PMA. A la recherche d’une petite âme de Céline Gandner et de Pauline P.

DOCUMENTAIRE

Éditions Delcourt – Collection Encrages

Céline Gandner (scénariste) Pauline P (illustrateur et coloriste)

Ce récit autobiographique décrit le parcours complexe d’une quarantenaire hétérosexuelle qui se lance, en mode maman solo, dans un projet de PMA avec don de sperme. 
Un témoignage personnel et intimiste, plein d’autodérision, et très documenté sur le plan médical qui croise inévitablement notre contexte social et politique puisque le sujet est plus que jamais d’actualité.

 

Ma note : 3/5
Nouveauté 2022
192 pages
Disponible au format numérique et broché

 


MON AVIS

Si j’ai choisi cette lecture c’était avant tout, par ce que le sujet de la PMA je le connais parfaitement, puisque (comme j’aime le dire) je suis restée 8 ans dans les couloirs de l’hôpital. Ce qui m’intéressait était de découvrir le chemin psychologique que peut ressentir une femme dans l’attente d’un don d’ovocytes, mais ce n’est pas le cas de l’auteure puisqu’à son âge de ce côté là tout roule. Si c’est cet aspect qui m’intéressait, c’est que nous envisageons un parcours de ce type en Espagne.

 

Ce roman graphique s’adresse surtout pour les femmes solos qui ont un désir de maternité quelque soit leur âge. Même si en France s’est enfin légalisée, la PMA reste assez stricte et le don d’ovocytes et bien plus encadrée et difficile d’accès que le don de spermes. Bien avant la légalisation, la Belgique et l’Espagne sont des eldorados. Céline Gandner se tourne vers la Belgique. Elle décrit tout au long de ce roman graphique son parcours, son obsession, ses espoirs et ses désillusions avec un certain humour tranchant qui permet, sommes toute, de relativiser. Des pages plus scientifiques sont axées sur les termes que l’on rencontre et tentent de vulgariser tout cela. Ce parcours a un certain coût qu’il ne vaut pas prendre à la légère.

 

Avoir un enfant via la PMA est tout un parcours du combattant. Une aventure avec un grand A où les injections, les multiples rendez-vous réussis sont une épreuve que l’on savoure. J’ai beaucoup apprécié la mise en garde concernant l’aspect psychologique où avoir à tout prix a de graves conséquences.

 

Ce roman graphique est assez complet en soi et aborde tous les points que l’on peut retrouver tout au long de ce parcours. Je vous le recommande si vous êtes une femme solo qui a vécu cette épreuve ou que vous avez ce projet. Cette bande dessinée n’a pas répondu à mes attentes car elles étaient trop éloignées des préoccupations de Céline Gandner.

 

En bref :
– Ce roman s’adresse aux femmes solos qui désirent un enfant
– Une vulgarisation scientifique des termes médicaux
– Des illustrations simples et efficaces
– Une approche globale et personnelle du parcours de la PMA
 
Même si ce roman graphique ne s’adressait pas particulièrement à moi, je me suis beaucoup reconnue dans les doutes et les différentes expériences.

 

Est ce que c’est un sujet qui t’intéresse ?

ELLE SENTAIT LA POMME ET LE PAIN CHAUD de Heather Harpham.

[ RÉCIT AUTOBIOGRAPHIQUE – 2019 ]
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Brigitte Hébert
PRESSES DE LA CITE
368 pages
Ma note : 5/5 mention « incontournable »
Lien Kindle
 
Le résumé :
Une famille exceptionnelle, et un long chemin vers le bonheur.
Heather est aussi globe-trotteuse que Brian, écrivain new-yorkais, est casanier, mais leur histoire d’amour ressemble à un conte de fées. Jusqu’au jour où Heather tombe enceinte… Si Brian est sûr de son amour pour Heather, il est également convaincu qu’il ne veut pas d’enfants. De retour dans sa Californie natale, Heather accouche donc seule. Seulement, quelques heures après la naissance de Gracie, le couperet tombe : le bébé est gravement malade. Alors qu’empire la condition de la petite – seule une greffe de moelle osseuse compatible pourrait la sauver –, Brian décide de revenir aux côtés d’Heather. Et c’est ensemble qu’ils vont réfléchir à ce qu’ils sont prêts à faire pour garantir l’avenir de leur petite fille…
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Raconter son enfer, celui de sa fille, celui de sa famille et celui d’autre est un acte de bonté. Raconter en toute humilité les souffrances, les désillusions, le désespoir et l’abattement est un acte audacieux. L’apitoiement n’est point recherché, au contraire ce récit autobiographique déborde de générosité et d’ondes positives.

 

Être confronté à l’inconnu, à la maladie, s’est entré dans un monde dangereux où le moindre mot est analysé, où le moindre acte est contemplé où la moindre parcelle de page vierge est source d’inquiétude. Le monde médical est un vaste empire que nous tous redoutons. Alors que faire quand à la naissance de son enfant, son premier, est annoncé l’improbable, la maladie et que ce petit bout de chou va devoir combattre pour vivre et que ses parents vont devoir accepter l’inacceptable et prendre les décisions qui leur incombent.

 

Elle sentait la pomme et le pain chaud est une ode à l’amour indéfectible, à l’amour puissant et  porteur. Un récit tendre et objectif sur le combat et la maladie. Un récit émouvant où ce petit bout de chou comprend l’imprononçable. Un récit où les mots de cette petite fille touchent. Un récit où les doutes et les silences veulent tout dire, où les regards sont emprunts d’un détonnant mélange, la tristesse et la combativité. Un récit où les petits moments de bonheur côtoient la souffrance. Un récit humain. Un récit prenant. Un récit douloureux. Un récit révélateur : un système de santé américain qui favorise la prise en charge que d’une certaine population, mais au delà de ce constat, l’élan de générosité de milliers d’inconnus qui grâce à leur don, quel qui soit, sauvent des enfants qui ne demandent qu’à vivre, courir et rire.

 

Heather Harpham m’a touchée en plein cœur. Sa plume simple et sa manière de narrer cette épopée m’a conquise. Elle transmet la juste vérité, celle de parents prêts à tout, celle d’une enfance tragique, celle d’un quotidien scruté à la loupe, celle de l’attente, celle du doute et du désespoir. Un récit où tout est bienveillance, où la générosité contre balance l’horreur, où l’amour transcende.

 

A lire absolument !
Narrateur et auditeur ont un devoir commun : croire. Aussi tragique que soit l’histoire. Croire. Croire et se souvenir ; se souvenir et croire. Parce que mémoire et acceptation sont tout ce que nous avons à donner. Parce qu’on n’a pas d’autre choix.
 
Une chronique de #Esméralda.

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… sur le site Lisez.com !

… le site de Heather Harpham.

Cinquante nuances de bleu de Camille Lacourt

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Autobiographie – livre sorti le 28 février 2019

Editions Michel Lafon

Service presse

Ma note : 4/5

 

Tout d’abord, je tiens à remercier les éditions Michel Lafon et Babelio pour m’avoir permis de découvrir cette autobiographie grâce à l’opération Masse Critique.

Résumé :  » Je n’ai jamais parlé de cette étrange déception à personne. La mélancolie du vainqueur. Un phénomène de descente, de décompression, peut-être, comme lorsque tu remontes trop vite des profondeurs. « 

Des efforts surhumains, des compétitions à suspense, du cérémonial, de la déconne et de la grandeur : ce livre nous entraîne dans les coulisses du sport de haut niveau. Mais il y a aussi l’argent, les sponsors, la jeunesse, les filles, la femme… et la gloire. Avec une liberté totale, Camille Lacourt raconte cette incroyable épopée mais également ses côtés sombres : rivalités, coups bas et amour impossible. Un regard lucide et sans concession sur une incroyable aventure intime et collective.

 

Mon avis : Adepte des biographies de sportifs, j’étais entre appréhension et excitation avant de commencer celle-ci. Camille Lacourt est un champion de natation français, rendu célèbre suite à ses titres de champion d’Europe en 2010 mais également grâce, ou à cause, de sa « belle gueule » et de son mariage avec l’ex miss France Valérie Bègue.

Camille Lacourt a fait le choix de nous parler longuement de son enfance puis de son parcours qui l’a emmené au Cercle des Nageurs de Marseille. On le sent attaché à ses racines et que toutes ses décisions ont toujours été prises en adéquation avec les valeurs que ses parents lui ont inculqué. Il nous décrit longuement ses questionnements, tout le processus de préparation et comment il est devenu une « star » en 2010 après ses titres à Budapest.

Il fait une large place également à l’après, quand il est devenu un personnage médiatique, mais aussi à son début d’histoire avec Valérie Bègue. Mon regret est qu’après l’ascension de 2010, l’aspect sportif est un peu mis de côté au profit du côté people et l’intervalle 2010-2017 est plié en quelques chapitres. Amoureuse de sport, je regrette un peu ce choix même si je peux comprendre le parti-pris.

Le point fort de ce livre est le fait que Camille Lacourt nous ouvre son intimité et nous parle sans tabou de ses (rares) travers (conquêtes féminines, soirées avec les copains un peu arrosées). En effet, tous ses entraineurs sont mis en lumière et il n’hésite pas à mentionner tous ceux qui l’ont marqué dans son parcours. Il en profite également pour « dénoncer » le star-system et les dérives qu’il peut entrainer. J’ai trouvé cela très intéressant mais aussi assez hallucinant !!

Au niveau de l’écriture, c’est un livre qui se lit bien même si j’ai regretté, à certains moments, les familiarités de langage. Néanmoins, on ne peut douter que le sportif se soit longuement impliqué dans cette autobiographie vu le nombre d’anecdotes ou expressions personnelles qui sont disséminées au fil des pages.

En bref, pour tous les amoureux de sport, n’hésitez pas à vous lancer dans la biographie de Camille Lacourt. Vous en saurez plus sur l’ascension de ce champion à qui il n’a manqué qu’une chose, réussir des olympiades pour avoir un palmarès parfait. En revanche, si vous n’aimez pas la natation, ne vous plongez pas dans ce livre car, malgré tout, ce sport est longuement mis en avant. En tout cas, moi, je me suis régalée !

 

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Vous souhaitez vous procurer cette biographie ? Rendez-vous sur le site des Editions Michel Lafon
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ET AU MILIEU COULE UNE RIVIERE de Norman Maclean.

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[AUTOBIOGRAPHIE – 2017 – Littérature Nord-Américaine ]

Editions Rivages

Traduction : Marie-Claire Pasquier

Préface : Robert Redford

 

Réédition  – Broché (173 pages) : 19€00

  • – Numérique : 12€99

Version poche sous le titre  » La rivière du sixième jour »

 

 

 

 

Le résumé :
« Et au milieu coule une rivière « est plus qu’un roman autobiographique, c’est un récit imprégné d’une lumineuse nostalgie, un livre qui défend une philosophie inspirante. Norman Maclean y raconte son enfance dans les Rocheuses, au sein de paysages magnifiques dont chaque relief influence en profondeur ceux qui y vivent. Comme dans les romans de Pete Fromm, la pêche n’est pas qu’un simple loisir, c’est un art de vivre, une discipline, une chanson de geste qui apprend tout et qui poursuivra Norman dans toutes les étapes importantes de son existence. Préface de Robert Redford, metteur en scène du célèbre film inspiré du récit de Maclean.

 


 

 

Mon avis :

 

Une nouvelle lecture émouvante que je dois de nouveau au groupe Picabo River Book Club spécialement dédié à la littérature Nord-Américaine.

 

Je suis sortie de mes sentier battus pour mon plus grand plaisir. En effet le genre autobiographique est de très loin un de mes favoris. Délaissé depuis le lycée, je n’en ai plus lu depuis.

 

C’est donc avec une certaine appréhension que j’ai débuté cette lecture. Petit temps d’adaptation, assez rapide toutefois. Me voici plongée dans un décor surréaliste où la nature à tous les pouvoirs. Une nature dure, verdoyante, apaisante. Début du XXe siècle, non loin des rocheuses, une famille presbytérienne voit leur vie s’écoulée aux fils des rituels : la pêche et les prières et prêches. Norman Maclean relate son enfance à l’âge adulte. Ses virées avec son frère, leurs caractères, leurs espoirs, leurs avenirs, leurs désaccords. Le récit est tellement prenant que j’ai vite oublié ce côté présomptueux de l’autobiographie. Il y est relaté les problèmes de la société, l’alcool, les mœurs. « Et au milieu coule une rivière », tel le symbole d’unification, de renouveau et de sérénité. Source de recueil, de retrouvaille, de lâcher prise. Rivière : berceau d’abondance, de pureté, de vie. Elle est à l’image de cette famille tumultueuse : colérique, calme, accueillante.

 

Tandis que les mirages de chaleur dansaient et s’entremêlaient sous mes yeux, je voyais des motifs empruntés à ma propre existence s’unir entre eux. C’est là, en attendant mon frère, que j’ai commencé à me raconter cette histoire. Pourtant, à l’époque, j’ignorais encore que les histoires vécues ressemblent plus souvent à des rivières qu’à des livres. Je savais une chose, c’est qu’une histoire avait commencé, il était une fois, dans la rumeur de l’eau. Et je pressentais qu’en continuant à avancer j’allais rencontrer quelque chose qui résisterait à l’érosion, créant ainsi un coude, des cercles concentriques, des alluvions, et le calme enfin.

 

Un ballet de mots à l’unisson, au son de cette rivière domptée par ces frères et ce père. Un ballet émouvant à l’image de cette ligne d’eau et de ces furtives mouches. Une harmonie parfaite frappée par une tragédie.
Captivée et éblouie sont les seuls mots qui me viennent à l’esprit pour décrire « et au milieu coule une rivière ».

 

 

Bien sûr, à mon âge, je ne vaux plus grand chose comme pêcheur, et bien sûr, le plus souvent, je pêche seul dans les grandes rivières, malgré mes mais qui trouvent que ce n’est guère raisonnable. Souvent, comme beaucoup de pêcheurs à la mouche de l’ouest du Montana, où les jours d’été sont d’une longueur presque boréale, j’attends la fraîcheur du soir pour commencer à pêcher. Alors, dans le demi-jour boréal du canyon, tout ce qui existe au monde s’estompe, et il n’y a plus que mon âme, mes souvenirs, les voix mêlées de la Blackfoot River, le rythme à quatre temps et l’espoir de voir un poisson venir à la surface.
A la fin, toutes choses viennent se fondre en une seule, et au milieu coule une rivière. La rivière a creusé son lit au moment du grand déluge, elle recouvre les rochers d’un élan surgi de l’origine des temps. Sur certains des rochers, il y a la trace laissée par les gouttes d’une pluie immémoriale. Sous les rochers, il y a les paroles, parfois les paroles sont l’émanation des rochers eux-mêmes.
Je suis hanté par les eaux.

 

 

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