BIENVENUE À LAFAYETTE, une romance de Océane Ghanem.

ROMANCE CONTEMPORAINE

Éditions Hugo Roman – Collection New Romance

Masse critique #Babelio

Étudiante en sciences politiques, héritière d’un empire pétrolier impliqué dans un énorme scandale qui a secoué Bâton-Rouge, Ornella Sinclair est obligée de fuir sa ville natale pour intégrer en cours d’année l’université de Lafayettte. Par crainte de finir à la rue, elle écume les petites annonces et les journaux à la recherche d’un appartement.
Lorsqu’elle parvient enfin à trouver une colocation à deux pas du campus, elle ne se doute pas une seule seconde qu’elle va débarquer au beau milieu d’un repaire de mâles sublimes, mais excentriques, qui portent uniquement des shorts de sport, enchaînent les soirées et mangent leurs céréales directement dans le carton. Entre Camille, le musicien à vif et hyperactif, Andreas, le muet aux doigts de fée, et Ocean, le militant écologiste épris de liberté, Ornella ne sait plus où donner de la tête… Et Ocean a un gros défaut : il est beaucoup trop attirant, en plus d’être prodigieusement agaçant. Et depuis qu’elle a posé ses valises dans la chambre située en face de la sienne, elle sait que son passé, d’une façon d’une autre, finira par la rattraper.

Ma note : 4,5/5
Nouveauté 2022
397 pages
Disponible au format numérique et broché


MON AVIS

Ornella Sinclair avait un avenir brillant, radieux. La jolie fille du Sud a grandi dans l’opulence et l’insouciance jusqu’à ce jour fatidique où elle paye les conséquences de ses mauvais choix. Seul l’exil apparaît comme étant la solution adéquate. La riche héritière est détrônée. Au volant de son pick up qui ne contient que les rares affaires qu’elle n’a pu vendre, elle débute une nouvelle vie loin du chaos. Lafayette son nouveau chez soi, son nouveau départ. Abattue par son nouveau statue de fille banale, elle désire tout de même prouver que nul ne pourra la détruire. La rancœur visé aux tripes, la rage bouillonnante et le cœur déchiré, Ornella va découvrir que l’argent ne fait pas tout, que l’amitié et le véritable amour peuvent façonner un monde merveilleux.

 

Premier accro dans sa nouvelle vie, cette colocation 100% filles n’est en fait qu’une fumisterie. Les filles sont des garçons assez atypiques. Ocean, l’écolo bobo taciturne. Camille l’insatiable. Andreas l’amoureux des fleurs. Mais entre cœurs écorchées et à vif, l’entente n’est que le premier pas vers cette amitié naissante. Entre agacement, piques et humour tordu, ce quatuor est une ode au bonheur, à l’amour, aux secondes chances et à la vie.

 

Je découvre pour la première fois l’univers d’Océane Ghanem et sa plume poétique (et quelque peu salace). L’auteure nous plonge dans une histoire compliquée où les personnages sont détruits par leurs différences, leurs valeurs, leurs aspirations et leurs audaces. Elle s’attarde beaucoup sur ces détails qui façonnent ses personnages. Leurs fêlures, leurs doutes, leurs blessures font partie intégrante de cette histoire déchirante et dramatique. Comme toute romance qui se respecte, l’amour est un sentiment qui se mérite. De nombreux rebondissements viennent cabossées des relations instables. Les émotions sont puissantes et transcendantes. Ocean et Ornella sont deux personnages antagonistes qui adorent se chercher des noises. La jalousie et la convoitise font partie d’un scénario à la fois torride et bouleversant. Océane Ghanem dépeint les travers de notre époque avec cynisme, passion et mélancolie. L’alchimie des personnages est grandiose et ils se complètent tous à merveille.

 

En bref :
– Une romance trépidante, passionnante, brûlante
– Une histoire de secondes chances, de résilience, de pardon, de différences et d’acceptation
– Des personnages combatifs, atypiques et terriblement sexy
– Une plume poétique entrecoupé par des parties beaucoup plus salaces

 

J’ai adoré, malgré quelques longueurs et redondances, mais j’ai retrouvé tout ce que j’apprécie dans les romances. Des surprises, des rebondissements, des personnages attachants et de l’amour à profusion.

 

Une très belle rencontre et j’ai hâte de lire la suite des aventures des garçons.

 

Qu’apprécies-tu dans les romances ?

L’AFFAIRE DR JEKYLL ET MR HYDE, un roman de Ali Mesbahi.

POLAR

Éditions Original Kobo

Masse critique #Babelio

Je m’appelle Raphaël Token, je suis journaliste d’investigation, spécialisé dans les enquêtes criminelles. J’ai une prédilection pour les affaires de meurtre. Le journal vient de m’envoyer à Tanger couvrir une affaire sensible. Mais je me suis pris les pieds dans le tapis : je viens de tuer deux gars.
 
Je ne vous l’ai pas dit, mais je souffre d’une maladie. Ils disent que je suis bipolaire, moi je pense que je suis envoûté. Des troubles de la personnalité qui me déconnectent de moi-même et me font perdre le contrôle. C’est mon côté Hyde. Et, croyez-moi, je déteste ce côté obscur. Malheureusement, je crois que Tanger est trop petit pour mon double « je ». Alors, je colore la ville blanche d’un sang rouge. Je ne sais pas comment m’en tirer cette fois. Comment me protéger de ce monstre ? Et comment me protéger de cette ville aux énergies folles ? Tanger est une créature redoutable.

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2022 (réédition)
148 pages
Disponible au format numérique, audio et broché

 


MON AVIS

Voici une lecture redoutable, terriblement redoutable et dépaysante. Découvrir Tanger au côté d’un criminel, c’est assez insolite pour le souligner.

Raphaël se rend à Tanger dans le but d’écrire un papier pour son journal. Spécialisé dans les enquêtes criminelles, il est tout à fait disposer à tirer le portrait du célèbre Barbier. Raphaël est un homme bien sous tous rapports, on lui donnerait le bon dieu sans confession. Pourtant Raphaël bouillonne d’une colère innée et destructrice. Sa bipolarité l’affecte énormément. Ni les médecins ni les médicaments n’ont su canaliser cette folie. Lui est persuadé d’être envoûter.

 

Tanger est la ville de tous les possibles. Ville lumineuse et mystérieuse empreinte d’une culture forte avec de nombreux aspects, Mr Hyde se réveille avec perte et fracas.

 

Du sang, des corps, des amitiés houleuses, une amourette, une quête, Raphaël va vivre tout cela en quelques semaines. Mais la liberté a un coût qu’il devra payer.

 

Ali Mesbahi signe un roman noir totalement hypnotisant. C’est un roman très court qui ne laisse pas de place à la tergiversation. Nous rentrons rapidement dans le vif du sujet. Les rebondissements s’enchaînent entrecoupés de descriptions qui nous plongent avec une certaine aisance dans la ville. Ce roman n’est pas à mon sens un manifeste de cette maladie. La différence est faite de violence et de résiliation. Pourtant l’espoir de ce quelque chose de meilleur émerge au cœur de cette course poursuite. C’est une lecture qui se vit.

 

En bref :
– Une jolie immersion dans le cœur de Tanger
– Un roman noir avec de nombreux rebondissements
– Un personnage borderline
– Une quête effrénée

 

Une jolie découverte dans son ensemble mais si je regrette toutefois quelques redondances et le manque de développement sur certains personnages. Certaines zones d’ombres persistent et c’est bien dommage.

 

Connaissez-vous Tanger ?

LA NUIT DES ANGES, un thriller de Anna Tommasi.

THRILLER PSYCHOLOGIQUE

Éditions Préludes

#Babelio

Alice, jeune mère divorcée, décide après dix ans d’absence de revenir à Perros Guirec, la ville de son enfance. Elle espère en profiter pour retrouver sa famille,  des paysages familiers, et laisser derrière elle un passé douloureux. Mais dans ce coin de Bretagne chargé de souvenirs, l’angoisse s’installe rapidement : ses parents sont devenus des étrangers, son amour de jeunesse  est obsédé par l’enlèvement de sa sœur, qui a eu lieu vingt-cinq ans plus tôt, et les visages jadis connus  ne sont plus que des fantômes. Bientôt, c’est toute la ville qui est secouée d’un vent  de panique avec la disparition d’une fillette.
Le début  du cauchemar pour Alice, embarquée malgré elle dans une enquête à double vitesse, entre le passé et le présent…
Dans ce premier roman au rythme effréné, Anna Tommasi joue habilement avec le malaise, la perte de repères  et le poison des secrets enfouis. Un thriller maîtrisé  de bout en bout, impossible à lâcher !

 

Ma note : 5/5
Nouveauté 2022
320 pages
Disponible au format broché et numérique

 


MON AVIS

Voici un premier roman totalement sensationnel. Un premier roman prenant, angoissant et surtout porté par une héroïne tourmentée.

 

Alice n’a plus remis les pieds dans son village natal depuis de nombreuses années. Les souvenirs y étaient oppressants et destructeurs. Une fois prise par sa vie d’adulte et de mère, revenir ici ressemblait à une mission périlleuse. Fraîchement divorcée et accablée par son rôle de maman d’un enfant très particulier, elle ressent le besoin de revenir aux sources. Et c’est lors d’une occasion bien triste qu’elle décide de sauter le pas et de mettre de côté tous ses doutes.

 

Les embruns de l’océan et ses paysages apaisants enchantent Alice et son fils. Elle y retrouve son père, un brin soucieux, et sa mère fidèle à elle même, des amis et son amoureux, Teddy, de jeunesse. Une jeunesse bouleversée par la disparition tragique de sa meilleure amie. Les souvenirs rejaillissent tel un mauvais clown de sa boîte et la disparition d’une petite fille rallume le brasier de la folie et de la méfiance.

 

Entre passé et présent, Anna Tommasi instille une ambiance glaçante et inquiétante. Pas après pas, le lecteur se trouve plonger dans un récit surprenant. Les rebondissements s’enchaînent insufflant une atmosphère angoissante. Des indices s’égrènent lentement mais tiennent en haleine. Une certaine aura se dégage de ce thriller. J’ai vite été prise dans un étau glauque et malsain. D’un côté nous savons que nous avons à faire à un individu (non genré) qui représente la menace et de l’autre nous suivons avec frénésie les découvertes d’Alice et de Teddy. Le fils d’Alice a un rôle particulier dans le scénario et dans mon cœur. Un garçon atypique et à l’intelligence hors norme. Il instille une certaine pureté qui vient contrecarré la noirceur ambiante. Alice est une femme prise au dépourvu et surtout à un tournant crucial de sa vie. Elle a un besoin vital de reconnaissance et de gros câlins. Au niveau intrigue, je pense que je suis passée par tout un tas de suppositions qui ne se sont pas révélées justes. Et pour moi c’est le gros point positif d’un excellent thriller. Baladé le lecteur, distillé des indices qui nous font tourner en bourrique et surtout un final explosif, tout autant d’éléments que j’apprécie grandement. 

 

En bref :
* Une intrigue haletante
* Des personnages charismatiques et secrets
* Un thriller détonnant
* Un premier roman entièrement réussi
* Un final tonitruant
* Un fil rouge inquiétant et scotchant
 
Un immense coup de cœur pour le premier thriller psychologique d’Anna Tommasi qui nous mène par le bout du nez tout du long. C’est toujours délicat et bouleversant de mettre en scène la disparition d’enfants et Anna Tommasi a le talent de nous tordre les tripes.

 

Foncez !

ORCS ET GOBELINS, tome 1 : Turuk, une bande dessinée de Istin et Saito.

FANTASTIQUE

Éditions Soleil

Jean-Luc Istin (scénario) et Diogo Saito (dessin-couleur)

Arran accueille une nouvelle saga Fantasy après Elfes et Nains. Découvrez Orcs et Gobelins ! L’orc Turuk se réveille, sonné, blessé et amnésique. Il arpente les rues d’une cité abandonnée. A l’exception d’un mystérieux archer cherchant à l’épingler et de créatures craignant la lumière qui veulent le dévorer. Qui sont-elles ? Pourquoi cherche-t-on à le tuer ? Qu’est-il arrivé dans cette ville ? Et que fait-il ici ? Pourtant, Il ne faudrait pas s’éterniser, la nuit arrive et la mort avec…
Ma note : 5/5
2017
56 pages
Disponible au format numérique et cartonné


MON AVIS

Je suis très heureuse d’avoir pu découvrir grâce à Babelio et les éditions Soleil cet univers incroyable (mille mercis). Connaissez-vous cette saga les Terres d’Arran ? Je ne vous dis pas le nombre de tomes qu’il y a, mais c’est juste impressionnant. L’univers est divisé en quatre mondes « Mages », « Nains », « Elfes » et la petite dernière « Orcs et Gobelins ». L’univers est commun à toutes les séries et je pense que les personnages se croisent ici et là. Plusieurs scénaristes et illustrateurs sont à pieds d’œuvre pour nous régaler.

 

L’univers des Terres d’Arran est juste fantastique. Si vous aimez tout ce qui se rapporte à la magie et aux créatures fantastiques alors vous allez vous régaler. 

 

Lorsque je reçois un livre, je feuillette toujours pour jeter un œil à la mise en page. Un petit rituel pour m’imprégner de ma prochaine lecture. Avec cette bande dessinée la surprise a été de taille. La couverture est juste géniale, les premières pages où carte et titres de collection figurent donnent déjà l’eau à la bouche et les dernières pages sont consacrés à un dossier concernant l’univers et les personnages à venir.

 

L’univers des Terres d’Arran est sombre et violent. Des tripes, du sang, des zombies et monstres en tout genre jalonnent le scénario. Un univers particulier mais que j’adore retrouver dans les bandes dessinées. Les illustrations sont d’une qualité particulière retrouvant ici et là des traits de douceurs au cœur de ce monde intransigeant. Le récit est étoffé avec de nombreuses cases sur les planches et beaucoup de bulles. Et je trouve cela agréable de pouvoir avoir une vision détaillée de l’action par la parole en premier temps et puis par les illustrations.

 

Turuk est un leader charismatique. On adore son magnétisme, son humour à deux balles et son égoïsme. Un truand à la belle gueule et qui ne se ménage pas dans les moment d’actions. 

 

Les rebondissements sont nombreux jusqu’au final machiavélique et sournois.

 

Je vous avoue, je suis littéralement tombée amoureuse de cet univers et mon fils de 12 ans a aussi craqué. Il se dégage quelque chose de particuliers qui vous accapare dès le départ pour ne plus vous lâcher. C’est de la magie, de la sorcellerie ou je ne sais quoi d’autre, mais cela fonctionne à merveille. 

 

 

En bref :
* Un univers sombre, violent et sanglant
* Un personnage charismatique totalement attachant
* Un scénario cocasse et complet avec de nombreux rebondissements
* Des illustrations de qualité
* Un immense coup de cœur
 
J’avais oublié que les bandes dessinées de ce genre pouvaient être juste géniales. Mes souvenirs remontent à plus de 20 ans avec la BD « Lanfeust de Troy » que je dévorais au lycée. Une très belle rencontre que je ne suis pas prête d’oublier.

UN LONG, SI LONG APRÈS-MIDI, un roman de Inga Vesper.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions de La Martinière

Traduit de l’anglais par Thomas Leclere
Masse critique Babelio

« Hier, j’ai embrassé mon mari pour la dernière fois. Il ne le sait pas, bien sûr. Pas encore. »
Dans sa cuisine baignée de soleil californien, Joyce rêve à sa fenêtre. Elle est blanche, elle est riche. Son horizon de femme au foyer, pourtant, s’arrête aux haies bien taillées de son jardin. Ruby, elle, travaille comme femme de ménage chez Joyce et rêve de changer de vie. Mais en 1959, la société américaine n’a rien à offrir à une jeune fille noire et pauvre.
Quand Joyce disparaît, le vernis des faux-semblants du rêve américain se craquelle. La lutte pour l’égalité des femmes et des afro-américains n’en est qu’à ses débuts, mais ces deux héroïnes bouleversantes font déjà entendre leur cri. Celui d’un espoir brûlant de liberté.

Ma note : 4/5
Nouveauté 2022
416 pages
Disponible au format broché et numérique


MON AVIS

Décor kitch, maisons et banlieues idéales à l’image de cette Amérique Blanche de la fin des années 50. Contraste saisissant avec les ghettos communautaires noirs et autres.

 

Joyce, mère au foyer, a la vie idéale sur le papier mais la réalité est tout autre.
Ruby porte en elle l’espoir d’un monde meilleur, loin des émeutes et de toutes discriminations.
Joyce et Ruby s’entendent à merveille. Une solide amitié est née malgré leurs classes sociales différentes.
Sous ce verni d’apparence se cachent de nombreux secrets. Nul n’est à l’abri de l’acte abominable.
Alors quand Joyce disparaît, Ruby met tout en œuvre pour comprendre ce qu’il s’est passé à l’aide d’un flic au cœur de nounours.

 

Inga Vesper signe un premier roman incroyable. Un roman porté par trois voix qui tour à tour s’immiscent dans un scénario alambiqué. Inga Vesper explore les apparences sous toutes les coutures et ancre son histoire dans une Amérique en proie au racisme et à la discrimination communautaire. Par-delà cet aspect, elle nous offre le parfait tableau de la ménagère blanche de la fin des années 50. Sur un élan féministe, l’émancipation des femmes a une saveur acre et désillusionnée.

 

J’ai adoré plonger dans cette histoire nuancée, ni noire ni blanche, qui nous offre des moments haletants et intrigants. De nombreux rebondissements jalonnent le livre et les personnages ont une belle capacité à surprendre. Un roman solaire portant un regard critique et nécessaire à la construction de l’image de femme, blanche et noire, au sein d’une société clairement patriarcale. Un roman à l’atmosphère anxiogène et ancré au cœur de cette norme sociale exigeante.

 

En bref :
* un roman saisissant
* un portrait parfait de la société américaine de la fin des années 50
* des personnages charismatiques
* une atmosphère dérangeante et qui fait écho à la série « Mad Men »
* une écriture fluide et addictive nous plongeant au cœur de la déraison
 
Un incroyable roman sur un fond sociétal intransigeant et qui a marqué de sa patte la transformation de l’Amérique. la liberté a un incroyable goût.
A découvrir sans hésiter !

DOUZE ANNÉES-LUMIÈRE, un roman de Jean-Baptiste Rudelle.

ROMAN D’ANTICIPATION

Éditions Diateino

Masse critique #babelio

Année 2360, la croissance est à l’arrêt. Les scientifiques ont identifié une planète habitable, mais douze années-lumière nous en séparent. Trois femmes se portent volontaires pour ce voyage sans retour, guidées par l’espoir d’offrir aux humains une seconde Terre…
À la fois roman d’anticipation et essai, cet ouvrage explore les conséquences du réchauffement climatique.
Loin des mirages de la science-fiction, il imagine un futur où le progrès technique a été poussé jusqu’à ses extrêmes limites.
Derrière le récit haletant de la mission spatiale se cache une question simple et troublante : jusqu’où ira l’humanité ?
 
Ma note : 3,5/5
Nouveauté 2022
279 pages
Disponible au format broché

 


MON AVIS

L’avenir de l’humanité. Un vaste sujet où tout utopiste peut l’imaginer à sa manière. Un sujet abordé par la littérature, essayiste, scientifique, cinématographique …. Bref c’est un sujet en vogue et qui au vu des prémices de la société actuelle a toute sa place dans ce monde bourlingué par le mondialisme, le capitalisme et quelques autres armes fatales. Que serait l’Homme sans futur alors que le présent bat de l’aile ? Mais que serait l’Homme sans son passé ? Voici les deux questions que Jean-Baptiste Rudelle abordent dans son roman d’anticipation.

 

Trois femmes aguerries sont en charge de porter l’humanité aux confins de l’univers à douze années-lumière de notre ville Terre soit un peu plus de 200 ans de voyage. Toutes conscientes de leur sacrifice, elles vont pourtant mettre tout en œuvre pour que la nouvelle génération ait en sa possession tous les outils nécessaires et pratiques pour que la colonie devienne rapidement optimale. La promiscuité, l’incompréhension de cette mission vont parfois mettre à mal les femmes et la cohésion, mais l’abnégation et le partage restent essentiels.

 

Cette épopée interstellaire ouvre la réflexion sur les enjeux, les conséquences éventuelles et la primauté d’une technologie invasive et qui finalement permet d’oublier l’habileté de l’Homme. Ce roman se lit comme un page turner terriblement efficace. Les aspects psychologiques, technologiques, sociologiques sont un apparat révélateur, obscurantiste et parfois nécessaire. L’auteur nous porte vers un final que j’approuve entièrement et dont la simplicité est synonyme de pérennité et de sérénité. Chaque chapitre se clôt sur un aparté où l’auteur conjugue sa propre réflexion avec les avancés technologiques et humaines, passée, présentes et futures. Ces encadrés sont un plus dans l’argumentation et une ouverture sur la vulgarisation scientifique et technologique.

 

En bref :
* Un voyage interstellaire dont l’enjeu est crucial
* Une société en phase avec une technologie envahissante et liberticide
* Une réflexion intense et nécessaire
* L’auteure maîtrise à la perfection son sujet, son argumentaire et sa conclusion
* Un page tuner efficace
* Une utopie hallucinante
 
Et vous, comment voyez-vous le monde de demain ?

LA FAUSSAIRE, un thriller de Patricia Delahaie.

THRILLER PSYCHOLOGIQUE

Éditions Belfond Noir

Masse Critique #Babelio


Elle était sa vie, son amour, sa Marylin. Il a exaucé tous ses vœux. Même le pire.
Avec ce premier roman enlevé et tragique inspiré d’une histoire vraie, Patricia Delahaie explore la  » banlieue  » du crime, ces zones d’ombre et de lumière qui conduisent un homme plutôt meilleur que les autres à revêtir, petit à petit, un costume d’assassin taillé à sa mesure.
 
La cinquantaine, père et mari aimant, Paul Ménard est un médecin dévoué, rassurant, autour de qui gravitent les habitants d’une bourgade beauceronne. Jusqu’à ce jour de printemps 1997 où son regard croise celui d’une femme éblouissante. Camille.
Peu après, la belle se rend au cabinet médical. Les visites se répètent, Paul succombe. Dîner aux chandelles, timbales de saumon. Camille sait vivre, Camille sait aimer.
Mais Camille est mariée. Un militaire toujours en mission. Un homme dur, indifférent, souvent violent. Paul veut la sauver. Il n’en dort plus, divorce, délaisse ses patients, enrage de sa lâcheté.
13 juillet 1998. La France est championne du monde. Et le docteur Paul Ménard prend une décision irréversible…

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2022
368 pages
Disponible au format numérique et broché

 


MON AVIS

Patricia Delahaie s’empare d’un fait divers qui a lieu en 1998 et qui avait défrayé la chronique. Rappelez-vous « les amants diaboliques d’Orgères ».

 

S’inspirant largement de ce dossier, l’auteure explore les méandres du conscient et de l’inconscient au cœur d’une intrigue palpitante et déroutante.

 

Un homme, médecin apprécié, époux sans reproche, père absent mais dont les rares instants partagés avec ses enfants sont de magnifiques souvenirs, Paul Ménard va tomber.

 

Une rencontre fugace mais marquante. Cette femme, Camille, à l’image de Marilyn Monroe va tout faire pour plaire à Paul. Des mots, des gestes, une lente lamentation qui exacerbent ce sentiment du sauveur et qui peu à peu le fait basculer dans cette sorte de frénésie malsaine où seule la mort est la clef.

 

Ce roman noir est loin d’être un roman d’action où les rebondissements s’échelonnent pour un rythme endiablé. Au contraire l’auteure prend le temps d’insuffler les bases de la manipulation, d’intensifier cette sensation d’oppression et de mettre en place le final convoité. L’aspect psychologique est très intense. Les petits détails façonnent toute cette machination machiavélique. Paul Ménard apparaît comme un homme sincère, sensible et terriblement épris. Un homme qui semble être la proie idéale. Camille, d’entrée, met mal à l’aise. En tant que spectateur, il est évident de mettre les doigts sur les failles. Les doutes s’installent rapidement et trouvent écho tout au long de la lecture. Un portrait alambiqué d’une femme saisissante, impétueuse mais surtout manipulatrice et affabulatrice.

 

Les chapitres s’organisent autour de témoignages, de procès-verbaux, d’auditions, du présent et du futur (le procès), conférant ainsi une vue complète de la situation.

 

Vous ne trouverez aucune intrigue hollywoodienne ni un scénario époustouflant. Un roman noir dans la pure tradition où les deux personnages sont au cœur du récit.

 

J’ai beaucoup apprécié la manière dont l’auteure s’est approprié le fait divers incluant certaine liberté tout à fait appréciable. La fiction étant le moteur du livre. La prise de conscience des actes, le « après » sont aussi explorés avec pertinence. Un roman qui se dévore.

 

En bref :
* un roman noir où l’aspect psychologique des personnages est le moteur de l’intrigue
* des personnages antonymes
* des portraits émouvants et captivants
* une fiction complète et accaparante
 
Un premier roman prometteur où les scissions psychologiques parfont une intrigue médiatique et de tous les possibles.

DE L’OR DANS LES COLLINES, un roman de C. Pam Zhang.

LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE

Western

Éditions Seuil – Collection Cadre Vert

Traduction de l’anglais (États-Unis) par Clément Baude
#Babelio

Au crépuscule de la ruée vers l’or, deux sœurs traversent les États-Unis avec les restes de leur père et un fusil pour tout bagage…
Lucy et Sam, filles d’immigrants chinois, sont désormais orphelines.
Ma est partie depuis un moment, Ba vient de mourir dans la nuit. Les deux fillettes livrées à elles-mêmes entament alors un long périple au cœur d’une nature inhospitalière, peuplée d’individus agressifs et souvent racistes, à la recherche de l’endroit idéal pour enterrer leur père. L’une est raisonnable et avide de connaissances, l’autre arbore et assume une identité de garçon, refusant de se plier aux règles du monde. Très vite hors-la-loi dans un univers qui ne veut pas d’elles, Lucy et Sam vont se confronter au rêve amer de l’Ouest américain, portées par leur imaginaire où se mêlent tigres et bisons géants.
C Pam Zhang est née en 1990 à Beijing, en Chine, puis est arrivée aux États-Unis à l’âge de quatre ans. Elle a étudié à la Brown University, à Providence et à Cambridge. Ses nouvelles ont paru dans The New Yorker, The New York Times, McSweeney’s Quaterly, Best American Short Stories, entre autres. Son premier roman, De l’or dans les collines, a été nominé dans plus de dix prix littéraires aux États-Unis, dont le Booker Prize, et a déjà été traduit dans dix-sept pays.

 

Ma note : 4,5/5
Nouveauté 2022
336 pages
Disponible au format numérique et broché

 


MON AVIS

C Pam Zhang nous entraîne au cœur d’un western complexe et multiculturel. Sam et Lucy sont les dignes héritières d’un passé houleux et tu. Façonnées par la vie sauvage et dure des contrées de l’ouest, à roulotte, sur une mule ou un cheval, dans des cabanes insalubres, elles se sont construites sur des légendes où le courage et la valeur de l’homme prédominent. Ba et Ma, mutiques sur leur origine, sur leurs passés respectifs, construisent la vie de leurs filles sur ces non-dits. Lucy est intelligente, belle. Sam est devenu par la force de la vie, un garçon manqué. Leurs vies prennent deux chemins différents. L’une veut de l’or, l’autre la reconnaissance.

 

Terres désolées, assoiffées, noires, sèches, rudes aux couleurs de l’or, celui tant cherché, convoité, source de toutes les violences commises par l’homme. Ces terres voient défiler ces deux sœurs décharnées à la recherche de la terre promise, du signe, qui leur permettra de mettre en terre leur père. Des pas, des milliers de pas, le ciel, le soleil sans pitié, le vent murmurant, témoins d’une agonie, d’une souffrance silencieuse. Une quête qui les portera au-delà de cette misérable errance. L’une découvrira la richesse du paraître l’autre celle laborieuse et dérobée.

 

Et tel un cercle vicieux va leurs vies emprisonnées par leurs choix et leurs passés. Un lourd héritage silencieux trimballant l’oubli, le désœuvrement, l’égoïsme.

 

Ce roman m’a totalement déstabilisée notamment par sa construction et sa forme. L’écriture rude, franche, saccadée confère un style atypique. Mais au travers de cette rigueur, il y a cet amour camouflé, bienveillant qui s’est malheureusement perdu en route. J’ai adoré ces longues envolées où la nature est au cœur de la description. Cette longue lettre d’amour murmuré par le vent. Cette eau torrentielle aboutissant tout espoir. Cette terre brûlante discriminatoire aux reflets d’or. Et ce feu grondant dans les veines de ces jeunes filles.

 

Ce roman est vraiment grandiose.

SERVICE APRÈS-MORT, tome 1, un roman d’Angélique Kateb.

FICTION

Éditions Original KOBO

#Babelio

N’en déplaise à son carlin prénommé Danny, Lila, la trentaine, seule dans sa studette, ne se sent pas vraiment au mieux de sa forme. Il faut dire que son rêve de percer en tant que photographe à Paris est un échec complet : elle termine difficilement le mois aux coquillettes en se contentant d’immortaliser des mariages et des PACS.
 
Lorsque le décès de son grand-père l’oblige à revenir dans le Sud de la France, à Arles, sa ville natale où vit sa famille, elle débarque au moment du festival des Rencontres de la photographie dont le thème est… « Rêver sa vie ».
Chez les Naimi, pour combattre la déprime, qu’elle soit liée au deuil ou à la vie en général, on s’occupe. Et entre le hammam que tient sa grand-mère, et les pompes funèbres où officient sa mère et sa tante, de l’occupation, elle va en trouver. Seulement voilà, Lila a un don un peu particulier : un lien avec la mort qui n’appartient qu’à elle et que, jusqu’à présent, elle avait tout fait pour fuir.
Se réconcilier avec son don, comprendre (un peu) les femmes de sa famille et trouver sa voie ? L’été s’annonce prometteur. Quant à la gent masculine… il faut croire que, « quand on ne cherche pas, on trouve » !
 
Ma note 3/5
Nouveauté 2021
230 pages
Disponible au format numérique sur Kobo


MON AVIS

Lila avait planifié sa vie à la perfection. De sa passion, la photographie, elle en fait son métier. Monter à la capitale était un rêve qui s’est soldé, sans mentir, par un échec. De l’espoir de devenir photographe culinaire, elle se retrouve à couvrir les mariages et autres événements qui ne l’emballent pas vraiment. Le décès de son grand-père va tout remettre en question et décide donc de rentrer dans sa ville natale, Arles, pour un temps indéterminé. La mort est une affaire de famille. Sa mère et sa tante gèrent des pompes funèbres, tandis que sa grand-mère celui d’un hammam. Une famille autonymique et un père atypique qui virevolte autour de cette dernière. Une grande famille soudée par un lien indéfinissable, tumultueuse et parfois dysfonctionnelle. Sa petite sœur est un membre de son entourage assez stable avec des idées d’avenir bien définies. Lila retrouve avec fracas sa famille malgré le deuil qui les déchire. Et c’est ainsi que son don particulier avec la mort resurgit. Sauf que cette fois-ci elle a un allié de taille qui grâce à son enthousiasme la porte dans une aventure délirante.

La couverture est très flatteuse, le résumé totalement attrayant, mais le contenu m’a beaucoup moins séduite. Si le personnage de Lila est hyper attendrissant, ses aventures ne m’ont toutefois pas convaincu. Lila est une jeune femme totalement paumée et qui ne sait plus quoi prioriser. Son retour aux sources va agir comme une quête et elle va trouver de l’intérêt pour la mort au travers des pompes funèbres et de la vie par celui du hammam. Une sorte de quête initiatique qui porte ses fruits et va permettre à Lila de faire la paix avec ses doutes et ses questionnements. Sa petite sœur agit comme une brise rafraîchissante et leur lien va se trouver renforcé au travers de leurs missions outre-tombe. Je regrette que l’histoire parte finalement dans tous les sens. Il y l’aspect familial, puis la quête de la petite sœur à la recherche de ses origines, et Lila avec son don, l’appropriation de son identité et sa quête amoureuse, et une pseudo intrigue. Tout cela m’a donné l’impression que l’histoire s’éparpille et l’envie s’est quelque peu envolée. Ce premier tome ne m’a pas convaincu malgré une histoire originale et bizarre. Je me suis laissée toutefois entraîner par la plume de Angélique Kateb qui aime user d’humour.

LES TROIS ÉPOUSES DE BLAKE NELSON, un thriller de Cate Quinn.

THRILLER

Éditions Cité de la Presse – Collection Sang d’Encre

Traduit de l’anglais par Maxime Berré
#Babelio

Blake Nelson est retrouvé mort dans le désert. La police soupçonne sa femme l’avoir tué. Mais laquelle ?
RACHEL, PREMIÈRE ÉPOUSE
« Pardonne-moi, Seigneur, j’ai menti à un policier aujourd’hui. Je lui ai dit que Blake n’avait jamais levé la main sur moi. »

TINA, SŒUR-ÉPOUSE
« Quand les flics m’ont embarquée, j’ai cru qu’ils nous arrêtaient pour polygamie. À Vegas, je me faisais arrêter pour racolage. Ici, c’est parce que je suis mariée. »
EMILY, SŒUR-ÉPOUSE
« “ Tu peux être toi-même ici ”, m’a dit Blake. Ce qu’il voulait dire, je pense, c’est que je pouvais être à lui. »
Contre la volonté de sa famille et les règles de l’Église mormone, Blake Nelson a épousé trois femmes. Tous les quatre vivent dans un ranch miteux perdu au beau milieu de l’Utah, dans l’attente de la Fin des Temps. Personne ici ne les dérangera. Jusqu’à ce que le corps de Blake soit retrouvé dans un sale état.
Bienvenue chez les mormons !

 

Ma note : 4/5 mention « à découvrir »
Nouveauté 2021
536 pages
Disponible au format numérique et broché

 


MON AVIS

Et bien voilà un thriller qui m’a fait passé un super moment de lecture !

 

Construit comme un roman choral, LES TROIS ÉPOUSES DE BLAKE NELSON, nous plonge au cœur du quotidien d’une famille mormone atypique puisqu’elle est polygame. Trois épouses au profil totalement différent. Rachel, la première épouse, est celle qui compte le plus dans le couple. Le mari doit en principe se référer à son avis pour l’arrivée d’une nouvelle femme et autres éléments conjugaux. Rachel est une femme qui se cache derrière des principaux moraux qu’elle a acquis tout au long de son enfance et qui n’avaient rien de normal. Rachel est une femme stricte et dure, soumise aux désidératas de son mari. Ils vivent dans un ranch perdu en plein désert de l’Utah où il se préparent à la fin du monde comme indiqué dans la bible des Mormons.

 

Emily, la seconde épouse, est une jeune femme élevée selon le dogme du catholicisme. La misère a toujours accompagné sa vie, elle qui rêvait de paillette, du grand amour. Sa vulnérabilité a séduit Blake. Son côté enfantin et nubile n’est pas du goût de Rachel qui lui reproche son côté mensonger et loufoque.

 

Tina, la troisième et dernière épouse est à l’image de ces femmes dévergondées qui aiment le sexe à outrance. Elle a grandi dans les rues de Vegas entre défonce et passe.

 

Vous en conviendrez que ces trois femmes sous le même toit est propice à des scènes de ménage sensationnelles et épiques. Alors lorsqu’il est découvert le corps sans vie de Blake au bord de la rivière et à moitié dévoré par les bêtes sauvages, les soupçons fleurissent aussi vite qu’un orage. Mais l’inattendu subvient et les trois épouses pourraient devenir les meilleurs amies dans la douleur et la mort.

 

Cat Quinn signe un premier thriller d’une très grande qualité et remarquable par son style d’écriture et par son scénario. La communauté des mormons est un sujet qui me passionne dans la littérature et Cate Quinn l’aborde avec précision grâce à un tas de détails qui font la force de ce thriller. L’authenticité est pour moi un gage de qualité que j’aime retrouver dans mes lectures. Le thriller se construit tout autour de ce culte et de ces trois épouses. Comme je le signifie plus haut, les points de vues s’organisent tel un roman choral. L’intrigue et les rebondissements se forment ainsi au rythme des personnages, des découvertes et des suspicions, du passé et du présent. Un excellent thriller qui ne serait rien si le final ne serait pas explosif et stupéfiant. J’ai apprécié les trois épouses pour leur différence mais aussi car leur liaison est avant tout chaotique et qu’elle tend à s’apaiser dans des alliances anticonformistes. Elle sont toutes les trois à la recherche de la vérité quitte à déranger le passé pour mieux avancer dans cette quête qui ouvre les portes de l’enfer. Au-delà de l’intrigue, il est question d’amitié et d’humanité qui dépassent la question du culte.

 

Un thriller captivant qui se dévore facilement, au cœur d’un monde où les apparences sont aussi effroyables que la réalité.

 

A découvrir sans aucun doute !