LE PARFUM DES CENDRES, un roman de Marie Mangez.

LITTÉRATURE BLANCHE

Éditions Finitude

Sélections #68premieresfois

Les parfums sont toute la vie de Sylvain Bragonard. Il a le don de cerner n’importe quelle personnalité grâce à de simples senteurs, qu’elles soient vives ou délicates, subtiles ou entêtantes. Tout le monde y passe, même les morts dont il s’occupe tous les jours dans son métier ­d’embaumeur.

Cette manière insolite de dresser des portraits stupéfie Alice, une jeune thésarde qui s’intéresse à son étrange profession. Pour elle, Sylvain lui-même est une véritable énigme: bourru, taiseux, il semble plus à l’aise avec les morts qu’avec les vivants. Elle sent qu’il cache quelque chose et cette curieuse impénitente veut percer le mystère.
Doucement, elle va l’apprivoiser, partager avec lui sa passion pour la musique, et comprendre ce qu’il cache depuis quinze ans.

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
240 pages
Disponible au format broché

 


MON AVIS

Voici un roman qui fleure bon. Sylvain Bragonard a le nez délicat, finement délicat. Son rêve devenir parfumeur mais une terrible tragédie à contrebalancer ses espoirs il y a de cela quinze ans. Sylvain Bragonard n’a jamais été un jeune homme expansif et son métier d’embaumeur colle parfaitement à sa personnalité effacé, taciturne. Elle est arrivée et du jour au lendemain son quotidien s’est transformé. La belle Alice et son air taquin et ses yeux qui dévorent tout. Sa liberté titille cette morosité, cette âme en peine. Une collision sensorielle et quelque peu envahissante.

 

Alice et Sylvain sont deux antonymes. L’une libre et l’autre enfermé dans ses souvenirs destructeurs. Lui tend à redonner un semblant de vie à coup de reniflement et l’autre la dévore voracement et l’observe. Entre parfums et souvenirs, les pensées se délitent et les mots surgissent maladroits, fébriles. Marie Mangez narre la vie à coup de pschitt. Une ode terriblement émouvante et douloureuse. Elle aspire les souvenirs et les désirs les confrontant à cette réalité morbide. Une quête de rédemption comme ultime héritage à un passé qui s’accroche jalousement. J’ai apprécié la délicatesse de la plume gourmande de l’auteure. Généreux, farouches, timides, les mots s’envolent et viennent percuter le lecteur. J’ai regretté de ne pas pouvoir associer aucune senteur à un souvenir, ou une idée, à quelque chose de concret. 

 

 

En bref :
– Un roman poétique qui rend hommage à la vie et à la mort
– Un bouquet floral aux douces couleurs
– Des personnages antonymes et terriblement attachants
– Une écriture sensible
 
Une très belle découverte dépaysant et qui m’a sorti de mes sentiers battus Je suis ravie 🙂
L’avez-vous lu ?

LES IMMÉMORANTS un roman ado de Solène Ayangma.

LITTÉRATURE JEUNESSE

Éditions Talents Hauts

Sélection #mespremieres68

« Vous êtes un immémorant. Suite à l’accident du laboratoire Nostraphen du 8 juillet 2012, vous avez perdu votre capacité à conserver vos souvenirs. À chaque entrée en sommeil paradoxal, votre cerveau détruit les informations emmagasinées durant votre éveil. Votre dernier souvenir remonte au jour de l’accident. »
 
C’est avec ce message déstabilisant que les 30 000 immémorants vivant au sein de l’Institut géré par Nostraphen, se réveillent depuis dix ans. Tous les jours, ils doivent se plier à des tests visant la mise au point d’un remède à leur mal. Mais en réalité, Nostraphen recherche un sérum de vérité et se sert des immémorants comme cobayes.
Quelques chercheurs résistants, parmi lesquels Emma Lande, ont mis au point, en secret, un traitement qu’ils décident d’administrer à quatre immémorants choisi pour leur personnalité forte : Ren, Maéna, Colette et Daniel.

 

 

Ma note : 3/5
Nouveauté 2021
299 pages
Disponible au format broché

 

 


MON AVIS

Imaginez, par une journée ensoleillé, votre vie change radicalement. Vous venez de vivre les dernières heures que vous vous souviendrez tout le reste de votre vie. Chaque jour qui passe, s’efface pendant votre sommeil. Imaginez tous les réveils que vous avez enduré, toujours dans le même mutisme et interrogation. Imaginez que les années s’écoulent. Imaginez que votre vie vous soit volée.

 

Ren, Maéna, Collette et Daniel sont le symbole d’un monde nouveau, d’une liberté. Ils détiennent la solution mais pour qu’elle ait une signification, Emma Lande doit braver les interdits. Les faire fuir à tout prix, loin d’ici pour que tout s’arrête enfin.

 

Roman polyphonique, l’auteure nous plonge dans un roman terriblement efficace et surtout violent. Les êtres humains n’ont jamais été aussi sombre, malsain, détraqué. Tour à tour les personnages sont dépeint : leurs défauts et qualités, leurs parts sombres, leurs espoirs, leurs peurs. Tous ces éléments définissent les personnages d’une manière assez pesante j’avoue. Comme si à eux quatre ils devaient impérativement être ces héros. Il y a ce quelque chose de passif-actif qui m’a terrorisé. Les rebondissements sont nombreux et d’une certaine manière haletants. Sinon les thèmes sont intéressants. L’auteure aborde le libre arbitre, la liberté, la privation, les expériences scientifiques, la chair humaine, l’égoïsme. C’est une lecture qui m’a fait souffrir littéralement. Plus j’avançais et plus j’avais peur de découvrir l’abominable. Ce malaise a persisté tout du long et je n’ai pu ou su apprécier cette lecture comme il se doit.

 

En bref :
– Un roman ado saisissant et violent
– Des personnages à vif
– Une thématique puissante et nécessaire

 

N’hésitez pas à vous faire votre propre avis. 

JUSTAN LOCKHOLMES, tome 2 : La morsure du serpent, un polar de C.D. Darlington.

POLAR

Éditions Beta Publisher – Tome 2


L’affaire de la Logia a beau être close, elle n’a pas pour autant épargné le fameux Justan Lockholmes.
Un mois plus tard, alors que de terribles cauchemars le hantent, il va devoir reprendre du service aux côtés d’un tout jeune officier de police, et cela, qu’il le veuille ou non !
Un orphelin noyé, une énigme prométhéenne et une pintade bien peu digeste.
Voilà que Justan plonge dans une histoire passablement compliquée !
 
Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
372 pages
Disponible au format numérique et broché


MON AVIS

Je suis très heureuse de retrouver Justan Lockholmes (JL) pour une nouvelle aventure. JL est un jeune homme d’une certaine trempe qu’il a acquis au fil de ses différentes enquêtes. Bel homme, pédant, vaniteux et quelque peu orgueilleux, JL attire autant qu’il rebute. La jalousie en son encontre est souvent légion tout comme l’admiration. Depuis sa dernière enquête, l’affaire de la Logia, JL est victime d’une certaine angoisse pesante qui se manifeste la nuit au cours de violents cauchemars le rendant morose et mal en point. Son majordome a entrepris de l’inscrire à une certaine thérapie innovatrice. JL est loin d’être convaincu. C’est lors d’un dîner mondain que son abattement va disparaître. Rien de mieux qu’un mort sur une table pour se remettre en route. De nouveau associé à Yvan Beaufort qui a pris du grade, cette nouvelle enquête les plonge dans un monde sans cœur et violent.

 

Après un démarrage relativement timide et lent, merci ma mémoire de poisson rouge, j’ai pu rentrer dans l’histoire un fois que j’ai retrouvé mes repères contextuels. Ce second tome se lit avec délice. L’humour grinçant est toujours présent, un peu moins toutefois que dans le premier tome. JL deviendrait-il mature ? L’ambiance est cosy saupoudré d’un léger voile d’inattendu. Les éléments s’enchaînent agréablement bien. L’intrigue s’étoffe rapidement menant vers un final audacieux et dingue. C.D. Darlington maîtrise à la perfection son polar et nous plonge dans une intrigue qui tient parfaitement la route. Concernant le fil rouge commun à tous les tomes, je dois dire qu’il est très mince. Les indices sont rare me poussant à croire que les surprises doivent être nombreuses par la suite. Un cosy mystery totalement addictif et où j’ai pris plaisir à découvrir. C.D. Darlington sait mettre l’eau à la bouche !

 

En bref :
– Une nouvelle enquête haletante
– Un Justan Lockholmes en proie à ses démons mais toujours aussi efficace
– Des personnages secondaires qui n’ont délivré tous leurs atouts
– Une intrigue maîtrisé à la perfection avec de nombreux rebondissements
– Un fil rouge qui s’étoffe
– Un cosy mystery intense à l’humour saisissant
– Une ambiance explosive digne des polars d’Agatha Christie
 
Est-ce que ce genre de lecture pourrait te plaire ?

LAISSEZ-MOI VOUS REJOINDRE, un roman de Amina Damerdji.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Gallimard – Collection Blanche

#68premièresfois


« Je ne peux pas dire que nous ayons pris les armes pour ça. Bien sûr que nous voulions un changement. Mais nous n’avions qu’une silhouette vague sur la rétine. Pas cette dame en manteau rouge, pas une révolution socialiste. C’est seulement après, bien après que, pour moi en tout cas, la silhouette s’est précisée. »
.
Cuba, juillet 1980. En cette veille de fête nationale, Haydée Santamaría, grande figure de la Révolution, proche de Fidel Castro, plonge dans ses souvenirs. À quelques heures de son suicide, elle raconte sa jeunesse, en particulier les années 1951-1953 qui se sont conclues par l’exécution de son frère Abel, après l’échec de l’attaque de la caserne de la Moncada.
L’histoire d’Haydée nous plonge dans des événements devenus légendaires. Mais ils sont redessinés ici du point de vue d’une femme, passionnément engagée en politique, restée dans l’ombre des hommes charismatiques. Ce premier roman offre le récit intime et pudique d’une grande dame de la révolution cubaine gagnée par la lassitude et le désenchantement, au seuil de l’ultime sacrifice

Ma note : 5/5
Nouveauté 2021
320 pages
Disponible au format numérique et broché


MON AVIS

L’histoire de Cuba m’est totalement inconnue. A part la crise des missiles et Fidel Castro, l’île reste pour moi une vaste idée. Je n’ai aucune notion de politique et de sociologie. Ce récit romancé ne fait ni l’apologie et ni la critique d’un régime quelconque. Il met en exergue la vie d’une femme hors du commun qui a été au cœur de la révolution.

 

Haydée Santamaria est la fille aînée d’une famille qui n’a pas été dans le besoin. Sa mère l’a élevée dans l’idée même qu’elle serait l’épouse et la mère parfaite. Mais Haydée voit sa vie autrement. Lorsqu’elle rejoint son petit frère à La Havane, son quotidien va changer. De nature timide et introvertie, Haydée écoute volontiers ses camarades s’exprimer. Plusieurs événements lui forgent le caractère et la poussent enfin à livrer ses idées et ses convictions qui la porteront, avec ses ami.e.s et son frère, à cette date fatidique, le 26 juillet 1953.

 

LAISSEZ-MOI VOUS REJOINDRE est un roman bouleversant. Le parcours de cette femme est hors norme. Elle fait figure de résistante, de rebelle et de féministe. Sa vision est assez moderne pour l’époque où la femme est considérée, encore, comme un être inférieur. Sa prise de position est audacieuse et ses camarades lui vouent un respect notable. Ce roman est un legs de souvenirs douloureux comme heureux. Un héritage lourd et pourtant essentiel dont le seul but est l’évolution de la société et des mœurs. Amina Damerdji m’a plongée avec une aisance particulière dans une vie tumultueuse et dure. Tout est d’une honnêteté déconcertante. Je n’ai pas eu l’impression que le récit est fardé ou filtré en tout cas il est apolitique et c’est le point que j’ai apprécié. Le lecteur assiste à la naissance du mouvement révolutionnaire qui porte ses idéaux avec fougue et passion. Les erreurs sont nombreuses et les conséquences détestables mais l’optimisme d’un monde meilleur les porte.

 

Un récit riche en émotions et il aura fallu juste la dernière phrase pour en mesurer toute l’ampleur et le sacrifice incommensurable.
 
En bref :
– Un récit romancé sur une figure emblématique et féministe de la révolution cubaine
– Un testament puissant
– Un héroïne hors du commun
– Un roman bouleversant
 
Un très joli coup de cœur pour cette lecture portée par une plume chargée d’émotions et d’humilité. 

 

Avez-vous envie de le découvrir ?
LECTURE 2/22

JARDIN SECRET À PALERME, un roman de Valérie Mangin.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions La Sirène aux yeux verts


Lorsque les filles de Sara arrivent à Palerme, elles ne reconnaissent plus leur mère. Sous le soleil de Sicile, quelque chose a manifestement changé. Petit à petit, Manon et Lisa vont comprendre que ce changement de lieu inopiné est loin d’être une fuite, et en découvrir les vraies raisons.
Sara est une femme meurtrie par une existence menée sous le joug du silence. Silence dissimulateur, silence réparateur, silence rédempteur qui doit un jour se briser pour faire place à la lumière : celle de la vérité, celle de la vie, celle de l’amour dans tout son éclat.
 
La révélation de Sara à ses filles, c’est d’abord la révélation d’elle-même, puis la célébration du lien mère-filles jusqu’ici terni par les non-dits et les affres d’un mariage raté.
Second roman de Valérie Mangin, « Jardin Secret à Palerme » est un chant-roman initiatique dont le personnage central est la Sicile, île solaire, île de beauté, de joie, d’amour et de liberté retrouvés.

Ma note : 3/5
2021
248 pages
Disponible au format broché


MON AVIS

Sara a vécu sa vie avec ce silence absolu, ce secret pesant et étouffant. 

 

Sara n’est pas partie sur un coup de tête. Sara est partie avec l’unique intention d’aller mieux et de vivre afin dans la paix et l’harmonie. 

 

Lorsque ces deux filles viennent la rejoindre sur la jolie île, elle est enfin prête à partager le terrible secret de son existence et ainsi donner l’occasion à ses filles de vivre pleinement.

 

Sophie Mangin explore les confins des secrets de famille et toutes les conséquences qu’ils engendrent. De sa plume poétique et au côté d’une héroïne en parfaite adéquation avec elle-même, Valérie Mangin nous invite à une certaine délivrance et apaisement.

 

Un roman tout en éclat et lumineux qui aborde un thème intergénérationnel : le poids des secrets. Ici la nature a une place importante et devient le témoin du changement. On peut entendre les oiseaux, sentir le frôlement du vent et les délicieuses odeurs de cette terre riche et accueillante. Elle décortique aussi les liens familiaux et leurs tensions souvent inexpliquées. Les non-dits et les silences ont cette incroyable facilité de modeler les souvenirs et les ressentiments.

 

En bref :
* Valérie Mangin explore un thème récurrent dans la littérature : le poids des secrets
* Une plume poétique qui nous invite au voyage des sensations et de la délivrance
* Un héroïne sur la route de l’acceptation et du partage
* Un décor délicieux
 
J’ai apprécié cette lecture malgré le style rigoureux. Je n’ai pas été transportée comme je l’aurais souhaité. Je n’ai pas été sensible à ces bribes de poèmes déminées ici et là. Je n’ai pas ressenti d’empathie, ne me permettant pas de vivre pleinement cette lecture.

 

Si vous connaissez ou souhaitez connaître Palerme, alors ce roman est fait pour vous. Valérie Mangin est généreuse sur les détails culturels.

 

LE SECOND SOUFFLE, un roman ado de Gilles Marchand et de Jennifer Murzeau.

LITTÉRATURE JEUNESSE

Éditions Rageot

Mes premières 68

Ulysse, 16 ans, vit avec d’autres sous la coupole protectrice du Centre, dont il n’est jamais sorti. Dehors règne la Bête. L’extérieur est hostile, empoisonné. Les enfants gravement asthmatiques, à la santé précaire, sont encadrés par des médecins.
Ava, elle, habite Paris. Elle milite pour la planète avec sa meilleure amie Nour.
Un jour, elle découvre un terrible secret. Le moment de l’impact est venu.
Ava et Ulysse incarnent une histoire commune, celle du changement.

 

Ma note 5/5
Nouveauté 2021
pages
Disponible au format numérique et broché

 


MON AVIS

Allez donc savoir pourquoi j’étais persuadée que ce roman était un roman d’anticipation. Je crois que le résumé m’a bien berné.

 

La rage accrochée au bide, la liberté comme ligne de mire, Ulysse et Ava ont cela en commun même s’ils ne se connaissent pas.
Ava est branché écologie, anticapitaliste. Son truc : sauver le monde et cela commence par des petites actions et manifestations.
Ulysse sa seule motivation est de voir le monde derrière ces murs gris et aseptisés.
Mus par cette grande conviction, chacun va foncer dans le tas avant de se rencontrer.
Entre naïveté et engagement, ce duo improbable va défier toute logique.
Un roman court et entêtant où la force devient le moteur essentiel d’un monde bancal et en survie.

 

J’ai eu un immense coup de cœur pour ce quatre mains qui nous plongent dans ce roman où toutes les vérités sont bonnes à entendre. Un roman engagé, profond où l’espoir est dans ces petits trucs impensables. La jeunesse contre le monde capitaliste est un monde utopique et dangereux. Un monde pourtant merveilleux et bienveillant. Une héroïne survoltée. Un héros humilié et blessé par la folie humaine. Une quête extraordinaire.

 

En bref :
* Un quatre mains qui fonctionnent à merveille
* Des personnages haut en couleur portés par la rage de vivre et par l’envie de construire un monde proche de la nature
* Une quête mêlant engagement et dénonciation
* une histoire haletante et extraordinaire
* Des thèmes abordés et cruciaux : écologie, capitalisme, liberté, environnement, anthropocène
 
Une jolie découverte grâce à « Mes première 68 ».
Un roman sublime notamment par les messages véhiculés et surtout portés par des personnages avides d’un monde meilleur.

UN PETIT RIEN, une romance de Erin Watt.

ROMANCE CONTEMPORAINE

Éditions Hugo New Way


Depuis la mort de sa sœur, Beth n’est plus la même. Ses parents la garde à la maison, pensant que les murs de sa chambre la protégeront du malheur, l’empêcheront de faire une bêtise… Mais un soir, Beth étouffe. Elle fait le mur et se retrouve dans la soirée du petit nouveau au lycée, Chase. La rencontre avec le jeune homme a l’air d’un tout petit rien, pourtant, c’est un vrai souffle pour Beth, un retour à la vie, à des émotions qu’elle n’avait pas ressenties depuis longtemps.
Chase semble porter un lourd secret, mais Beth n’ose pas aborder le sujet. Pourtant, chacun avec leurs démons, ils se comprennent comme s’ils se connaissaient depuis toujours. Jusqu’au jour où ces derniers refont surface, et que Beth découvre une vérité qu’elle ne devrait pas pouvoir accepter… Quel rôle Chase a-t-il vraiment joué, la nuit où sa sœur est morte ? Mérite-t-il une seconde chance ? Mais surtout, alors que la passion est si dévorante, a-t-elle le droit de pardonner ?

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
323 pages
Disponible au format papier et numérique

 

 


MON AVIS

Cela fait trois longues années que Beth a mis sa vie entre parenthèse. Elle suit à lettre les règles de la maison, a de bonnes notes au lycée, travaille pour se payer l’université. Une gentille fille qui n’aime pas faire de vague. Pourtant depuis quelque temps elle se sent oppressée. Si toutefois elle comprend les exigence de ses parents, il est temps pour elle de voir autre chose, de prendre ses propres décisions, de devenir une adulte. La sœur qu’elle adulait, n’y est plus mais est-ce pour autant une raison de vivre recluse et ne pas affronter le monde extérieur. Beth veut vire intensément et à la folie. C’est dans cet état d’esprit qu’elle se retrouve dans une soirée dans la ville voisine. Elle y rencontre Chase unique, esseulé, brisé, envoûtant. Beth la gentille devient l’intrépide.

 

Si elle pensait jamais le revoir, c’est au lycée qu’elle le recroise à nouveau. Mais le terrible passé de Chase le poursuit inlassablement, prêt à anéantir Beth.

 

Que sera t’elle prête à faire et à perdre ?

 

Je découvre pour la toute première fois la plume d’Erin Watt qui dégage une belle aura et qui m’a envoûtée en un tour de main. Très vite j’ai été séduite par les personnages et l’ambiance qui s’en dégage. Cette romance présente tout ses atouts dès le départ et n’est pas une succession de rebondissements haletants ou surprenants. Les émotions et leur conséquences priment tout au long de l’histoire et ce point est hyper intéressant. UN PETIT RIEN est l’histoire d’un amour impossible (vraiment impossible). Un Roméo et Juliette modernisé et mettant en valeur des thèmes forts. Il va être question ici de deuil, de pardon, de seconde chance, de harcèlement, de passion et d’amour. Les fêlures de chaque personnage sont très intéressantes et surtout la présence de l’un va réconforter et aider l’autre. Une romance où les émotions sont d’une intensité rare. Je regrette une fin trop rapide et un peu trop facile (à mon goût) et les maladresses de traduction.

 

En bref :
* Une palette d’émotions garanties
* Une plume addictive et qui m’a emportée rapidement
* Des personnages attachants présentant des fêlures
* L’histoire d’un amour interdit et bouleversante
* Une fin bien trop rapide
* Une histoire émouvante soulevant de nombreux thèmes comme le deuil, la colère et le pardon
 
Pour ma part c’est une très belle découverte, le coup de cœur n’était pas trop loin. Une jolie romance aux nombreuses aspérités. Avis pour les amatrices du genre !

JUSTICE SAUVAGE, un roman de Gaspard Flamant.

LITTÉRATURE JEUNESSE

Éditions Sarbacane – Collection Exprim’

#Mespremieres68

Après le percutant Shorba (finaliste des Pépites de Montreuil 2018), Gaspard Flamant signe un véritable brûlot, tenant à la fois de la comédie de potes et du thriller d’aventure !
Sur le bord d’une route, pourchassée par une moto, une femme court pour ne pas mourir. Elle est sans papiers, et vient d’échapper à un réseau de prostitution.
Deux hommes la sauvent, in extremis. Ils n’ont pas des allures de héros classiques : un braqueur en promenade et un étudiant plutôt paumé. Faute de mieux, ils la cachent au milieu des caïds des quartiers Nord de Marseille. Mais ni Fatoumata ni Malik et Zinga n’ont l’intention de se contenter de fuir. Alors, aidés par tout ce que la France compte de marginaux et de têtes brûlées, ils vont remonter une à une les étapes qui ont conduit leur nouvelle amie en enfer. Parce que quand des fascistes s’associent aux proxénètes pour chasser les migrants, le trio ne voit qu’une seule solution : course poursuite, fusil à pompe et justice sauvage.

 

Ma note : 3/5
2021
208 pages
Disponible au format broché et numérique

 


MON AVIS

La couverture m’a immédiatement fait penser au film de Quentin Tarantino « Kill Bill ». Ce jaune et ces silhouettes noires ont de quoi attirer l’attention et le résumé finit de convaincre.

 

Gaspard Flamant nous plonge dans le côté obscur de la vie du quotidien. Un gitan au grand cœur et voleur de poules à ses heures perdues, un blanc-bec, Malik, qui se cherche dans cette vie qui ne lui convient vraiment pas et Fatou, une Ouagalaise (Burkina Faso), qui débarque telle une furie fuyant un proxénète furieux.

 

Cette rencontre va bouleverser leur vie. Un trio improbable et qui pourtant se voue un respect sans faille et une admiration sans limite. Peu à peu, ils se dévoilent tout au long de ce périple qui prend des airs de vengeance à la sauce marseillaise. Entre une grotte où vivent des reclus de la société, un appartement de la cité phocéenne et une station de skis, planquez-vous, les balles fusent.

 

C’est intrépide, acide et tonitruant. Un roman où les gangsters sortent fleur au fusil et viennent défendre une cause inattendue. On parle d’immigration et de prostitution avec une certaine honnêteté qui défrise. On appréciera la candeur qui s’engouffre dans ce monde sombre et dangereux. Avec cynisme et humour, les personnages détonnent dans cet univers où la règle de Talion est irrévocable.

 

En bref :
* Un roman ado déjanté
* Deux thématiques abordés : la prostitution, l’immigration
* Trois anti-héros qui débordent d’énergie et d’imagination
* Un univers sans foi ni loi
* Un gang qui prend position sur une question universelle et humaine
* Un scénario acide
* Un roman sociétal abordable pour les plus jeunes lecteurs
 
Un roman ado très intéressant et qui ouvre le débat sur les sujets développés. D’actions en action, l’histoire s’étoffe vers un final qui colle à la perfection à l’état d’esprit de l’équipe. Personnellement, je me suis régalée.

 

I HATE YOU MORE, une romance de Elizabeth O’Roark.

ROMANCE NEW ADULT

Éditions Harlequin – Collection &H

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Léa Tozzi

Et si leur haine cachait autre chose ?

C’est le pire scénario qu’Erin pouvait imaginer. Brendan, son ancien collègue si détestable, ce séducteur sans attaches qui attire toutes les filles dans son lit, est revenu s’installer en ville. Et pas n’importe où : Brendan loge chez elle. Enfin, chez elle et Rob, son fiancé, qui est à l’origine de cette invitation aussi stupide que dangereuse.
Comment Brendan a-t-il pu accepter ? Même si Rob est son ami, il sait très bien ce qu’elle pense de lui. Et, bien qu’elle soit désormais sur le point de se marier, la présence de Brendan, sa voix et son regard provocant suscitent toujours en elle la même tempête d’émotions : exaspération, colère… ainsi qu’un sentiment plus trouble. Alors, quand Rob lui annonce qu’il va devoir partir un mois à l’étranger et la laisser seule avec ce colocataire indésirable, Erin redoute le pire.

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
468 pages
Disponible au format numérique et broché

 


MON AVIS

Après le séduisant BAD GIRL, SEXY BOY, je suis heureuse de retrouver la plume d’Elizabeth O’Roark. Ce tome s’inscrit dans la suite du précédent tome (tomes qui peuvent être lus séparément de l’un et de l’autre) avec deux nouveaux personnages au cœur d’une nouvelle histoire. Erin, amie d’Olivia et Brendan, beau-frère d’Olivia, se portent une haine viscérale. Elle a déboulé comme un tsunami sans aucune raison vraisemblable et les a entraînés dans une situation inconfortable où tout tacle verbal devient leur mode de communication. L’eau a coulé sous le pont. Lui est parti en Italie et y a vécu une relation amoureuse déchirante et toxique et elle, s’est fiancé au meilleur pote de Brendan. Leur monde roulait convenablement jusqu’à présent. Erin ne s’épanouit pas dans sa relation et Brendan se remet comme il peut de sa dernière relation. Chacun a un regard biaisé sur l’autre et leur vie respective les a blessé.

 

A cause d’un certain hasard ou un quiproquo, Brendan se retrouve a squatté le studio d’Erin et de son pote Rob qui doit s’absenter pendant des mois au Pays-Bas. La cohabitation risque d’être un supplice mortel !

 

Elizabeth o’Roark m’a une nouvelle fois plongé dans les affres de l’amour et des sentiments. Un « ennemies to lover » accaparant et bien plus. Grâce à sa plume, que j’adore, l’auteure nous embarque dans un scénario alambiqué où les apparences sont trompeuses. Elle met l’accent sur les relations toxiques et ses conséquences. La confiance en soi est également mis à l’honneur à côté de l’appropriation de son identité personnelle. Son héroïne apparaît comme une femme sournoise et cachottière alors qu’il en tout autre. Son héros est un homme à femmes, volubile qui ne s’intéresse pas à autre chose. Vous l’aurez compris, les personnages principaux vont se quereller, se détester et pourtant ils vont finir par s’écouter, s’aider, se regarder et se dévorer. Ce n’est pas une histoire si simple car le caractère des personnages n’aident pas vraiment à ce qu’ils se tombent dans les bras. J’ai beaucoup apprécié chaque pas qui mène vers les dénouement. J’ai ri autant que j’ai pleuré. Elizabeth O’Roark a cette particularité, qui change la donne et qui vous attrape les tripes jusqu’au point final.

 

En bref :
* une délicieuse romance « ennemies to lover »
* des personnages charismatiques blessés par leurs vies respectives
* une histoire déchirante et passionnante
* de nombreux rebondissements

 

Elizabeth O’Roark a à cœur de mettre en avant des personnages féminins enfermés dans leurs blessures et qui vont se redéfinir grâce à l’intervention d’hommes tout autant blessés. Une histoire émouvante et poignante. Une lecture trépidante et profondément humaine.

CORENTINO, un roman ado de Benjamin Lesage.

LITTÉRATURE JEUNESSE

Éditions Courtes et Longues – Collection Roman Ultraviolet

Mes premières 68

Corentino est cocotero. Tous les jours, au domaine colombien des Milcoco, il grimpe en haut des arbres pour en couper les fruits. Il n’est pas malheureux, mais l’ailleurs l’appelle : la terre natale de son grand père, la France ! C’est décidé, il ira, caché dans un conteneur.

L’auteur nous embarque en Colombie, sur les pas d’un tout jeune homme plein d’espoir d’une autre vie. Inspiré d’une histoire vraie, la justesse du texte et du propos rend ce récit captivant et laisse la place au personnage, aux sentiments qui le traversent et aux épreuves auxquelles il sera confrontées.
Benjamin Lesage noue avec réalisme deux facettes de la même histoire, celle d’un petit garçon qui veut partir à l’aventure et celle d’un jeune homme enfermé dans les limbes des services de l’immigration française.
Benjamin vit actuellement dans un éco-village, son quotidien est partagé entre le jardinage, la construction écologique et les moments partagés avec sa famille et les autres résidents. Entre deux coups de marteau et les semis, il écrit des livres.
Son premier roman Les Étoiles qui meurent dans le ciel a été publié en 2020 aux Éditions courtes et longues. Il rencontre un vif succès et a été sélectionné pour de nombreux prix.

 

 

Ma note 4/5
2021
176 pages
Disponible au format numérique et broché

 

 


MON AVIS

Il s’appelle Corentino, et ceci est son histoire. Une histoire pour les enfants, ceux qui grandissent et qui ont déjà trop grandi. Une histoire sans véritable début et sans véritable fin.

 

Je découvre pour la première fois les éditions Courtes et Longues ainsi que l’auteur Benjamin Lesage. Ce dernier nous offre une lecture poignante et enrichissante.

 

Corentino est né sur cette plage loin de tout où les cocotiers sont le gagne-pain de toute la communauté. Lorsqu’il est en âge, il devient le meilleur cocotero, grimpant là-haut découpant le précieux fruit. Puis le soir venu il aime s’asseoir sur le ponton et regarder ces lumières qui dérivent au loin tel un mystère. La paradis a un goût acre lorsqu’on ne connaît pas l’ailleurs et Corentino a envie de voir le monde et plus précisément le Paris de son grand-père.

 

Un voyage chaotique l’attend !

 

Benjamin Lesage nous plonge dans une quête ubuesque. Une certaine générosité et naïveté touchante découlent de ce jeune homme aux grand rêves confronté à la méfiance, au refus, à l’intolérance et à une certaine méchanceté. L’auteur observe, décrit, narre une histoire fracassante. Une parmi des milliers. Une histoire de couleur, d’origine. Une histoire où l’ailleurs n’est qu’un fade paradis, une illusion téméraire où les esprits étriqués derrières leurs papiers issus du système inhumain. La peur, l’incompréhension côtoient cet esprit singulier, pur, qui ne souhaite que s’installer à la terrasse vu dans ce vieux film où la vie semblait merveilleuse. Un roman ado très enrichissant et qui ouvre le débat sur l’immigration et ses raisons.

 

J’ai beaucoup apprécié le déroulement de cette aventure. La manière dont l’auteur s’empare du sujet avec une honnêteté sans faille. Son accroche est terriblement efficace et son héros tellement attachant. Son aventure devient naturellement la nôtre. Une plume empreinte d’une multitude d’émotions qui m’a fait frémir.

 

Un étonnant roman à découvrir pour tout un tas de belles raisons !

 

En bref :
* Un roman ado à lire dès 14/16 ans sans aucun souci
* Un thème sur l’immigration percutant
* Un anti-héro attachant et très sympathique
* Un roman interrogeant le lecteur sur notre société
* Une très belle découverte