DÉCOMPOSÉE, un roman de Clémentine Beauvais.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions L’iconoclaste – Collection L’Iconopop

Sélection #68premièresfois

Un court roman en vers libres, d’une grande modernité, qui transforme notre regard et nos a priori sur la déchéance féminine.
Au bord d’un chemin, une femme gît, en décomposition.
Passant par là au bras de son aimée, un poète se délecte de cette vue infâme.
 
Clémentine Beauvais revisite avec audace le célèbre poème « Une charogne » de Charles Baudelaire. Elle imagine le destin de cette femme que l’histoire a bafouée, la faisant prostituée, chirurgienne, avorteuse, puis tueuse en série.
Un court roman à la forme inventive, impertinent et engagé.

 

Ma note : 5/5
Nouveauté 2021
128 pages
Disponible au format broché.

 


MON AVIS

Je n’ai jamais eu l’occasion de découvrir les romans jeunesses de Clémentine Beauvais, mais j’avais beaucoup apprécié sa traduction du recueil de poèmes « Chasseurs de lumière » de Tyler Knott Gregson aux éditions Presses de la Cité.

 

DÉCOMPOSÉE est singulier, atypique. Une beauté extravagante et éblouissante. L’exercice au départ n’est pas évident, mais le rythme s’installe doucement pour te prouver que la poésie n’a rien de ringard.

 

Ni poème ni roman, ce récit fusionne l’ancien et le futur avec habilité. Tableau alambiqué de vérités dérangeantes aux prises avec des thématiques fortes. Elle décompose la vie d’une héroïne banale épuisée par la vie. Des montagnes à la vie close parisienne, de l’émancipation à faiseuse d’anges, d’amoureuse à tueuse. Chaque note compose cette vie à la fois sauvage et revendicative, décharnée et réelle.

 

Son corps, dans le fossé, exultant un dernier souffle, déversant ses derniers espoirs, ses derniers rêves, se délitant, chairs arrachées putréfiées, berceau de la vie et de la mort.

 

Roman intransigeant, dérangeant, peignant l’horreur et la beauté du geste et des maux. Osé et généreux, il emporte, recompose la poésie sur cette musique attractive, battu par les mots qui choquent et s’entrechoquent. Un roman inspirant, réconciliateur, captivant aux multiples couleurs où seul le noir serait banni. 

 

Un très joli coup de cœur pour une histoire aussi passionnante qu’audacieuse.

 

 

Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j’ai gardé la forme et l’essence divine
De mes amours décomposés !
(dernière strophe « La charogne » de Charles Baudelaire)

LE CHŒUR DES FEMMES, un roman graphique de Aude Mermilliod.

BANDE DESSINÉE

Éditions Le Lombard


Jean, major de promo et interne à l’hôpital, doit faire un stage en soins gynécologiques aux côtés du docteur Karma. Mais elle veut faire de la chirurgie, et non écouter des femmes parler d’elles-mêmes et de leur corps ! Elle se désespère de passer son temps auprès de ce médecin qui privilégie l’écoute à la technique.
Contraception, maternité, violences conjugales, avortements… de consultations en témoignages, Jean pourrait bien pourtant changer sa vision de la médecine.
Une adaptation sensible et puissante du roman culte de Martin Winckler.

 

 

Ma note 5/5
Nouveauté 2021
240 pages
Disponible au format numérique et broché

 

 


MON AVIS

Vous avez peut-être déjà succombé à ce magnifique roman graphique. Si ce n’est pas le cas, alors il est temps de le découvrir.

 

Jean est un personnage atypique. Son caractère a été forgé par sa différence. Convaincue de devenir chirurgienne, son prochain stage ne l’enchante guère. Et pourtant elle pourrait y apprendre bien plus que dans ses bouquins.

 

Je viens de comprendre (et il était temps) que les images et les mots ne partageaient pas forcément la même émotion. Nous sommes plus sensibles à l’un ou à l’autre. Ce roman graphique est sans contexte un des plus magnifiques que j’ai pu lire jusqu’à présent. Profondément humain, terriblement touchant et un personnage attachant qui finalement part à la conquête de son identité, et va prendre conscience qu’être une femme c’est souffrir en silence, souvent, et c’est magnifique (pas de souffrir). Des pages entières sont consacrées à des portraits de femme qui souffrent de leurs conditions.

 

Dans leurs simplicités et dans leurs suffisances, les illustrations évoquent la douceur, la compassion, l’abnégation et l’espoir. Je ne suis pas à même de juger si le scénario se rapproche du roman initial, mais il en tout point poignant et merveilleux.

 

Un roman graphique ouvert sur une multitude de rencontres qui sans aucun doute pourfendent le cœur et qui portent les Femmes au cœur de leurs vies.

 

 

 

365 JOURS, une romance de Blanka Lipinska.

ROMANCE ÉROTIQUE

Éditions Hugo Roman – Collection New Romance

Tome 1/3

Don Massimo Torricelli est le chef d’une des plus puissantes familles mafieuses de Sicile.
Il y a plusieurs années, alors qu’on lui a tiré dessus, il se bat pour survivre, il a des visions d’une jeune femme. À peine sorti du coma, il fait réaliser des peintures du visage de cette femme qui l’obsède et qu’il n’a de cesse de trouver.
Laura Biel passe des vacances en Sicile avec son copain, Martin et des amis à l’occasion de son anniversaire. Depuis qu’elle est arrivée sur l’île, Laura a le sentiment étrange d’être observée, elle met cette sensation sur le compte de la fatigue et décide de profiter de ses vacances.
 
Malheureusement les relations entre Laura et Martin sont délétères. A tel point que Laura ne supportant plus l’attitude de Martin, quitte l’hôtel furieuse. Alors qu’elle déambule dans les rues du petit village sicilien, elle croise le chemin de Massimo.
Elle se réveille dans un lit inconnu, et se trouve devant celui qu’elle surnomme l’homme en noir. Il lui fait une proposition des plus étranges : rester avec lui pendant les 365 prochains jours, et si elle n’est pas tombée amoureuse de lui d’ici là, il la laissera partir. Massimo lui affirme qu’il ne fera jamais rien sans son consentement, qu’elle n’a rien à craindre de lui.
Laura est animée par des sentiments contradictoires, elle est à la fois extrêmement attirée par le beau Massimo, et hors d’elle d’être retenue contre son gré.
Une relation d’une sensualité dévorante va se nouer entre Laura la fougueuse et Massimo l’impétueux. Et ce n’est pas forcément celui que l’on imagine qui va mener la danse…
Un roman sexy et profondément romantique.

 

 

Ma note : 3,5/5
Nouveauté 2021
360 pages
Disponible au format numérique, broché et bientôt poche

 


MON AVIS

J’ai enfin eu l’occasion de sortir un livre de ma pile personnelle. Cette romance érotique me faisait de l’œil depuis la sortie. Au point de ne lire aucun avis dessus (pour éviter tout spoiler et autre) et de ne même pas savoir qu’une polémique avait éclaté dessus. Rien de mieux que la communauté bookstagram pour te mettre à jour. Et bien vous savez quoi les livres qui font polémique j’adore ça, d’une certaine manière cela les fait vivre. Le dernier en date qui avait éclaboussé la toile et qui avait attiré mon attention, était la dark romance de Maryssa Rachel, Outrages que j’avais adoré.

 

Ici point de coup de cœur mais un super moment de lecture.

 

Direction la Sicile au cœur d’un domaine ultra protégé. Le maître des lieux, à la tête de la Cosa Nostra, vient d’assouvir un des ses plus anciens désirs. Mettre la main sur la femme qui l’a hantée pendant son coma. Son rapt n’était pas du tout prémédité mais à fortiori c’était bien la seule solution pour avoir l’objet de ses désirs à portée de mains. En parfait gentleman il expose sa volonté. Si son apparence de gangster ne joue pas en sa faveur, il n’usera jamais de la violence et de la contrainte.

 

Laura n’est pas du genre à accepter toute proposition inconvenante et saugrenue pour les beaux yeux du type en face d’elle. A la moindre occasion elle retrouvera sa liberté même si l’attirance qu’elle éprouve pour le beau spécimen risque d’être son point faible.

 

365 jours privée de sa liberté cela à de quoi chambouler n’importe qui. Surtout quand le cœur n’en fait qu’à sa tête et que la raison s’est peut être barré à l’autre bout du monde.

 

Cette romance érotique ne fait pas allusion à la violence et à la soumission. Si les rapports sont quelque peu tendus au départ vous seriez surpris de la tournure qu’ils prendront. Je ne vous parle pas des scènes hyper érotiques et sexy, de la tension qui empreigne les personnages, et les nombreux rebondissements qui jalonnent le récit. Laura est à l’image des femmes caractérielles et indépendantes. Sa détermination est aussi farouche que sa nouvelle obsession. Alors il est vrai qu’elle est agaçante, souvent. C’est le genre de nana que tu peux adorer et l’instant d’après détester. Alors que Massimo est dans un certain contrôle prêt à exploser au moindre pépin.
Quand on parle de romance érotique souvent le point de comparaison est la fameuse romance de EL James (que j’ai vraiment pas aimé, au passage) et ce n’est vraiment pas lui rendre justice. 365 jours est vraiment addictif et je t’assure que je l’ai dévoré en quelques heures. Le fond du récit est intéressant. Une intrigue générale aux trois tomes apparaît et donc quelques révélations sont à prévoir. Sur la forme, la plume de l’auteure polonaise n’est pas aussi fluide que je l’aurais espérée. Quelques redondances viennent gâcher la lecture et il m’a manqué cette osmose qui change tout. J’ai beaucoup apprécié l’alchimie entre les personnages qui offrent des moments mémorables. 

 

Je n’ai pas envie ici d’évoquer cette polémique (qui peut être émane de la série Netflix ?) car chacun à son propre jugement. Cette romance ne m’a absolument pas choquée et dans l’ensemble je l’ai plutôt appréciée malgré quelques couacs. Je ne peux que vous inciter à découvrir cette trilogie surtout que le format poche vient juste de sortir. 

LES ENVOLÉS, un roman de Étienne Kern.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Gallimard – Collection Blanche

Sélection #68premièresfois

4 février 1912. Le jour se lève à peine. Entourés d’une petite foule de badauds, deux reporters commencent à filmer. Là-haut, au premier étage de la tour Eiffel, un homme pose le pied sur la rambarde. Il veut essayer son invention, un parachute. On l’a prévenu : il n’a aucune chance. Acte d’amour ? Geste fou, désespéré ?
Il a un rêve et nul ne pourra l’arrêter. Sa mort est l’une des premières qu’ait saisies une caméra.
Hanté par les images de cette chute, Étienne Kern mêle à l’histoire vraie de Franz Reichelt, tailleur pour dames venu de Bohême, le souvenir de ses propres disparus.
Du Paris joyeux de la Belle Époque à celui d’aujourd’hui, entre foi dans le progrès et tentation du désastre, ce premier roman au charme puissant questionne la part d’espoir que chacun porte en soi, et l’empreinte laissée par ceux qui se sont envolés.

 

Ma note : 4,5/5
Nouveauté 2021
160 pages
Disponible au format numérique et broché

 


MON AVIS

Ailes déployées, regards fiévreux, pensées déstructurées, envies douloureuses, espoirs perdus, désillusions sournoises. La vie qui ne tient qu’à un soupir.

 

LES ENVOLÉS est un roman terriblement poignant. Les mots s’entrechoquent, s’animent, s’aimantent, s’envolent vers les espoirs vains et les doutes accablants. A l’heure où apprivoiser le ciel est un eldorado, un espace encore vierge où la liberté semble libératrice, les esprits s’échauffent et innovent. 

 

Franz Reichelt immortalisé, archivé, homme volant, homme libre, homme condamné. 

 

Et tous les autres envolés, laissant leurs empreintes dans les âmes désolées.

 

Passé, présent, ultime témoignage de la perte, de la femme, de l’homme, des rires, des larmes, de l’amour vivant, brisé, de la folie inconsciente, ultime pardon, foi perdue, esclave du temps qui s’assombrit.

 

Plume enjôlée, plume triste, plume sincère, plume enchanteresse narrant les vies avec un respect incommensurable. Apprivoisée la vie, la comprendre, la décortiquée et la laisser s’en aller au loin vers cette liberté.

 

Un roman saisissant. Un roman pétrifiant. Un roman recelant une part d’ombre lumineuse.

 

 

LE PARFUM DES CENDRES, un roman de Marie Mangez.

LITTÉRATURE BLANCHE

Éditions Finitude

Sélections #68premieresfois

Les parfums sont toute la vie de Sylvain Bragonard. Il a le don de cerner n’importe quelle personnalité grâce à de simples senteurs, qu’elles soient vives ou délicates, subtiles ou entêtantes. Tout le monde y passe, même les morts dont il s’occupe tous les jours dans son métier ­d’embaumeur.

Cette manière insolite de dresser des portraits stupéfie Alice, une jeune thésarde qui s’intéresse à son étrange profession. Pour elle, Sylvain lui-même est une véritable énigme: bourru, taiseux, il semble plus à l’aise avec les morts qu’avec les vivants. Elle sent qu’il cache quelque chose et cette curieuse impénitente veut percer le mystère.
Doucement, elle va l’apprivoiser, partager avec lui sa passion pour la musique, et comprendre ce qu’il cache depuis quinze ans.

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
240 pages
Disponible au format broché

 


MON AVIS

Voici un roman qui fleure bon. Sylvain Bragonard a le nez délicat, finement délicat. Son rêve devenir parfumeur mais une terrible tragédie à contrebalancer ses espoirs il y a de cela quinze ans. Sylvain Bragonard n’a jamais été un jeune homme expansif et son métier d’embaumeur colle parfaitement à sa personnalité effacé, taciturne. Elle est arrivée et du jour au lendemain son quotidien s’est transformé. La belle Alice et son air taquin et ses yeux qui dévorent tout. Sa liberté titille cette morosité, cette âme en peine. Une collision sensorielle et quelque peu envahissante.

 

Alice et Sylvain sont deux antonymes. L’une libre et l’autre enfermé dans ses souvenirs destructeurs. Lui tend à redonner un semblant de vie à coup de reniflement et l’autre la dévore voracement et l’observe. Entre parfums et souvenirs, les pensées se délitent et les mots surgissent maladroits, fébriles. Marie Mangez narre la vie à coup de pschitt. Une ode terriblement émouvante et douloureuse. Elle aspire les souvenirs et les désirs les confrontant à cette réalité morbide. Une quête de rédemption comme ultime héritage à un passé qui s’accroche jalousement. J’ai apprécié la délicatesse de la plume gourmande de l’auteure. Généreux, farouches, timides, les mots s’envolent et viennent percuter le lecteur. J’ai regretté de ne pas pouvoir associer aucune senteur à un souvenir, ou une idée, à quelque chose de concret. 

 

 

En bref :
– Un roman poétique qui rend hommage à la vie et à la mort
– Un bouquet floral aux douces couleurs
– Des personnages antonymes et terriblement attachants
– Une écriture sensible
 
Une très belle découverte dépaysant et qui m’a sorti de mes sentiers battus Je suis ravie 🙂
L’avez-vous lu ?

LES IMMÉMORANTS un roman ado de Solène Ayangma.

LITTÉRATURE JEUNESSE

Éditions Talents Hauts

Sélection #mespremieres68

« Vous êtes un immémorant. Suite à l’accident du laboratoire Nostraphen du 8 juillet 2012, vous avez perdu votre capacité à conserver vos souvenirs. À chaque entrée en sommeil paradoxal, votre cerveau détruit les informations emmagasinées durant votre éveil. Votre dernier souvenir remonte au jour de l’accident. »
 
C’est avec ce message déstabilisant que les 30 000 immémorants vivant au sein de l’Institut géré par Nostraphen, se réveillent depuis dix ans. Tous les jours, ils doivent se plier à des tests visant la mise au point d’un remède à leur mal. Mais en réalité, Nostraphen recherche un sérum de vérité et se sert des immémorants comme cobayes.
Quelques chercheurs résistants, parmi lesquels Emma Lande, ont mis au point, en secret, un traitement qu’ils décident d’administrer à quatre immémorants choisi pour leur personnalité forte : Ren, Maéna, Colette et Daniel.

 

 

Ma note : 3/5
Nouveauté 2021
299 pages
Disponible au format broché

 

 


MON AVIS

Imaginez, par une journée ensoleillé, votre vie change radicalement. Vous venez de vivre les dernières heures que vous vous souviendrez tout le reste de votre vie. Chaque jour qui passe, s’efface pendant votre sommeil. Imaginez tous les réveils que vous avez enduré, toujours dans le même mutisme et interrogation. Imaginez que les années s’écoulent. Imaginez que votre vie vous soit volée.

 

Ren, Maéna, Collette et Daniel sont le symbole d’un monde nouveau, d’une liberté. Ils détiennent la solution mais pour qu’elle ait une signification, Emma Lande doit braver les interdits. Les faire fuir à tout prix, loin d’ici pour que tout s’arrête enfin.

 

Roman polyphonique, l’auteure nous plonge dans un roman terriblement efficace et surtout violent. Les êtres humains n’ont jamais été aussi sombre, malsain, détraqué. Tour à tour les personnages sont dépeint : leurs défauts et qualités, leurs parts sombres, leurs espoirs, leurs peurs. Tous ces éléments définissent les personnages d’une manière assez pesante j’avoue. Comme si à eux quatre ils devaient impérativement être ces héros. Il y a ce quelque chose de passif-actif qui m’a terrorisé. Les rebondissements sont nombreux et d’une certaine manière haletants. Sinon les thèmes sont intéressants. L’auteure aborde le libre arbitre, la liberté, la privation, les expériences scientifiques, la chair humaine, l’égoïsme. C’est une lecture qui m’a fait souffrir littéralement. Plus j’avançais et plus j’avais peur de découvrir l’abominable. Ce malaise a persisté tout du long et je n’ai pu ou su apprécier cette lecture comme il se doit.

 

En bref :
– Un roman ado saisissant et violent
– Des personnages à vif
– Une thématique puissante et nécessaire

 

N’hésitez pas à vous faire votre propre avis. 

JUSTAN LOCKHOLMES, tome 2 : La morsure du serpent, un polar de C.D. Darlington.

POLAR

Éditions Beta Publisher – Tome 2


L’affaire de la Logia a beau être close, elle n’a pas pour autant épargné le fameux Justan Lockholmes.
Un mois plus tard, alors que de terribles cauchemars le hantent, il va devoir reprendre du service aux côtés d’un tout jeune officier de police, et cela, qu’il le veuille ou non !
Un orphelin noyé, une énigme prométhéenne et une pintade bien peu digeste.
Voilà que Justan plonge dans une histoire passablement compliquée !
 
Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
372 pages
Disponible au format numérique et broché


MON AVIS

Je suis très heureuse de retrouver Justan Lockholmes (JL) pour une nouvelle aventure. JL est un jeune homme d’une certaine trempe qu’il a acquis au fil de ses différentes enquêtes. Bel homme, pédant, vaniteux et quelque peu orgueilleux, JL attire autant qu’il rebute. La jalousie en son encontre est souvent légion tout comme l’admiration. Depuis sa dernière enquête, l’affaire de la Logia, JL est victime d’une certaine angoisse pesante qui se manifeste la nuit au cours de violents cauchemars le rendant morose et mal en point. Son majordome a entrepris de l’inscrire à une certaine thérapie innovatrice. JL est loin d’être convaincu. C’est lors d’un dîner mondain que son abattement va disparaître. Rien de mieux qu’un mort sur une table pour se remettre en route. De nouveau associé à Yvan Beaufort qui a pris du grade, cette nouvelle enquête les plonge dans un monde sans cœur et violent.

 

Après un démarrage relativement timide et lent, merci ma mémoire de poisson rouge, j’ai pu rentrer dans l’histoire un fois que j’ai retrouvé mes repères contextuels. Ce second tome se lit avec délice. L’humour grinçant est toujours présent, un peu moins toutefois que dans le premier tome. JL deviendrait-il mature ? L’ambiance est cosy saupoudré d’un léger voile d’inattendu. Les éléments s’enchaînent agréablement bien. L’intrigue s’étoffe rapidement menant vers un final audacieux et dingue. C.D. Darlington maîtrise à la perfection son polar et nous plonge dans une intrigue qui tient parfaitement la route. Concernant le fil rouge commun à tous les tomes, je dois dire qu’il est très mince. Les indices sont rare me poussant à croire que les surprises doivent être nombreuses par la suite. Un cosy mystery totalement addictif et où j’ai pris plaisir à découvrir. C.D. Darlington sait mettre l’eau à la bouche !

 

En bref :
– Une nouvelle enquête haletante
– Un Justan Lockholmes en proie à ses démons mais toujours aussi efficace
– Des personnages secondaires qui n’ont délivré tous leurs atouts
– Une intrigue maîtrisé à la perfection avec de nombreux rebondissements
– Un fil rouge qui s’étoffe
– Un cosy mystery intense à l’humour saisissant
– Une ambiance explosive digne des polars d’Agatha Christie
 
Est-ce que ce genre de lecture pourrait te plaire ?

LAISSEZ-MOI VOUS REJOINDRE, un roman de Amina Damerdji.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Gallimard – Collection Blanche

#68premièresfois


« Je ne peux pas dire que nous ayons pris les armes pour ça. Bien sûr que nous voulions un changement. Mais nous n’avions qu’une silhouette vague sur la rétine. Pas cette dame en manteau rouge, pas une révolution socialiste. C’est seulement après, bien après que, pour moi en tout cas, la silhouette s’est précisée. »
.
Cuba, juillet 1980. En cette veille de fête nationale, Haydée Santamaría, grande figure de la Révolution, proche de Fidel Castro, plonge dans ses souvenirs. À quelques heures de son suicide, elle raconte sa jeunesse, en particulier les années 1951-1953 qui se sont conclues par l’exécution de son frère Abel, après l’échec de l’attaque de la caserne de la Moncada.
L’histoire d’Haydée nous plonge dans des événements devenus légendaires. Mais ils sont redessinés ici du point de vue d’une femme, passionnément engagée en politique, restée dans l’ombre des hommes charismatiques. Ce premier roman offre le récit intime et pudique d’une grande dame de la révolution cubaine gagnée par la lassitude et le désenchantement, au seuil de l’ultime sacrifice

Ma note : 5/5
Nouveauté 2021
320 pages
Disponible au format numérique et broché


MON AVIS

L’histoire de Cuba m’est totalement inconnue. A part la crise des missiles et Fidel Castro, l’île reste pour moi une vaste idée. Je n’ai aucune notion de politique et de sociologie. Ce récit romancé ne fait ni l’apologie et ni la critique d’un régime quelconque. Il met en exergue la vie d’une femme hors du commun qui a été au cœur de la révolution.

 

Haydée Santamaria est la fille aînée d’une famille qui n’a pas été dans le besoin. Sa mère l’a élevée dans l’idée même qu’elle serait l’épouse et la mère parfaite. Mais Haydée voit sa vie autrement. Lorsqu’elle rejoint son petit frère à La Havane, son quotidien va changer. De nature timide et introvertie, Haydée écoute volontiers ses camarades s’exprimer. Plusieurs événements lui forgent le caractère et la poussent enfin à livrer ses idées et ses convictions qui la porteront, avec ses ami.e.s et son frère, à cette date fatidique, le 26 juillet 1953.

 

LAISSEZ-MOI VOUS REJOINDRE est un roman bouleversant. Le parcours de cette femme est hors norme. Elle fait figure de résistante, de rebelle et de féministe. Sa vision est assez moderne pour l’époque où la femme est considérée, encore, comme un être inférieur. Sa prise de position est audacieuse et ses camarades lui vouent un respect notable. Ce roman est un legs de souvenirs douloureux comme heureux. Un héritage lourd et pourtant essentiel dont le seul but est l’évolution de la société et des mœurs. Amina Damerdji m’a plongée avec une aisance particulière dans une vie tumultueuse et dure. Tout est d’une honnêteté déconcertante. Je n’ai pas eu l’impression que le récit est fardé ou filtré en tout cas il est apolitique et c’est le point que j’ai apprécié. Le lecteur assiste à la naissance du mouvement révolutionnaire qui porte ses idéaux avec fougue et passion. Les erreurs sont nombreuses et les conséquences détestables mais l’optimisme d’un monde meilleur les porte.

 

Un récit riche en émotions et il aura fallu juste la dernière phrase pour en mesurer toute l’ampleur et le sacrifice incommensurable.
 
En bref :
– Un récit romancé sur une figure emblématique et féministe de la révolution cubaine
– Un testament puissant
– Un héroïne hors du commun
– Un roman bouleversant
 
Un très joli coup de cœur pour cette lecture portée par une plume chargée d’émotions et d’humilité. 

 

Avez-vous envie de le découvrir ?
LECTURE 2/22

JARDIN SECRET À PALERME, un roman de Valérie Mangin.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions La Sirène aux yeux verts


Lorsque les filles de Sara arrivent à Palerme, elles ne reconnaissent plus leur mère. Sous le soleil de Sicile, quelque chose a manifestement changé. Petit à petit, Manon et Lisa vont comprendre que ce changement de lieu inopiné est loin d’être une fuite, et en découvrir les vraies raisons.
Sara est une femme meurtrie par une existence menée sous le joug du silence. Silence dissimulateur, silence réparateur, silence rédempteur qui doit un jour se briser pour faire place à la lumière : celle de la vérité, celle de la vie, celle de l’amour dans tout son éclat.
 
La révélation de Sara à ses filles, c’est d’abord la révélation d’elle-même, puis la célébration du lien mère-filles jusqu’ici terni par les non-dits et les affres d’un mariage raté.
Second roman de Valérie Mangin, « Jardin Secret à Palerme » est un chant-roman initiatique dont le personnage central est la Sicile, île solaire, île de beauté, de joie, d’amour et de liberté retrouvés.

Ma note : 3/5
2021
248 pages
Disponible au format broché


MON AVIS

Sara a vécu sa vie avec ce silence absolu, ce secret pesant et étouffant. 

 

Sara n’est pas partie sur un coup de tête. Sara est partie avec l’unique intention d’aller mieux et de vivre afin dans la paix et l’harmonie. 

 

Lorsque ces deux filles viennent la rejoindre sur la jolie île, elle est enfin prête à partager le terrible secret de son existence et ainsi donner l’occasion à ses filles de vivre pleinement.

 

Sophie Mangin explore les confins des secrets de famille et toutes les conséquences qu’ils engendrent. De sa plume poétique et au côté d’une héroïne en parfaite adéquation avec elle-même, Valérie Mangin nous invite à une certaine délivrance et apaisement.

 

Un roman tout en éclat et lumineux qui aborde un thème intergénérationnel : le poids des secrets. Ici la nature a une place importante et devient le témoin du changement. On peut entendre les oiseaux, sentir le frôlement du vent et les délicieuses odeurs de cette terre riche et accueillante. Elle décortique aussi les liens familiaux et leurs tensions souvent inexpliquées. Les non-dits et les silences ont cette incroyable facilité de modeler les souvenirs et les ressentiments.

 

En bref :
* Valérie Mangin explore un thème récurrent dans la littérature : le poids des secrets
* Une plume poétique qui nous invite au voyage des sensations et de la délivrance
* Un héroïne sur la route de l’acceptation et du partage
* Un décor délicieux
 
J’ai apprécié cette lecture malgré le style rigoureux. Je n’ai pas été transportée comme je l’aurais souhaité. Je n’ai pas été sensible à ces bribes de poèmes déminées ici et là. Je n’ai pas ressenti d’empathie, ne me permettant pas de vivre pleinement cette lecture.

 

Si vous connaissez ou souhaitez connaître Palerme, alors ce roman est fait pour vous. Valérie Mangin est généreuse sur les détails culturels.

 

LE SECOND SOUFFLE, un roman ado de Gilles Marchand et de Jennifer Murzeau.

LITTÉRATURE JEUNESSE

Éditions Rageot

Mes premières 68

Ulysse, 16 ans, vit avec d’autres sous la coupole protectrice du Centre, dont il n’est jamais sorti. Dehors règne la Bête. L’extérieur est hostile, empoisonné. Les enfants gravement asthmatiques, à la santé précaire, sont encadrés par des médecins.
Ava, elle, habite Paris. Elle milite pour la planète avec sa meilleure amie Nour.
Un jour, elle découvre un terrible secret. Le moment de l’impact est venu.
Ava et Ulysse incarnent une histoire commune, celle du changement.

 

Ma note 5/5
Nouveauté 2021
pages
Disponible au format numérique et broché

 


MON AVIS

Allez donc savoir pourquoi j’étais persuadée que ce roman était un roman d’anticipation. Je crois que le résumé m’a bien berné.

 

La rage accrochée au bide, la liberté comme ligne de mire, Ulysse et Ava ont cela en commun même s’ils ne se connaissent pas.
Ava est branché écologie, anticapitaliste. Son truc : sauver le monde et cela commence par des petites actions et manifestations.
Ulysse sa seule motivation est de voir le monde derrière ces murs gris et aseptisés.
Mus par cette grande conviction, chacun va foncer dans le tas avant de se rencontrer.
Entre naïveté et engagement, ce duo improbable va défier toute logique.
Un roman court et entêtant où la force devient le moteur essentiel d’un monde bancal et en survie.

 

J’ai eu un immense coup de cœur pour ce quatre mains qui nous plongent dans ce roman où toutes les vérités sont bonnes à entendre. Un roman engagé, profond où l’espoir est dans ces petits trucs impensables. La jeunesse contre le monde capitaliste est un monde utopique et dangereux. Un monde pourtant merveilleux et bienveillant. Une héroïne survoltée. Un héros humilié et blessé par la folie humaine. Une quête extraordinaire.

 

En bref :
* Un quatre mains qui fonctionnent à merveille
* Des personnages haut en couleur portés par la rage de vivre et par l’envie de construire un monde proche de la nature
* Une quête mêlant engagement et dénonciation
* une histoire haletante et extraordinaire
* Des thèmes abordés et cruciaux : écologie, capitalisme, liberté, environnement, anthropocène
 
Une jolie découverte grâce à « Mes première 68 ».
Un roman sublime notamment par les messages véhiculés et surtout portés par des personnages avides d’un monde meilleur.