NE M’OUBLIE PAS une bande dessinée d’Alix Garin.

ROMAN GRAPHIQUE

Éditions Le Lombard


La grand-mère de Clémence souffre de la maladie d’Alzheimer. Face à son désespoir, elle prend la décision de l’enlever de la maison de retraite et de prendre la route en quête de l’hypothétique maison d’enfance de sa mamie.

Une fuite, une quête, un égarement, l’occasion de se retrouver ? À moins que ce ne soit plutôt des adieux…

 

Ma note : 5/5
Nouveauté 2021
224 pages
Disponible au format numérique et cartonné

MON AVIS

Voilà je l’ai enfin lu. Vous avez été nombreuses et nombreux à me le recommander sur Instagram et c’est chose faite.

 

Ouvrir ce roman graphique c’est vivre une incroyable aventure humaine. C’est découvrir ce lien indéfectible qui lie cette grand-mère atteinte d’Alzheimer et sa petite fille qui a le cœur déchiré de la voir dans ce mouroir. C’est sourire face à l’innocence de ce drôle de duo. C’est rire aux éclats. C’est pleurer face au désœuvrement et à la maladie. C’est être en colère devant l’imbécillité humaine. C’est croire que tout est possible. C’est rêver. C’est se souvenir. C’est courir. C’est tout.

 

Alix Garin a le pouvoir incroyable d’émouvoir autant par son récit que par son dessin doux et poétique. Une immersion déchirante mais d’une langueur sans pareille comparable à un cocon douillet. Une vraie histoire humaine qui peut faire écho à bon nombre d’entre nous. Extraordinairement incroyable, ce roman graphique est d’une intimité bouleversante. Les personnages sont attachants et émouvants avec ce grain de folie improbable.

 

C’est touchant, bouleversant, c’est à lire absolument !

TANANARIVE, une bande dessinée de Sylvain Vallée et de Mark Eacersall.

ROMAN GRAPHIQUE

Éditions Glénat – Collection 1000 feuilles

Mark Eacersall (scénario) – Sylvain Valléé (dessins)

Il n’est jamais trop tard pour vivre une grande aventure.
Au soir d’une vie rangée et précautionneuse, un notaire en retraite va partir à l’aventure pour la première fois de son existence. Petite aventure, mais véritable odyssée pour lui. 
Lancé aussi vite que ses vieux os le lui permettent sur les traces d’un hypothétique héritier, au volant d’un coupé qui n’avait jamais quitté le garage et accompagné d’un curieux passager, il va découvrir qu’il n’est jamais trop tard pour en apprendre sur les autres… et sur soi-même.

 

Ma note 5/5
Nouveauté 2021
120 pages
Disponible au format cartonné

 


MON AVIS

Le temps a un drôle d’effet sur la vie. Pour certain il ralenti pour vivre des expériences hors du commun. Pour d’autre il devient un poids lourd a traîner. Et inévitablement il mène vers cette grande porte qu’est la mort. Alors qu’elle s’abat violemment sur son meilleur ami de voisin, le pantouflard ancien notaire décide l’impensable et se jette d’abord par désespoir à la recherche de ce héritier.

 

Dans sa vielle Triumph, il parcourt les routes, doute, s’énerve, ose, recule devant ces vérités qui ne colle pas au personnage de son défunt ami. Mais la persévérance s’installe, l’audace s’empare de lui. Deviendrait-il courageux ? Quel donnerait-il au courage ?

 

Une quête hors du commun sur le chemin hasardeux de rencontres, de déconvenues où au bout attendent un certain apaisement, des réalités déplaisantes et concrètes, un cadeau le plus merveilleux.

 

J’ai de suite été charmée par cette histoire d’un réalisme surprenant pourtant la fabulation est la base de ce récit. Surprenante, entraînante, le scénariste nous plonge au cœur de cette épopée avec une certaine malice et la conviction ultime que tout doit être encore écrit. Entre poésie et humour, ce road trip est rafraîchissant. Les illustrations sont d’une jolie finesse et met en évidence les émotions qui jalonnent le récit. Parfois tendres ou dures, saupoudrées d’un brin de fantaisie elles m’ont davantage immergé.

 

Coup de cœur pour cette incroyable bande dessinée qui porte en elle un incroyable secret d’une profonde humanité !

LE PROCESSUS, un roman ado de Catherine Verlaguet.

LITTÉRATURE JEUNESSE

Éditions du Rouergue – Collection Doado

Sélection #mespremieres68

Claire et Fabien l’ont fait. Elle y pense tout le temps, depuis. C’était il y a quinze jours. Quinze jours que ça prend toute la place dans sa tête. Ça lui colle des papillons dans le ventre, des frissons sur la peau. Mais ce matin, ce n’est pas à ça qu’elle pense : c’est à ce petit retard de règles. Un jour. Un petit jour, un seul, mais déjà les questions se bousculent. Des questions terrifiantes, des questions d’adultes. Et les réponses, elle devra les trouver seule, avec ou sans Fabien.

Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
64 pages
Disponible au format numérique et broché

MON AVIS

Cette nouvelle porte la voix de millions de jeunes filles. Court récit qui s’apparente à une pièce de théâtre, Catherine Verlaguet fait don de sa plume pour exprimer ce moment où la confrontation avec soi même est inévitable. Cette histoire a ce caractère essentiel et libérateur, apprend à ne pas culpabiliser peu importe le choix final, et surtout à être en adéquation avec soi même. 

 

Un court récit immersif et prenant où la jeune héroïne oscille entre peur, envie et désespoir. Son cheminement de réflexion va la porter à considérer son corps comme étant à elle. Je peux qu’applaudir son courage et saluer l’ingéniosité de l’auteure.

 

Un roman à mettre dans toutes les mains des jeunes filles afin qu’elles apprennent à ne pas plier aux diktats de la société et être enfin libres comme elles l’entendent.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 

LE GRAND MORT – Intégrale 2, une bande dessinée de Loisel, de JB Djian, de Mallié et de Lapierre.

FANTASTIQUE

Éditions Glénat – Collection Vents d’Ouest


Un monde détruit. La quête d’une vérité.
Rescapées du tremblement de terre qui a dévasté Paris, Pauline et Gaëlle tentent par tous les moyens de retourner en Bretagne. Ici aussi, la catastrophe a frappé. Elle s’est même visiblement répandue à l’ensemble de la planète. Naviguant au milieu des décombres en compagnie d’Erwan,
Blanche découvre peu à peu la nature du lien qui l’unit à cet étrange garçon de l’autre monde, Sombre. Erwan mesure quant à lui l’étendue des inquiétants pouvoirs de la petite fille… Ensemble, ils commencent à rassembler les pièces du puzzle dans ce monde détruit. La prêtresse hermaphrodite du Petit Monde aurait utilisé Pauline pour intervenir sur leur réalité par l’intermédiaire de Blanche. Erwan serait son unique espoir.
Retrouvez dans cette deuxième intégrale, regroupant les quatre derniers tomes de la série, l’univers du Grand mort, entre fantastique et récit post-apocalyptique. Ce magnifique ouvrage, augmenté de contenus additionnels de choix (croquis, recherches, illustrations), sera l’occasion de redécouvrir cette ambitieuse fable écologique imaginée par Loisel et Djian, et mise en image par la plume puissante et inspirée de Vincent Mallié.

 

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
272 pages
Disponible au format cartonné et numérique

 


MON AVIS

J’ai pu enfin lire cette seconde intégrale qui regroupe les derniers tomes de la série de 5 à 8.

 

 

Rien ne va plus, nulle part. Le monde s’écroule comme un vilain château de cartes. Les tremblements de terres, les phénomènes météorologiques violents et inexpliqués, les épidémies, la violence des hommes s’abattent sur le monde. Une course poursuite contre le temps est lancée. Pauline et son amie doivent à tout prix rentrer de Paris où elles ont pu récupérer la potion. Pendant que de son côté, Erwan découvre une petite fille atypique et un peu flippante.

 

 

Fable écologique, décor post-apocalyptique, difficile de ne pas faire un certain parallèle avec la réalité. Les auteurs nous proposent un scénario totalement haletant et terriblement efficace. Les personnages sont davantage dans l’entraide que dans le conflit. Leurs liens se renforcent. Les illustrations bien sûr sont excellentes. Le chaos, l’impuissance des personnages, le côté fantastique, les émotions sont parfaitement mises en scène. Si les enfants sont avant tout le symbole de la pureté, ici ce sont la destruction et le renouveau qu’ils représentent.

 

 

Une très belle découverte. Une saga irrésistible qui soulève de nombreuses questions sur nos habitudes de consommation, notamment, et qui ont une répercussion écologique évidente. Un scénario complet qui explore avec force et persuasion un thème assez hardcore.

DÉCOMPOSÉE, un roman de Clémentine Beauvais.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions L’iconoclaste – Collection L’Iconopop

Sélection #68premièresfois

Un court roman en vers libres, d’une grande modernité, qui transforme notre regard et nos a priori sur la déchéance féminine.
Au bord d’un chemin, une femme gît, en décomposition.
Passant par là au bras de son aimée, un poète se délecte de cette vue infâme.
 
Clémentine Beauvais revisite avec audace le célèbre poème « Une charogne » de Charles Baudelaire. Elle imagine le destin de cette femme que l’histoire a bafouée, la faisant prostituée, chirurgienne, avorteuse, puis tueuse en série.
Un court roman à la forme inventive, impertinent et engagé.

 

Ma note : 5/5
Nouveauté 2021
128 pages
Disponible au format broché.

 


MON AVIS

Je n’ai jamais eu l’occasion de découvrir les romans jeunesses de Clémentine Beauvais, mais j’avais beaucoup apprécié sa traduction du recueil de poèmes « Chasseurs de lumière » de Tyler Knott Gregson aux éditions Presses de la Cité.

 

DÉCOMPOSÉE est singulier, atypique. Une beauté extravagante et éblouissante. L’exercice au départ n’est pas évident, mais le rythme s’installe doucement pour te prouver que la poésie n’a rien de ringard.

 

Ni poème ni roman, ce récit fusionne l’ancien et le futur avec habilité. Tableau alambiqué de vérités dérangeantes aux prises avec des thématiques fortes. Elle décompose la vie d’une héroïne banale épuisée par la vie. Des montagnes à la vie close parisienne, de l’émancipation à faiseuse d’anges, d’amoureuse à tueuse. Chaque note compose cette vie à la fois sauvage et revendicative, décharnée et réelle.

 

Son corps, dans le fossé, exultant un dernier souffle, déversant ses derniers espoirs, ses derniers rêves, se délitant, chairs arrachées putréfiées, berceau de la vie et de la mort.

 

Roman intransigeant, dérangeant, peignant l’horreur et la beauté du geste et des maux. Osé et généreux, il emporte, recompose la poésie sur cette musique attractive, battu par les mots qui choquent et s’entrechoquent. Un roman inspirant, réconciliateur, captivant aux multiples couleurs où seul le noir serait banni. 

 

Un très joli coup de cœur pour une histoire aussi passionnante qu’audacieuse.

 

 

Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j’ai gardé la forme et l’essence divine
De mes amours décomposés !
(dernière strophe « La charogne » de Charles Baudelaire)

LE CHŒUR DES FEMMES, un roman graphique de Aude Mermilliod.

BANDE DESSINÉE

Éditions Le Lombard


Jean, major de promo et interne à l’hôpital, doit faire un stage en soins gynécologiques aux côtés du docteur Karma. Mais elle veut faire de la chirurgie, et non écouter des femmes parler d’elles-mêmes et de leur corps ! Elle se désespère de passer son temps auprès de ce médecin qui privilégie l’écoute à la technique.
Contraception, maternité, violences conjugales, avortements… de consultations en témoignages, Jean pourrait bien pourtant changer sa vision de la médecine.
Une adaptation sensible et puissante du roman culte de Martin Winckler.

 

 

Ma note 5/5
Nouveauté 2021
240 pages
Disponible au format numérique et broché

 

 


MON AVIS

Vous avez peut-être déjà succombé à ce magnifique roman graphique. Si ce n’est pas le cas, alors il est temps de le découvrir.

 

Jean est un personnage atypique. Son caractère a été forgé par sa différence. Convaincue de devenir chirurgienne, son prochain stage ne l’enchante guère. Et pourtant elle pourrait y apprendre bien plus que dans ses bouquins.

 

Je viens de comprendre (et il était temps) que les images et les mots ne partageaient pas forcément la même émotion. Nous sommes plus sensibles à l’un ou à l’autre. Ce roman graphique est sans contexte un des plus magnifiques que j’ai pu lire jusqu’à présent. Profondément humain, terriblement touchant et un personnage attachant qui finalement part à la conquête de son identité, et va prendre conscience qu’être une femme c’est souffrir en silence, souvent, et c’est magnifique (pas de souffrir). Des pages entières sont consacrées à des portraits de femme qui souffrent de leurs conditions.

 

Dans leurs simplicités et dans leurs suffisances, les illustrations évoquent la douceur, la compassion, l’abnégation et l’espoir. Je ne suis pas à même de juger si le scénario se rapproche du roman initial, mais il en tout point poignant et merveilleux.

 

Un roman graphique ouvert sur une multitude de rencontres qui sans aucun doute pourfendent le cœur et qui portent les Femmes au cœur de leurs vies.

 

 

 

365 JOURS, une romance de Blanka Lipinska.

ROMANCE ÉROTIQUE

Éditions Hugo Roman – Collection New Romance

Tome 1/3

Don Massimo Torricelli est le chef d’une des plus puissantes familles mafieuses de Sicile.
Il y a plusieurs années, alors qu’on lui a tiré dessus, il se bat pour survivre, il a des visions d’une jeune femme. À peine sorti du coma, il fait réaliser des peintures du visage de cette femme qui l’obsède et qu’il n’a de cesse de trouver.
Laura Biel passe des vacances en Sicile avec son copain, Martin et des amis à l’occasion de son anniversaire. Depuis qu’elle est arrivée sur l’île, Laura a le sentiment étrange d’être observée, elle met cette sensation sur le compte de la fatigue et décide de profiter de ses vacances.
 
Malheureusement les relations entre Laura et Martin sont délétères. A tel point que Laura ne supportant plus l’attitude de Martin, quitte l’hôtel furieuse. Alors qu’elle déambule dans les rues du petit village sicilien, elle croise le chemin de Massimo.
Elle se réveille dans un lit inconnu, et se trouve devant celui qu’elle surnomme l’homme en noir. Il lui fait une proposition des plus étranges : rester avec lui pendant les 365 prochains jours, et si elle n’est pas tombée amoureuse de lui d’ici là, il la laissera partir. Massimo lui affirme qu’il ne fera jamais rien sans son consentement, qu’elle n’a rien à craindre de lui.
Laura est animée par des sentiments contradictoires, elle est à la fois extrêmement attirée par le beau Massimo, et hors d’elle d’être retenue contre son gré.
Une relation d’une sensualité dévorante va se nouer entre Laura la fougueuse et Massimo l’impétueux. Et ce n’est pas forcément celui que l’on imagine qui va mener la danse…
Un roman sexy et profondément romantique.

 

 

Ma note : 3,5/5
Nouveauté 2021
360 pages
Disponible au format numérique, broché et bientôt poche

 


MON AVIS

J’ai enfin eu l’occasion de sortir un livre de ma pile personnelle. Cette romance érotique me faisait de l’œil depuis la sortie. Au point de ne lire aucun avis dessus (pour éviter tout spoiler et autre) et de ne même pas savoir qu’une polémique avait éclaté dessus. Rien de mieux que la communauté bookstagram pour te mettre à jour. Et bien vous savez quoi les livres qui font polémique j’adore ça, d’une certaine manière cela les fait vivre. Le dernier en date qui avait éclaboussé la toile et qui avait attiré mon attention, était la dark romance de Maryssa Rachel, Outrages que j’avais adoré.

 

Ici point de coup de cœur mais un super moment de lecture.

 

Direction la Sicile au cœur d’un domaine ultra protégé. Le maître des lieux, à la tête de la Cosa Nostra, vient d’assouvir un des ses plus anciens désirs. Mettre la main sur la femme qui l’a hantée pendant son coma. Son rapt n’était pas du tout prémédité mais à fortiori c’était bien la seule solution pour avoir l’objet de ses désirs à portée de mains. En parfait gentleman il expose sa volonté. Si son apparence de gangster ne joue pas en sa faveur, il n’usera jamais de la violence et de la contrainte.

 

Laura n’est pas du genre à accepter toute proposition inconvenante et saugrenue pour les beaux yeux du type en face d’elle. A la moindre occasion elle retrouvera sa liberté même si l’attirance qu’elle éprouve pour le beau spécimen risque d’être son point faible.

 

365 jours privée de sa liberté cela à de quoi chambouler n’importe qui. Surtout quand le cœur n’en fait qu’à sa tête et que la raison s’est peut être barré à l’autre bout du monde.

 

Cette romance érotique ne fait pas allusion à la violence et à la soumission. Si les rapports sont quelque peu tendus au départ vous seriez surpris de la tournure qu’ils prendront. Je ne vous parle pas des scènes hyper érotiques et sexy, de la tension qui empreigne les personnages, et les nombreux rebondissements qui jalonnent le récit. Laura est à l’image des femmes caractérielles et indépendantes. Sa détermination est aussi farouche que sa nouvelle obsession. Alors il est vrai qu’elle est agaçante, souvent. C’est le genre de nana que tu peux adorer et l’instant d’après détester. Alors que Massimo est dans un certain contrôle prêt à exploser au moindre pépin.
Quand on parle de romance érotique souvent le point de comparaison est la fameuse romance de EL James (que j’ai vraiment pas aimé, au passage) et ce n’est vraiment pas lui rendre justice. 365 jours est vraiment addictif et je t’assure que je l’ai dévoré en quelques heures. Le fond du récit est intéressant. Une intrigue générale aux trois tomes apparaît et donc quelques révélations sont à prévoir. Sur la forme, la plume de l’auteure polonaise n’est pas aussi fluide que je l’aurais espérée. Quelques redondances viennent gâcher la lecture et il m’a manqué cette osmose qui change tout. J’ai beaucoup apprécié l’alchimie entre les personnages qui offrent des moments mémorables. 

 

Je n’ai pas envie ici d’évoquer cette polémique (qui peut être émane de la série Netflix ?) car chacun à son propre jugement. Cette romance ne m’a absolument pas choquée et dans l’ensemble je l’ai plutôt appréciée malgré quelques couacs. Je ne peux que vous inciter à découvrir cette trilogie surtout que le format poche vient juste de sortir. 

LES ENVOLÉS, un roman de Étienne Kern.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Gallimard – Collection Blanche

Sélection #68premièresfois

4 février 1912. Le jour se lève à peine. Entourés d’une petite foule de badauds, deux reporters commencent à filmer. Là-haut, au premier étage de la tour Eiffel, un homme pose le pied sur la rambarde. Il veut essayer son invention, un parachute. On l’a prévenu : il n’a aucune chance. Acte d’amour ? Geste fou, désespéré ?
Il a un rêve et nul ne pourra l’arrêter. Sa mort est l’une des premières qu’ait saisies une caméra.
Hanté par les images de cette chute, Étienne Kern mêle à l’histoire vraie de Franz Reichelt, tailleur pour dames venu de Bohême, le souvenir de ses propres disparus.
Du Paris joyeux de la Belle Époque à celui d’aujourd’hui, entre foi dans le progrès et tentation du désastre, ce premier roman au charme puissant questionne la part d’espoir que chacun porte en soi, et l’empreinte laissée par ceux qui se sont envolés.

 

Ma note : 4,5/5
Nouveauté 2021
160 pages
Disponible au format numérique et broché

 


MON AVIS

Ailes déployées, regards fiévreux, pensées déstructurées, envies douloureuses, espoirs perdus, désillusions sournoises. La vie qui ne tient qu’à un soupir.

 

LES ENVOLÉS est un roman terriblement poignant. Les mots s’entrechoquent, s’animent, s’aimantent, s’envolent vers les espoirs vains et les doutes accablants. A l’heure où apprivoiser le ciel est un eldorado, un espace encore vierge où la liberté semble libératrice, les esprits s’échauffent et innovent. 

 

Franz Reichelt immortalisé, archivé, homme volant, homme libre, homme condamné. 

 

Et tous les autres envolés, laissant leurs empreintes dans les âmes désolées.

 

Passé, présent, ultime témoignage de la perte, de la femme, de l’homme, des rires, des larmes, de l’amour vivant, brisé, de la folie inconsciente, ultime pardon, foi perdue, esclave du temps qui s’assombrit.

 

Plume enjôlée, plume triste, plume sincère, plume enchanteresse narrant les vies avec un respect incommensurable. Apprivoisée la vie, la comprendre, la décortiquée et la laisser s’en aller au loin vers cette liberté.

 

Un roman saisissant. Un roman pétrifiant. Un roman recelant une part d’ombre lumineuse.

 

 

LE PARFUM DES CENDRES, un roman de Marie Mangez.

LITTÉRATURE BLANCHE

Éditions Finitude

Sélections #68premieresfois

Les parfums sont toute la vie de Sylvain Bragonard. Il a le don de cerner n’importe quelle personnalité grâce à de simples senteurs, qu’elles soient vives ou délicates, subtiles ou entêtantes. Tout le monde y passe, même les morts dont il s’occupe tous les jours dans son métier ­d’embaumeur.

Cette manière insolite de dresser des portraits stupéfie Alice, une jeune thésarde qui s’intéresse à son étrange profession. Pour elle, Sylvain lui-même est une véritable énigme: bourru, taiseux, il semble plus à l’aise avec les morts qu’avec les vivants. Elle sent qu’il cache quelque chose et cette curieuse impénitente veut percer le mystère.
Doucement, elle va l’apprivoiser, partager avec lui sa passion pour la musique, et comprendre ce qu’il cache depuis quinze ans.

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
240 pages
Disponible au format broché

 


MON AVIS

Voici un roman qui fleure bon. Sylvain Bragonard a le nez délicat, finement délicat. Son rêve devenir parfumeur mais une terrible tragédie à contrebalancer ses espoirs il y a de cela quinze ans. Sylvain Bragonard n’a jamais été un jeune homme expansif et son métier d’embaumeur colle parfaitement à sa personnalité effacé, taciturne. Elle est arrivée et du jour au lendemain son quotidien s’est transformé. La belle Alice et son air taquin et ses yeux qui dévorent tout. Sa liberté titille cette morosité, cette âme en peine. Une collision sensorielle et quelque peu envahissante.

 

Alice et Sylvain sont deux antonymes. L’une libre et l’autre enfermé dans ses souvenirs destructeurs. Lui tend à redonner un semblant de vie à coup de reniflement et l’autre la dévore voracement et l’observe. Entre parfums et souvenirs, les pensées se délitent et les mots surgissent maladroits, fébriles. Marie Mangez narre la vie à coup de pschitt. Une ode terriblement émouvante et douloureuse. Elle aspire les souvenirs et les désirs les confrontant à cette réalité morbide. Une quête de rédemption comme ultime héritage à un passé qui s’accroche jalousement. J’ai apprécié la délicatesse de la plume gourmande de l’auteure. Généreux, farouches, timides, les mots s’envolent et viennent percuter le lecteur. J’ai regretté de ne pas pouvoir associer aucune senteur à un souvenir, ou une idée, à quelque chose de concret. 

 

 

En bref :
– Un roman poétique qui rend hommage à la vie et à la mort
– Un bouquet floral aux douces couleurs
– Des personnages antonymes et terriblement attachants
– Une écriture sensible
 
Une très belle découverte dépaysant et qui m’a sorti de mes sentiers battus Je suis ravie 🙂
L’avez-vous lu ?

LES IMMÉMORANTS un roman ado de Solène Ayangma.

LITTÉRATURE JEUNESSE

Éditions Talents Hauts

Sélection #mespremieres68

« Vous êtes un immémorant. Suite à l’accident du laboratoire Nostraphen du 8 juillet 2012, vous avez perdu votre capacité à conserver vos souvenirs. À chaque entrée en sommeil paradoxal, votre cerveau détruit les informations emmagasinées durant votre éveil. Votre dernier souvenir remonte au jour de l’accident. »
 
C’est avec ce message déstabilisant que les 30 000 immémorants vivant au sein de l’Institut géré par Nostraphen, se réveillent depuis dix ans. Tous les jours, ils doivent se plier à des tests visant la mise au point d’un remède à leur mal. Mais en réalité, Nostraphen recherche un sérum de vérité et se sert des immémorants comme cobayes.
Quelques chercheurs résistants, parmi lesquels Emma Lande, ont mis au point, en secret, un traitement qu’ils décident d’administrer à quatre immémorants choisi pour leur personnalité forte : Ren, Maéna, Colette et Daniel.

 

 

Ma note : 3/5
Nouveauté 2021
299 pages
Disponible au format broché

 

 


MON AVIS

Imaginez, par une journée ensoleillé, votre vie change radicalement. Vous venez de vivre les dernières heures que vous vous souviendrez tout le reste de votre vie. Chaque jour qui passe, s’efface pendant votre sommeil. Imaginez tous les réveils que vous avez enduré, toujours dans le même mutisme et interrogation. Imaginez que les années s’écoulent. Imaginez que votre vie vous soit volée.

 

Ren, Maéna, Collette et Daniel sont le symbole d’un monde nouveau, d’une liberté. Ils détiennent la solution mais pour qu’elle ait une signification, Emma Lande doit braver les interdits. Les faire fuir à tout prix, loin d’ici pour que tout s’arrête enfin.

 

Roman polyphonique, l’auteure nous plonge dans un roman terriblement efficace et surtout violent. Les êtres humains n’ont jamais été aussi sombre, malsain, détraqué. Tour à tour les personnages sont dépeint : leurs défauts et qualités, leurs parts sombres, leurs espoirs, leurs peurs. Tous ces éléments définissent les personnages d’une manière assez pesante j’avoue. Comme si à eux quatre ils devaient impérativement être ces héros. Il y a ce quelque chose de passif-actif qui m’a terrorisé. Les rebondissements sont nombreux et d’une certaine manière haletants. Sinon les thèmes sont intéressants. L’auteure aborde le libre arbitre, la liberté, la privation, les expériences scientifiques, la chair humaine, l’égoïsme. C’est une lecture qui m’a fait souffrir littéralement. Plus j’avançais et plus j’avais peur de découvrir l’abominable. Ce malaise a persisté tout du long et je n’ai pu ou su apprécier cette lecture comme il se doit.

 

En bref :
– Un roman ado saisissant et violent
– Des personnages à vif
– Une thématique puissante et nécessaire

 

N’hésitez pas à vous faire votre propre avis.