PIGALLE, 1950 une bande dessinée de Arroyo et de Christin.

POLICIER

Éditions DUPUIS – Collection Aire Libre


Antoine, dit « Toinou », décide de plaquer son Aubrac rural pour le Paris rutilant des années 1950. À 18 ans, il découvre avec stupéfaction les charmes de Pigalle, en particulier ceux des danseuses du cabaret « La Lune Bleue », dans lequel il va travailler. Pris sous l’aile du patron, « le Beau Beb », il va ainsi faire la rencontre de personnages hauts en couleur tels que « Pare-brise », le comptable, « Poing-barre », le videur, ou encore Mireille, la vendeuse de cigarettes…
Mais à trop fréquenter le monde de la nuit, le naïf jeune homme va vite se retrouver plongé dans de sombres histoires de grand banditisme, dont la violence va profondément changer son existence… Toinou brûlera-t-il son innocence à la lumière enivrante de sa nouvelle vie ?
Un grand album « Aire Libre » signé Christin et Arroyo, entre polar et évocation nostalgique du Paris éternel.

Ma note : 4/5
Nouveauté 2022
152 pages
Disponible au format numérique et broché


MON AVIS

L’après-guerre, les campagnes qui se dépeuplent attirées par les villes où la fortune sourit aux plus malins. Les conditions rudes de l’Aubrac l’ont poussé vers Paris où il rejoint son oncle qui pourra l’héberger et lui donner un travail. Il découvre un Paris vivant et fourmillant, une ville cosmopolite, Pigalle et ses spectacles. Peu à peu il s’impose à « la lune Bleue », cabaret renommé. Il y devient l’homme à tout faire. Mais très vite il découvre l’envers du décor. Le banditisme, les manipulations, les complots, l’argent. A cause de son air campagnard, il tombe rapidement dans des mains peu scrupuleuses, lui coûtant son grand amour.

 

Un scénario tout aussi passionnant que déroutant. La vie d’un simple jeune homme qui finalement n’a rien demandé se retrouve au pire moment au mauvais endroit. Portrait de la douce folie d’un monde libéré. Entre manigance et charme, Pigalle, quartier exubérant où tout le gratin se retrouve et manigance. J’ai beaucoup apprécié le scénario et surtout les illustrations qui dans leurs grandes simplicités touchent et bouleversent. Les émotions fleurissent ici et là tout au long des planches. Tel un diaporama, l’histoire se vit avec une belle intensité. Les illustrations dichromes confèrent ce style vintage atypique.

 

Une histoire émouvante portée par un personnage captivant et des illustrations magnifiques. Quel travail !

L’AFFAIRE DR JEKYLL ET MR HYDE, un roman de Ali Mesbahi.

POLAR

Éditions Original Kobo

Masse critique #Babelio

Je m’appelle Raphaël Token, je suis journaliste d’investigation, spécialisé dans les enquêtes criminelles. J’ai une prédilection pour les affaires de meurtre. Le journal vient de m’envoyer à Tanger couvrir une affaire sensible. Mais je me suis pris les pieds dans le tapis : je viens de tuer deux gars.
 
Je ne vous l’ai pas dit, mais je souffre d’une maladie. Ils disent que je suis bipolaire, moi je pense que je suis envoûté. Des troubles de la personnalité qui me déconnectent de moi-même et me font perdre le contrôle. C’est mon côté Hyde. Et, croyez-moi, je déteste ce côté obscur. Malheureusement, je crois que Tanger est trop petit pour mon double « je ». Alors, je colore la ville blanche d’un sang rouge. Je ne sais pas comment m’en tirer cette fois. Comment me protéger de ce monstre ? Et comment me protéger de cette ville aux énergies folles ? Tanger est une créature redoutable.

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2022 (réédition)
148 pages
Disponible au format numérique, audio et broché

 


MON AVIS

Voici une lecture redoutable, terriblement redoutable et dépaysante. Découvrir Tanger au côté d’un criminel, c’est assez insolite pour le souligner.

Raphaël se rend à Tanger dans le but d’écrire un papier pour son journal. Spécialisé dans les enquêtes criminelles, il est tout à fait disposer à tirer le portrait du célèbre Barbier. Raphaël est un homme bien sous tous rapports, on lui donnerait le bon dieu sans confession. Pourtant Raphaël bouillonne d’une colère innée et destructrice. Sa bipolarité l’affecte énormément. Ni les médecins ni les médicaments n’ont su canaliser cette folie. Lui est persuadé d’être envoûter.

 

Tanger est la ville de tous les possibles. Ville lumineuse et mystérieuse empreinte d’une culture forte avec de nombreux aspects, Mr Hyde se réveille avec perte et fracas.

 

Du sang, des corps, des amitiés houleuses, une amourette, une quête, Raphaël va vivre tout cela en quelques semaines. Mais la liberté a un coût qu’il devra payer.

 

Ali Mesbahi signe un roman noir totalement hypnotisant. C’est un roman très court qui ne laisse pas de place à la tergiversation. Nous rentrons rapidement dans le vif du sujet. Les rebondissements s’enchaînent entrecoupés de descriptions qui nous plongent avec une certaine aisance dans la ville. Ce roman n’est pas à mon sens un manifeste de cette maladie. La différence est faite de violence et de résiliation. Pourtant l’espoir de ce quelque chose de meilleur émerge au cœur de cette course poursuite. C’est une lecture qui se vit.

 

En bref :
– Une jolie immersion dans le cœur de Tanger
– Un roman noir avec de nombreux rebondissements
– Un personnage borderline
– Une quête effrénée

 

Une jolie découverte dans son ensemble mais si je regrette toutefois quelques redondances et le manque de développement sur certains personnages. Certaines zones d’ombres persistent et c’est bien dommage.

 

Connaissez-vous Tanger ?

JUSTAN LOCKHOLMES, tome 2 : La morsure du serpent, un polar de C.D. Darlington.

POLAR

Éditions Beta Publisher – Tome 2


L’affaire de la Logia a beau être close, elle n’a pas pour autant épargné le fameux Justan Lockholmes.
Un mois plus tard, alors que de terribles cauchemars le hantent, il va devoir reprendre du service aux côtés d’un tout jeune officier de police, et cela, qu’il le veuille ou non !
Un orphelin noyé, une énigme prométhéenne et une pintade bien peu digeste.
Voilà que Justan plonge dans une histoire passablement compliquée !
 
Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
372 pages
Disponible au format numérique et broché


MON AVIS

Je suis très heureuse de retrouver Justan Lockholmes (JL) pour une nouvelle aventure. JL est un jeune homme d’une certaine trempe qu’il a acquis au fil de ses différentes enquêtes. Bel homme, pédant, vaniteux et quelque peu orgueilleux, JL attire autant qu’il rebute. La jalousie en son encontre est souvent légion tout comme l’admiration. Depuis sa dernière enquête, l’affaire de la Logia, JL est victime d’une certaine angoisse pesante qui se manifeste la nuit au cours de violents cauchemars le rendant morose et mal en point. Son majordome a entrepris de l’inscrire à une certaine thérapie innovatrice. JL est loin d’être convaincu. C’est lors d’un dîner mondain que son abattement va disparaître. Rien de mieux qu’un mort sur une table pour se remettre en route. De nouveau associé à Yvan Beaufort qui a pris du grade, cette nouvelle enquête les plonge dans un monde sans cœur et violent.

 

Après un démarrage relativement timide et lent, merci ma mémoire de poisson rouge, j’ai pu rentrer dans l’histoire un fois que j’ai retrouvé mes repères contextuels. Ce second tome se lit avec délice. L’humour grinçant est toujours présent, un peu moins toutefois que dans le premier tome. JL deviendrait-il mature ? L’ambiance est cosy saupoudré d’un léger voile d’inattendu. Les éléments s’enchaînent agréablement bien. L’intrigue s’étoffe rapidement menant vers un final audacieux et dingue. C.D. Darlington maîtrise à la perfection son polar et nous plonge dans une intrigue qui tient parfaitement la route. Concernant le fil rouge commun à tous les tomes, je dois dire qu’il est très mince. Les indices sont rare me poussant à croire que les surprises doivent être nombreuses par la suite. Un cosy mystery totalement addictif et où j’ai pris plaisir à découvrir. C.D. Darlington sait mettre l’eau à la bouche !

 

En bref :
– Une nouvelle enquête haletante
– Un Justan Lockholmes en proie à ses démons mais toujours aussi efficace
– Des personnages secondaires qui n’ont délivré tous leurs atouts
– Une intrigue maîtrisé à la perfection avec de nombreux rebondissements
– Un fil rouge qui s’étoffe
– Un cosy mystery intense à l’humour saisissant
– Une ambiance explosive digne des polars d’Agatha Christie
 
Est-ce que ce genre de lecture pourrait te plaire ?

EGO : Libère-moi, un polar de Maxime Girardeau.

POLAR

Éditions Fayard – Collection Romans Policiers


Dans les décombres d’un violent carambolage en plein Paris, la police découvre des morceaux de corps affreusement mutilés. Contrairement à ses collègues, la capitaine Laurence Milhau, chargée de leur identification, doute que ces morts soient liées à un règlement de comptes.
Soupçons que confirme l’appel de son ancien patron. Après des mois de silence, le commissaire Franck Somerset refait surface pour lui demander un service  : identifier officieusement un jeune inconnu mêlé à la disparition suspecte du fondateur d’une startup nommée EGO.
Pourquoi tant de mystère ? Pourrait-il s’agir des cadavres retrouvés dans l’accident ?
Pour la capitaine Milhau et le commissaire Somerset, c’est une étrange affaire qui s’annonce, faite de manipulation et de mensonges, de propagande et de vérités alternatives, qui les mettront sur la piste d’une invention tout aussi extraordinaire que dangereuse si elle venait à tomber entre de mauvaises mains…

Ma note : 5/5
Nouveauté 2022
432 pages
Disponible au format broché et numérique
 

MON AVIS

Arrêtez tout !!! Voici un thriller qui m’a fait vivre un moment incroyable de lecture. Il y a bien longtemps que je n’avais pas ressenti ce frisson s’installer tout au long du chapitre et qui explose au final.

 

Pourtant c’était mal parti. Une première partie qui contextualise où l’auteur pose ces pions méthodiquement sans que cela nous interpelle pas plus que ça. Fin de la première partie, premier clash. Okay, je rembobine, je suis perdue mais où veut donc me porter Maxime Girardeau ? Et là les choses sérieuses peuvent commencer.

 

Maxime Girardeau est un magicien, un peu sadique, je dois l’avouer. Mais cela fait son charme. Il nous offre un thriller magistral où les apparences ne sont pas ce qu’elles sont. Construit sur le modèle du roman choral, les différents points de vue s’enchaînent et nous portent vers un final commun. Les intrigues s’étoffent mais sans vraiment rien laisser paraître. Est-ce que je me suis sentie perdu ? Mais complétement ! Et c’est là que le génie frappe de toutes ses forces.
 
Maxime Girardeau est un auteur audacieux qui n’a pas froid aux yeux. Il fonce dans le tas et peu importe les conséquences qu’il maîtrise à la perfection.

 

Un thriller haletant porté par des personnages charismatiques et pourtant brisés. Une fois la machine en marche, peu importe, la vérité triomphera.

 

Maxime Girardeau nous plonge dans les affres de la manipulation mentale et de l’intelligence artificielle. Un thème totalement d’actualité, et au vue des nombreuses situations que la société a traversées et traversera, que l’auteur aborde tout en vulgarisant l’aspect scientifique. 

 

Les rebondissements s’enchaînent, pas le temps de boire un café, et hop c’est reparti. Ce thriller dégage une incroyable énergie qui t’aspire sans t’en rendre compte. Un petit cataclysme à lui tout seul. 

 

En bref :
– T’as intérêt à le lire, de toute façon tu ne pourras pas y échapper !
– Un scénario de dingue et surtout audacieux
– Un thème d’actualité au cœur d’un intrigue policière de tonnerre
– Des personnages charismatiques
– Une structure du récit très intéressante et qui donne une dimension tout à fait appréciable
– Une immersion réussie
 
Un excellent coup de cœur ! Un combo parfait entre enquête, passion, amitié et folie ! Je ne m’en suis toujours pas remise. En tout cas vous ne serez jamais prêt à ce que vous réserve EGO !

 

Allez-y les yeux fermés !

 

Et moi je viens de découvrir un nouveau auteur que je ne suis pas prête de lâcher ! D’ailleurs il faut absolument que je lise PERSONA !

 

Ressens-tu mon enthousiasme ? Non !? Attends bouge pas je t’envoie EGO, il va t’expliquer :p 

SIGNATURES, un polar de Tom Clearlake.

POLAR

Éditions Moonlight


Margot Bellanger, psychocriminologue, se voit confier le dossier du meurtre sordide d’une femme, en région parisienne. Quelques jours plus tard, une autre victime est retrouvée morte dans la forêt de Sénart. Comme la première, son corps a été l’objet d’une mise en scène macabre.

Pour Margot et son équipe, le lien entre ces deux dossiers est évident. Il s’agit bien d’un même tueur. Et ce dernier semblerait s’attacher à faire de chacun de ses assassinats une œuvre d’art.
Les choses se compliquent quand le tueur entre en contact avec un journaliste pour l’envoyer sur le lieu de sa troisième composition.

Ma note : 3/5
Nouveauté 2022
412 pages
Disponible au format broché et numérique


MON AVIS

J’ai enfin sauté le pas. J’ai lu tant d’avis enthousiaste sur « sans retour » que je ne voulais pas passer à côté de ce nouveau roman.

 

Nous faisons ici la connaissance de Margot, psychocriminologue, autre terme pour désigner un profiler. Margot est une jeune femme au caractère déterminé. Têtue, elle ne manque jamais d’aller au bout et d’explorer ses pressentiments. Elle vit seule avec son oncle, un joyeux luron, gaffeur et qui n’en manque pas une. Margot a dû surmonter de nombreux traumatismes qui ont façonné l’adulte qu’elle est devenue. 

 

Une nouvelle enquête lui est confiée. Une jeune femme découverte mutilée dans un souterrain. Une autre dans les bois et voici une enquête hors norme. La mise en scène évoque l’art, c’est pour cela qu’elle se retrouve en sous-marin dans la plus prestigieuse école d’art de Paris. De fil en aiguille, les éléments se précisent, mais le tueur en série court toujours. Il aura fallu attendre qu’il contacte un journaliste pour que l’équipe mette les bouchées doubles. Mais le tueur guette sa nouvelle proie et il est prêt à tout pour l’attraper et l’apprivoiser.

 

Tom Clearlake nous propose un polar haletant et scabreux. Il faut dire que la citation de « l’enfant du cimetière’ du Sire Cédric, au début mais déjà dans l’ambiance. Si vous aimez le sang et compagnie alors vous allez être servi. Tom Clearlake ne lésine pas à la tâche et met un point d’honneur à décrire toutes sortes de mutilations et éviscérations. L’ambiance est « quelque peu » glauque, vous en conviendrez. Un polar original quant au scénario mais rien d’innovant sur la construction et intrigue. Le tueur en série est vraiment un psychopathe, un vilain psychopathe. En même temps quand tu découvres son enfance tu comprends pourquoi. Le physique va avec le costume. 

 

Ce polar noir ne s’apparente pas qu’à une course contre la montre. Tom Clearlake sort de son chapeau un élément assez intéressant et qu’il exploite avec suspense. 

 

SIGNATURES est un polar noir qui se lit avec frénésie. Une fois entrée dans la lecture, il est bien difficile de s’en défaire. Malgré tout je suis loin du coup de cœur. L’auteur explore, à mon goût, trop d’éléments qui finalement ont tendance à se répéter. La vie de Margot, celle du criminel et de l’autre personnage. L’auteur a voulu donné à son roman l’aspect d’un « true crime » est malheureusement je trouve que cela ne fonctionne pas spécialement. Il y a quelques incohérences notamment dans le profil du tueur en série sur ses actions finales et dans les certains rebondissements qui ne tiennent pas vraiment la route.

 

En bref :
* Une intrigue dérangeante
* Une histoire trépidante
* Des héros aux traits de caractère et psychologique bien détaillés
* Quelques redondances et incohérences
* Un style simple et qui nous plonge facilement dans l’horreur
 
Cette première rencontre n’a pas été à la hauteur de mes espérances. Malgré un bon moment de lecture je n’ai pas ressenti ses frissons et cette tension que j’aime retrouver dans les polars et thrillers. Certes je ne suis pas du genre à baisser les bras dès la première fois et je lirais donc le fameux « sans retour » que beaucoup ont plébiscité.

 

Connaissez-vous Tom Clearlake ?

30 SECONDES AVANT DE MOURIR, un polar de Sébastien Theveny.

POLAR

Éditions Beta Publisher


Pour que des vies basculent, il suffit parfois d’une seconde.
New York, 2018.
Assis dans une salle d’embarquement de l’aéroport de La Guardia, Tom Brady observe les autres passagers, autant d’anonymes ignorant tout de son terrible Thanksgiving 2015.
Impossible d’oublier ce fameux jeudi ! Une journée noire, agitée, tendue, qui cache d’effroyables secrets
mais aussi une vérité glaçante, dérangeante, dont les racines puisent bien plus loin dans le passé…

 

À cet instant, Tom est loin d’imaginer qu’il ne lui reste que trente secondes avant de mourir.

 

Ma note : 3/5
Réédition
292 pages
Disponible au format broché

 


MON AVIS

Voici un roman bien singulier et qui me laisse encore perplexe.

 

Tom Brady va être au cœur malgré lui d’une histoire rocambolesque dont il n’a même pas conscience. Assis sur son siège attendant avec une certaine patience son vol, des souvenirs resurgissent. Ce fameux Thanksgiving 2015. Une journée où toutes les possibilités ont conduit à un drame sans précédent.

 

Tel un roman choral, l’auteur construit son récit selon différent point de vues. Tom Brady, le principal protagoniste, quatre hommes et une femme liés par un passé commun et plutôt violent. Le narrateur omniscient navigue entre ses personnages selon un plan bien précis que je n’ai pas su appréhender. L’histoire se construit chapitre après chapitre. Une navigation hasardeuse où j’ai eu tendance à me demander où l’auteur voulait nous emmener. Un roman audacieux qui repose essentiellement sur cette théorie du battement d’aile de papillon, le fameux « et si ». Le concept est original mais ne m’a pas entièrement convaincu. Se rajoute aussi une intrigue à part liée à des événements qui se sont déroulés au cours de l’adolescence de certains personnages. Cette intrigue rajoute ce côté rage au ventre et violence qui va finalement s’imbriquer d’une manière fracassante dans le vie de Tom Brady qui n’est qu’un dommage collatéral d’une histoire bien plus vaste que sa misérable vie. 

 

La patience est de mise tout au long de la lecture. L’auteur nous chahute d’un personnage à l’autre et les éléments s’égrainent doucement. Il faudra attendre les dernières pages pour avoir une vue d’ensemble. Ce polar se repose essentiellement sur des suggestions et suit une voie qui pourrait en être une autre « si ». Je me suis souvent demandée quelle place avait Tom Brady. Est-il une simple conséquence ou coïncidence ?

 

 

En bref :
* Un scénario atypique
* Un thème original
* Des personnages intéressants notamment celui de la femme
* De nombreux points de vue qui s’imbriquent dans les dernières pages
* Un roman bien trop hasardeux à mon goût et qui ne m’a pas entièrement convaincu

 

En 30 secondes toute une vie peut basculer et Tom Brady en a fait l’amer expérience.

 

A découvrir pour se faire son propre avis.

LIGNES NOIRES, un polar de Pierre Gaulon.

POLAR

Éditions Beta Publisher


Deux suicides. Violents. Une vieille femme retrouvée les poignets entaillés dans son salon. Un officier de police qui se tire une balle dans la tête. Pour Grand-Mare, bourgade habituellement sans histoires, le compte est lourd et attire les curieux. Maryline Jane, journaliste des faits divers étranges, fait partie de ceux-ci. Mais l’enquête s’avère délicate et les langues difficiles à délier.
En apparence, les victimes n’avaient pas de lien entre elles. En apparence seulement, car un objet les lie toutes. Un ebook.
 
Ma note : 4/5
2020 (réédition)
232 pages
Disponible au format numérique et broché

 

MON AVIS

Imaginez l’impensable, l’indicible au travers de lignes. Imaginez l’horreur dans sa splendeur surgissant tel un clown sinistre de sa boîte. Imprévisible, irrattrapable, inatteignable.

 

Maryline Jane est une spécialiste des enquêtes hors-normes. Journaliste de son état, elle est la vedette de webzine dédié aux meurtres nos résolus et autres mystères. Elle est le symbole de cette génération qui se passionne pour ce hobby fort curieux et prenant. Maryline est une jeune femme tenace qui a pour habitude de suivre son instinct. Son schéma de raisonnement est sans faille et elle a le mérite de toujours poser les bonnes questions. Mais les réponses tardent à venir dans ce petit village. Une grand-mère qui se suicide, un gendarme par la suite. Alors que depuis des mois le silence règne dans cette bourgade, Maryline remue le passé pour tenter de mettre les mots sur ce mystère. Et petit à petit, les éléments se précisent et il lui faudra l’intervention d’un ami pour enfin élucider l’affaire dont la clef serait un ebook.

 

Pierre Gaulon signe un polar totalement exquis. Il plante son décor angoissant et oppressant. Une héroïne quelque peu traumatisée par son passé et un accident. Un personnage secondaire atypique qui vous filerait quelques frissons. Conjugué tout cela avec une pincée d’ésotérisme et voici un polar intrigant et décapant. Un scénario original et entraînant, nous plongeant dans les abysses du surnaturel où les messages subliminaux foisonnent ici et là. Un style addictif qui nous catapulte facilement dans l’histoire. L’approche de la manipulation mentale est fascinante et cocasse. J’ai regretté la rapidité de ma lecture mais j’ai vraiment passé un excellent moment.

 

Une atmosphère bien dosée, des personnages charismatiques, un ebook pas comme les autres et voilà un polar indéfinissable.

 

Connaissez-vous ?

SHALOM BERLIN, un polar de Michael Wallner.

ROMAN POLICIER

Éditions Filature(s)


À la suite de la publication d’un article sur la profanation de tombes dans le cimetière juif de Schönhauser Allee, à Berlin, la journaliste Hanna Golden reçoit des menaces de mort par mail. Inquiète et désemparée devant tant de violence, elle s’adresse à la police qui l’oriente vers la LKA 5, le département de la sûreté de l’état, spécialisé dans la lutte antiterroriste.
L’enquête est confiée au chef de cette unité, Alain Liebermann, membre d’une grande famille d’intellectuels juifs berlinois. Shalom Berlin est un thriller passionnant sur la montée des sympathisants d’extrême-droite antisémites en Allemagne, avec un héros attachant et complexe, qui porte le poids de son histoire familiale communautaire.

 

Ma note : 3/5
Nouveauté 2021
222 pages
Disponible au format numérique et broché

 


MON AVIS

SHALOM BERLIN est le premier roman policier d’une série publiée en Allemagne. Nous plongeons ici dans un Berlin multiculturel où les blessures sont quelque peu pansées. Une capitale vibrante où le passé côtoie le présent de maintes manières.

 

Hanna Golden, journaliste, se voit menacer suite à la sortie de son dernier article traitant sur le sujet des détériorations survenues dans un cimetière juif. Suite à sa plainte, l’enquête est confié à Alain Liebermann, chef de l’unité anti-terroriste, une pointe dans son domaine. Son équipe est sur le qui-vive et met tous les moyens en sa possession pour résoudre cette enquête. Alain est un homme passionné par son métier mais totalement détruit par le deuil de son épouse. Fils d’une grande lignée de famille juive, Alain peine à trouver sa place entre les traditions, le culte et le modernisme de sa profession. Petit vilain canard de la famille, il ne peut que se tourner vers sa grand-mère pour lui faire part de ses doutes et questions.

 

L’enquête vont les porter au cœur de l’extrême droite où la violence et l’antisémitisme sont les pièces maîtresses d’un univers ultra fermé.

 

Shalom Berlin est un polar intéressant notamment concernant la société d’après-guerre et dont le pays est encore stigmatisé. Berlin est dépeinte telle une capitale multiculturelle, tolérante, ouverte, moderne, attrayante. Mais au cœur de ses ombres existent toujours ce passé tumultueux marqué au fer rouge. Le polar en lui même est très basique et n’offre pas d’intrigue exceptionnelle. Le personnage d’Alain est à mes yeux un personnage singulier se battant avec ses propres démons. Il est également ce symbole entre le passé et le présent. Un polar un peut court à mon goût où quelques développements n’auraient pas été superflus. L’immersion est totale et le polar est dirigé par une plume qui va à l’essentiel, peignant ici et là, les émotions des différents personnages. Une atmosphère austère ponctuée par ces moments chaleureux mais qui atteignent rarement le cœur.

 

Une belle première rencontre malgré mon avis mitigé mais j’aime rester ouverte et je tenterai sans aucun doute la lecture d’une prochaine aventure d’Alain Liebermann.

 

 

LE PENSIONNAT DES INNOCENTES, un polar de Angela Marsons.

POLAR

Éditions POCKET

Prix Nouvelle Voix du Polar 2021

Traduit de l’anglais par Valérie Bourgeois


Avant de mourir, Teresa Wyatt a juste eu le temps de croiser le regard de son agresseur et de le reconnaître. Mais aussi de comprendre qu’il était trop tard… Pour elle, mais aussi pour ses amis, les cinq du pacte de Crestwood, liés par un secret. Un sombre secret que l’inspectrice Kim Stone va devoir déterrer pour rendre justice aux innocentes oubliées.
Bienvenue au Pays noir, dans une région engloutie par la désindustrialisation, le chômage et le charbon, là où tout n’est que poussière…
 
Ma note : 5/5 mention « surprenant »
464 pages
Disponible en numérique, broché et poche


MON AVIS

Voici mon coup de cœur de cette sélection du prix nouvelle voix du polar 2021. Angela Marsons signe un premier polar tonitruant.

 

Son héroïne, Kim Stone est un sacré bout de femme. Caractérielle, fonceuse, tête brûlée, casse-cou, insupportable, sa personnalité détonne dans le commissariat. Stone a de nombreuses blessures liées à son enfance qu’elle tente à tout prix à ne pas rouvrir car l’enfer s’abattrait sur sa vie. Névrosée par le travail, obsessionnelle dans la perfection, Stone paraît bancal sous cette carapace renforcée. Sa vie se résume à son boulot. Pas de famille qui mériterait son attention, seul ses coéquipiers font figure d’amis. Alors quand le meurtre de Teresa Wyatt l’entraîne dans les couloirs sombres et secrets du foyer pour jeunes filles de Crestwood, c’est un peu de sa vie qu’elle entrevoit. Une nouvelle enquête qui la pousse dans le ténébreux passé de Crestwood où les morts, ces filles ensevelies, ont de nombreuses choses à raconter. La vérité a un prix et elle est prête à tout pour la faire éclatée, tant pis pour les fâcheuses conséquences, elle devra composer avec.

 

Ce premier polar (et tome) est une véritable réussite à mes yeux. Je retrouve l’atmosphère que j’aime tant dans les polars. Une intrigue bien ficelée qui m’a mené par le bout du nez jusqu’à la dernière page. De nombreux personnages qui ont tous une place cruciale dans le scénario et pour une fois je ne me suis pas sentie perdu. Une héroïne qui en jette et malgré son sale caractère je me suis attachée. Un polar qui contre toute attente déborde de bons sentiments au milieu des cadavres qui s’agglutinent. Et c’est en cela qu’il est déroutant. Je ne me suis ennuyée à aucun moment. J’ai vite été prise au cœur de cette enquête où le passé est la clef de tout. Sous le ciel gris et charbonneux du Pays Noir où seule la désolation, la dépravation et la pauvreté règnent, Stone se démènera corps et âme pour rétablir la vérité.

 

Un polar qui m’a tout simplement captivé dès le départ et qui finit sur un final tonitruant et inattendu. LE PENSIONNAT DES INNOCENTES est sans aucun doute ma plus belle découverte de cette sélection 2021 et mon coup de cœur !

 

Une chronique de #Esméralda

POUR SEUL REFUGE, un polar de Vincent Ortis.

POLAR

Éditions Pocket

Prix Nouvelle voix du polar


De la neige à perte de vue, une ourse affamée, pas une habitation à des kilomètres à la ronde. Seuls, perdus dans les immensités sauvages du Montana, à plus de deux mille mètres d’altitude, deux hommes se font face : un jeune Indien, accusé de viol avec tortures, et le juge qui l’a condamné. Chacun possède la moitié des informations qui pourraient les sauver. Ensemble, ils s’entretueront. Séparés, ils mourront
 
Ma note : 4,5/5 mention « frisson garanti »
368 pages
Disponible en numérique, poche et broché
1ere édition : septembre 2019

 


MON AVIS

Nichée au cœur du Montana, territoire hostile, cette cabane n’a rien d’accueillante surtout lorsqu’on est victime d’un enlèvement. La neige recouvre cette terre inhospitalière, dehors c’est la mort assurée. Pourtant il va tout tenter pour faire faux bond à son ravisseur, un homme aux allures de bûcheron. L’enferment n’aura duré que quelques jours au cours desquels il va en apprendre suffisamment pour comprendre de quoi il en retourne. Une histoire de vengeance personnelle ? La folie ? Le désespoir ? Tout autant de raisons pour le juge qui justifie en partie sa présence en ces lieux. Alors quand son ravisseur lui propose une drôle de porte de sortie, il saisit sa chance quitte à trouver la mort à l’extérieur.

 

Il a du apprendre par cœur des plans. Ce n’est pas un trésor qu’il trouvera au bout, mais la liberté. Contrairement à ce qu’il aurait pu penser, il ne sera pas seul. Un jeune homme enfermé depuis des semaines dans une grotte insalubre. Sale, répugnant, repoussant, nauséabond,il a vécu l’enfer. Est ce un juste retour de la vie ? Lui qui a fait tant de mal et à qui on en a fait autant. Victime du même ravisseur, il a du apprendre à son tour, les lieux exacts où sont enfouis du matériel de survie.

 

Ce duo improbable va se devoir de trouver une certaine entente pour atteindre leur but, la liberté. Un chemin chaotique où la vie sauvage a tout ses droits.

 

Vincent Ortis signe un premier polar totalement époustouflant. Un roman où les différents points de vue trouvent leur place à tour de rôle et avec lequel le scénario trépidant s’imbrique avec une belle efficacité. Une atmosphère glaçante et anxiogène s’installe au fil des chapitres. Les personnages dégagent une aura malfaisante. Il est vraiment très difficile de s’attacher à eux. J’omettrai un bémol pour le personnage de Carter, lieutenant de police. Pugnace et tenace, Carter va démêler tout cet imbroglio invraisemblable. Ce polar me donne l’image d’un purgatoire. Cette sorte de quête atypique a tout du chemin de croix où soit la vie soit la mort les attendent au bout.

 

Un polar efficace à 200% et un auteur à découvrir sans faute !

 

Une chronique de #Esméralda