LA NUIT DES ANGES, un thriller de Anna Tommasi.

THRILLER PSYCHOLOGIQUE

Éditions Préludes

#Babelio

Alice, jeune mère divorcée, décide après dix ans d’absence de revenir à Perros Guirec, la ville de son enfance. Elle espère en profiter pour retrouver sa famille,  des paysages familiers, et laisser derrière elle un passé douloureux. Mais dans ce coin de Bretagne chargé de souvenirs, l’angoisse s’installe rapidement : ses parents sont devenus des étrangers, son amour de jeunesse  est obsédé par l’enlèvement de sa sœur, qui a eu lieu vingt-cinq ans plus tôt, et les visages jadis connus  ne sont plus que des fantômes. Bientôt, c’est toute la ville qui est secouée d’un vent  de panique avec la disparition d’une fillette.
Le début  du cauchemar pour Alice, embarquée malgré elle dans une enquête à double vitesse, entre le passé et le présent…
Dans ce premier roman au rythme effréné, Anna Tommasi joue habilement avec le malaise, la perte de repères  et le poison des secrets enfouis. Un thriller maîtrisé  de bout en bout, impossible à lâcher !

 

Ma note : 5/5
Nouveauté 2022
320 pages
Disponible au format broché et numérique

 


MON AVIS

Voici un premier roman totalement sensationnel. Un premier roman prenant, angoissant et surtout porté par une héroïne tourmentée.

 

Alice n’a plus remis les pieds dans son village natal depuis de nombreuses années. Les souvenirs y étaient oppressants et destructeurs. Une fois prise par sa vie d’adulte et de mère, revenir ici ressemblait à une mission périlleuse. Fraîchement divorcée et accablée par son rôle de maman d’un enfant très particulier, elle ressent le besoin de revenir aux sources. Et c’est lors d’une occasion bien triste qu’elle décide de sauter le pas et de mettre de côté tous ses doutes.

 

Les embruns de l’océan et ses paysages apaisants enchantent Alice et son fils. Elle y retrouve son père, un brin soucieux, et sa mère fidèle à elle même, des amis et son amoureux, Teddy, de jeunesse. Une jeunesse bouleversée par la disparition tragique de sa meilleure amie. Les souvenirs rejaillissent tel un mauvais clown de sa boîte et la disparition d’une petite fille rallume le brasier de la folie et de la méfiance.

 

Entre passé et présent, Anna Tommasi instille une ambiance glaçante et inquiétante. Pas après pas, le lecteur se trouve plonger dans un récit surprenant. Les rebondissements s’enchaînent insufflant une atmosphère angoissante. Des indices s’égrènent lentement mais tiennent en haleine. Une certaine aura se dégage de ce thriller. J’ai vite été prise dans un étau glauque et malsain. D’un côté nous savons que nous avons à faire à un individu (non genré) qui représente la menace et de l’autre nous suivons avec frénésie les découvertes d’Alice et de Teddy. Le fils d’Alice a un rôle particulier dans le scénario et dans mon cœur. Un garçon atypique et à l’intelligence hors norme. Il instille une certaine pureté qui vient contrecarré la noirceur ambiante. Alice est une femme prise au dépourvu et surtout à un tournant crucial de sa vie. Elle a un besoin vital de reconnaissance et de gros câlins. Au niveau intrigue, je pense que je suis passée par tout un tas de suppositions qui ne se sont pas révélées justes. Et pour moi c’est le gros point positif d’un excellent thriller. Baladé le lecteur, distillé des indices qui nous font tourner en bourrique et surtout un final explosif, tout autant d’éléments que j’apprécie grandement. 

 

En bref :
* Une intrigue haletante
* Des personnages charismatiques et secrets
* Un thriller détonnant
* Un premier roman entièrement réussi
* Un final tonitruant
* Un fil rouge inquiétant et scotchant
 
Un immense coup de cœur pour le premier thriller psychologique d’Anna Tommasi qui nous mène par le bout du nez tout du long. C’est toujours délicat et bouleversant de mettre en scène la disparition d’enfants et Anna Tommasi a le talent de nous tordre les tripes.

 

Foncez !

DE L’OR ET DES LARMES, un thriller de Isabelle Villain.

THRILLER

Éditions Taurnada – Collection le tourbillon des mots


Jean-Luc Provost, le très médiatique entraîneur de gymnastique français, meurt dans un accident de voiture. La thèse du suicide, à seulement six mois des prochains jeux Olympiques de 2024, est très vite écartée. L’affaire, considérée comme sensible et politique, est confiée au groupe de Lost.
Pourquoi vouloir assassiner un homme qui s’apprêtait à devenir un héros national ? Rebecca et son équipe se retrouvent immergées dans un monde où athlètes et familles vivent à la limite de la rupture avec pour unique objectif l’or olympique. Ils sont prêts à tous les sacrifices pour l’obtenir. Jusqu’au jour où le sacrifice demandé devient insurmontable…

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2022
256 pages
Disponible au format numérique et poche

 


MON AVIS

Je suis très heureuse de retrouver Rebecca Lost dans cette nouvelle enquête policière.

 

Mon avis sera très succinct au risque de spoiler l’intrigue et ça serait vraiment dommage. Immergé dans le milieu sportif, le groupe de Lost va être confronté à un monde secret, sélect et mutin. Pourtant la résolution de cette enquête est attendue avec impatience. Pas après pas, entrevues après entrevues, un motif se révèle et c’est la douche froide. Les gymnastes osent braver l’omerta.

 

Isabelle Villain s’empare d’un sujet très sensible et surtout très tabou, même si à l’heure actuelle, les instances concernées tendent à renouer une certaine confiance. Le monde des sportifs professionnels et de haut niveau est un monde à part. La convoitise, la jalousie mais aussi l’entraide, le soutien sont parties prenantes d’un quotidien ordonné au millimètre prêt et où les initiatives personnelles sont rarement entendues. Le coach est ce genre de Dieu auquel le sportif s’en remet quoiqu’il en coûte. Un cercle fermé et sélectif où dès leur plus jeune âge, les adolescents sont coupés de la famille. Isabelle Villain explore ce monde et ses dérives avec une certaine empathie et honnêteté. Une immersion difficile où  la vérité est cruelle. L’auteure nous offre un thriller psychologique bouleversant et surtout prenant où l’envie de justice est juste plus forte cessant ainsi toute souffrance. Coupable, victime, tout se mélange dans une réalité malléable et sombre.

 

En bref :
* Un thriller psychologique immersif
* Des personnages aux abois
* Une intrigue trépidante et douloureuse
* Un monde sportif et exclusif faisant écho à une réalité silencieuse
 
Une nouvelle fois la plume d’Isabelle Villain accapare le lecteur et le pousse toujours dans ses retranchements. Un thriller prenant et exigeant pour une vérité écrasante et bouleversante.

 

Une nouvelle recommandation pour les adeptes du genre, à découvrir sans hésitation !

LA FAUSSAIRE, un thriller de Patricia Delahaie.

THRILLER PSYCHOLOGIQUE

Éditions Belfond Noir

Masse Critique #Babelio


Elle était sa vie, son amour, sa Marylin. Il a exaucé tous ses vœux. Même le pire.
Avec ce premier roman enlevé et tragique inspiré d’une histoire vraie, Patricia Delahaie explore la  » banlieue  » du crime, ces zones d’ombre et de lumière qui conduisent un homme plutôt meilleur que les autres à revêtir, petit à petit, un costume d’assassin taillé à sa mesure.
 
La cinquantaine, père et mari aimant, Paul Ménard est un médecin dévoué, rassurant, autour de qui gravitent les habitants d’une bourgade beauceronne. Jusqu’à ce jour de printemps 1997 où son regard croise celui d’une femme éblouissante. Camille.
Peu après, la belle se rend au cabinet médical. Les visites se répètent, Paul succombe. Dîner aux chandelles, timbales de saumon. Camille sait vivre, Camille sait aimer.
Mais Camille est mariée. Un militaire toujours en mission. Un homme dur, indifférent, souvent violent. Paul veut la sauver. Il n’en dort plus, divorce, délaisse ses patients, enrage de sa lâcheté.
13 juillet 1998. La France est championne du monde. Et le docteur Paul Ménard prend une décision irréversible…

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2022
368 pages
Disponible au format numérique et broché

 


MON AVIS

Patricia Delahaie s’empare d’un fait divers qui a lieu en 1998 et qui avait défrayé la chronique. Rappelez-vous « les amants diaboliques d’Orgères ».

 

S’inspirant largement de ce dossier, l’auteure explore les méandres du conscient et de l’inconscient au cœur d’une intrigue palpitante et déroutante.

 

Un homme, médecin apprécié, époux sans reproche, père absent mais dont les rares instants partagés avec ses enfants sont de magnifiques souvenirs, Paul Ménard va tomber.

 

Une rencontre fugace mais marquante. Cette femme, Camille, à l’image de Marilyn Monroe va tout faire pour plaire à Paul. Des mots, des gestes, une lente lamentation qui exacerbent ce sentiment du sauveur et qui peu à peu le fait basculer dans cette sorte de frénésie malsaine où seule la mort est la clef.

 

Ce roman noir est loin d’être un roman d’action où les rebondissements s’échelonnent pour un rythme endiablé. Au contraire l’auteure prend le temps d’insuffler les bases de la manipulation, d’intensifier cette sensation d’oppression et de mettre en place le final convoité. L’aspect psychologique est très intense. Les petits détails façonnent toute cette machination machiavélique. Paul Ménard apparaît comme un homme sincère, sensible et terriblement épris. Un homme qui semble être la proie idéale. Camille, d’entrée, met mal à l’aise. En tant que spectateur, il est évident de mettre les doigts sur les failles. Les doutes s’installent rapidement et trouvent écho tout au long de la lecture. Un portrait alambiqué d’une femme saisissante, impétueuse mais surtout manipulatrice et affabulatrice.

 

Les chapitres s’organisent autour de témoignages, de procès-verbaux, d’auditions, du présent et du futur (le procès), conférant ainsi une vue complète de la situation.

 

Vous ne trouverez aucune intrigue hollywoodienne ni un scénario époustouflant. Un roman noir dans la pure tradition où les deux personnages sont au cœur du récit.

 

J’ai beaucoup apprécié la manière dont l’auteure s’est approprié le fait divers incluant certaine liberté tout à fait appréciable. La fiction étant le moteur du livre. La prise de conscience des actes, le « après » sont aussi explorés avec pertinence. Un roman qui se dévore.

 

En bref :
* un roman noir où l’aspect psychologique des personnages est le moteur de l’intrigue
* des personnages antonymes
* des portraits émouvants et captivants
* une fiction complète et accaparante
 
Un premier roman prometteur où les scissions psychologiques parfont une intrigue médiatique et de tous les possibles.

SPHÈRE, un thriller de Florent Rigout.

THRILLER FANTASTIQUE

Éditions L’Alchimiste


Lieutenant au Service des violences domestiques, Franck Bassa est soudainement catapulté sur une affaire de meurtre, celui d’un physicien du SNOLAB, le célèbre Centre d’études sur les neutrinos.
Le flic retrouve vite ses vieux réflexes. Armé de méthodes peu conventionnelles, en proie à son passé et en quête de rédemption, il plonge dans cette enquête obscure.
 
Pourquoi avoir tué ce physicien ? Sur quoi portent réellement les recherches du SNOLAB ? Pourquoi des sbires d’une multinationale tentaculaire le pourchassent-ils ?
Et pourquoi un gamin se découvre-t-il subitement surdoué, écrivant sur les murs des équations dignes des plus grands mathématiciens du monde ?
Noyé au milieu de la Physique de l’Intelligence Artificielle, Franck Bassa s’enfonce dans la plus folle enquête de sa vie, prêt à tout pour découvrir le lien qui unit tous ces mystères.
Dans ses histoires, Florent Rigout explore le domaine de l’hypothèse, cet infime halo de brouillard à la frontière entre science et science-fiction, entre savoir et philosophie. De là, il espère poser humblement quelques mots sur l’inexpliqué et amener de l’eau au moulin des rêves.
« Sphère » est son troisième roman.

 

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
333 pages
Disponible au format numérique et broché

 

 


MON AVIS

Si le départ a été laborieux notamment quant la mise en place parfois hasardeuse, la suite a montré que ce thriller méritait un engouement exemplaire.

 

Bassa ancien du GIGN, remisé suite à une blessure invalidante, s’est exilé au Canada suite à une rupture amoureuse douloureuse. Après de long mois de déroute et d’addiction, Bassa se reprend en main, tant bien que mal, et devient lieutenant au service des violences domestiques. Malgré tout, il adore son boulot et ses méthodes quelque fois injustifiées sont à la hauteur des résultats. Son rêve absolu, entrer à la criminelle, mais ce service lui est obstinément refusé. Par un quelconque et heureux hasard, il se voit confier une affaire. Un meurtre dans un laboratoire scientifique, le SNOLAB. Avec son air bougon et pas franchement avenant, Bassa saute de joie. Très vite il retrouve les sensations oubliées et les réflexes d’antan. Mais Bassa est loin de clore cette affaire qui n’est qu’une ramification de quelque chose de beaucoup plus grand.

 

Ainsi Bassa se trouve projeter dans une enquête hors norme où les corps s’amoncellent et où la vie d’une adolescent est mis en péril. Mais il ne s’attendait certainement pas à affronter « la main de Dieu ».

 

Voici un thriller bien sympathique malgré un début décousu et répétitif. Bassa est un personnage charismatique, râleur, emmerdant, malgré tout attachant, têtu, brusque mais on ne peut lui enlever sa générosité et son empathie. Florent Rigout met en place son intrigue doucement. Il faut dire qu’elle évolue dans le monde scientifique. On peut compter sur Bassa pour vulgariser tout cet imbroglio de charabia inaccessible au commun des mortels. Bienvenue dans le monde ultra select de neutrino et de noosphère. L’intrigue s’intensifie et s’étoffe, et c’est là que le thriller devient intéressant. De nombreux rebondissements jalonnent le processus intellectuel indu à l’enquête. Et rapidement j’ai pu entrer dans cette histoire totalement dingue. Entre spiritisme, philosophie, réel et hypothèse, l’intrigue prend un chemin totalement inattendu. J’ai pu apprécier tout le développement au sein d’indices présageant le pire. J’ai adoré tout l’aspect scientifique qui est vulgarisé. Les quelques sauts dans le passé donnent une dimension spatio-temporel agréable malgré le peu d’approfondissement. L’action devient omniprésent conférant ainsi le rythme adéquat à ce très bon thriller qui je pense est le premier d’une saga (?).

 

En bref :
  • un monde hyper intéressant si vous n’avez pas peur des mathématiques et de la physique
  • un personnage totalement irrésistible
  • une intrigue laborieuse et qui tient en haleine
  • une réflexion intense quant aux conséquences sur l’utilisation abusive d’avancé technologique
  • une écriture incisive et accaparante
 
Une très belle découverte pour moi. J’ai passé un agréable moment et j’espère vivement qu’il y aura une suite aux aventures de Bassa.

 

A découvrir sans aucun doute. J’espère que vous l’apprécierez autant que moi.

LES YEUX D’IRIS, un thriller de Magali Collet.

THRILLER PSYCHOLOGIQUE

Éditions Taurnada – Collection Le Tourbillon des mots


Un meurtre et un suicide. Trois hommes. Trois femmes. Des retrouvailles. Un pacte. Tout se paye, même l’amitié.

Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
244 pages
Disponible au format numérique et poche


MON AVIS

Trois hommes, trois femmes, liés par un événement tragique, la violence.

 

Morgane s’est exilée après une déception amoureuse en Irlande. Entre guide et leçons de français, elle s’est épanouie. C’est le cœur lourd mais l’âme en paix qu’elle rejoint la France après cet appel téléphonique qui lui a rappelé son engagement. De retour chez son frère Fred, tout semble aller pour le mieux. Mais cette tranquillité n’est qu’une façade qui masque à merveille la colère de son frère et l’amertume de Morgane. Quelques jours après son arrivée, les choses sérieuses débutent. Un repas et quatre convives atypiques : Julie la pimbêche, Bastien le vicelard, Audrey la timide et Mickaël le friqué. Entre eux les rires fusent, les discussions s’emballent, les yeux charment, les gestes aguichent et les mots se murmurent comme un rappel à l’ordre. Un manifeste où les états d’âmes n’auront pas de place, il est temps de passer à l’acte, la vengeance est un plat savoureux mais qui se mange froid. Tout est prêt, les souvenirs à fleur de peau, les yeux haineux et les corps armés. Qui vivra verra, le chaos absolu.

 

Je découvre la plume de Magali Collet . Une écriture rythmée et acerbe qui n’a pas son pareil pour décrire l’horreur sous toutes ses coutures. La violence latente, la violence physique, la violence psychologique, un mélange détonnant que s’empare Magali Collet avec non pas une certaine retenue mais avec une force démoniaque. Les événements sombres s’enchaînent dans un dédale sans fin. Ils éclatent, éclaboussent, arrachent le peu d’espoir. Un maelstrom de flash back, de mots, de scènes, de rires, de douleurs et d’espoir celui gravé dans les ténèbres, un pacte où l’ultime but sera la liberté. Les chaînes de l’intrigue se resserrent impitoyablement sur les personnages jusqu’à l’essoufflement qui surgira d’entre les balles. Magali Collet mène avec brio son thriller psychologique. Captivant, je me suis laissée entraîner tout au long de cette intrigue qui je ne vous cache pas, m’a totalement scotchée. Je regrette immensément ce final ouvert à toutes suggestions et conjectures. Magali Collet s’attaque à des sujets extrêmement sensibles où la violence est le maître mot, l’amitié fait figure d’ancre dans la réalité. Un thriller qui monte crescendo pour nous surprendre littéralement.

 

Une très belle découverte malgré une fin bancale.

 

Vous n’êtes pas prêt de voir ce qui se cache derrière les yeux d’Iris.

 

LES EAUX NOIRES, un thriller de Estelle Tharreau.

THRILLER PSYCHOLOGIQUE

Éditions Taurnada – Collection Le tourbillon des mots


Lorsque les eaux noires recrachent le corps de la fille de Joséfa, personne ne peut imaginer la descente aux enfers qui attend les habitants de la Baie des Naufragés. L’assassin restant introuvable, à l’abri des petits secrets et des grands vices, une mécanique de malheur va alors tout balayer sur son passage…
Les révélations d’un corbeau, la détresse d’une mère et le cynisme d’un flic alimenteront l’engrenage de la rumeur, de la suspicion et de la haine. Joséfa réussira-t-elle à survivre à la vérité ?

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
285 pages
Disponible au format numérique et poche

 


MON AVIS

Joséfa déjà veuve vient de perdre son unique fille. Recrachée par la mer, le corps, vêtu de dentelle, a souffert. Joséfa déjà désœuvrée par une vie difficile va se laisser couler dans les limbes, ensevelie dans le noir le plus sombre et se raccrocher à cette seule idée, question : qui est le meurtrier. Joséfa est ainsi dire « une morte-vivante ». Sa peine a pris possession de son corps et elle en fait son œuvre la plus belle. Elle devient la femme désespérée, folle que tout le monde redoute. Son rituel quotidien est un fil auquel elle est relié, un monde qui à tout moment peut céder. Les mois filent et les réponses ne viennent pas. Les nuits succèdent au jour de l’enfer. Quelques portent finissent par s’ouvrir : une mallette contenant une écharpe et un bijou et des voisins qui semblent en savoir davantage sur la vie de sa fille. Alors que surgit un corbeau, ses messages vont réveiller les démons. Joséfa en sera le vecteur. Les enfers enflent et se répandent aussi vite dans cette ville du bout du monde, prémices d’un mal bien plus sournois.

 

Estelle Tharreau signe un nouveau thriller psychologique qui a le mérite de défriser. Cette fois-ci l’aspect psychologique est davantage mis en avant. Chaque personnage est minutieusement et finement construit. L’atmosphère est dès le départ froide avec la description de cette ville sans charme coincée entre deux montagnes et une mer sombre. L’essentiel du thriller se déroule sur le bord de mer désuet voire frappé de malédictions. Un lieu austère, froid, abandonné, loin de tout, surplombé par cette mer agitée, noire. Une sorte de huis clos sensationnel.  Il n’y a pas véritablement d’actions, proprement dit, mais elle se révèle plutôt dans les mots insufflés, les messages du corbeau, les différents échanges. Ainsi le rythme est plutôt essoufflé permettant à l’intrigue de s’étoffer pas après pas dans une certaine langueur. Paradoxalement, c’est cette intrigue qui va captiver, entraver, le lecteur sans le lâcher jusqu’au point final. C’est dans ce sens qu’Estelle Tharreau nous offre un thriller bien différent de « la peine du bourreau » mais tout aussi immersif. Un thriller qui explore la condition humaine dans ses travers, qui joue avec la vérité et qui se pare de son plus bel atout pour vous séduire.

 

Un thriller détonnant et captivant, vous ne regarderez plus vos voisins du même œil. Allez donc savoir quels secrets cachent-ils.

LES TROIS ÉPOUSES DE BLAKE NELSON, un thriller de Cate Quinn.

THRILLER

Éditions Cité de la Presse – Collection Sang d’Encre

Traduit de l’anglais par Maxime Berré
#Babelio

Blake Nelson est retrouvé mort dans le désert. La police soupçonne sa femme l’avoir tué. Mais laquelle ?
RACHEL, PREMIÈRE ÉPOUSE
« Pardonne-moi, Seigneur, j’ai menti à un policier aujourd’hui. Je lui ai dit que Blake n’avait jamais levé la main sur moi. »

TINA, SŒUR-ÉPOUSE
« Quand les flics m’ont embarquée, j’ai cru qu’ils nous arrêtaient pour polygamie. À Vegas, je me faisais arrêter pour racolage. Ici, c’est parce que je suis mariée. »
EMILY, SŒUR-ÉPOUSE
« “ Tu peux être toi-même ici ”, m’a dit Blake. Ce qu’il voulait dire, je pense, c’est que je pouvais être à lui. »
Contre la volonté de sa famille et les règles de l’Église mormone, Blake Nelson a épousé trois femmes. Tous les quatre vivent dans un ranch miteux perdu au beau milieu de l’Utah, dans l’attente de la Fin des Temps. Personne ici ne les dérangera. Jusqu’à ce que le corps de Blake soit retrouvé dans un sale état.
Bienvenue chez les mormons !

 

Ma note : 4/5 mention « à découvrir »
Nouveauté 2021
536 pages
Disponible au format numérique et broché

 


MON AVIS

Et bien voilà un thriller qui m’a fait passé un super moment de lecture !

 

Construit comme un roman choral, LES TROIS ÉPOUSES DE BLAKE NELSON, nous plonge au cœur du quotidien d’une famille mormone atypique puisqu’elle est polygame. Trois épouses au profil totalement différent. Rachel, la première épouse, est celle qui compte le plus dans le couple. Le mari doit en principe se référer à son avis pour l’arrivée d’une nouvelle femme et autres éléments conjugaux. Rachel est une femme qui se cache derrière des principaux moraux qu’elle a acquis tout au long de son enfance et qui n’avaient rien de normal. Rachel est une femme stricte et dure, soumise aux désidératas de son mari. Ils vivent dans un ranch perdu en plein désert de l’Utah où il se préparent à la fin du monde comme indiqué dans la bible des Mormons.

 

Emily, la seconde épouse, est une jeune femme élevée selon le dogme du catholicisme. La misère a toujours accompagné sa vie, elle qui rêvait de paillette, du grand amour. Sa vulnérabilité a séduit Blake. Son côté enfantin et nubile n’est pas du goût de Rachel qui lui reproche son côté mensonger et loufoque.

 

Tina, la troisième et dernière épouse est à l’image de ces femmes dévergondées qui aiment le sexe à outrance. Elle a grandi dans les rues de Vegas entre défonce et passe.

 

Vous en conviendrez que ces trois femmes sous le même toit est propice à des scènes de ménage sensationnelles et épiques. Alors lorsqu’il est découvert le corps sans vie de Blake au bord de la rivière et à moitié dévoré par les bêtes sauvages, les soupçons fleurissent aussi vite qu’un orage. Mais l’inattendu subvient et les trois épouses pourraient devenir les meilleurs amies dans la douleur et la mort.

 

Cat Quinn signe un premier thriller d’une très grande qualité et remarquable par son style d’écriture et par son scénario. La communauté des mormons est un sujet qui me passionne dans la littérature et Cate Quinn l’aborde avec précision grâce à un tas de détails qui font la force de ce thriller. L’authenticité est pour moi un gage de qualité que j’aime retrouver dans mes lectures. Le thriller se construit tout autour de ce culte et de ces trois épouses. Comme je le signifie plus haut, les points de vues s’organisent tel un roman choral. L’intrigue et les rebondissements se forment ainsi au rythme des personnages, des découvertes et des suspicions, du passé et du présent. Un excellent thriller qui ne serait rien si le final ne serait pas explosif et stupéfiant. J’ai apprécié les trois épouses pour leur différence mais aussi car leur liaison est avant tout chaotique et qu’elle tend à s’apaiser dans des alliances anticonformistes. Elle sont toutes les trois à la recherche de la vérité quitte à déranger le passé pour mieux avancer dans cette quête qui ouvre les portes de l’enfer. Au-delà de l’intrigue, il est question d’amitié et d’humanité qui dépassent la question du culte.

 

Un thriller captivant qui se dévore facilement, au cœur d’un monde où les apparences sont aussi effroyables que la réalité.

 

A découvrir sans aucun doute !

 

THE LAST ONE TO DIE, un thriller fantastique de Cynthia Murphy.

LITTÉRATURE JEUNESSE

Éditions Slalom

Traduit de l’anglais par Timothée Roblin


Elle pensait vivre le meilleur été de sa vie… ce sera peut-être le dernier.
Niamh, 17 ans, a travaillé comme une dingue pour pouvoir se payer des cours d’été dans la plus grande école d’art dramatique de Londres. Elle s’imagine découvrir une ville accueillante mais se heurte à une ambiance glaçante :
de nombreuses jeunes filles, dont ses nouvelles amies, se font violemment agresser. Toutes ont le même profil, celui de Niamh… qui va se retrouver au cœur du plus effrayant des films d’horreur !
Un thriller haletant sur fond de légendes urbaines.
 

Ma note : 3/5
Nouveauté 2021
272 pages
Disponible au format numérique et broché

 

MON AVIS

THE LAST ONE TO DIE aurait pu faire partie de ces coups de cœur mémorables mais malheureusement et j’en suis convaincue, ce thriller n’était pas du tout fait pour moi. Mais, peut-être, vous, vous y succomberiez !

Niamh a toujours voulu être actrice et son rêve est sur le point de se réaliser. Direction Londres pour un été qu’elle a longtemps convoité. Un été dans la plus prestigieuse école d’arts dramatiques. Niamh, à force de travail, a pu s’offrir ce stage. Dès son arrivée dans la capitale, elle est subjuguée par toute cette euphorie. Alors qu’elle attend pour l’attribution de sa chambre sur le campus, elle est abordée par une fille de son âge. Elles font rapidement connaissance et se dirigent chacune vers leur chambre respective. Dans la confusion Niamh a pris des documents de sa nouvelle amie et décide donc de lui rendre. Mais une effroyable découverte l’attend dans la chambre de son amie, son cadavre. Ainsi commence ce périple londonien. Ne se laissant pas abattre Niamh décide de rester sur place et de profiter au maximum de son stage. Malheureusement ceci n’était que les prémices d’une suite de morts inexpliquées.

Court-elle un véritable danger en restant ici ?

Cynthia Murphy nous plonge dans un Londres lugubre où sa jeune héroïne va devoir faire face à l’inexplicable. Sous fond de légendes urbaines, Niamh et ses ami.e.s, au périple de leurs vies, vont être confrontés à la mort, à la magie et à l’horreur. Ce thriller fantastique s’adresse à un lectorat jeune. Mes attentes concernant le thriller fantastique sont trop élevées pour me satisfaire complétement (seul Cédric Sire est à mes yeux au top level). Et ceci explique en grande partie pourquoi je n’ai pas été entièrement satisfaite. Pourtant tous les ingrédients sont là pour vous envoûter en un claquement de doigt. Une héroïne paniquée et au bord du gouffre qui tient malgré tout à rester et, en quelque sorte, à affronter cette chose qui lui pourri son existence. Des personnages secondaires qui l’épaulent à leur manière. Un flic qui tombe pile-poil au moment opportun. Un décor qui laisse songeur. Un cimetière qui fout la trouille. Et des morts, beaucoup de morts. La disparition d’objets insolites. Et une légende urbaine qui semble véritablement réelle. Les rebondissements s’enchaînent sans hésitation et le final, effectivement est la hauteur : explosif, sanglant, horrible et effrayant. Tout est réuni pour vous faire passer un moment glaçant de lecture. Une écriture qui sait vous faire frémir et qui va, certainement, vous hanter pendant trèèèèèèèès longtemps.

Une lecture que je conseille vivement pour les novices.

SUR LES RAILS, un roman de Julien Hervieux.

POLAR

Éditions Filatures


Samuel “Sam” Ramiro est un directeur marketing déchu suite à un scandale créé de toutes pièces par son ancien employeur pour laisser son poste à son fils. Pour maintenir son train de vie et prendre sa revanche sur une société qui l’a publiquement humilié, Sam décide de devenir conseiller pour… l’économie souterraine. De la prise de contact avec un petit dealer jusqu’à la transformation de son réseau en véritable entreprise criminelle à succès, le livre est inspiré de faits réels…
 
Ma note : 4,5/5
222 pages
Nouveautés 2021
Disponible en numérique et broché.

 


MON AVIS

Ce roman est une véritable et sacrée surprise. Julien Hervieux explore l’économie souterraine d’une manière atypique. Le résultat est époustouflant et le roman ne manque pas de rythme et de rebondissements.

 

Sam a baigné toute sa vie dans le monde du marketing. Placer un produit, la publicité adéquate, les arguments, les mots, le packaging, il sait utiliser tous ces éléments dans le seul but d’enrichir l’entreprise sans état d’âme. Licenciement licencieux, Sam ne baisse pas pour autant les bras. Il connaît son métier sur le bout des doigts et même si la société lui a tourné le dos, il va s’en remettre au petit banditisme.

 

Sa cible, un jeune de la cité. Son profil a retenu son attention.
A sa sortie de prison, il se voit accoster par cet homme terriblement bien apprêté qui lui propose un business surprenant. Le rejetant un premier temps, il va toutefois reconsidérer son plan.

 

Mais le parcours pour atteindre des objectifs hors normes va être semé d’embûches. Contrôler le quartier, recruter des personnes de confiances, écouler la marchandise ne sont pas des choses faciles. Oui mais il a Sam comme associé, alors tout est possible.

 

Bienvenue dans les entrailles du marché souterrain. Sous fond de trafic de drogues, Julien Hervieux nous plonge dans un monde inconnu. Entre manipulations et règlements de compte, cet univers de violence et de concurrence est tout aussi attrayant et abject. Julien Hervieux décortique les mécanismes de ce monde parallèle. Le duo marche à la perfection. A juste mesure, l’un s’entête à avoir le pouvoir sur l’autre. Un tandem surprenant et une méthodologie à toute épreuve. Les frissons s’invitent tout au long du roman et les rebondissements ont cette tendance à accaparer le lecteur. Une plume efficace et qui a su créer une atmosphère particulière. Les personnages sont pour l’un mystérieux et machiavélique et pour l’autre fougueux, dangereux et imprévisible. Un scénario captivant qui m’a tenu en haleine tout au long des chapitres. L’univers des trafiquants est bien jugé, en tout cas, cela correspond  aux idées que j’ai pu me faire par rapport à des séries télé ou documentaires. Ce dernier est loin d’être glauque ou sanglant mais on ressent rapidement la tension qui augmente. Un certain humour noir s’invite dans les chapitres conférant à certaines situations un aspect burlesque et à d’autres un aspect sombre.

 

Julien Hervieux nous propose un polar totalement atypique, notamment par un scénario hors-norme et des personnages à la hauteur de leurs rôles. Une lecture qui m’a captivé du départ à la fin qui bien évidemment nous en claque une bien bonne.

 

A découvrir sans aucun doute !

 

TRANSACTION, un thriller de Christian Guillerme.

THRILLER

Éditions Taurnada

Collection le tourbillon des mots

Un site de petites annonces en ligne comme il en existe des dizaines. L’arnaque de trois amis, noyée parmi des milliers de bonnes affaires. Un individu dangereux qui sommeille au milieu des acheteurs potentiels. Quelle était la probabilité qu’ils se croisent ? Transaction… l’engrenage fatal est enclenché !
 
Ma note : 2,5/5
Nouveauté 2021
250 pages
Disponible en poche et numérique

 


MON AVIS

Aïe voici un avis qui va piquer ! Il m’arrive, parfois, de sortir de ma lecteur totalement mitigée et c’est ce qui s’est produit avec le dernier thriller de Christian Guillerme. La quatrième de couverture envoie du lourd mais c’est sans les paillettes dans les yeux que j’ai refermé le livre.

 

Décor, simple, basique, la citée-banlieue avec ses tours décrépies et toute la désolation que l’on peut y trouver. Trois potes qui se connaissent depuis les bancs du primaire : la meuf victime de violence conjugale, le blanc qui zone toute la journée à la recherche d’un emploi, et le troisième (en surpoids et de couleur) qui travaille dans la même entreprise que son père. Ce dernier s’est fait avoir en achetant un produit sur un site qui bien évident n’est absolument pas conforme à ses attends. Encouragé par ses deux autres potes, il met à vendre cet objet sur un site également dans le but de refourguer la mauvaise came à un autre pigeon. Et là, bingo ! Voilà que l’affaire se conclut. Oui mais le pigeon est un brin psychopathe !

 

L’idée est originale il n’y a pas de doute. Mais (oui il va en avoir plusieurs), malgré la plume totalement addictive de Christian Guillerme qui en met plein les yeux et qui accroche avec tout un tas de rebondissements, la magie n’a pas du tout opéré.

 

Dés le départ je me trouve projeter dans un début confus qui part dans tous les sens. L’entrée en matière est perturbante et j’ai quand même compris pourquoi après quelques chapitres. Christian Guillerme a choisi une manière atypique (quoique pas nouvelle) d’aborder son scénario. Pourquoi pas, je ne suis pas contre ce procédé du moment que cela fonctionne. Mais ce sentiment de confusion persiste et ça, ce n’est pas bon signe !

 

J’embraye, je passe la seconde et la c’est la Bérézina. Les personnages principaux sont d’une caricature affligeante. J’ai en face de moi un roman social qui va, tout de même dans une moindre mesure, détailler la vie dans la cité et tout le tralala. J’avoue que là, j’ai eu du mal, beaucoup de mal. Je conçois que cela permet de mieux discerner l’état d’esprit et leurs traits de caractères. Mais non, ça ne fonctionne pas !

 

Je suis dure aujourd’hui 😦

 

A la troisième vitesse, je suis face à un psychopathe, un vrai de vrai, qui enterre ses victimes dans son jardin. Sa montée en puissance fait flipper. Calculateur, manipulateur, sa vengeance est terrible et disproportionnée (oui mais c’est un psychopathe alors va donc … pour la terrible vengeance sanglante !).

 

J’essaie de ne pas être narquoise 😦

 

Mon tout, fait un ensemble très bancal à mes yeux. Un thriller/roman social, c’est pas du tout ma came. Et malgré toutes les fois où je me suis refaite l’histoire (oui ça m’arrive tout le temps), je n’ai trouvé aucun élément auquel me rattacher et me dire « ah ouais, ça c’est top! ». J’avais beaucoup aimé Urbex Sed Lex et je lirai son prochain sans aucun doute. Je n’aime pas m’arrêter sur un avis aussi mitigé que celui d’aujourd’hui. Je n’étais pas au rendez-vous avec Transaction. Je ne peux toutefois que vous invitez à vous faire votre propre avis (surtout que tous les autres avis sont flatteurs). Vous apprécierez, sans doute, le rythme, les rebondissements et l’atmosphère angoissante qui s’égraine au fil des pages jusqu’à son apothéose.