureux hasard, une colonie doit s’y rendre et c’est après un long argumentaire que sa mère finit par accepter.

 

Ainsi débute une nouvelle aventure où légendes et contes prennent vie. Une mission périlleuse car un vilain sorcier va tout faire pour qu’Élina échoue. Heureusement elle peut compter sur ses petits acolytes et une jolie fée pour aboutir.

 

Un nouveau décor, un peu plus sombre mais toujours aussi somptueux que merveilleux. Élina prend son rôle de sentinelle à cœur et fait tout au mieux. L’histoire est très bien ficelée et les illustrations sont toujours au top. Un brin de malice, d’humour et de magie, des personnages croquants et attachants. J’adore ce mixte entre réalité et imaginaire qui puisse sa source dans les contes et les légendes. Une jolie suite à l’accent chevaleresque ! A découvrir sans tarder !

 

En bref :
* Une suite où l’aventure est mis en évidence
* Une atmosphère épique
* On retrouve l’esprit de la forêt de Brocéliande avec Merlin, son dragon et la fée Viviane
* Des illustrations sublimes
* Une héroïne qui prend du poil de la bête

TÉNÉBREUSE, une bande dessinée de Hubert et de Mallié.

FANTASTIQUE

Éditions Dupuis – Collection Aire Libre

Tome 1/2

Hubert (auteur) Mallié (dessins)

Il était une fois un chevalier déchu et une jolie princesse à délivrer… Méprisé par ses anciens compagnons d’armes pour un crime qui entache à jamais sa réputation, Arzhur erre de tavernes en champs de bataille à la recherche du prochain contrat qui remplira sa bourse.
Une nuit, trois mystérieuses vieilles femmes lui proposent le pacte dont rêvent tous les mercenaires : retrouver honneur et fortune en délivrant une fille de roi, retenue captive dans les ruines d’un château abandonné. Malgré la méfiance de son écuyer, Arzhur accepte le marché et livre un combat sans pitié aux monstres qui gardent la princesse. Mais Islen n’est pas la frêle jeune fille en détresse qu’il imaginait sauver… D’où viennent ses obscurs pouvoirs, que tout le royaume semble redouter ? Quels liens l’unissent aux trois vieilles qui ont payé Arzhur pour la libérer ? Victimes d’un complot dont ils n’ont pas toutes les clés, les jeunes gens s’allient pour reprendre leur destinée en main.

 

 

Ma note : 5/5
Nouveauté 2021
80 pages
Disponible au format numérique et broché

 

 


MON AVIS

J’ai, de suite, été attirée par la sublime créature. Cette jeune femme qui semble aussi douce que belle, entourée d’une aura de volupté ; et ce monstre protecteur, créature tout droit sorti des enfers.

 

Il ne m’a guère fallu davantage pour ouvrir cette bande dessinée.

 

Coup de cœur pour ce formidable conte désenchanté où l’euphorie d’un avenir meilleur va côtoyer la méchanceté et la violence.

 

Arzhur est devenu un chevalier banni par les siens suites à une mauvaise décision. Noyant son déshonneur dans les tavernes, il va de ville en ville, accompagné de son écuyer, à la recherche du contrat qui sauvera ses fesses et sa bourse. C’est ainsi que vient à lui trois vieilles dames à l’ossature décharnée mais à l’œil vif. Elles l’engagent pour sauver une jeune femme recluse dans un château à l’abandon. Si l’écuyer est méfiant, Arzhur voit d’un bon œil cette mission et son enthousiasme est grandiloquent.

 

Voulant mener à bien sa mission et remettre la jeune fille à son père, Arzhur va être confronté à la magie et à des secrets bien obscurs.

 

Voici un conte tout à fait admirable et revisitant le chevalier servant sauvant la jolie princesse. Non sans être une nouvelle version façon « Sherk », TÉNÉBREUSE est sans aucun doute captivant et atypique. Une histoire où la femme n’est pas cet objet précieux mais au contraire devient le symbole de la puissance et du courage. Les illustrations sont sublimes jouant sur des tons pastels et plus sombres.

 

Une lecture dont je sors le cœur conquis. Immense coup de cœur !

 

ZOMBILLÉNIUM, tome 1 à 5, une bande dessinée de Arthur de Pins.

BANDE DESSINÉE

HUMOUR

ÉDITIONS DUPUIS


Au Parc d’attraction Zombillénium, on n’embauche qu’à durée indéterminée. Les critères de sélection ne sont pas trop durs, on refuse juste les simples mortels. Francis von Bloodt, vampire de son état, gère en bon père de famille cette petite entreprise qui ne connaît pas la crise…
Une comédie à l’humour noir impeccable, signée Arthur de Pins.
Ma note : 4,5/5 mention « à découvrir absolument »
Disponible en numérique et broché
 

MON AVIS

Cette saga me faisait de l’œil depuis un bon moment déjà et lorsque j’ai vu qu’elle était présente à ma médiathèque, j’ai sauté dessus et l’ai empruntée.

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LA SENTINELLE DU PETIT PEUPLE, tome 1 : La pommade de fée, une bande dessinée de Forns, Carbone et Barrau.


Il est temps pour Adélaïde, loin de chez elle, immobilisée en maison de repos, de léguer à sa petite-fille son plus grand secret. Elle est la sentinelle du Petit Peuple, la protectrice des êtres féeriques qui sont les garants de l’équilibre de notre Terre.
Elle lui transmet la recette de la pommade de fée : à son tour, Élina pourra voir ce monde merveilleux et découvrir sa nouvelle mission. Car l’heure est grave. Au lac, l’ondine a disparu et le Petit Peuple a besoin de son aide.
Pour protéger les humains et les êtres féeriques, en poursuivant son apprentissage auprès de sa grand-mère, Élina devra aussi dissimuler à sa mère ses nouveaux pouvoirs…

Depuis « la boîte à musique », je suis avec assiduité les parutions où Carbone figurent. Et le dernier album accompagné de Forns et de Barrau est une pure merveille où cette fois-ci le monde féerique est à l’honneur.
Vous ne le savez pas, mais elfes, fées et toutes autres petites mignonneries nous côtoient. Nous ne les voyons pas pour des raisons évidentes. Mais il y a parmi nous des gardiens. Adélaïde, grand-mère d’Elina en est une.
Hospitalisée, Adélaïde reçoit la visite de sa fille et de sa petite-fille qui lui offre une joli bouquet issu du jardin de sa maison. Dans ce dernier se cache un terrible message. Impossible pour cette grande-mère généreuse et au grand cœur d’y répondre. C’est ainsi qu’elle décide de mettre dans le secret sa petite fille, Elina et de lui apprendre tout ce qu’elle doit savoir.

 

Une fois la pommade de fées minutieusement préparée (enfin il y a eu un couac), Elina découvre un monde enchanté. Mais l’heure n’est pas à l’ébahissement, car le danger rôde dans leur monde.

 

Ce premier tome est sous le signe de la découverte et de l’aventure. Elina est une jeune fille à l’esprit ouvert et malgré une surprise de taille, elle reste très enthousiaste aux côtés de ces petits êtres. Son énergie, son volontariat et sa gentillesse lui permettent d’être aussitôt acceptée parmi eux malgré quelques récalcitrants. Une bande dessinée carrément géniale. Perso j’adore cette ambiance, cela me rappelle mon enfance. De magnifiques illustrations avec plein plein de détails et des couleurs qui égayent l’ensemble. Des vifs, des pastels … je suis juste émerveillée. Ce premier tome est le prémices de longues aventures qui ne manqueront pas de piquant et d’émerveillement. Une lecture que je recommandes aux petits comme aux grands !

 

Une lecture de #Esméralda

À CŒUR OUVERT, une bande dessinée de Nicolas Keramidas.


Nicolas Keramidas est atteint d’une malformation cardiaque à la naissance, la tétralogie de Fallot, ce qui l’oblige à subir une opération délicate et surtout inexpérimentée en 1973 : il devient ainsi le premier bébé en France à être opéré à coeur ouvert. 43 ans plus tard, lorsque son coeur s’emballe sur un terrain de foot, le mal se réveille et le conduit vers une nouvelle opération à coeur ouvert.

Une expérience angoissante et douloureuse qu’il parvient à surmonter avec sa femme, Chloé, qui, comme lui, a tenu un carnet au jour le jour. C’est à partir de ces notes qu’il retrace en détails toutes les étapes de cette descente aux enfers médicale jusqu’à sa sortie définitive de l’hôpital.
En usant d’humour et d’un savoir-faire acquis aux studios d’animation Walt Disney de Montreuil où il a travaillé pendant douze ans, l’auteur nous fait vivre l’expérience d’une opération chirurgicale lourde avec une sincérité touchante.

Nicolas Keramidas réussi à concilier la tragédie et une réalité à la fois caustique et terriblement authentique.

 

L’auteur raconte son histoire, celle induite par la maladie, la tétralogie de Fallot, une maladie cardiaque. Enfant, il ne s’en souvient guère. D’ailleurs il apprend très tard qu’il est atteint de cette malformation cardiaque congénitale. Il vit avec sans y prêter gare, les années défilent sans aucun problème apparent.

 

Et puis un jour une alerte, puis deux et c’est au cours d’un match de foot entre amis qu’il s’écroule.
Le mauvais sort s’abat ainsi sur sa vie et son monde. Débute alors le marathon pour vivre. Post-op, opération, pré-op, réveil, attente, rééducation, rechute … un parcours sans fin, mais qui finit bien.

 

Nicolas Keramidas détonne par ces planches à la fois douces et violentes. Tout en parlant de lui, il met en exergue tous ces hommes, femmes et enfants qui subissent ce parcours hors-norme. Ces moments de solitude, de fatigue, d’espérance sont à l’image de ces jeux de sociétés qui vous font tourner en bourrique. Il s’en amuse mais il est évident que le cœur n’y est vraiment pas. Parfois trash et souvent poétique, Nicolas Keramidas nous plonge dans cet univers aseptisé et effrayant. J’ai apprécié ce biopic à tous les niveaux, que cela soit sur le style narratif et sur les illustrations. L’auteur retranscrit à merveille ses doutes, espoirs et incompréhensions aux travers de ces bulles invitant au voyage, à l’évasion. Une note d’humour, un zeste de bon sens et une bonne dose d’autodérision pour une histoire ni pathos ni craignos et qui ne peut que vous touchez.

 

Un récit bouleversant à découvrir !

 

Une chronique de #Esméralda

Le Spirou d’Emile Bravo – LE JOURNAL D’UN INGÉNU – Tome 1.


Tandis que des pourparlers entre des émissaires polonais et Karl Von Glaubitz, premier secrétaire du ministre allemand des Affaires étrangères Von Ribbentrop, étaient au pont mort à Bruxelles, un jeune groom du Moustic Hôtel, prénommé Spirou, a proposé une solution tout à fait originale au problème délicat de Dantzig.
Toutes les parties en présence semblaient convaincues. Mais à ce moment-là, un de nos collaborateurs à la rubrique des chiens écrasés – Fantasio, donc – a surgi et tenté d’obtenir des informations auprès du dignitaire nazi. Devant le refus de celui-ci, une rixe éclata, au cours de laquelle il écopa d’un mauvais coup… On s’attend dès lors à des représailles imminentes de la part de l’Allemagne. Des bombardiers de la Luftwaffe auraient décollé à l’aube en direction de la frontière polonaise…

Je remercie chaleureusement le blog Les Mots de Mahault pour sa recommandation suite à ma lecture de Pacific Palace, le Spirou de Christian Durieux. Et j’ai bien fait de suivre son avis très avisé car cette bande dessinée fut un sacré coup de cœur. Émile Bravo, entre autre auteur de « Les Grandes grandes vacances », nous propose une histoire sensationnelle.

Retour aux origines, on découvre la vie de ce petit orphelin qui est placé par le clergé comme groom au Moustic Hôtel. En souvenir de son meilleur ami qui lui a confié le petit écureuil, il se fait appelé Spirou et puis avoir le même prénom que l’irascible chef des groom, non merci ! Spirou est rapidement confronté à la dure réalité de la vie mais il garde toujours le sourire. Serviable, gentil, attachant, avenant, le sourire aux lèvres, il est aimé de tous. Spirou tombe sous le charme de la jolie femme de chambre. Alors que dans le salon privatif de l’hôtel se règlent des histoires bien sombres qui pourraient mettre en péril de nombreux citoyens. C’est ainsi que Spirou est confronté à sa toute première enquête et qu’il fait la connaissance incongrue de Fantasio, le journaliste excentrique qui ne manque pas de répartie, parfois tordue.

J’ai beaucoup apprécié l’univers de Émile Bravo. Un scénario qui ne laisse pas sur la faim et exploité avec beaucoup d’entrain. Les cases laissent la place aux bulles et dialogues complets rendant l’histoire accrochant et immersive. L’auteur/dessinateur met en parfaite évidence les traits des caractères des différents personnages, des touches de suspense ici et là, et entre autre des petits traits d’humour associés à l’incroyable Fantasio. Le scénario est captivant avec une intrigue parfaitement menée. Dans ce premier tome, on retrouve l’ambiance d’avant la seconde guerre mondiale. J’ai passé un excellent moment de lecture trouvant le scénario et les personnages à mon goût. Je me suis laissée transporter avec bonheur !

Une chronique de #Esméralda

LE SPIROU DE CHRISTIAN DURIEUX – PACIFIC PALACE.


Pacific Palace, un hôtel paisible au bord d’un lac qui l’est tout autant. Spirou regrette déjà d’y avoir fait engager à ses côtés Fantasio, viré comme un malpropre du Moustique. Car l’ex-journaliste reconverti en groom n’a vraiment pas la vocation et ne rate pas une occasion de fâcher M. Paul, leur supérieur hiérarchique.
Mais trop tard pour faire machine arrière : un véritable huis clos est décrété et l’hôtel se retrouve sans clientèle et avec un personnel réduit pour accueillir discrètement Iliex Korda, dictateur déchu du Karajan, petit pays des Balkans. Dans ses bagages, d’imposants gardes du corps mais aussi Elena, fille du « Grand Guide » au regard envoûtant, dont Spirou tombe instantanément amoureux.
/>Alors que Fantasio ne rate pas une occasion de provoquer l’entourage du tyran, Spirou essaie de comprendre l’étrange ballet politicien qui se joue presque sous ses yeux.
Avec Pacific Palace, Christian Durieux nous livre un Spirou très personnel, entre subtile fable politique et douloureuse romance, une bande dessinée pleine d’ambiance mais avec une véritable intrigue politico-policière.

Je n’ai pas le souvenir d’avoir lu un quelconque Spirou durant ma jeunesse et c’est piquée par la curiosité que j’ai décidé d’ouvrir celui-ci. Spirou et Fantasio, compagnons inséparables et improbables, ne me sont pas inconnus malgré tout. Christian Durieux propose un huis clos à la fois saugrenu et palpitant. Une intrigue policière que Spirou en bon enquêteur qu’il est, va percer à jour. Et Fantasio en tout gros balourd qu’il est va jouer au journaliste échevelé.
Le Pacific Palace est un endroit paisible au cœur d’une nature qui l’est tout autant. Spirou est groom alors que Fantasio l’a rejoint après ses déboires au Moustique. Pas très à l’aise dans ce nouveau job, l’esprit farfelu du journaliste ne manque pas de mettre dans tout ses états Monsieur Paul, le dirigeant du prestigieux hôtel.

 

Alors que les chambres se vident de ses occupants, une étrange atmosphère s’installe dans les couloirs de l’hôtel. Seuls, une femme de chambre, des cuisiniers ainsi que Spirou et Fantasio sont restés afin d’accueillir un bien étrange homme et sa famille.

 

Le dictateur Iliex Korda sauva son pays, le Karajan, d’un sombre destin. Après des années de pouvoir celui-ci est renversé et est dans l’obligation de s’enfuir avec sa femme et sa fille. Recueilli par la France, ce qui ne manque pas de faire des vagues, Korda trouve refuge dans le prestigieux hôtel. Alors que sa présence est revendiqué par la population et que les échauffourées sont de plus en plus nombreux, les chambres de l’hôtel deviennent le théâtre de pourparlers discrets. Pendant ce temps Spirou ne manque pas de remarquer la belle Elena, la fille. Discrète, elle le met en garde contre les apparences et de se méfier de tout.

 

Alors qu’une violente tempête s’abat sur la région, l’évacuation des lieux est sommée. Rien n’aurait été plus simple si des coups de feu n’auraient pas retenti.

 

Christian Durieux signe une magnifique bande dessinée. Il me semble que l’on retrouve les traits de caractère des personnages fétiches de Rob-Vel. Les traits physique sont toutefois modelés selon Christian Durieux. Il confère au scénario une atmosphère sombre où les interrogations s’amoncellent. Une intrigue très intéressante et surprenante qui m’a prise de court. Des moments intimistes qui s’opposent volontiers au déchaînement des événements et des situations ubuesques provoquées par Fantasio. J’ai beaucoup apprécié cette lecture tout autant pour l’aspect du scénario que pour les personnages.

 

Une chronique de #Esméralda

Source Dupuis.com

L’HOMME DE LA SITUATION, une bande dessinée de Lou Lubie.


Manu, 36 ans, instituteur investi et apprécié, a toujours assumé avec détermination son rôle d’homme fort et protecteur. C’est pourquoi, lorsque ce schéma est remis en question par sa compagne qui le quitte, puis par son employeur qui lui préfère une femme au nom de la parité, il commence à perdre pied. Mais comment exprimer sa détresse quand on a appris à ne jamais se plaindre ?
Frustré, Manu se raccroche à une fratrie de sept enfants déscolarisés, pour laquelle il va jouer le rôle de père tutélaire. Alors qu’il tente de les aider à surmonter leurs handicaps physiques, mentaux ou sociaux, il se laisse peu à peu happer par cette famille particulière. Ainsi s’amorce une longue descente au cœur de ses pires angoisses…
Une société qui évolue pour devenir de plus en plus inclusive, où les rôles traditionnels dévolus à chaque genre sont battus en brèche, quelle est la nouvelle place des hommes ?
Un thriller psychologique qui se referme comme un piège autour de son héros… et de son lecteur !

Au cœur de notre société patriarcale, l’homme a une place de choix qui lui laisse prétendre à avoir ce qu’il souhaite, à diriger et à croire que tout lui est dû. Manu a toujours été cet homme, sûr de lui. Un enseignant exceptionnel et apprécié par ses collègues et sa hiérarchie. Alors qu’un poste est à pourvoir au sein de l’établissement où il enseigne, il croit avec conviction et force qu’il lui sera attribué sans détour. Lorsque la décision lui est rendue, c’est le coup en trop qu’il le blesse. Désabusé et en colère, son monde s’écroule sans préavis et dans une violence inouïe.
Mis au repos forcé, il ne parvient plus à comprendre ce monde et sa compagne qui ne souhaite plus le voir. Les heures s’écoulent tel un sablier sans fin où les doutes, les questions se bousculent. Une attente qui le met à mal à l’aise et où les réponses tardent. Par une journée morose, il fait la connaissance d’une famille singulière qui occupe un vieil hôtel. Par devoir, il devient le percepteur de cette famille désœuvrée. Déscolarisés les enfants reprennent ainsi goût à l’apprentissage. Renouant ainsi avec sa profession et sa vocation, le goût de vivre semble renaître. Mais les angoisses sont toujours là, voraces, accaparantes. Sera-t-il prêt à les accepter pour enfin vivre ?

 

Lou Lubie signe une bande dessinée vraiment incroyable. J’étais loin de m’imaginer les thèmes qu’elle aborde avec cette force aussi inespérée et que foudroyante. Une prise de conscience et le portrait de cet homme qui finalement doit faire face à ses états d’âmes. Tel un thriller et grâce à une atmosphère angoissante, le héros doit gérer une situation complexe. Un scénario implacable et des illustrations précises qui ne manquent pas de détails notamment dans l’expression des visages. Une très belle découverte qui traite un sujet d’actualité et qui pour une fois met au cœur de l’action un homme qui s’effondre.

 

A découvrir !

Source Dupuis.com

KARMEN, une bande dessinée de March Guillem.


Il arrive qu’on se suicide sur un malentendu. C’est l’heure du rapport : un « code rouge » pour Karmen. À Palma de Majorque, la jeune femme avec ses cheveux roses et ses taches de rousseur, habillée d’une combinaison noire de squelette pénètre dans l’appartement d’une coloc étudiante. Elle se rend tout droit à la salle de bain où Catalina s’est taillé les veines. Dans l’instant suspendu entre la vie et la mort, l’introspection commence pour la jeune fille et son chagrin d’amour, emportée dans une narration fantastique qui jongle en mises à distances et dimensions parallèles.

J’ai tout simplement adoré cette bande dessinée. Une approche de l’intime, de la mort et du suicide portée aux nues par Guillem March qui avec sensibilité et quelques traits d’humour aborde un sujet difficile et délicat. Le côté fantastique apporte au drame une note légère et confère à l’atmosphère cette aura de mysticité.
Une bande dessinée très intéressante par les thèmes abordés et surtout dans la manière dont ils sont traités. Karmen n’est pas la mort et encore moins un ange. Elle travaille pour une sorte d’entreprise qui au moment de la mort dirige les hommes et les femmes vers un ailleurs inconnu. Des missions diligentées par des une hiérarchie mystérieuse dont il est facile de laisser notre libre arbitre ou notre croyance définir. La prochaine mission de Karmen est de recueillir et d’accompagner Cat après son suicide. Ainsi débute la rétrospection de la vie de Cat. Un chemin empreint de résilience, de doutes et de questions.

 

Et le plus beau n’arrive qu’à la fin.

 

Guillem March signe une bande dessinée qui honore la vie et qui magnifie la mort. Un duo fusionnel qui n’est rien l’un sans l’autre.

 

J’ai tout autant adoré la beauté des mots que la beauté des illustrations.

 

Bouleversant et Magnifique !

 

Une chronique de #Esméralda