MISSION HOMO SAPIENS, un roman enfant de Lia Capman.


Vincent est un jeune Terrien qui rêve d’explorer l’espace, de posséder une météorite et, surtout, de rencontrer un extraterrestre. LUU7 est une extraterrestre qui rêve d’une glorieuse mission interplanétaire. Pas de chance, son prof l’envoie sur terre pour y étudier, capturer et ramener la créature la plus risible que l’univers n’a jamais portée : le Terrien.
Réussira-t-elle à convaincre Vincent de monter à bord de sa fusée ? Arrivera-t-elle à épater son prof et à faire rire les élèves de la classe ΩMEGA6 ?

Loin dans la galaxie, derrière le soleil, une planète est occupée. On les nomme extra-terrestre, mais pour eux nous sommes une espèce idiote.

 

Au cœur d’une bulle gigantesque vit des créatures mystérieuses, rigolotes et aux dons extraordinaires. Ils ont des capacités biscornus. Un peut ouvrir des portails dimensionnels, utiliser des trous de verres, l’autre se téléporter. Quand on les regarde de plus prêt, on y verrait un corps à trois têtes avec de nombreux yeux, des bras longs et courts, des cheveux merveilleux et des oreilles bizarres. Ils sont tous différents des uns des autres et plus tu es bizarre plus tu es génial.
Dans cette bulle, les créatures apprennent tout sur les univers, font des expériences et des découvertes. Au cœur de cette multitude, il y a LUU7. Elle est très différente de ses ami.e.s et se sent mise à l’écart. Elle n’a pas de don exceptionnel. Elle s’en veut terriblement d’être différente et banale. Le grand examen approche. Elle se voit attribuer comme mission de faire un exposé sur les terriens, les Homo sapiens. Elle n’est pas très réjouie par cette nouvelle mission qui l’oblige en plus à rester ici. Lors d’un exposé, le professeur lui donne l’autorisation de se rendre sur Terre pour mener à bien sa mission. Heureuse de quitter la bulle, elle s’empresse de préparer son équipement et direction la Terre.

 

Vincent est un petit garçon qui va au collège. Depuis que son papa les a quitté pour les étoiles, il est très triste. Il est passionné par les étoiles, l’univers et les météorites. Il est persuadé que au-delà du soleil et de notre galaxie, la vie existe. Il adore regarder au travers de son télescope et s’imaginer de nombreuses aventures. Un de ces soirs, il observe une météorite tomber dans un champ voisin. Le lendemain il se promet d’y aller jeté un œil.

 

La nuit passe et le matin suivant c’est avec enthousiasme qu’il rejoint le champ. Il y découvre une jolie pierre rouge qui rayonne et une petite fille avec son chien. Rapidement s’installe une conversation légère et pleine de promesses. Vincent ne le sait pas encore mais il a fait une incroyable rencontre, mais à ses risques et périls.

 

Lia Capman signe un roman ravissant pour les enfants. J’ai adoré plonger dans ce monde où l’imagination est généreuse. Un peu de science-fiction, un peu de fantastique, idéal pour les plus petits afin d’appréhender justement l’imagination et toutes les possibilités qui en découlent. Un roman sur la différence, la tolérance et l’amitié. On parle d’étoiles, de galaxie, de trou noir, de soleil et de navette spatiale. Ouvrir l’esprit des plus jeunes et regarder au-delà des apparences, des jugements et découvrir la multitude de notre monde. Une écriture très simple et imagée qui permet aux plus jeunes lecteurs de partir à l’aventure. Bien sûr tout est question de maturité, un parent peut l’accompagner dans cette lecture en l’aidant à déchiffrer ou tout simplement en lisant l’histoire. Des chapitres très courts, il faut reprendre son souffle. Petit bémol, il n’y pas d’illustration et à cet âge c’est primordial, à mon sens. Mais rien n’empêche au petit lecteur d’illustrer le chapitre et de le raconter à son tour et pourquoi pas au final créer son propre univers et histoire. Une thématique riche qui peut être développer en dehors de la lecture. J’adore ce genre d’histoire où l’imagination sert une telle histoire. A faire découvrir à nos jeunes lecteurs 🙂

 

Une chronique de #Esméralda

 

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… le site des éditions Le Lys Bleu

… mon avis sur le dernier récit (pour les plus grands) de Lia Capman, clique sur la photo pour le découvrir.

UN CAILLOU AU FOND DE LA POCHE de Florence Cochet.

[ LITTÉRATURE JEUNESSE – Nouveauté 2019]
Dès 9 ans
ACTES SUD Junior
126 pages
Ma note : 4/5 mention « petit coup de cœur »
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Le résumé :
Au collège, les autres élèves surnomment Henri « la calculette » ou le « taré ». Sans la présence de Daisy, sa meilleure amie, il aurait déjà craqué. Heureusement, elle est toujours là avec son optimisme communicatif… jusqu’à ce qu’un virus la force à rester à la maison. Pour la première fois, Henri est seul, et une bande de petits raquetteurs compte bien en profiter. Le mystérieux caillou que lui a confié son excentrique enseignante de français suffira-t-il à le protéger des sales coups ? Un regard sensible sur la différence où l’on suit pas à pas le jeune héros dans le labyrinthe de ses pensées, l’auteur sachant nous le rendre extraordinairement proche et émouvant.
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Henri est différent. Une différence qui ne se voit guère et pourtant elle fait l’objet de nombreuses moqueries. Petits mots saugrenus et petits regards en coin qui veulent tout dire, sont son quotidien depuis toujours. Heureusement que dans sa vie, il y a la trépidante Daisy. Elle rit, elle se moque de tout et son enthousiasme est si communicatif qu’il ne peut plus s’en passer. Et surtout, elle lui apprend à comprendre le monde qui l’entoure. Car Henri ne le perçoit pas tout à fait de la même manière que le commun des mortels et surtout il ne comprend pas le principe de sociabilité qui régit les gens. Je vais te dire un secret (un secret qui ne devrait pas en être un), Arthur est autiste, autiste Asperger. Alors quand sa seule constance, Daisy, est clouée au lit, Henri perd pied. Il ne sait plus quoi faire, quoi dire, où aller, il est tout simplement perdu. Surtout qu’une bande de petites frappes vient jouer les caïds, semant la peur sur leur passage. Henri est déboussolé, pris dans ses tourments et ses questions qui tournent inlassablement dans sa tête. Alors que sa professeure de français lui confie un drôle de caillou et lui narre un conte dont il ne saisit pas complétement le sens, Henri va découvrir qu’il peut être capable du meilleur et surmonter ses peurs.

 

Florence Cochet narre avec emphase un conte moderne. Un conte différent, un conte qui ouvre les yeux et les remplit de lumière. Pas à pas, je découvre les douleurs et les craintes de ce formidable Henri. Pas à pas, je découvre un jeune homme qui se pose d’innombrables questions. Je découvre cette amie dévouée et sa famille qui ont accepté Henri tel qu’il est et sans préjugé. S’adaptant à sa différence, cette famille atypique et un peu dingue adopte ce blanc-bec comme s’il est un des leurs. Une amitié farouche et essentielle. Une amitié qui pousse les frontières de la peur et de l’incompréhension. Alors que la différence devrait être un fardeau, Florence Cochet la magnifie et en fait une force. Une force qui anéanti ces mots et préjugés malsains.
C’est un thème cher à mon cœur et que j’aime beaucoup découvrir dans mes lectures surtout quand celui est exploité d’une manière sensible et intelligente sans tomber dans la caricature extrême (que je retrouve malheureusement un peu trop souvent dans mes lectures). Une lecture portée par une plume enjouée et intense qui n’hésite pas à bouleverser.

 

Un petit coup de cœur que je vous recommande fortement. Une lecture qui ouvrira certaine porte afin de comprendre la vie silencieuse de ces petits héros et petites héroïnes !

 

La dernière phrase l’amuse. Malgré sa gastro, Daisy n’a pas perdu son sens de l’humour. Il ne fait la bise à personne et ne comprend d’ailleurs pas qu’on puisse en avoir envie. Quelle idée de vouloir coller ses lèvres sur des joues couvertes de bactéries et d’acariens ! Sans parler des « vrais » baisers. Impossible de concevoir plus répugnant que deux langues qui se touchent : en moyenne, 750 millions de bactéries dansent la java dans 1 millilitre de salive ! La seule chose à laquelle Henri consente, c’est échanger une rapide poignée de main. Après quoi, il se frotte méthodiquement paumes et doigts avec une giclée de son fidèle désinfectant. Avec Daisy, il a daigné réduire son utilisation. Il ne le sort plus qu’avant le repas. Tout cela pour dire que sa phobie des bises provoque parfois quelques étincelles entre eux.
 
Une chronique de #Esméralda.

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AIGRE-DOUX de Wilfried N’Sondé.

[ LITTÉRATURE ADO – Nouvelle – Nouveauté 2019]
Éditions ACTES SUD JUNIOR – Collection D’une seule voix
70 pages
Ma note : 4/5
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Le résumé :
« D’où tu viens ?  » Comment supporter cette sempiternelle question qui vous réduit à une origine ? Mais qu’est-ce que ça dit de soi, l’endroit où on est né ? Français à part entière, et pourtant… Marre du regard des autres et des préjugés, à cause d’une couleur de peau. Réclamer le droit à exister simplement comme un(e) ado, ici et maintenant, sans avoir tout le temps à se justifier ou provoquer, c’est trop demander ? Tant de questions, de colère à juguler, de confiance à puiser en soi, pour être capable de passer de l’aigreur à la douceur. Un texte qui trouve dans la parole la force de s’opposer à la discrimination.

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Si je me cache, c’est parce que je n’aime pas ce que je vois dans le regard des autres, je ne m’y reconnais pas. Chaque fois que quelqu’un m’interroge sur mes origines, en fait, il m’ampute de ma personnalité, en me résumant à des préjugés. Il m’enferme dans des clichés.
 
Puissant et court, ce texte de Wilfried N’Sondé explore avec merveille la différence. Celle que l’on remarque en premier, la couleur de peau, celle qui signifie que tu n’es pas d’ici.

 

« Tu viens d’où ? » Question maladroite mais question assassine. Question qui revient sans cesse et demande des justifications perpétuelles. Comme si sa réponse lui donnait l’autorisation éphémère d’être ici au milieu d’autres ados. Une tolérance proche de zéro. Résigné d’être un français différent, sa voix s’emporte. Cette colère jusqu’à présent tu, explose. Un ballet de mots percutants et désespérés qui ouvrent les vannes d’une peine et d’une tristesse non contenue. Est ce que ma peau fait de moi ce que je suis ? Est ce que mon identité, ne prévale t-elle pas sur cette peau ?

 

L’immersion dans cette lettre ouverte est déstabilisante. Un monologue puissant où les émotions de cet ado font des vagues. Un flot continue d’aigreur, de déception, de colère et d’espoir. Une incompréhension qui prend sens et dont il est facile d’appréhender les conséquences.

 

Percutante, cette lecture invite au dialogue, au respect et à la tolérance.

 

J’ai été toutefois perturbée par l’anonymat du narrateur. Si les émotions sont le moteur du récit, le reste est flou. Une subtilité qui permet aux lecteurs et lectrices de s’approprier délicatement ce personnage tourmenté.

 

AIGRE-DOUX est une très belle découverte de cette rentrée littéraire, une de celles que je recommande fortement aux ado et (même) aux adultes.

 

Une chronique de #Esméralda.

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