LE PETIT THÉÂTRE DES OPÉRATIONS, tome 3 : une bande dessinée de Monsieur le Chien et de Julien Hervieux.

BANDE DESSINÉE HISTORIQUE

Éditions Fluide Glacial

Après le succès des deux premiers tomes, Julien Hervieux (alias l’Odieux Connard) et monsieur le chien reviennent pour un troisième opus consacré aux histoires improbables des deux Guerres mondiales.
Saviez-vous qu’en 1945, un soldat québecois reprit seul une ville entière aux Allemands ? Que durant la Première Guerre mondiale, une offensive échoua à cause de supposés zombies ? Ou encore qu’une bande de marins américains maladroits a réussi l’exploit de tirer par erreur une torpille sur leur propre Président ? Et saviez-vous que le cheval du général Leclerc fut fusillé pour acte de résistance ?
 
Anecdotes absurdes, héroïques mais toujours incroyables, Le Petit Théâtre des Opérations est de retour. Avec sa formule désormais lue et approuvée par des milliers de lecteurs : des histoires longues suivies de textes documentés appuyant leur véracité, ainsi que de courtes anecdotes sur la perte d’un sous-marin causée par ses toilettes, la résistance d’animaux, ou encore l’art contemporain utilisé contre l’ennemi. 
Et si vous vous posiez la question, oui, tout est vrai !

 

Ma note : 5/5 
Nouveauté 2022
56 pages 
Disponible au format numérique et cartonné

MON AVIS

Si je connais Julien Hervieux (roman « Sur les rails »), je ne peux en dire autant de Monsieur le Chien (illustrateur).

 

Ce qui m’a tout de suite attirée avec cette bande dessinée, c’est sans contexte le sujet : les grandes guerres. Je ne savais guère où je mettais les pieds. Il m’aura fallu lire et observer les premières planches pour être entièrement conquise.

 

Connaissez-vous : le baron belge, l’attaque des ballons intercontinentaux, l’USS William D. Porter, Lachhiman Gurung, l’attaque des morts-vivants, Charles Nungesser, Léo Major … ?

 

Tout autant de figures et d’anecdotes qui ont marqué cette période. Malheureusement l’Histoire n’a retenu que très peu de ces exploits.

 

Julien Hervieux (scénariste) ressuscite pour notre curiosité et plaisir, ces histoires. Entre humour et sérieux on les découvre avec envie. Une planche documentée fait suite à chaque fait réel et c’est un avantage qui permet de mieux contextualiser l’événement et d’approfondir le sujet.

 

Je ne sais comment qualifier les illustrations, mais elles collent à la perfection à l’atmosphère que se dégage de cette bande dessinée. Elles exacerbent un certain humour les faits réels.

 

Je suis totalement conquise par ce tome 3 qui nous fait découvrir la petite histoire de la grande Histoire. Un travail remarquable quant à la recherche et à la scénarisation. 

 

Les curieuses et les curieux seront ravis. A découvrir absolument !

TÉNÉBREUSE, une bande dessinée de Mallié et de Hubert.

FANTASTIQUE

Éditions DUPUIS – Collection Aire libre

Tome 2/2
Islen, usant des terribles pouvoirs de sa mère, a déchaîné ses animaux contre son Roi de père. Échappée du château de ce dernier en compagnie d’Arzhur le chevalier déchu, elle apprend à mieux connaître cet homme qui, comme elle, cherche à échapper au poids de son hérédité… La fuite de ces âmes blessées sera-t-elle un havre de bonheur permettant à la jeune fille de ne pas assumer le destin laissé en héritage par sa mère aussi puissante que toxique ?
Les trois vieilles, dangereuses harpies qui la surveillent dans l’ombre, ne perdront pas une miette de ce romantique et dramatique spectacle, au cours duquel de nombreux masques tomberont…

Entre amour tragique, féminisme, matricide et grande aventure, la conclusion d’une fantasy littéraire furieusement actuelle, menée par le regretté Hubert (Beauté) et Vincent Mallié (La Quête de l’oiseau du temps).

 

Ma note : 5/5
Nouveauté 2022
80 pages
Disponible au format numérique et cartonné

MON AVIS

TÉNÉBREUSE fait carton plein avec ce second et dernier tome. Le premier est totalement addictif alors que le second est époustouflant et surprenant !

 

Arzhur et Islen prennent la fuite pour vivre un semblant de paix loin de la fureur des hommes. Une marche épuisante et qui va tendre à les rapprocher. Ils se dévoilent et très vite, et malgré, la peur les sentiments naissent. Une idylle timide mais sans jugement naît au cœur de cette aventure éprouvante et violente.

 

Les auteurs n’ont pas cédé à la facilité pour un scénario qui aurait pu prendre tout un tas de directions. Ce final est au-delà de mes attentes et m’a littéralement scotché. Le récit est brusque mais il s’en dégage une nécessité bienveillante de se défaire des liens toxiques engendrés par la convoitise, la méchanceté et la jalousie. Le pouvoir contre l’amour. La pureté contre l’insolence. La différence porteuse de générosité et de tolérance. Une bande dessinée sublime et qui contre toute attente m’a émue. Les illustrations dégagent tout un tas d’émotions qui s’accordent à merveille avec ce que le scénariste veut nous transmettre.

 

Une duologie sublime, douloureuse et merveilleuse, portée par un duo qui cartonne.

 

Bref vous ne savez pas quoi lire : n’hésitez à découvrir ces deux tomes vous ne le regretterez pas !

ELFES, Tome 1 une bande dessinée de J.L. Istin, de Duarte et de Saito.

FANTASY

Éditions Soleil

Les Elfes bleus d’Ennlya, une petite ville portuaire du Nordrenn, ont tous été massacrés ! L’Elfe bleue Lanawyn et Turin, un homme réputé, enquêtent alors que toutes les pistes mènent vers un clan d’Yrlanais, ces Hommes du nord qui haïssent les Elfes.Dans la cité île Elsemur, Vaalan une jeune Elfe bleue passe l’épreuve de l’eau des sens. La mère prophétesse voit son avenir proche, un avenir lié au crystal sacré. « Celui qui contrôle le crystal, contrôle l’océan. »
Cette annonce fait grand bruit et il se murmure que Vaalann pourrait être le messie que les Elfes bleus attendent depuis plusieurs générations…Entre enquête et initiation, cette histoire nous mène dans un monde de faux-semblants, de rêves et de désillusions !

 

Ma note : 5/5
56 pages
Disponible en numérique et cartonné

MON AVIS

Nouvelle plongée dans les Terres d’Arran et cette fois-ci auprès des Elfes.

 

J’adore l’univers des Terres d’Arran, une véritable plongée dans la fantasy. Les illustrations sombres, les personnages aussi magnifiques que terrifiants, les paysages époustouflants, l’architecture grandiose et une intrigue terriblement menée, des rebondissements, de la baston. Bref tout autant d’ingrédients qui m’ont littéralement fasciné. Une bande dessinée dans la pure tradition de la fantasy.

 

Le nombre de tomes est totalement frustrant mais pourquoi pas. Cela ferait une très belle collection dans la bibliothèque.

 

Voilà, conquise et happée par un univers tonitruant, mystérieux et sublime !

NE M’OUBLIE PAS une bande dessinée d’Alix Garin.

ROMAN GRAPHIQUE

Éditions Le Lombard


La grand-mère de Clémence souffre de la maladie d’Alzheimer. Face à son désespoir, elle prend la décision de l’enlever de la maison de retraite et de prendre la route en quête de l’hypothétique maison d’enfance de sa mamie.

Une fuite, une quête, un égarement, l’occasion de se retrouver ? À moins que ce ne soit plutôt des adieux…

 

Ma note : 5/5
Nouveauté 2021
224 pages
Disponible au format numérique et cartonné

MON AVIS

Voilà je l’ai enfin lu. Vous avez été nombreuses et nombreux à me le recommander sur Instagram et c’est chose faite.

 

Ouvrir ce roman graphique c’est vivre une incroyable aventure humaine. C’est découvrir ce lien indéfectible qui lie cette grand-mère atteinte d’Alzheimer et sa petite fille qui a le cœur déchiré de la voir dans ce mouroir. C’est sourire face à l’innocence de ce drôle de duo. C’est rire aux éclats. C’est pleurer face au désœuvrement et à la maladie. C’est être en colère devant l’imbécillité humaine. C’est croire que tout est possible. C’est rêver. C’est se souvenir. C’est courir. C’est tout.

 

Alix Garin a le pouvoir incroyable d’émouvoir autant par son récit que par son dessin doux et poétique. Une immersion déchirante mais d’une langueur sans pareille comparable à un cocon douillet. Une vraie histoire humaine qui peut faire écho à bon nombre d’entre nous. Extraordinairement incroyable, ce roman graphique est d’une intimité bouleversante. Les personnages sont attachants et émouvants avec ce grain de folie improbable.

 

C’est touchant, bouleversant, c’est à lire absolument !

TANANARIVE, une bande dessinée de Sylvain Vallée et de Mark Eacersall.

ROMAN GRAPHIQUE

Éditions Glénat – Collection 1000 feuilles

Mark Eacersall (scénario) – Sylvain Valléé (dessins)

Il n’est jamais trop tard pour vivre une grande aventure.
Au soir d’une vie rangée et précautionneuse, un notaire en retraite va partir à l’aventure pour la première fois de son existence. Petite aventure, mais véritable odyssée pour lui. 
Lancé aussi vite que ses vieux os le lui permettent sur les traces d’un hypothétique héritier, au volant d’un coupé qui n’avait jamais quitté le garage et accompagné d’un curieux passager, il va découvrir qu’il n’est jamais trop tard pour en apprendre sur les autres… et sur soi-même.

 

Ma note 5/5
Nouveauté 2021
120 pages
Disponible au format cartonné

 


MON AVIS

Le temps a un drôle d’effet sur la vie. Pour certain il ralenti pour vivre des expériences hors du commun. Pour d’autre il devient un poids lourd a traîner. Et inévitablement il mène vers cette grande porte qu’est la mort. Alors qu’elle s’abat violemment sur son meilleur ami de voisin, le pantouflard ancien notaire décide l’impensable et se jette d’abord par désespoir à la recherche de ce héritier.

 

Dans sa vielle Triumph, il parcourt les routes, doute, s’énerve, ose, recule devant ces vérités qui ne colle pas au personnage de son défunt ami. Mais la persévérance s’installe, l’audace s’empare de lui. Deviendrait-il courageux ? Quel donnerait-il au courage ?

 

Une quête hors du commun sur le chemin hasardeux de rencontres, de déconvenues où au bout attendent un certain apaisement, des réalités déplaisantes et concrètes, un cadeau le plus merveilleux.

 

J’ai de suite été charmée par cette histoire d’un réalisme surprenant pourtant la fabulation est la base de ce récit. Surprenante, entraînante, le scénariste nous plonge au cœur de cette épopée avec une certaine malice et la conviction ultime que tout doit être encore écrit. Entre poésie et humour, ce road trip est rafraîchissant. Les illustrations sont d’une jolie finesse et met en évidence les émotions qui jalonnent le récit. Parfois tendres ou dures, saupoudrées d’un brin de fantaisie elles m’ont davantage immergé.

 

Coup de cœur pour cette incroyable bande dessinée qui porte en elle un incroyable secret d’une profonde humanité !

LES DAMNÉS DU GRAND LARGE, une bande dessinée de Kristof Mishel et de Béatrice Penso Sechi.

THRILLER FANTASTIQUE

Éditions Drakoo


« Je colporte la plus étrange histoire qu’il vous ait été donné d’entendre, je vous l’échange contre un repas. » Il y a deux cents ans, un curieux voyageur fit résonner une taverne d’un inquiétant récit. Celui d’un navire pris dans la tourmente de meurtres inexplicables. Celui de cadavres de marins marqués d’un signe obscur, et d’un équipage terrorisé. 
Celui d’un jeune mousse au carnet rempli de monstres, qui semblait tout connaître des forces effroyables qui régissaient les eaux où le vaisseau s’était aventuré. Mais l’auditoire ne pouvait prévoir que derrière le récit fascinant du conteur se cachait quelque chose de plus sinistre que la mort elle-même…

 

Ma note : 5/5
Nouveauté 2022
56 pages
Disponible au format cartonné et broché

MON AVIS

Du drame, des frissons, du sang et des corps affublés d’une marque sanguinolente qui s’accumulent sur ce navire .

 

Huis clos immersif au large où seule la vie ne tient qu’au bon état du navire. A bord, ce petit garçon aux cheveux aussi blond que les blés toujours accompagné de son carnet où il dessine de cruelles vérités, celles d’un monde où les monstres ne vivent que pour la vengeance. 

 

Je suis très heureuse de retrouver la plume de Kristof Mishel. Toujours aussi spectaculaire, l’auteur a le talent indéniable de narrer la folie humaine et de nous plonger au cœur d’une atmosphère pesante et effrayante. L’auteur signe ici sa première bande dessinée et c’est une réussite. En 56 pages je suis passée par toutes les émotions : la curiosité, la compassion, l’anxiété, la haine et le soulagement. C’est une histoire qui aurait pu se dérouler à toute époque et dans n’importe quel décor, mais je dois avouer que sur ce navire il y a ce petit quelque chose qui rend le récit épique, presque magnifique et surtout envoûtant. L’imaginaire de l’auteur me fascine. Il y apporte cette petite touche personnelle, énigmatique et intellectuelle.
 
Je découvre le coup de crayons de Béatrice Penco Sechi, illustratrice qui a magnifiquement mis en valeur le scénario. Même si les dessins sont digitalisés, j’ai pu apprécier la palette des couleurs, les émotions des personnages et les petits détails en parfaite adéquation avec le récit.

 

Vous l’avez compris cette BD est un immense coup de cœur. C’est un tome unique et j’ose espérer que cette expérience sera renouvelée. Une BD sensationnelle où l’histoire ne vous laissera pas indemne au cœur d’un univers aussi glaçant que phénoménal. Une fable saisissante !

 

LES PETITS MONARQUES, une bande dessinée de Jonathan Case.

SCIENCE-FICTION

Éditions Dupuis


Cela fait cinquante ans que la maladie du soleil a annihilé presque toute vie mammifère sur la Terre, et le monde retourne lentement à un état naturel. Les rares communautés humaines à avoir survécu se protègent sous terre, et ne peuvent sortir que la nuit.
Mais aujourd’hui, deux humaines parviennent à vivre et à voyager librement à la lumière du jour : Elvie, 10 ans, et sa gardienne Flora, une biologiste qui a fait une incroyable découverte. À l’aide de quelques écailles issues des ailes de papillons Monarques, Flora a créé un antidote à la maladie du soleil.
Suivant la migration des Monarques à travers ce qui fut la partie ouest des États-Unis, Elvie et Flora sont déterminées à développer un vaccin et à le partager avec tout le monde. Vont-elles y parvenir ? Ou seront-elles victimes d’un désastre naturel, de la maladie ou des personnes mêmes qu’elles cherchent à aider ?

 

Ma note : 5/5
Nouveauté 2022
256 pages
Disponible au format cartonné

 


MON AVIS

Comment ne pas succomber à cette couverture ? Je la trouve qi magnifique, remplie d’espoir, de bonheur. Pourtant la tragédie est au cœur de cette bande dessinée. Le soleil est devenu mortel pour tous les mammifères les obligeant à rejoindre les profondeurs de la Terre. Cependant l’espoir subsiste en la personne de Flora, biologiste qui a mis au point un médicament quotidien et tente à tout prix de trouver un vaccin. Elle est accompagnée de la pétillante Elvie, 10 ans qui croque le monde sur son cahier. Courageuse, ingénieuse, pimpante, elle est cette bouffée d’oxygène. Ensemble elles parcourent les routes à la recherche des Monarques, ces jolis papillons qui recèlent en eux la solution.

 

Une épopée semée d’embûches, de rencontres, de danger et d’espoir. Le scénario est vraiment captivant dans la veine de « je suis une légende » de Richard Matheson. Les personnages sont touchant tout autant que leurs parcours de vie. Une énergie phénoménale parcourt ce récit. Les illustrations sont sublimes et lumineuses. Une bande dessinée remarquable et terriblement émouvante.

LE GRAND MORT – Intégrale 2, une bande dessinée de Loisel, de JB Djian, de Mallié et de Lapierre.

FANTASTIQUE

Éditions Glénat – Collection Vents d’Ouest


Un monde détruit. La quête d’une vérité.
Rescapées du tremblement de terre qui a dévasté Paris, Pauline et Gaëlle tentent par tous les moyens de retourner en Bretagne. Ici aussi, la catastrophe a frappé. Elle s’est même visiblement répandue à l’ensemble de la planète. Naviguant au milieu des décombres en compagnie d’Erwan,
Blanche découvre peu à peu la nature du lien qui l’unit à cet étrange garçon de l’autre monde, Sombre. Erwan mesure quant à lui l’étendue des inquiétants pouvoirs de la petite fille… Ensemble, ils commencent à rassembler les pièces du puzzle dans ce monde détruit. La prêtresse hermaphrodite du Petit Monde aurait utilisé Pauline pour intervenir sur leur réalité par l’intermédiaire de Blanche. Erwan serait son unique espoir.
Retrouvez dans cette deuxième intégrale, regroupant les quatre derniers tomes de la série, l’univers du Grand mort, entre fantastique et récit post-apocalyptique. Ce magnifique ouvrage, augmenté de contenus additionnels de choix (croquis, recherches, illustrations), sera l’occasion de redécouvrir cette ambitieuse fable écologique imaginée par Loisel et Djian, et mise en image par la plume puissante et inspirée de Vincent Mallié.

 

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
272 pages
Disponible au format cartonné et numérique

 


MON AVIS

J’ai pu enfin lire cette seconde intégrale qui regroupe les derniers tomes de la série de 5 à 8.

 

 

Rien ne va plus, nulle part. Le monde s’écroule comme un vilain château de cartes. Les tremblements de terres, les phénomènes météorologiques violents et inexpliqués, les épidémies, la violence des hommes s’abattent sur le monde. Une course poursuite contre le temps est lancée. Pauline et son amie doivent à tout prix rentrer de Paris où elles ont pu récupérer la potion. Pendant que de son côté, Erwan découvre une petite fille atypique et un peu flippante.

 

 

Fable écologique, décor post-apocalyptique, difficile de ne pas faire un certain parallèle avec la réalité. Les auteurs nous proposent un scénario totalement haletant et terriblement efficace. Les personnages sont davantage dans l’entraide que dans le conflit. Leurs liens se renforcent. Les illustrations bien sûr sont excellentes. Le chaos, l’impuissance des personnages, le côté fantastique, les émotions sont parfaitement mises en scène. Si les enfants sont avant tout le symbole de la pureté, ici ce sont la destruction et le renouveau qu’ils représentent.

 

 

Une très belle découverte. Une saga irrésistible qui soulève de nombreuses questions sur nos habitudes de consommation, notamment, et qui ont une répercussion écologique évidente. Un scénario complet qui explore avec force et persuasion un thème assez hardcore.

SOIXANTE PRINTEMPS EN HIVER, une bande dessinée de De Jongh et de Chabbert.

BANDE DESSINÉE

Éditions Dupuis – Collection Aire Libre


Le jour de son 60e anniversaire, Josy refuse de souffler les bougies de son gâteau. Sa valise est prête. Elle a pris une décision : celle de quitter mari et maison pour reconquérir sa liberté en partant avec son vieux van VW ! Sa famille, d’abord sous le choc, n’aura dès lors de cesse de la culpabiliser face à ce choix que tous considèrent égoïste. Josy va heureusement tenir bon, trouvant dans le CVL (« Club des Vilaines Libérées ») des amies au destin analogue et confrontées à la même incompréhension sociétale…
Mais cela suffira-t-il pour qu’elle assume sa soif d’un nouveau départ ? Et qu’elle envisage peut-être même un changement d’orientation sexuelle ? Oui, si l’amour s’en mêle. Ou pas…
Aimée De Jongh et Ingrid Chabbert composent la peinture subtile, touchante et moderne d’une crise de la soixantaine au gré d’un road movie impossible à lâcher avant sa conclusion. Un « Aire Libre » surprenant, osant traiter le tabou du changement de vie et d’orientation sexuelle…

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2022
120 pages
Disponible au format cartonné et numérique

 


MON AVIS

Vivre une crise existentielle, à n’importe quel âge, est une expérience difficile. Ne pas se sentir à sa place, tout remettre en question, disparaître dans cette routine quotidienne, certes apaisante, mais qui détruit inlassablement notre moi. A soixante ans, une vie entière a défilé. Prendre le courage à deux mains et dire stop est un moment fort émotionnellement et libertaire. Enfin s’écouter et continuer son chemin seule où les attentes deviennent des expériences magnifiques.

 

Prendre la route n’est pas synonyme de fuir mais prendre sa vie en main. Écouter le silence pour se s’apprivoiser à nouveau, avancer et découvrir d’autres personnes. Un chemin jugé, trop souvent, par l’entourage, dénigré.

 

De Jongh et Chabbert tracent à coup de crayons et à l’aide de mots humains et émouvants, le parcours d’une femme, d’une nouvelle femme. Entre émotions, sensibilité, découverte, cris, larmes et rires, Josy est un personnage moderne, iconique. J’ai vraiment été séduite par le scénario. Le style des illustrations n’est pas à mon goût mais j’ai tout de ressenti toutes ces émotions qui s’entrechoquent et qui servent l’histoire avec humilité.

 

Une bande dessinée engagée et terriblement humaine.

PIGALLE, 1950 une bande dessinée de Arroyo et de Christin.

POLICIER

Éditions DUPUIS – Collection Aire Libre


Antoine, dit « Toinou », décide de plaquer son Aubrac rural pour le Paris rutilant des années 1950. À 18 ans, il découvre avec stupéfaction les charmes de Pigalle, en particulier ceux des danseuses du cabaret « La Lune Bleue », dans lequel il va travailler. Pris sous l’aile du patron, « le Beau Beb », il va ainsi faire la rencontre de personnages hauts en couleur tels que « Pare-brise », le comptable, « Poing-barre », le videur, ou encore Mireille, la vendeuse de cigarettes…
Mais à trop fréquenter le monde de la nuit, le naïf jeune homme va vite se retrouver plongé dans de sombres histoires de grand banditisme, dont la violence va profondément changer son existence… Toinou brûlera-t-il son innocence à la lumière enivrante de sa nouvelle vie ?
Un grand album « Aire Libre » signé Christin et Arroyo, entre polar et évocation nostalgique du Paris éternel.

Ma note : 4/5
Nouveauté 2022
152 pages
Disponible au format numérique et broché


MON AVIS

L’après-guerre, les campagnes qui se dépeuplent attirées par les villes où la fortune sourit aux plus malins. Les conditions rudes de l’Aubrac l’ont poussé vers Paris où il rejoint son oncle qui pourra l’héberger et lui donner un travail. Il découvre un Paris vivant et fourmillant, une ville cosmopolite, Pigalle et ses spectacles. Peu à peu il s’impose à « la lune Bleue », cabaret renommé. Il y devient l’homme à tout faire. Mais très vite il découvre l’envers du décor. Le banditisme, les manipulations, les complots, l’argent. A cause de son air campagnard, il tombe rapidement dans des mains peu scrupuleuses, lui coûtant son grand amour.

 

Un scénario tout aussi passionnant que déroutant. La vie d’un simple jeune homme qui finalement n’a rien demandé se retrouve au pire moment au mauvais endroit. Portrait de la douce folie d’un monde libéré. Entre manigance et charme, Pigalle, quartier exubérant où tout le gratin se retrouve et manigance. J’ai beaucoup apprécié le scénario et surtout les illustrations qui dans leurs grandes simplicités touchent et bouleversent. Les émotions fleurissent ici et là tout au long des planches. Tel un diaporama, l’histoire se vit avec une belle intensité. Les illustrations dichromes confèrent ce style vintage atypique.

 

Une histoire émouvante portée par un personnage captivant et des illustrations magnifiques. Quel travail !