MOI, CE QUE J’AIME, C’EST LES MONSTRES – Un roman d’Emil Ferris.

ROMAN GRAPHIQUE

Éditions Monsieur Toussaint Louverture

Chicago, fin des années 1960. Karen Reyes, dix ans, adore les fantômes, les vampires et autres morts-vivants. Elle s’imagine même être un loup-garou: plus facile, ici, d’être un monstre que d’être une femme. Le jour de la Saint-Valentin, sa voisine, la belle Anka Silverberg, se suicide d’une balle dans le coeur. Mais Karen n’y croit pas et décide d’élucider ce mystère.
Elle va vite découvrir qu’entre le passé d’Anka dans l’Allemagne nazie, son propre quartier prêt à s’embraser et les secrets tapis dans l’ombre de son quotidien, les monstres, bons ou mauvais, sont des êtres comme les autres, ambigus, torturés et fascinants. Journal intime d’une artiste prodige, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres est un kaléidoscope brillant d’énergie et d’émotions, l’histoire magnifiquement contée d’une fascinante enfant. Dans cette œuvre magistrale, tout à la fois enquête, drame familial et témoignage historique, Emil Ferris tisse un lien infiniment personnel entre un expressionnisme féroce, les hachures d’un Crumb et l’univers de Maurice Sendak.

Ma note : 5/5
2018
416 pages
Disponible uniquement au format broché

MON AVIS

Que dire à part que ce roman graphique est juste fabuleux. 

 

Des illustrations d’une finesse exquise. Traits bruts, tourbillons d’émotion, folie de couleurs sur fond de noir et de bleu. Chaque page est une œuvre où les émotions s’entrechoquent, se bousculent, crient la fureur des mots, des regards et des cris. Un talent indéniable et qui surtout parle à tout le monde. Des dessins qui percutent dans tous les sens du terme pourtant il y a cet aspect apaisant, maternel. Ils pourraient se suffire à eux même tant ils sont expressifs. J’ai contemplé chaque page avec curiosité.

 

Et puis il y a l’histoire ancrée jusqu’au bout du stylo dans la réalité. Celle de Chicago, ville éprouvée, ville fantasmagorique, ville des souvenirs. Karen petite fille mais avant tout loup-garou va porter un intérêt tout particulier à l’assassinat de sa voisine. Une enquête sur le passé de sa jolie voisine qui a connu la seconde Guerre Mondiale et son côté obscur. Une plongée terrible au cœur de cette vie décousue. Une enquête qui se poursuit au cœur des émeutes liées à l’assassinat Du Dr Martin Luther King, du grand banditisme, du racisme, de la non-tolérance, des excès, des addictions, des craintes de la mobilisation de la guerre du Vietnam, du SIDA. Le plus surprenant est la présence omniprésente de chefs d’œuvres qui sont finalement le pivot d’un récit grandiose. 

 

C’est un grand oui pour ce roman graphique incluant aspect historique et sociétal.

 

Vivement la suite ! Non parce que le final est un tantinet frustrant ! 

LA GUERRE DES CLANS, intégrale 1 – un roman d’Erin Hunter.

FANTASTIQUE

Éditions PKJ

En s’aventurant un jour dans les bois, Rusty, petit chat domestique, est loin de se douter qu’il deviendra bientôt le plus valeureux des guerriers. Rebaptisé Nuage de Feu, il est adopté par le Clan du Tonnerre, un des quatre clans de chats sauvages qui se partagent la forêt depuis des générations… Pour défendre son territoire, il va devoir faire face aux sinistres guerriers de l’Ombre, de plus en plus menaçants…

 

Ma note : 3,5/5
Réédition 2017
944 pages
Disponible au format broché

MON AVIS

Une nouvelle lecture totalement influencée par Booksta et notamment Magalie qui en parle avec un certain enthousiasme contagieux.

 

Cette première intégrale regroupe les 3 premiers tomes du cycle 1. C’est plus de 900 pages qui t’immerge dans un monde particulier celui des chats. Je ne suis pas une grande fan des chats, ça n’enlève rien à leur charme, mais voilà, je me devais de découvrir, au moins, une partie de cette saga immense et phénoménale.

 

La particularité de ce roman est notamment l’immersion dans le monde des chats. Les détails sont si minutieux que tu arrives au point que tu fais partie du Clan. Le quotidien, la gestuelle, l’environnement, le comportement tout est fait pour être absorbé par l’histoire. Petit Rusty, chat domestique, va intégrer le clan du Tonnerre et est confronté à la jalousie de certains membres. Mais Rusty, alias, Nuage de Feu, a plus d’un tour dans sa poche et c’est avec persévérance, bienveillance qu’il trouve peu à peu sa place. Complots, manipulations, guerres, amitiés et amour, Nuage de Feu est le héros d’une histoire hors du commun.

 

Les deux premiers tomes m’ont laissé sur ma faim. Beaucoup de noms, de chats, un univers encore mystérieux et j’ai eu beaucoup de mal en m’en saisir. Impossible de lire les trois tomes d’affilés sans saturer. Une pause bien méritée m’a permis d’attaquer le tome 3 avec enthousiasme et j’ai réussi à l’apprécier. Ce dernier est largement ouvert sur l’action, les drames et des révélations.

 

Cette saga semble vraiment pas mal. Le monde des chats m’a beaucoup impressionné et je vous jure que lorsque je vois un chat au bord de la route, mon regard est tout autre et que je l’imagine vivre tout un tas de trucs fous. Je peux donc dire que l’auteure a réussi à m’immerger dans son monde animalier. Je vais bien sûr lire la suite et peut être que je deviendrai une fan inconditionnelle comme Magalie.

NOTRE PART D’OMBRE, un roman de Hanna Halperin.

LITTÉRATURE BLANCHE

Éditions Buchet & Chastel

Alors qu’elles rejoignent leur mère pour l’aider à déménager, Nessa et Tanya comprennent que celle-ci est victime des violences de son compagnon. Réveillant des secrets longtemps enfouis, cette découverte rebat aussitôt les cartes des dynamiques familiales et bouleverse les rôles établis. Alors que Tanya, qui est avocate, pousse sa mère à porter plainte, Nessa est prise dans des sentiments contradictoires, 
voulant plaire à sa mère, ne pas vexer son beau-père, et apaiser la situation. Dans une narration habile entre le passé et le présent, ce roman est un portrait magnétique et sans faille du lien entre sœurs, une exploration tranchante de l’héritage de la violence, et de la façon dont le traumatisme se répercute sur les générations.

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2023
512 pages

Disponible au format numérique et broché


MON AVIS

Je ne sais absolument pas comment aborder mon avis sur ce roman. Le résumé dit tout insinuant les non-dits, les tenants, les aboutissants, les conséquences.

 

 

NOTRE PART D’OMBRE est un roman bouleversant. D’une force implacable qui te laisse sur le carreau. Les mots imposent le respect et l’abnégation. Une honnêteté infaillible qui brise les multiples silences. Une mère, deux sœurs, abattues par le poids des responsabilités, des désirs, des secrets. Passé et présent s’accordent dans ce ballet triste et suffocant. 

 

Un roman qui se lit, se vit, se découvre. Un roman obscur, malaisant qui titille notre moral, notre bon sens, nos plaies. Un thème délicat qui nous hurle d’agir, d’acter. Une vérité cruelle.

 

Hannah Halperin nous bouscule et nous happe. Sentiment d’impuissance face à la violence du silence, de l’évidence, de l’abandon.

 

Trois femmes, trois portraits au cœur d’une ère moderne où les sentiments, les blessures, les doutes empiètent sur la raison.

 

Je ne sais quoi dire de plus. Je n’ai pas les mots pour lui rendre justice. Lisez-le !

DE LUNE ET DE SANG, un roman d’Erin Beaty.

THRILLER / FANTASY / YOUNG ADULT

Éditions LUMEN

Lorsque la lumière de la lune l’effleure, le monde de Catrin se métamorphose…
Au cœur de la ville de Collis s’élève un immense Sanctum, en construction depuis des années. Et sur la plus haute de ses flèches se dresse la silhouette de Catrin, jeune orpheline qui inspecte travaux et échafaudages pour le compte du maître architecte, Thomas. Un soir de pleine lune, en mission pour celui qu’elle considère comme son père adoptif, elle fait une chute vertigineuse et se blesse… 


Pire encore, l’espace d’un instant, elle a la vision sanglante d’un meurtre et entend les appels au secours d’une femme.
Lorsque le brillant et énigmatique Simon de Mesanos est chargé d’élucider le mystère, Catrin se retrouve entraînée dans une dangereuse spirale, où le tueur ne cesse de frapper, encore et encore. Grâce aux instincts d’une précision effrayante du jeune homme, expert en matière de folie criminelle, le duo tente de remonter la piste du prédateur… Tout ce temps, la jeune fille doit aussi protéger son propre secret – elle découvre peu à peu que la lune lui accorde des pouvoirs surnaturels qui pourraient bien faire d’elle une paria… mais pourraient surtout être la clef de tout.

Monstre en cavale, traque haletante sur fond de magie interdite, quête des origines… Catrin et Simon parviendront-ils à mettre un terme à ce macabre engrenage ? Après La Couleur du mensonge, Erin Beaty a concocté un monde imaginaire sensuel et envoûtant mâtiné de thriller psychologique qui vous fera frissonner à chaque nouvelle goutte de sang versé.

 

Ma note : 4/5
625 pages
Nouveauté 2023
Disponible au format numérique et broché

MON AVIS

Comment ne pas craquer face à cette couverture si sublime ?! Quand on est faible comme moi, il est bien difficile de ne pas succomber surtout quand t’es en no buy (no mea culpa) !

 

Je n’avais absolument pas d’atteinte particulière sur ce roman. Si ce n’est de me laisser porter.

 

De Lune et de Sang nous plonge dans un univers plutôt médiéval au pied et au cœur d’une cathédrale en construction. Catrin, orpheline, a grandi à Collis au sein du couvent. Son intrépidité, sa curiosité et sa fougue lui ont permis de devenir l’assistante de l’Architecte du lieu saint. Son atout, ne pas avoir peur du vide, connaître minutieusement chaque échafaudage et les escalader nuit et jour pour assurer la sécurité de tous. Mais lors d’une de ses rondes, l’improbable se produit au clair de lune alors qu’une prostituée vient d’être assassinée, Catrin perçoit le monde d’une manière singulière prémices d’une grande aventure angoissante et révélatrice.

 

De Lune et de Sang est un roman subjuguant. J’ai beaucoup aimé l’atmosphère lourde et oppressante. On est carrément ici au cœur d’un thriller et en young adult et fantasy, il me semble que c’est assez rare pour le signifier. L’univers médiéval est hyper intéressant. Les détails sur la cathédrale sont nombreux et confèrent ainsi cette touche historique que j’ai apprécié. J’ai craqué pour les personnages qui dans un sens sont mystérieux. L’alchimie entre Catrin et Simon de Mesanos est dans un premier temps timide et puis éclot dans la pagaille et le chaos. L’intrigue est très bien ficelée et malgré toutes mes suppositions et suspicions je n’ai jamais douté une seule seconde du coupable. Les détails sur l’univers sont rares mais le peu suffit à s’en faire une idée et à contextualiser. Une bonne partie du roman est long, pose les bases, quelques descriptions, la mise en place de l’intrigue et le positionnement de tous les personnages. Et puis il y a ce moment fatidique où tout s’emballe et il devient, alors, impossible de lâcher le roman. Ce moment correspond à la mise en avant de la magie et de Catrin (dans un sens).

 

Ce roman aborde de nombreux thèmes, comme la différence, la manipulation et les maladies mentales. Je ne rentrerais pas dans les détails sous peine de vous dévoiler les tenants et les aboutissants.

 

De Lune et de Sang est une chouette découverte. En espérant qu’il y ait peut-être une suite. Je découvre pour la première fois la plume d’Erin Beaty à laquelle j’ai très vite adhéré. Il ne me reste plus qu’à découvrir sa précédente trilogie en attendant !

 

 

BEAUTIFUL BLOOD #1, un roman de Tamar Saborido.

FANTASTIQUE

Éditions Plumes du Web

Tome 1/2
Les banshees… Darcy Amaro n’y croit pas.
Les créatures surnaturelles en général ? Non plus.
Pour elle, ce ne sont que des sornettes pour s’effrayer dans le noir. Néanmoins, lorsqu’elle entend un cri strident dans la nuit qu’elle est la seule à percevoir, elle commence à se questionner sur l’existence de certaines puissances.
 
 
Et si, comme le prétend sa voisine méga-superstitieuse, sa vie était en danger ? Car celui qui entend les pleurs de la banshee est destiné à mourir.
Henry de Fontenay, dhampire de près de quatre cents ans à la recherche de sa génitrice, se doit de faire face aux démons de son passé. Croiser la route de Darcy ne faisait définitivement pas partie de ses projets. Pourtant, dès qu’il la flaire, une envie qu’il a réprimée depuis des centaines d’années se réveille, car la jeune femme le met hors de lui – dans tous les sens du terme.
Rien ne les poussait à se rencontrer. Le cosmos a un humour plutôt tordu et ce qui est écrit doit s’accomplir.
On ne peut échapper à son destin et ça, Darcy est sur le point de le réaliser…

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2023
343 pages
Disponible au format numérique et bientôt broché

MON AVIS

Vampires, sorciers, magie et une humaine. Voici le parfait combo pour une histoire originale, captivante et palpitante.

 

Darcy et Henry n’auraient jamais dû se rencontrer. Deux mondes distincts qui ne se croisent de temps à autre pas pour le meilleur mais surtout pour le pire.

 

Tamar Saborido m’a plongé dans son univers en un clin d’œil. Et j’ai adoré ! Elle rentre directement dans le feu de l’action, pas de chichi, accroche toi bien bibi ça va dégommer ! Une humaine qui vit sa vie tranquille, qui se dépatouille comme elle peut pour survivre. Une artiste dans l’âme qui a vu son grand rêve s’évanouir au cœur de la tumultueuse New York. Un cri en pleine nuit. Une voisine qui annonce le pire. Une journée qui vire au cauchemar. Une rencontre qui changera sa vie. Darcy est une guerrière qui n’a pas sa langue dans sa poche. Indépendante, effrontée, énergique, il n’en reste pas moins qu’elle puisse faire preuve d’empathie. Mais le jour où sa vie bascule c’est une autre partie qui s’engage.

 

Henry est un dhampire, mi vampire mi humain, mis au ban sa communauté. 400 ans de vie c’est large pour goûter à tout et se faire sa propre opinion sur le monde qui l’entoure. Solitaire à l’égo surdimensionné, colérique, taciturne, il peut faire preuve de bon sens quand la situation s’y prête. Un brin protecteur et surtout agaçant, Henry se démène pour les gens qu’il aime.

 

Darcy et Henry c’est le big-bang annonciateur du chaos à venir.

 

Ce premier tome pose les bases d’un univers richement construit et intéressant. Les personnages sont tout aussi charismatiques que désarmants. Tout au long des chapitres se profilent une intrigue hallucinante. La plume de Tamar Saborido est addictive. De rebondissements en rebondissements, je n’ai plus vu le temps passé. Alors oui c’est (encore) une histoire de vampires mais j’ai vraiment aimé le scénario bien mené, l’originalité des personnages et le côté thriller/suspense. Je me suis régalée et mention spéciale pour le petit côté romance « slow burn ». Le final est un chouia frustrant mais mais le tome 2 est bientôt dans les bacs !

 

BRÛLURE MAGIQUE, un roman d’Ilona Andrews.

URBAN FANTASY

Saga Kate Daniels – Tome 2/10

Éditions Collection Infinity

À Atlanta, les tempéraments – et les températures – sont sur le point de devenir explosifs.
Kate Daniels, mercenaire spécialisée dans le « nettoyage » des problèmes surnaturels, a vu beaucoup de choses incroyables.
Régulièrement, les vagues magiques balayent Atlanta comme des marées.
Mais une fois tous les sept ans, c’est un tsunami magique qui s’abat sur la ville et, cette fois, Kate va se retrouver avec un problème bien plus important que d’habitude. Un problème d’ordre divin.
Quand elle s’engage à retrouver des cartes volées à la Meute, le clan des Changeformes, Kate découvre rapidement que l’enjeu est plus important qu’il n’y paraît.
Ces cartes ne sont que la première étape d’une confrontation entre des dieux qui espèrent renaitre.
Et si elle ne veut pas que sa ville soit détruite, Kate va devoir tout mettre en œuvre pour éviter le cataclysme.

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2017
308 pages
Disponible au format broché et numérique

MON AVIS

10 mois 1 livre pour découvrir cette saga qui dès le second tome se révèle passionnante et addictive.
Le premier tome m’avait laissé sur ma faim. Mais le second est tout autre.

 

Dès le départ la magie opère. Changement de rythme impressionnant, un univers qui dans l’ensemble est connu malgré quelques mystères ici et là. Le changement est si brutal que je me suis posée la question : a t-on à faire aux mêmes auteurs ?
Bref de l’action à gogo, J’ADORE ! Un humour absolument ravisant. Une Kate plus déterminée que jamais. Et une nouvelle mission qui la pousse à explorer Atlanta sous toutes les coutures.
Les révélations sont omniprésentes mais toujours dans la retenue (faut tenir 8 tome de plus). De nouveaux personnages apparaissent servant une intrigue propre à ce tome. En ce qui concerne le fil rouge aux tomes, juste quelques informations fuitent ne permettant pas de saisir encore la portée.
Sans oublier notre chouchou Curran, que nous aimons toutes. Le duo Curran et Kate est sans précédent. Une alchimie de dingue avec des punchlines à mourir de rire. La romance prend du temps pour se mettre en place mais c’est pour mieux kiffer par la suite !

 

J’espère que la suite restera sur cette dynamique. Je crains toutefois que le schéma du récit et narratif soit identique et c’est une chose qui pourrait m’agacer à la longue. A voir donc !

 

ASSOIFFÉS, un roman ado de Tracy Wolff.

FANTASTIQUE

Éditions PKJ

Tome 1/4
Seule mortelle dans une académie fréquentée par des créatures surnaturelles, comment Grace survivra-t-elle ?
Mon monde a basculé le jour où j’ai atterri au lycée Katmere. Me voilà, simple mortelle, au milieu de vampires, de loups-garous, et autres êtres surnaturels. Une seule chose semble unir ces créatures de la nuit : elles me détestent. Au point d’espérer ma mort ?
Que faire, alors, de Jaxon, l’énigmatique vampire dont je ne peux me détacher ? 
Avec ses souffrances ancestrales, ce séduisant immortel m’attire plus que de raison. Pourtant, me rapprocher de lui pourrait bien mettre tout le monde en danger…
Et si quelqu’un voulait m’utiliser comme appât ?

 

Ma note : 3/5
Nouveauté 2021
576 pages
Disponible au format numérique et broché

MON AVIS

Il est beau, il est intrigant. Vous l’avez vu ici et là sur les réseaux. Vous avez peut-être succombé ou non.

 

La première approche s’est faite en demi-teinte. Le synopsis ne peut que vous rappeliez la saga Twilight et vous aurez raison de faire ce parallèle. Même univers mais absolument pas les mêmes enjeux et surtout personnages sensiblement identiques.

 

Une grande partie de ce roman contextualise les bases de l’univers, des enjeux et des personnages. Un château gothique isolé en Alaska, des lycéens atypiques et Grace, l’unique humaine. L’enceinte devient rapidement une poudrière où la moindre étincelle provoquerait des dégâts majestueux. L’héroïne n’est bien évidemment pas au courant de ce monde. Tu vois le quiproquo et le merdier qui se profilent.

 

Pour en revenir à cette première partie qui à mon sens est longue et un peu ennuyante et surtout bourrée de quelques clichés ici et là. Grace est un personnage naïf qui n’a pas du tout de chance et qui doit se confronter aux décès de ses parents, à un déménagement conséquent et une peur viscérale qui ne la quitte pas. Le récit se déroule sur un laps de temps trop court où je suis passée par tout un tas d’émotions aussi négatives qu’euphorisantes. Il a fallu attendre le moment fatidique pour que l’intrigue accélère et délivre les premiers éléments d’un scénario qui se déroulera sur les quatre tomes. Manipulation, vengeance, convoitise, faux semblants agrémentent des rebondissements plutôt intéressants et précipités. Un roman ado ne serait pas le top sans une belle romance entre les protagonistes principaux et le tout, s’il vous plaît, saupoudré de magnétisme puissant, de baisers langoureux, et de romantisme sous les aurores boréales (comment ne pas craquer !). 

 

Ce premier tome ne me correspond pas, du moins dans mes attentes exigeantes. Je me suis ennuyée tout du long, levant souvent les yeux au ciel tout en attendant le moment X où l’histoire basculerait dans ce mood hyper addictif. Alors oui les derniers chapitres ont titillé ma curiosité et je ne vous cache pas que le final est un poil frustrant. La plume de l’auteur est simple et surtout efficace malgré parfois des redondances au niveau des sentiments de Grace. Malgré de nombreuses maladresses, je crois sincèrement que ce roman ado vaut le détour et le tome 2 me donnera peut-être raison. J’ai l’impression que l’auteure ne nous offre qu’une mise en bouche ridicule. J’espère vraiment être bien plus enthousiaste par la suite car il y a un sacré potentiel. 

 

ON ÉTAIT DES LOUPS, un roman de Sandrine Collette.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions JC Lattès

Ce soir-là, quand Liam rentre des forêts montagneuses où il est parti chasser, il devine aussitôt qu’il s’est passé quelque chose. Son petit garçon de cinq ans, Aru, ne l’attend pas devant la maison. Dans la cour, il découvre les empreintes d’un ours. À côté, sous le corps inerte de sa femme, il trouve son fils. Vivant. Au milieu de son existence qui s’effondre, Liam a une certitude. Ce monde sauvage n’est pas fait pour un enfant. Décidé à confier son fils à d’autres que lui, il prépare un long voyage au rythme du pas des chevaux.
Mais dans ces profondeurs, nul ne sait ce qui peut advenir. Encore moins un homme fou de rage et de douleur accompagné d’un enfant terrifié.
Dans la lignée de Et toujours les Forêts, Sandrine Collette plonge son lecteur au sein d’une nature aussi écrasante qu’indifférente à l’humain. Au fil de ces pages sublimes, elle interroge l’instinct paternel et le prix d’une possible renaissance.

 

Ma note : 5/5 « coup de cœur »
Nouveauté 2022
208 pages
Disponible au format numérique, audio et broché

MON AVIS

Troisième roman que je lis de Sandrine Collette et une nouvelle claque.

 

ON ÉTAIT DES LOUPS se vit pleinement. L’espace abyssal de la nature sauvage. Ces îlots uniques où hommes, femmes et enfants survivent. La puissance d’une vie hors du commun. La solitude à deux puis à trois. L’envie vorace d’avancer pas après pas quoiqu’il en coûte.

 

Liam a fui son enfance et a su créer la vie de ses rêves qu’il partage avec elle et lui, Aru, cinq ans. Taiseux, observateur, malin, cet enfant porte en lui une force surréaliste et innée. Un ours, la mort, et la conviction que l’enfant n’a pas sa place dans son monde. Un long retour aux sources, au son des sabots des chevaux. Une longue introspection silencieuse qui mène à la folie, à la déraison.

 

Sandrine Collette aime décortiquer les liens familiaux. Ces liens difficiles, intrinsèques qui bouffent la chair de l’âme, labourent le cœur et le corps. Elle nous plonge au cœur d’une histoire sordide où un père doit faire table rase sur son enfance pour être le père convenable. Un lâcher prise consciencieux pour arpenter le chemin d’une nouvelle vie.

 

Sandrine Collette aime nous bousculer, nous faire ressentir l’effroi et l’admiration. Nous pousser dans nos retranchements, nous montrer la violence de la race humaine. Quête rédemptrice, chemin initiatique, ON ÉTAIT DES LOUPS est un cri puissant à la vie. Un cri venant du fond des tripes brisant les schémas familiaux toxiques. Un cri réclamant l’absolution. Un cri libérateur. Un cri de loup chantant sous les étoiles.

 

LE SOLDAT DÉSACCORDÉ, un roman de Gilles Marchand.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Aux Forges de Vulcain

Paris, années 20, un ancien combattant est chargé de retrouver un soldat disparu en 1917. Arpentant les champs de bataille, interrogeant témoins et soldats, il va découvrir, au milieu de mille histoires plus incroyables les unes que les autres, la folle histoire d’amour que le jeune homme a vécue au milieu de l’Enfer. Alors que l’enquête progresse, la France se rapproche d’une nouvelle guerre et notre héros se jette à corps perdu dans cette mission désespérée, devenue sa seule source d’espoir dans un monde qui s’effondre.

 

Ma note : 5/5 « coup de cœur »
Nouveauté 2022
208 pages
Disponible au format numérique et broché

MON AVIS

Vous connaissez sans aucun doute Gilles Marchand et ses romans percutants. Je l’ai découvert l’année dernière avec son roman ado (à quatre mains), « Second souffle » que j’avais adoré.

 

C’est lors de la rencontre organisée par @vleel_ qui m’a persuadée de découvrir « Le soldat désaccordé ».

 

Après avoir refermé ce livre il est bien difficile de faire surface, de reprendre son souffle, de passer à autre chose. Gilles Marchand a ce don particulier d’accaparer son lecteur. Magicien et musicien des mots, Gilles Marchand nous embarque au cœur d’une histoire d’amour en plein Première Guerre Mondiale.

 

Un ancien combattant à la recherche d’un autre, retrace quatre années de la vie de cet autre tout en prospectant. Battant la campagne au grès des histoires qui se racontent et des souvenirs émouvants, il tente tant bien que mal de dresser une certaine ébauche de la vérité. Il y rencontre les cadavres, les esquintés, les malheureux noyés dans l’alcool ou plongés dans le noir, les mots épanchent les maux, érige les souvenirs oubliés et inavouables. Une intimité troublante et violente. La crasse, le bruit, les rêves perdus, les balles trouvées, les prières, les fantômes, les espoirs volatilisés, les têtes sans têtes, les corps sans âmes, les mains vides, maculés de sang, de boue, de rien et de tout, du souffle de multitudes de vies. La culpabilité du survivant, le sens du devoir, empreintes indélébiles d’un héros tenace.

 

Gilles Marchand nous offre un roman exceptionnel et romanesque, d’une richesse historique exemplaire, désinvolte et honnête jusqu’au bout des mots.  

UN CHANT DE NOËL, une bande dessinée de José-Luis Munuera.

FANTASTIQUE

Éditions Dargaud

Londres, 1843. Tous les habitants, les mieux lotis comme les plus démunis, s’apprêtent à fêter Noël. Tous, à l’exception de Scrooge. Aux yeux de cette riche commerçante, insensible au malheur des autres comme à l’atmosphère de liesse qui baigne la cité, seuls le travail et l’argent ont de l’importance. On la dit radine, égoïste et mesquine. Elle préfère considérer qu’elle a l’esprit pratique. Et tandis que les festivités illuminent la ville et le cœur de ses habitants, Scrooge rumine sa misanthropie… Une nuit, des esprits viennent lui rendre visite. 
Ils l’emmènent avec eux, à la rencontre de la jeune fille qu’elle était, quelques années plus tôt, lorsque la cupidité n’avait pas encore rongé son cœur. Mais aussi à la découverte de celle qu’elle aurait pu devenir si elle avait choisi la voie de la bonté… Après le Bartleby d’Herman Melville, José Luis Munuera adapte librement un autre classique de la littérature anglo-saxonne : Un chant de Noël, de Charles Dickens. Munuera s’empare ainsi d’un des chefs-d’œuvres de l’écrivain anglais, paru en 1843, et féminise le personnage de Scrooge. Une relecture délicieuse, à savourer pour les fêtes !

 

Ma note : 3/5
Nouveauté 2022
80 pages
Disponible au format numérique et cartonné

MON AVIS

José-Luis Munuera nous offre une nouvelle interprétation de la célèbre nouvelle de Charles Dickens. 

 

Munuera reste fidèle au scénario initial. Vous l’avez certainement remarqué sur la couverture Mr Scrooge devient Madame. Et c’est sur ce point que Munuera apporte la nouveauté. Madame Scrooge est en tout point identique au personnage original. Ce qui est intéressant est de replacer l’héroïne dans le contexte sociétal. On se rend compte rapidement que cette femme n’aurait jamais eu ce rang social pour toutes les raisons évidentes que l’on pourrait associer à la fin du XIXe siècle. Le plus surprenant toutefois ce sont les raisons que le personnage met en avant pour justifier sa place : ébauche de féminisme, sorcellerie … 

 

Les illustrations de Munera reflètent à la perfection l’ambiance et les émotions véhiculées. Des marrons, de bleus, une douceur qui vient contrecarrer la rugosité du scénario.

 

« Bartleby, le scribe » de Munuera m’avait davantage touché. L’audace du scénariste est à souligner mais dans son ensemble j’ai été moins sensible au message véhiculé.