LES PETITS MONARQUES, une bande dessinée de Jonathan Case.

SCIENCE-FICTION

Éditions Dupuis


Cela fait cinquante ans que la maladie du soleil a annihilé presque toute vie mammifère sur la Terre, et le monde retourne lentement à un état naturel. Les rares communautés humaines à avoir survécu se protègent sous terre, et ne peuvent sortir que la nuit.
Mais aujourd’hui, deux humaines parviennent à vivre et à voyager librement à la lumière du jour : Elvie, 10 ans, et sa gardienne Flora, une biologiste qui a fait une incroyable découverte. À l’aide de quelques écailles issues des ailes de papillons Monarques, Flora a créé un antidote à la maladie du soleil.
Suivant la migration des Monarques à travers ce qui fut la partie ouest des États-Unis, Elvie et Flora sont déterminées à développer un vaccin et à le partager avec tout le monde. Vont-elles y parvenir ? Ou seront-elles victimes d’un désastre naturel, de la maladie ou des personnes mêmes qu’elles cherchent à aider ?

 

Ma note : 5/5
Nouveauté 2022
256 pages
Disponible au format cartonné

 


MON AVIS

Comment ne pas succomber à cette couverture ? Je la trouve qi magnifique, remplie d’espoir, de bonheur. Pourtant la tragédie est au cœur de cette bande dessinée. Le soleil est devenu mortel pour tous les mammifères les obligeant à rejoindre les profondeurs de la Terre. Cependant l’espoir subsiste en la personne de Flora, biologiste qui a mis au point un médicament quotidien et tente à tout prix de trouver un vaccin. Elle est accompagnée de la pétillante Elvie, 10 ans qui croque le monde sur son cahier. Courageuse, ingénieuse, pimpante, elle est cette bouffée d’oxygène. Ensemble elles parcourent les routes à la recherche des Monarques, ces jolis papillons qui recèlent en eux la solution.

 

Une épopée semée d’embûches, de rencontres, de danger et d’espoir. Le scénario est vraiment captivant dans la veine de « je suis une légende » de Richard Matheson. Les personnages sont touchant tout autant que leurs parcours de vie. Une énergie phénoménale parcourt ce récit. Les illustrations sont sublimes et lumineuses. Une bande dessinée remarquable et terriblement émouvante.

LA LONGUE NUIT, un roman ado de David Moitet.

LITTÉRATURE JEUNESSE

Éditions Didier Jeunesse


Mira a un rêve : devenir la première femme enquêtrice du royaume. Mais pour cela, elle doit réussir l’épreuve de la longue nuit, un rite qui permet à chacun de gagner sa place dans la société. L’enjeu est de survivre une nuit entière dans la forêt interdite et de trouver une fleur de Lune… Mira n’est pas au bout de ses surprises, car les secrets de la forêt vont bien au-delà de cette terrible initiation.
 
Ma note : 4/5
Nouveauté 2022
288 pages
Disponible au format numérique et broché


MON AVIS

Telle une fable, David Moitet nous plonge dans ce roman ado avec rage et force. 

 

Fantasy, polar, aventure, cette histoire est pleine de surprises. Un monde coupé en deux. Un rite initiatique qui marque au fer rouge celles et ceux qui en sortent vivant. Une hiérarchisation de la société : les riches, les pauvres, le clergé. Et un sombre mystère que la jeune Mira va tenter de résoudre.

 

David Moitet signe un roman percutant. Avoir un regard critique sur la société tout en étant totalement ouvert au débat. Ce livre recèle de nombreux sujets tels que : la place des femmes, l’éducation, la prise de pouvoir, la manipulation et tant d’autres. Son personnage principal, Mira, est une anti-héroïne qui va au bout de son entêtement. Une jeune femme forte, caractérielle mais généreuse. Tous les personnages qui gravitent autour d’elle apportent leurs pierres à ce combat. Un certain humour apparaît ici et là , au cœur de ces moments sombres et inquiétant. Il y a quelque de chose de particulier avec les personnages que je ne peux pas vous dévoiler mais qui amène ce trait atypique au roman. 

 

Un roman intelligent et qui surtout fait écho à notre société, du moins je n’ai pu que faire certains parallèles. Un roman engagé, tonitruant porté par une plume qui n’est pas ici pour nous ménager.

 

A découvrir absolument ! Vous serez séduit sans aucun doute !

 

L’ENFER POUR AUBE, Tome 1 : Paris Apache de Philippe Pelaez et Tiburce Oger

BD de genre

Éditions Soleil – Collection Aventure

Tome 1/2

P. Pelaez (scénariste) T. Oger (Illustrateur et coloriste)

L’Enfer pour Aube, au titre tiré d’un poème de Victor Hugo, se déroule dans un Paris en pleine transformation, sur fond de Commune, d’idéal révolutionnaire, et de désenchantement face au modernisme.
 
 
Dans le Paris du début du vingtième siècle, des notables sont éliminés les uns après les autres par un étrange Inconnu au visage recouvert d’une écharpe rouge. Celui-ci, qui n’oublie jamais de laisser un Louis d’Or près de chacune de ses victimes, oeuvre de concert avec les redoutables Apaches pour semer la terreur dans la capitale. Dans quel but ?

 

Ma note 4/5
Nouveauté 2022
68 pages
Disponible au format numérique et et broché

 

 


MON AVIS

Paris, début du XXe siècle, est la capitale de tous les possibles. Les innovations s’enchaînent et les différences entre classes sociales sont de plus en plus évidentes. Paris recèle en elle, la bourgeoisie et le petit peuple qui survit difficilement et est essentiellement une communauté venue de Bretagne. La crise économique pousse les peuples à se déplacer et souvent les villes ne sont qu’un leurre.

 

Depuis quelque temps une rumeur circule, une ombre vengeresse drapée de rouge. Ses attaques sont de plus en plus nombreuses et Les Apaches reconnaissables à leurs foulards rouges (tient ça me rappelle les bonnets rouges) surgissent de toute part. Un inspecteur douteux tente de démasquer le truand qui sème une sacrée pagaille.

 

Au cœur d’un univers baroque dichrome de noir et de blanc teinté d’ici et là par des touches de rouges et/ou d’orange, l’histoire est sans équivoque tournée vers une période sombre de Paris où la rébellion faisait frémir les hautes sphères. J’ai beaucoup aimé l’esprit de cette bande dessinée et tout l’aspect historique conféré. J’ai été moins fan des illustrations. Très peu de couleur, un graphisme pour lequel je n’ai pas du tout été sensible. Des traits rapides, anarchiques mais qui pour le coup sont à l’image du tumulte de la population. La révélation finale est un sacré coup de massue. 

 

En bref :
– Un contexte historique totalement passionnant
– Un scénario alambiqué et haletant
– Je n’ai pas été très sensible aux illustrations
– Des thèmes comme l’industrialisation et la pauvreté abordés dans un Paris de 1900 asphyxié
 
Une très jolie découverte et j’ai hâte de pouvoir lire le second tome.
Est ce que ce genre de bande dessinée pourrait te plaire ?

LE SECOND SOUFFLE, un roman ado de Gilles Marchand et de Jennifer Murzeau.

LITTÉRATURE JEUNESSE

Éditions Rageot

Mes premières 68

Ulysse, 16 ans, vit avec d’autres sous la coupole protectrice du Centre, dont il n’est jamais sorti. Dehors règne la Bête. L’extérieur est hostile, empoisonné. Les enfants gravement asthmatiques, à la santé précaire, sont encadrés par des médecins.
Ava, elle, habite Paris. Elle milite pour la planète avec sa meilleure amie Nour.
Un jour, elle découvre un terrible secret. Le moment de l’impact est venu.
Ava et Ulysse incarnent une histoire commune, celle du changement.

 

Ma note 5/5
Nouveauté 2021
pages
Disponible au format numérique et broché

 


MON AVIS

Allez donc savoir pourquoi j’étais persuadée que ce roman était un roman d’anticipation. Je crois que le résumé m’a bien berné.

 

La rage accrochée au bide, la liberté comme ligne de mire, Ulysse et Ava ont cela en commun même s’ils ne se connaissent pas.
Ava est branché écologie, anticapitaliste. Son truc : sauver le monde et cela commence par des petites actions et manifestations.
Ulysse sa seule motivation est de voir le monde derrière ces murs gris et aseptisés.
Mus par cette grande conviction, chacun va foncer dans le tas avant de se rencontrer.
Entre naïveté et engagement, ce duo improbable va défier toute logique.
Un roman court et entêtant où la force devient le moteur essentiel d’un monde bancal et en survie.

 

J’ai eu un immense coup de cœur pour ce quatre mains qui nous plongent dans ce roman où toutes les vérités sont bonnes à entendre. Un roman engagé, profond où l’espoir est dans ces petits trucs impensables. La jeunesse contre le monde capitaliste est un monde utopique et dangereux. Un monde pourtant merveilleux et bienveillant. Une héroïne survoltée. Un héros humilié et blessé par la folie humaine. Une quête extraordinaire.

 

En bref :
* Un quatre mains qui fonctionnent à merveille
* Des personnages haut en couleur portés par la rage de vivre et par l’envie de construire un monde proche de la nature
* Une quête mêlant engagement et dénonciation
* une histoire haletante et extraordinaire
* Des thèmes abordés et cruciaux : écologie, capitalisme, liberté, environnement, anthropocène
 
Une jolie découverte grâce à « Mes première 68 ».
Un roman sublime notamment par les messages véhiculés et surtout portés par des personnages avides d’un monde meilleur.

LES LARMES DU DRAGON, une bande dessinée de Carbone, Barrau et Forns.

FANTASTIQUE

LA SENTINELLE DU PETIT PEUPLE – TOME 2

Éditions Dupuis


Élina, qui se prépare à fabriquer un nouveau pot de pommade de fée, découvre avec effroi qu’il lui manque un ingrédient crucial : des larmes de dragon… Et sans cette pommade, impossible pour elle de continuer à voir ses amis du Petit Peuple, dont elle est devenue la gardienne ! Après une discussion avec sa prédécesseure, sa grand-mère Adélaïde, une seule solution se dessine : partir à la chasse au dragon, dans la célèbre forêt bretonne de Brocéliande…
Inscrite dans une colonie de vacances explorant ce haut-lieu de la magie, du fantastique et des contes celtiques, Élina, accompagnée du lutin Llyam et de la fée Nelvyna, va se faire de nouveaux amis et apprendre de fascinantes légendes grâce aux monos de la colo ! Mais sans jamais perdre de vue sa mission : trouver ce terrible dragon dont elle a tant besoin…
Après un premier tome posant les jalons de leur univers, Carbone, Barrau et Forns livrent un nouveau récit complet où la grande aventure tutoie une fois de plus la présentation ludique de fascinants contes et légendes, dont Barrau est une spécialiste reconnue.

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2022
56 pages
Disponible au format numérique et cartonné

 

 


MON AVIS

Je suis contente de retrouver Élina dans une nouvelle aventure aux côtés de ses nouveaux compagnons de routes tout aussi trépidant que tordant.

 

Élina a l’intention de refaire la pommade de fée (la bonne cette fois-ci). Aidé de son petit lutin favori, elle se rend compte qui manque un ingrédient essentiel, les larmes de dragon. Affolée, elle part rejoindre sa grand-mère dans ce mouroir où elle n’a véritablement pas sa place et écoute avec attention ses recommandations. Des dragons ça ne court pas les rues de la ville et le dernier qui a été aperçu est au cœur de la forêt de Brocéliande. Un heureux hasard, une colonie doit s’y rendre et c’est après un long argumentaire que sa mère finit par accepter.

 

Ainsi débute une nouvelle aventure où légendes et contes prennent vie. Une mission périlleuse car un vilain sorcier va tout faire pour qu’Élina échoue. Heureusement elle peut compter sur ses petits acolytes et une jolie fée pour aboutir.

 

Un nouveau décor, un peu plus sombre mais toujours aussi somptueux que merveilleux. Élina prend son rôle de sentinelle à cœur et fait tout au mieux. L’histoire est très bien ficelée et les illustrations sont toujours au top. Un brin de malice, d’humour et de magie, des personnages croquants et attachants. J’adore ce mixte entre réalité et imaginaire qui puisse sa source dans les contes et les légendes. Une jolie suite à l’accent chevaleresque ! A découvrir sans tarder !

 

En bref :
* Une suite où l’aventure est mis en évidence
* Une atmosphère épique
* On retrouve l’esprit de la forêt de Brocéliande avec Merlin, son dragon et la fée Viviane
* Des illustrations sublimes
* Une héroïne qui prend du poil de la bête

LES ÂGES PERDUS, tome 1 : Le fort des Landes, une bande dessinée de Le Gris et Poli.


À la veille de l’An Mil, le feu du ciel se déchaîne sur la Terre et la plonge dans une nuit éternelle. Les villes sont rayées de la carte. Les humains se réfugient dans des grottes. Le temps de l’Obscure est venu…
Quelques milliers d’années plus tard, tandis que le soleil est réapparu, la vie reprend enfin ses droits. Mais les savoirs anciens ont disparu. Pour survivre, des clans nomades se forment et se partagent les territoires et les ressources selon des règles établies.
Un homme, Primus, a trouvé le moyen de faire pousser une plante, l’engrain. Sa découverte permettrait aux siens de ne plus jamais connaître la faim. Mais elle remet en cause la coutume et le pouvoir des autres clans…
À la mort de Primus, il appartient à sa fille, Elaìne de Moòr, de prendre en main le destin de son peuple et de le préserver de la destruction.

La bande dessinée s’ouvre une scène d’une quiétude parfaite. Un moine, l’abbaye de Cluny, absorbé par son travail de transcription. C’est un 31 décembre de l’an 999. Une journée annoncée comme la dernière du monde. L’apocalypse se déchaîne. Des boules de feu détruisent tout, anéantissant une civilisation entière et plongeant le monde dans les ténèbres les plus profondes. Des hommes et des femmes survivent, se retranchant dans des grottes. Perdus dans la nuit, les décennies et des siècles défilent. Alors quand la lumière apparaît c’est un univers hostile qui se révèle.
Des clans se forment et des forts surgissent, lieux de sécurité propice à la chasse et au repos. En route pour le fort des Landes, Primus accompagné de sa fille, Elaine, et de guerriers aguerris, trahit le Conseil gérant les clans et les coutumes. Poussé par une seule et unique raison, découvrir que les semences ont germé et ainsi convaincre que la faim ne sera plus un problème pour tous les clans. Mais rien ne se passe comme convenu, le fort est saccagé et les morts s’amoncellent. Il est temps pour Elaine et les deux guerriers survivants de tenir leur promesse et de rejoindre les terres du Sud. Une longue marche les attends et les dangers guettent leur passage.

 

J’ai de suite été séduite par la couverture. J’aime ce genre de bande dessinée qui navigue sur différents genres : anticipation, apocalyptique, dystopie, aventure. Je ne vous cache pas que je l’ai tout simplement dévorée. Des illustrations sombres où la finesse des traits force le contraste entre la brutalité et la beauté. Un univers hostile et glauque où les loups, les ours et autres animaux ne sont plus tels que nous les connaissons. Des coutumes qui collent parfaitement à l’image des personnages qui n’ont rien de rustres ou de barbares mais faits de violence quand ils se doivent de survivre. Elaine est une jeune femme consciente du danger qui règne dans son monde. Une guerrière aguerrie qui sait prendre des décisions cruciales, tel un chef de clan. Un scénario prenant qui laisse place à une aventure pittoresque. J’ai beaucoup aimé l’atmosphère prenante et angoissante régnant tout au long de ces 56 pages. Une superbe mise en bouche qui laisse présager une suite à la hauteur de ce qui est promis.

 

A découvrir absolument.

 

Une chronique de #Esméralda

LA SENTINELLE DU PETIT PEUPLE, tome 1 : La pommade de fée, une bande dessinée de Forns, Carbone et Barrau.


Il est temps pour Adélaïde, loin de chez elle, immobilisée en maison de repos, de léguer à sa petite-fille son plus grand secret. Elle est la sentinelle du Petit Peuple, la protectrice des êtres féeriques qui sont les garants de l’équilibre de notre Terre.
Elle lui transmet la recette de la pommade de fée : à son tour, Élina pourra voir ce monde merveilleux et découvrir sa nouvelle mission. Car l’heure est grave. Au lac, l’ondine a disparu et le Petit Peuple a besoin de son aide.
Pour protéger les humains et les êtres féeriques, en poursuivant son apprentissage auprès de sa grand-mère, Élina devra aussi dissimuler à sa mère ses nouveaux pouvoirs…

Depuis « la boîte à musique », je suis avec assiduité les parutions où Carbone figurent. Et le dernier album accompagné de Forns et de Barrau est une pure merveille où cette fois-ci le monde féerique est à l’honneur.
Vous ne le savez pas, mais elfes, fées et toutes autres petites mignonneries nous côtoient. Nous ne les voyons pas pour des raisons évidentes. Mais il y a parmi nous des gardiens. Adélaïde, grand-mère d’Elina en est une.
Hospitalisée, Adélaïde reçoit la visite de sa fille et de sa petite-fille qui lui offre une joli bouquet issu du jardin de sa maison. Dans ce dernier se cache un terrible message. Impossible pour cette grande-mère généreuse et au grand cœur d’y répondre. C’est ainsi qu’elle décide de mettre dans le secret sa petite fille, Elina et de lui apprendre tout ce qu’elle doit savoir.

 

Une fois la pommade de fées minutieusement préparée (enfin il y a eu un couac), Elina découvre un monde enchanté. Mais l’heure n’est pas à l’ébahissement, car le danger rôde dans leur monde.

 

Ce premier tome est sous le signe de la découverte et de l’aventure. Elina est une jeune fille à l’esprit ouvert et malgré une surprise de taille, elle reste très enthousiaste aux côtés de ces petits êtres. Son énergie, son volontariat et sa gentillesse lui permettent d’être aussitôt acceptée parmi eux malgré quelques récalcitrants. Une bande dessinée carrément géniale. Perso j’adore cette ambiance, cela me rappelle mon enfance. De magnifiques illustrations avec plein plein de détails et des couleurs qui égayent l’ensemble. Des vifs, des pastels … je suis juste émerveillée. Ce premier tome est le prémices de longues aventures qui ne manqueront pas de piquant et d’émerveillement. Une lecture que je recommandes aux petits comme aux grands !

 

Une lecture de #Esméralda

LE SPIROU DE CHRISTIAN DURIEUX – PACIFIC PALACE.


Pacific Palace, un hôtel paisible au bord d’un lac qui l’est tout autant. Spirou regrette déjà d’y avoir fait engager à ses côtés Fantasio, viré comme un malpropre du Moustique. Car l’ex-journaliste reconverti en groom n’a vraiment pas la vocation et ne rate pas une occasion de fâcher M. Paul, leur supérieur hiérarchique.
Mais trop tard pour faire machine arrière : un véritable huis clos est décrété et l’hôtel se retrouve sans clientèle et avec un personnel réduit pour accueillir discrètement Iliex Korda, dictateur déchu du Karajan, petit pays des Balkans. Dans ses bagages, d’imposants gardes du corps mais aussi Elena, fille du « Grand Guide » au regard envoûtant, dont Spirou tombe instantanément amoureux.
/>Alors que Fantasio ne rate pas une occasion de provoquer l’entourage du tyran, Spirou essaie de comprendre l’étrange ballet politicien qui se joue presque sous ses yeux.
Avec Pacific Palace, Christian Durieux nous livre un Spirou très personnel, entre subtile fable politique et douloureuse romance, une bande dessinée pleine d’ambiance mais avec une véritable intrigue politico-policière.

Je n’ai pas le souvenir d’avoir lu un quelconque Spirou durant ma jeunesse et c’est piquée par la curiosité que j’ai décidé d’ouvrir celui-ci. Spirou et Fantasio, compagnons inséparables et improbables, ne me sont pas inconnus malgré tout. Christian Durieux propose un huis clos à la fois saugrenu et palpitant. Une intrigue policière que Spirou en bon enquêteur qu’il est, va percer à jour. Et Fantasio en tout gros balourd qu’il est va jouer au journaliste échevelé.
Le Pacific Palace est un endroit paisible au cœur d’une nature qui l’est tout autant. Spirou est groom alors que Fantasio l’a rejoint après ses déboires au Moustique. Pas très à l’aise dans ce nouveau job, l’esprit farfelu du journaliste ne manque pas de mettre dans tout ses états Monsieur Paul, le dirigeant du prestigieux hôtel.

 

Alors que les chambres se vident de ses occupants, une étrange atmosphère s’installe dans les couloirs de l’hôtel. Seuls, une femme de chambre, des cuisiniers ainsi que Spirou et Fantasio sont restés afin d’accueillir un bien étrange homme et sa famille.

 

Le dictateur Iliex Korda sauva son pays, le Karajan, d’un sombre destin. Après des années de pouvoir celui-ci est renversé et est dans l’obligation de s’enfuir avec sa femme et sa fille. Recueilli par la France, ce qui ne manque pas de faire des vagues, Korda trouve refuge dans le prestigieux hôtel. Alors que sa présence est revendiqué par la population et que les échauffourées sont de plus en plus nombreux, les chambres de l’hôtel deviennent le théâtre de pourparlers discrets. Pendant ce temps Spirou ne manque pas de remarquer la belle Elena, la fille. Discrète, elle le met en garde contre les apparences et de se méfier de tout.

 

Alors qu’une violente tempête s’abat sur la région, l’évacuation des lieux est sommée. Rien n’aurait été plus simple si des coups de feu n’auraient pas retenti.

 

Christian Durieux signe une magnifique bande dessinée. Il me semble que l’on retrouve les traits de caractère des personnages fétiches de Rob-Vel. Les traits physique sont toutefois modelés selon Christian Durieux. Il confère au scénario une atmosphère sombre où les interrogations s’amoncellent. Une intrigue très intéressante et surprenante qui m’a prise de court. Des moments intimistes qui s’opposent volontiers au déchaînement des événements et des situations ubuesques provoquées par Fantasio. J’ai beaucoup apprécié cette lecture tout autant pour l’aspect du scénario que pour les personnages.

 

Une chronique de #Esméralda

Source Dupuis.com

L’HOMME DE LA SITUATION, une bande dessinée de Lou Lubie.


Manu, 36 ans, instituteur investi et apprécié, a toujours assumé avec détermination son rôle d’homme fort et protecteur. C’est pourquoi, lorsque ce schéma est remis en question par sa compagne qui le quitte, puis par son employeur qui lui préfère une femme au nom de la parité, il commence à perdre pied. Mais comment exprimer sa détresse quand on a appris à ne jamais se plaindre ?
Frustré, Manu se raccroche à une fratrie de sept enfants déscolarisés, pour laquelle il va jouer le rôle de père tutélaire. Alors qu’il tente de les aider à surmonter leurs handicaps physiques, mentaux ou sociaux, il se laisse peu à peu happer par cette famille particulière. Ainsi s’amorce une longue descente au cœur de ses pires angoisses…
Une société qui évolue pour devenir de plus en plus inclusive, où les rôles traditionnels dévolus à chaque genre sont battus en brèche, quelle est la nouvelle place des hommes ?
Un thriller psychologique qui se referme comme un piège autour de son héros… et de son lecteur !

Au cœur de notre société patriarcale, l’homme a une place de choix qui lui laisse prétendre à avoir ce qu’il souhaite, à diriger et à croire que tout lui est dû. Manu a toujours été cet homme, sûr de lui. Un enseignant exceptionnel et apprécié par ses collègues et sa hiérarchie. Alors qu’un poste est à pourvoir au sein de l’établissement où il enseigne, il croit avec conviction et force qu’il lui sera attribué sans détour. Lorsque la décision lui est rendue, c’est le coup en trop qu’il le blesse. Désabusé et en colère, son monde s’écroule sans préavis et dans une violence inouïe.
Mis au repos forcé, il ne parvient plus à comprendre ce monde et sa compagne qui ne souhaite plus le voir. Les heures s’écoulent tel un sablier sans fin où les doutes, les questions se bousculent. Une attente qui le met à mal à l’aise et où les réponses tardent. Par une journée morose, il fait la connaissance d’une famille singulière qui occupe un vieil hôtel. Par devoir, il devient le percepteur de cette famille désœuvrée. Déscolarisés les enfants reprennent ainsi goût à l’apprentissage. Renouant ainsi avec sa profession et sa vocation, le goût de vivre semble renaître. Mais les angoisses sont toujours là, voraces, accaparantes. Sera-t-il prêt à les accepter pour enfin vivre ?

 

Lou Lubie signe une bande dessinée vraiment incroyable. J’étais loin de m’imaginer les thèmes qu’elle aborde avec cette force aussi inespérée et que foudroyante. Une prise de conscience et le portrait de cet homme qui finalement doit faire face à ses états d’âmes. Tel un thriller et grâce à une atmosphère angoissante, le héros doit gérer une situation complexe. Un scénario implacable et des illustrations précises qui ne manquent pas de détails notamment dans l’expression des visages. Une très belle découverte qui traite un sujet d’actualité et qui pour une fois met au cœur de l’action un homme qui s’effondre.

 

A découvrir !

Source Dupuis.com

INHUMAIN, une bande dessinée de Mangin/Bajram et Rochebrune.


Dans un moment de folie, un petit vaisseau spatial en mission d’exploration s’écrase sur une planète océan inconnue. Heureusement des sortes de pieuvres géantes aident les cinq rescapés à remonter à la surface et à rejoindre la seule île à l’horizon. À leur grande surprise, ils sont accueillis sur le rivage par des humains aussi primitifs que bienveillants. Si ces hommes et femmes au sourire figé se révèlent être cannibales, le plus inquiétant reste leur totale docilité. Les naufragés sont-ils condamnés eux aussi à se soumettre à la volonté du mystérieux Grand Tout ?

Voici une nouvelle BD qui m’a complément captivée et charmée. De la pure science-fiction comme je l’adore dans un décor époustouflant pour une histoire hors du commun.

 

Alors qu’un vaisseau spatiale explore l’espace, l’équipage à bord découvre une planète océan qui les attire inexorablement.  L’atterrissage est fracassant, projetant les occupants du vaisseau spatiale dans un océan de prime abord inhospitalier. La panique les gagne rapidement, alors que la mort se profile, d’étranges formes de vie les ramènent vers la terre ferme où ils sont accueillis par des hommes et des femmes.
Chagriné la perte de l’un des leurs et ravi d’être encore en vie, l’équipage se laisse guider par leurs hôtes. Tribu primitive, ils parlent tout de même leur langue. Leurs journées sont rythmées par des rituels bien précis, qu’ils répètent jour après jour. Quoique effrayé par leur cannibalisme, il délaisse cette tribu pour explorer l’île volcanique qui recèle de nombreux mystères. Leurs pas les portent vers une autre tribu qui vit au cœur du volcan dans une oasis de verdure, une autre associée au vent et une dernière associée au feu. Un membre de l’équipage fait rapidement le rapprochement avec un éventuel naufrage d’un grand cargo spatial. Les tribus sont tributaires des unes et des autres mais vivement en totale autarcie sans rapprochement entre elles. Le Grand Tout, entité non déterminé, semble diriger tout cela grâce à une envoûtement qui ne laisse pas la place au libre arbitre. Cette île au milieu de cet océan recèle bien des mystères dangereux et leur survie ne se doit qu’à leur bon sens. Survivront-il au Grand Tout ?

 

Cette histoire est juste extraordinaire ! Je suis vite rentrée dans l’histoire où les bases sont rapidement posées. Le scénario tient impeccablement bien la route et m’a fait exploré un univers où les quatre tribus se développent autour des quatre éléments : l’eau, la terre, l’air et le feu. C’est totalement ingénieux et captivant !  Au delà de cet univers où les couleurs sont aussi vives que sombres, les personnages évoluent dans un huis clos qui rapidement devient anxiogène. La survie et le libre arbitre deviennent un enjeu crucial ! Une histoire portée par des illustrations d’une très grande qualité. Je sors de cette lecture abasourdie ! Que ça fait du bien de lire ce genre de BD ! Donc si vous êtes fan de SF et de BD, foncez, foncez sans aucune hésitation !

 

Une chronique de #Esméralda